J’ai toujours proféré aux voyous des voyelles

« J’ai toujours préféré aux voisins mes voisines » fredonnait Renan Luce. Vous avez cet air frais et dansant dans les oreilles ? Alors vous êtes prêts pour la face 2 du disque (rayé lui aussi, comme son costume dorénavant), c’est parti mon ‘kozy !

J’ai toujours proféré aux voyous des voyelles

Des «Euh !… tu pensais vraiment pas te faire choper ? »

Des « Oh ?  Jusqu’à la Santé tu joues les pucelles ? »

Quand la sentence s’impose malgré les simagrées

De ma fenêtre en face

Du parloir en plexiglas

J’me dis que c’est très bien

D’pas faire comme si de rien

Quand tu brandis le manche

Vers la magouille tu penches

Démasqué !

J’ai toujours proféré aux voyous des voyelles

J’ai toujours proféré aux voyous des voyelles

J’ai toujours proféré aux voyous des voyelles

Des «Ah !… tu nous prends sérieusement pour des c… ? »

Des « Y’ en a encore qui te lèchent les semelles »

Conviés au grand bal par Louis fils de Ment-on

De ma fenêtre en face
Du parloir en plexiglas

Je médite sur ces princes

Qui en famille parvinssent
Allument la mèche-vitrine
Gonflent leur poitrine
Fierté mal placée

J’ai toujours proféré aux voyous des voyelles

J’ai toujours proféré aux voyous des voyelles

J’ai toujours proféré aux voyous des voyelles

Des A, des E, des I, des incarcérations !

Dans un mois parions, tu te feras la belle

En creusant un tunnel sous l’hôtel de Crillon

De ma fenêtre en face
Du parloir en plexiglas

Concurrence déloyale

Au pauvre tribunal
Une campagne intense
Déploie son influence
Puis d’opaques rideaux

Et c’est la goutte d’eau

Des recours en cascade
Portent l’estocade
T’as trouvé des donneurs
Pour ta légion d’horreurs
Ils défilent par centaines
Répétant ta rengaine

J’ai toujours proféré aux voyous des voyelles

J’ai toujours proféré aux voyous des voyelles

J’ai toujours proféré aux voyous des voyelles

J’ai toujours proféré aux voyous des voyelles…

Librement inspiré de : Renan Luce – Les Voisines © Universal Music Publishing

Hors raison

« Au secours, Francis, ils sont devenus fous ! » Le Kfard mobilise toute ta force d’émotion mélancolique pour interpeller (avec deux ailes, comme la colombe de la paix) ce qui nous reste d’humanité alors que les feuilles, elles aussi, tombent… comme les vies sur ces nouvelles plages du débarquement

C’est le tumulte qui assourdit le plus

Dans ce feu roulant des corrompus

De la bile ancienne sature les hauts-parleurs

Sur tous les tons

On doit être hors raison

L’amertume déroule son flot continu

Ses anathèmes

Ses refrains vides et têtus

Pour quelques milliards de plus

Dans leur océan de pognon

On doit être hors raison

Le froid transpire de ces trop riches parvenus

Qui cherchent juste à être quelqu’un de connu

Et la misère déborde

Au pied des pavillons

On doit être hors raison

Un monde s’égare

Dans les brumes digitales

La colère citoyenne est si près

Les gouvernements nous condamnent

Aux écrans de fumée

Personne ne sait plus où il est

On pourrait tout perdre, les mers, les montagnes, les rues

On pourrait mettre

Au thermomètre

Dix degrés de plus

Ou bien peut-être un jour

Les gens réaliseront

On doit être hors raison

L’amertume déroule son flot continu

Ses anathèmes, ses refrains vides

« Où es-tu ? »

Toute l’humanité déborde

Au seuil de nos pavillons

Attend-on l’oraison ?

Un monde s’égare

Dans les brumes digitales

La colère citoyenne est si près

Les gouvernements nous condamnent

Aux écrans de fumée

Personne ne sait plus où il est

Un monde s’égare

Personne ne sait plus où il est

Pattes de mouche du Kfard :

Immond’Disney Parade

Démocratie,

Les mots me manquent, à ton chevet,

pour regonfler ton chœur jadis coureur.

Voudrais-je débattre des missions d’un président, d’honneur, de leçons

D’un cancer qui un seul camp sert,

un cas à part qui accapare, accumule, accuse et accule

une couverture de papier glaçant

qui veut faire des cendres de siècles d’encyclopédies

                                             un malfrat fat qui s’imagine en mâle alpha

qui sature nos écrans de parade illusoire,

               de taco-phonies[i] virulentes

                              de rodomontades ridicules

Voudrais-je lui demander si le BBB de sa « Big Beautiful Bill »[ii], est l’équivalent du AAA que nous réservons à nos meilleures Andouilles

Que sa meute servile me balancerait au visage un ICE Bucket[iii],

qui éclabousserait ma famille, mes amis et ma communauté.

Me ligoterait les mains dans le dos, me mettrait à genoux, à plat ventre,

Me pousserait de l’autre côté de son odieux mur,

 censé barricader tous les ultra (ultra-riches, ultra-conservateurs) qui s’auto-condamnent dans ce minable modèle réduit de Fort-Knox,

Fort fort lointain de toi, Démocratie, et de nous, restants d’Humanité

Faut-il attendre qu’ils aient bouclé le dernier verrou de la dernière serrure de ce foutu mur, pour qu’ils découvrent, sidérés, avoir perdu le souffle, la saveur, et la stature de ta Liberté,

Démocratie ?


Pattes de mouche du Kfard :

Haïku… demain

Allez les p’tits Kfards, je vous invite à donner un haïku de main au Grand Kfard Naüm avec votre propre haïku de tête. C’est pas bien compliqué : 17 syllabes de 5, 7 et 5 pieds, et vogue la galère !

Haïku rageux :

Vas-y donc, sur Mars

C’Elon, l’aller… le retour ?

Non merci ! Profite !

Thrill, Baby, thrill !

Haïku leuvre :

Moi Président, tout

sera plus, tout sera mieux

qu’avant… ou qu’après !

Notre défi : retourner la table sans se contenter de retourner la carte !

Haïku perose :

Bourré et rincé !

De vin chaud à chauvin, hic !

Il n’y a qu’un verre

Haïku de foudre :

Ose, Iris, tendre

ta clé au pâtre. Clé de

sol ou clé des chants ?

Et maintenant, c’est à toi, petit Kfard :

Habemus pas papam !

En voilà une sortie fantastique,
Quand tout fout le camp,
pour un ecclésiastique charismatique
Qui s’échappe du Vatican !

Pas papam !

En voilà une sortie fantastique,

Quand tout fout le camp,

pour un ecclésiastique charismatique

Qui s’échappe du Vatican !


A peine monté sur son Trône, il a remis les miséreux

Au cœur de l’Eglise, renvoyant les souverains poncifs,

Leurs canards laquais, courtisans et gardes suisses

Au lourd bilan de leurs abus calamiteux


No comment !

A la lumière de brillantes encycliques :

Lumen Fidei, Laudato Si, Fratelli Tutti, Dilexit Nos[i]

Il l’aura méritée, son entrée au Paradis Latin !

Pas de plumes, de paillettes, de bulles[ii] qui pétillent


Voilà François rhabillé pour l’hiver par une soit-disant Intelligence Artificielle

Seulement un Esprit Saint dans un corps sain, doux,

et la vérité nue, débarrassée des artifices et avatars

Révélée face au miroir suprême, sans Photoshop du tout :

« L’Enfer me ment, et toute sa clique de batards ! »


Il n’a pas participé aux orgies qui bruissent

sous les soutanes. Il n’a pas chu comme Pierre, qui a,

à la tentation, l’AB CD à maintes reprises,

pris la main dans confesse, en quête de sein tété.


D’aucuns lui ont bien cherché quelque pou dans la mitre.

A coups de poings cardinaux, il a su garder le Nord

Fier de ses racines argentines, il s’est imposé aux Cadors

Qui se targuaient de lui apprendre à faire l’épitre


François aura vécu sa Passion, au balcon

Du Saint Siège, pour prendre la route du Terminus

Des prête-en-Cieux, auxquels il vouera ses leçons

Ultimes. Pour l’éternité, papam habemus !


Pa pa pam !

Devinette de physique antique : quand un 88 tours récent rencontre un vieux 33 tours de légende, qu’est-ce qu’il lui chante ?

Des lendemains qui (dé)chantent

Ça y est, la nouvelle tant attendue vient de tomber !
Le terrible tremblement de terre qui a secoué la Birmanie a débloqué le karma de la planète, remis le cerveau à l’endroit à la bande de Ma’gars égarés à la Maison Blanche, et ramené ces forcenés des coupes à la raison !

Ça y est, la nouvelle tant attendue vient de tomber !

Le terrible tremblement de terre qui a secoué la Birmanie a débloqué le karma de la planète, remis le cerveau à l’endroit à la bande de Ma’gars égarés à la Maison Blanche, et ramené ces forcenés des coupes à la raison !

Vance, depuis le voilier qu’il a affrété pour revenir de son expédition hasardeuse au Groenland en prenant soin de minimiser son empreinte carbone, a exprimé ses plus plates excuses en lâchant un sobre « Oubliez tout ce que JD !»

Elon, réalisant soudain la spirale démoniaque d’accumulation et de haine dans laquelle il se consumait en entraînant une bonne partie de la planète, a fait un mea culpa cathartique, a genoux devant ses 13 enfants réunis. Il a abandonné ses ambitions martiennes pour mettre son immense fortune au service des plus démunis et des oubliés de l’humanité, et pour accélérer la transition écologique, au sein de sa nouvelle fondation philanthropique « AB PiR-X ».

Donald, dans un éclair de lucidité, a remis la table à l’endroit après l’avoir renversée pour jouer des deals avec ceux qui, comme lui, ont les cartes en main. Il a délaissé la partie de UNO pour ramener l’ensemble des nations autour de la table de l’ONU, remettre les ressources naturelles à leur juste place au service de l’humanité tout entière et de l’éco-système de notre planète bleue. Les accords du Golf d’Amérique (le nouveau nom de Mar-a-Lago) viennent de sceller la fin des conflits entre la Russie et l’Ukraine et entre Israël et la Palestine.

Les fermes et les zoos à travers le monde se sont vidés de tous leurs animaux, partis en impressionnants cortèges festifs à travers sentiers et chemins, clamant dans une cacophonie tonitruante : « Vous nous croyiez vraiment si bêtes ? ». L’internationale des poules et des vaches s’est organisée en coopérative pour proposer un tarif respectu’œuf du consommateur qui garantit aussi un revenu ronde’lait au producteur.

Les manches de bois des haches, les lames de métal des bulldozers se sont révoltés et dressés contre les tortionnaires de leurs familles, pour préserver les vieilles branches de leurs arbres généalogiques et les gisements de leur précieuse richesse.

La Pachamama a démonté tous les théâtres de marionnettes : les temples, les Eglises, les synagogues. Un peu agacée d’avoir encore à expliquer la vie à ses petits garnements trop gâtés, elle est partie dans un fou-rire goguenard pour se moquer de tous ces esprits soit-disant « supérieurs », de tous ces chamanes, ces mediums, ces clairvoyants qui, à travers les siècles, sont restés hypnotisés par la lueur de la torche au fond de leur grotte de certitudes et de jugements, au lieu d’ouvrir leur regard à l’éclat de la voûte céleste : « Vous croyez vraiment qu’un Machopapa aurait créé un truc aussi grand, aussi beau, aussi vivant, aussi foutraque ? »

« BIIIIIIIIIP ! BIIIIIIIIIP ! »…. « Comment ça BIIIIIIIIP ! BIIIIIIIP !? » s’étonne mon cerveau encore embrumé, revenant du monde onirique pour se prendre un mur… ironique !

Tu aurais bien voulu y croire, toi aussi, aux poissons d’avril du Kfard ?

Si en avril, l’équilibre du monde ne tient plus qu’à un fil, espérons que les funestes marionnettes perdront de leur superbe à mesure que leur pactole fondra comme neige au soleil du printemps, qu’en proie au d’août il finissent en d’étés, et terminent leur parcours dans la rubrique défaits d’hiver.

… Rien ne va plus !

Évidemment
Mérite, talent
On en rit encore
C’est des bêtises
Pour les manants
Pas pour gouvernants

Y a comme un coup à faire pour nous

Pas assumer l’ampleur du trou

Et la colère qui nous suit partout

Y a des balances qui disent beaucoup

Plus que tous les mots qu’on dévoie

Eléments d’langage

Qui tiennent lieu de voix

Vous aurez reconnu cet animal préhistorique à sang froid, à la cuirasse épaisse et aux griffes acérées qui a réapparu sur nos écrans le temps d’une pandémie, et qui va rejoindre les oubliettes de l’évolution sans tarder. L’autre, c’est le pangolin

Évidemment

Vos vies d’avant

On les dévore

A grand renfort

D’amas d’argent

Évidemment

Mérite, talent

On en rit encore

C’est des bêtises

Pour les manants

Pas pour gouvernants

Bon, d’accord, sur le Mont Olympe, ce serait plutôt Zeus qui serait allé se faire voir chez les Grecs, mais à Rome, son pseudo, c’est bien Jupiter
(d’après une tapisserie de la Manu’facture des Gobe-l’un)

Rincés, sur la paille, c’est pour vous !

On vous laisse fatigue et dégoût

A quoi ça sert de s’montrer partout ?

On garde la luxure pour nous

Une retraite au soleil, au bout

Qui n’change rien, possède tout

Et videment

Médicament ?

On flambe encore

A grand renfort

D’médailles d’argent

No comment !

Et videment

Léviathan[i]

On frime encore,

La flamme attise,

Comme des enfants

Mais pas pour longtemps

Pas pour longtemps…

Cette mise en Seine était tellement ébouriffante
que certains ne savaient plus où donner de la tête…

Sinistral Gagnant

Mais de voir leur score s’envoler aussi haut
Arrache des cris d’effroi même aux oiseaux
Te raconter, enfin, qu’il faut aimer la vie
L’aimer même si le temps est assassin et emporte avec lui
Les illusions des votants…
Et sinistral gagnant !

A les voir sur les bancs, de Bourbon[i] triomphants

Je regarde les gens, tant qu’y en a

Regretter le bon temps, qui est mort ou qui reviendra

En serrant dans mon cœur ma vie d’avant

Je les vois nous traiter comme des pigeons idiots

Maquiller leur rictus de fachos

Entendre leurs rires gras qui salissent les murs

Du vivre ensemble qui se fissure

Tik Tok conte la story de Jordan le héros 

Aux beaux pec’s fabuleux, c’est pas beau en dessous !

Cul-de-sac et Loto, politique à deux sous 

C’est Sinistral gagnant !

A pleurer sous la pluie, plus qu’cinq heures avant ça 

Et regarder la vie, tant qu’y en a

Ils crachent sur l’ébène, dans ce second tour d’ivoire

Leur monde rassi’ste avarié je ne veux pas y croire

Et sauter dans le vide, juste pour essayer

Bousiller la patrie, vous le voulez ?

Et entendre leur rire, avec des larmes amères

Régresser et repartir en arrière 

Te raconter surtout les souffrances et les Pen d’un temps qu’on croyait hier

RN[ii] qui s’dit Père Noël, « fake news » mais vrai calvaire

Sauter les pieds devant…

C’est sinistral gagnant !

A m’asseoir sur un banc, cinq minutes avec toi,

Regarder le soleil qui s’en va

Te parler du bon temps, qui est mort et je ne m’y résous 

Te dire que les méchants, c’est pas nous

Si on s’doit de faire barrage, c’est parc’qu’en ouvrant les yeux

On pourrait retrouver un destin heureux

Mais de voir leur score s’envoler aussi haut

Arrache des cris d’effroi même aux oiseaux

Te raconter, enfin, qu’il faut aimer la vie

L’aimer même si le temps est assassin et emporte avec lui

Les illusions des votants

Et sinistral gagnant !

Et sinistral gagnant !

Rappelez-vous l’article du 10 juillet 2021, « les trouples de l’élection, déjà ou encore ? » : https://www.lekfarddchaine.com/les-trouples-de-lelection-deja-ou-encore/

Pattes de mouche du Kfard :

Blood runners – frères et soeurs de sang

Entre le bouclage fébrile de tes derniers dossiers professionnels, celui de tes valises, l’organisation de ces quelques semaines de vacances estivales tant attendues, le décompte de tes minutes si précieuses s’écoule en haut débit, dans le sablier de ton agenda, dans le boulier de ton compte épargne temps (sic !)

Entre le bouclage fébrile de tes derniers dossiers professionnels, celui de tes valises, l’organisation de ces quelques semaines de vacances estivales tant attendues, le décompte de tes minutes si précieuses s’écoule en haut débit

dans le sablier de ton agenda

dans le boulier de ton compte épargne temps (sic !)

Tu regrettes peut-être toi aussi de n’en être pas assez riche

pour pouvoir te permettre de donner plus de ton temps à ton prochain,

ni pour lui prêter, même avec intérêt, ton attention ?

Tu as pourtant un don exceptionnel à ta portée, et le pouvoir extraordinaire d’en démultiplier la portée : le don du sang !

Le sang, comme le bonheur, présente cette propriété rare de se multiplier quand on la partage. Partager ton débit sanguin t’apportera toujours plus qu’accumuler n’importe quel crédit sans gain !

Cela fait de chaque donneur de sang un remarquable investisseur dans la générosité du coeur humain, c’est palpitant, non ?

Quel meilleur placement pour lancer ta carrière de super-héros,

pour goûter la satisfaction de contribuer à sauver le monde,

que de commencer par donner quelques gouttes

de ton plasma et de tes plaquettes pour sauver des vies ?

Jamais une intelligence artificielle ne pourra te remplacer pour répondre à ce besoin vital !

Tu hésites encore ?

Quelques chiffres pour achever de te convaincre, extraits de la plaquette de l’EFS (Etablissement Français du Sang) :

  • Seulement 3,5% de la population en âge de donner son sang le fait (ce pourcentage est en érosion constante depuis 2018)
  • Les besoins sont permanents, de l’ordre de 10.000 dons par jour en France, 1700 pour la seule région parisienne
  • 1 heure de ton temps suffit pour sauver 3 vies
  • Tu peux donner toutes les 8 semaines

Alors n’attends plus,

pour sauver tes frères et sœurs de sang !

S’ils ne sont pas toujours de ta famille ou de ton clan,

ils ont désespérément besoin de leur (de ton) groupe, A, B ou O, – ou +

Donne, toi aussi, un peu de ton temps, un peu de ton sang !

Tu es prêt maintenant ?

Ça tombe bien, le centre de l’EFS, lui aussi, est tout près, à un clic de chez toi : https://dondesang.efs.sante.fr/

Haïku tout simplement, ou simplement tout ?

Bonjour chers Kfards,
vous apprêtez-vous aussi
aux congés d’été ?

Après une longue hibernation, je vous retrouve avec plaisir et gourmandise, et vous invite à une déambulation poétique aux sources du haïku.

Bonjour chers Kfards,
vous apprêtez-vous aussi
aux congés d’été ?

Après une longue hibernation, je vous retrouve avec plaisir et gourmandise, et vous invite à une déambulation poétique aux sources du haïku.

Que n’ai-je un pinceau
Qui puisse peindre les fleurs du prunier
Avec leur parfum !

Mizuhara Shuoshi

Cette forme épurée, frugale de poésie a été créée au pays du manga et de la qualité totale, à une époque où il ne se doutait même pas encore de porter leurs germes[i].

Une fleur tombée
Remonte à sa branche
Non, c’est un papillon !

Takahashi Mutsuo

Sous une forme très codifiée (en 3 vers de 17 mores – 5, 7 et 5), il célèbre l’évanescence des choses et les sentiments qu’ils suscitent. Il évoque souvent une saison (le kigo), et comporte souvent une césure (le kireji)

L’été passe.
Je soulève un store
Je ne regarde rien.

Nakamura Teijo

En 17 mores bien ciselés, que d’acuité et d’abymes étourdissants, jugez plutôt :

La flopée de mouches
Échappe à ses claques
Ah ! cette main ridée.

Kobayashi Issa

De sa poussette il montre
Dans le ciel de l’été
Les parents et les enfants étoiles.

Mukai Kyorai

Les lunes et les fleurs :
voici les véritables
maîtres.

Matsuo Basho

Que d’échos qui résonnent si étonnamment avec une actualité brûlante, dans les brasiers d’Ukraine ou de nos quartiers… :

Départ pour le front
Dans la neige profonde
Il n’y a qu’un chien assis.

Mukai Kyorai

Éclairs de l’orage
Entre les fusées d’artifice –
Maintenant !

Tanaka Hiroaki

Vers les eaux d’automne
Du coeur du feu si rouge
La fumée s’envole.

Mukai Kyorai

Dans le grondement du feu
La nuit s’enfonce
Crache une lune ébréchée.

Yamaguchi Seishi

Comment je veux tuer !
Comme je voudrais
Ne pas tuer !

Chiyo-Ni

Un ciel sans couleur
Rejoint
La mer couleur de cendres.

Yamaguchi Seishi

Pour ce bref instant
Quand le feu volé sortit…
Des ténèbres.

Ozaki Hosai

…ou des fonds marins qui engloutissent sans discrimination les précaires embarcations des migrants comme les bathyscaphes des nantis en quête de frissons titanesques :

Gagnant la haute mer
La bise n’a plus
De lieu où revenir.

Hara Sekitei

« Ne passons pas à côté des choses simples ! » comme nous y invitent les maîtres du haïku, hérauts de la sobriété heureuse bien avant Pierre Rabhi, et surtout bien avant cette marque de saucisses qui s’est asservi cette noble pensée pour en faire un vulgaire slogan.

Coucou
maintenant, comme pour les maîtres de haïku,
il n’y en a pas en ce monde

Matsuo Basho

Oie, oie sauvage
Tu l’as fait à quel âge
Ton premier voyage ?

Kobayashi Issa

Alors rejoignez-moi et franchissez le pas !

C’est aussi simple et entraînant qu’un pas de danse : 5 – 7 – 5.

Laissez libre cours à votre inspiration, écoutez les bruissements, sentez le souffle, les vibrations et les parfums de vos sentiments, qui accompagnent l’évanescence du moment.  

Osez une variation, par exemple un «haïs coups » qui nous plonge dans l’effarement du moment :

Un enfant est mort.
Les feux d’artifice, ciel
assèchent nos coeurs

… ou un « AI[ii] coût » :

Saut quantique ou
sot cantique ? GPT
joue au Chat : souris 😊 ?

… « Ail goût » :

Il glousse sans l,
fait fuir jusqu’aux vampires
sa tête se tresse

… « Hi coo[iii] »

Au premier regard,
mariage ou flirt de pas sage ?
Clin d’oeil de voeu lourd 😉

… ou laissez-vous séduire tout simplement par le haïku classique :

Tes fleurs, cerisier ?
Fanées, et tes fruits tombés !
Trop ardent été

A vous de jouer,
mes chers Kfards Dchaînés !
Bises, et bel été


[i] Sa forme actuelle est attribuée à Basho Matsuo, poète japonais du XVIIe siècle

[ii] Artificial Intelligence (AI) = intelligence artificielle (IA) en français

[iii] En anglais : Hi = “salut” – coo = “roucoulement”