Fable d’après Francis Cabrel (sur la musique de «La Corrida »)
Depuis le temps que je m’épuise à cette tâche immense,
J’entends qu’on débat et qu’on hésite encore
Dans cet’triste audience
Quelqu’un a fait un beau discours
Et j’ai enfin cru au grand jour
J’ai vu des drapeaux, des hourras
Et plein d’gens autour
Dans les premiers affrontements
J’ai cru qu’il fallait seulement vous défendre
Mais cette cage est sans issue, je commence à comprendre
Ils ont refermé derrière moi
Ils ont eu peur que je roucoule
Je vais bien finir par les convaincre
Que ces guéguerres sont ridicules
Est-ce que ce monde est sérieux?
Est-ce que ce monde est sérieux?

Belle Harmonie, je me souviens, tu m’avais donné ton quitus,
Je ne vais pas les laisser nous précipiter au terminus !
Je vais leur faire manger leur chapeau,
rêver de moi dans leur sommeil.
Ce soir la femme du guerillero gémira dans son oreille.
Est-ce que ce monde est sérieux?
Est-ce que ce monde est sérieux?
J’en ai poursuivi des fantoches
Presque brisé leurs carabines
A peine ai-je tourné le dos qu’ils se débinent
Ils sortent d’où ces vils primates avec leurs coutumes de tartares ?
J’ai jamais appris à débattre avec des barbares
Sentir la poudre
tout autour, c’est fou comme c’est étourdissant.
J’ai prié pour que tout s’arrête
Belle Harmonie, je me souviens.
Je les entends hurler des ordres et des slogans,
parader quand je succombe
Je pensais pas qu’on puisse autant
s’oublier autour de sa propre tombe.
Est-ce que ce monde est sérieux ?
Est-ce que ce monde est sérieux ?

Si, si, Tuez-les, tuez-les tous !
La paix, la paix ?
Arrête de nous saouler !
A massacrer nosostros
Atroces bidasses, et nos molosses,
A massacrer nosostros
La paix, la paix plus tard !
A massacrer nosostros
La paix, la paix plus tard !
La paix, la paix plus tard !

