« Au secours, Francis, ils sont devenus fous ! » Le Kfard mobilise toute ta force d’émotion mélancolique pour interpeller (avec deux ailes, comme la colombe de la paix) ce qui nous reste d’humanité alors que les feuilles, elles aussi, tombent… comme les vies sur ces nouvelles plages du débarquement
C’est le tumulte qui assourdit le plus
Dans ce feu roulant des corrompus
De la bile ancienne sature les hauts-parleurs
Sur tous les tons
On doit être hors raison
L’amertume déroule son flot continu
Ses anathèmes
Ses refrains vides et têtus
Pour quelques milliards de plus
Dans leur océan de pognon
On doit être hors raison
Le froid transpire de ces trop riches parvenus
Qui cherchent juste à être quelqu’un de connu
Et la misère déborde
Au pied des pavillons
On doit être hors raison
Un monde s’égare
Dans les brumes digitales
La colère citoyenne est si près
Les gouvernements nous condamnent
Aux écrans de fumée
Personne ne sait plus où il est
On pourrait tout perdre, les mers, les montagnes, les rues
Voudrais-je lui demander si le BBB de sa « Big Beautiful Bill »[ii], est l’équivalent du AAA que nous réservons à nos meilleures Andouilles
Que sa meute servile me balancerait au visage un ICE Bucket[iii],
qui éclabousserait ma famille, mes amis et ma communauté.
Me ligoterait les mains dans le dos, me mettrait à genoux, à plat ventre,
Me pousserait de l’autre côté de son odieux mur,
censé barricader tous les ultra (ultra-riches, ultra-conservateurs) qui s’auto-condamnent dans ce minable modèle réduit de Fort-Knox,
Fort fort lointain de toi, Démocratie, et de nous, restants d’Humanité
Faut-il attendre qu’ils aient bouclé le dernier verrou de la dernière serrure de ce foutu mur, pour qu’ils découvrent, sidérés, avoir perdu le souffle, la saveur, et la stature de ta Liberté,
Démocratie ?
Pattes de mouche du Kfard :
[i]TACO est un acronyme imaginé par un éditorialiste du Financial Times pour se moquer de la gestion pour le moins approximative de Donald Trump des droits de douane (Tarriffs). Il signifie : Trump Always Chickens Out (Trump finit toujours par se dégonfler)
[ii] Le projet de loi appelé « Big Beautiful Bill » (non, ce n’est malheureusement pas une blague, sic !) est un énorme « paquet » législatif poussé par Donald Trump et son gouvernement auprès du Sénat et du Congrès américain (qui ont tous deux une majorité républicaine) pour à la fois pérenniser les énormes crédits d’impôts qu’il avait consenti aux ultra-riches lors de son premier mandat, en 2017, tout en augmentant significativement les impôts pour les tranches les plus modestes de la population, augmenter les dépenses militaires (de 150 milliards de dollars) tout en retirant le bénéfice de la couverture des dépenses de santé (Medicaid) pour plus de 8 millions d’Américains parmi les plus pauvres.
[iii]ICE est l’acronyme de Immigration & Customs Enforcement, l’agence de police et de contrôles douaniers qui est instrumentalisée par le gouvernement de Donald Trump pour mettre en œuvre sa politique agressive d’expulsions d’immigrés.
Le Ice Bucket Challenge est un défi qui est devenu viral sur les réseaux sociaux en 2014, consistant à se renverser ou se faire renverser un seau d’eau glacée sur la tête, et à inviter des amis à le reproduire. Le but de ce défi était de médiatiser la lutte contre la maladie de Charcot -ou sclérose latérale amyotrophique (SLA).
Pas de plumes, de paillettes, de bulles[ii] qui pétillent
Voilà François rhabillé pour l’hiver par une soit-disant Intelligence Artificielle
Seulement un Esprit Saint dans un corps sain, doux,
et la vérité nue, débarrassée des artifices et avatars
Révélée face au miroir suprême, sans Photoshop du tout :
« L’Enfer me ment, et toute sa clique de batards ! »
Il n’a pas participé aux orgies qui bruissent
sous les soutanes. Il n’a pas chu comme Pierre, qui a,
à la tentation, l’AB CD à maintes reprises,
pris la main dans confesse, en quête de sein tété.
D’aucuns lui ont bien cherché quelque pou dans la mitre.
A coups de poings cardinaux, il a su garder le Nord
Fier de ses racines argentines, il s’est imposé aux Cadors
Qui se targuaient de lui apprendre à faire l’épitre
François aura vécu sa Passion, au balcon
Du Saint Siège, pour prendre la route du Terminus
Des prête-en-Cieux, auxquels il vouera ses leçons
Ultimes. Pour l’éternité, papam habemus !
Pa pa pam !
Devinette de physique antique : quand un 88 tours récent rencontre un vieux 33 tours de légende, qu’est-ce qu’il lui chante ?
Pattes de mouche du Kfard :
[i]Les quatre encycliques du Pontificat de François :
Lumen Fidei (La Lumière de la Foi), publiée en juin 2013. Cette encyclique, signée de François, est le fruit d’un travail largement entamé sous le pontificat de Benoît XVI, travail repris et complété par le nouveau pape. Publiée au cours de l’année de la foi, elle forme avec les encycliques de Benoît XVI « Deus caritas est » et « Spe Salvi » une trilogie sur les vertus théologales (charité, espérance et foi).
Laudato Si (Loué sois-tu), publiée en mai 2015. Ayant pour sous-titre « sur la sauvegarde de la maison commune », elle est consacrée aux questions environnementales et sociales, à l’écologie intégrale, et de façon générale à la sauvegarde de la Création.
Fratelli Tutti (Tous frères), publiée en octobre 2020. Elle porte sur « la fraternité et l’amitié sociale ».
Dilexit Nos (Il nous a aimés), publiée en octobre 2024. Elle porte sur l’amour humain et divin du Cœur de Jésus-Christ
[ii]Une bulle pontificale (ou « bulle papale » ou « bulle apostolique ») est un document scellé (du latin bulla, « sceau ») par lequel le pape pose un acte juridique important tel que l’indiction d’une année sainte, une nomination épiscopale, une définition dogmatique, la convocation d’un concile ou une canonisation.
Ça y est, la nouvelle tant attendue vient de tomber !
Le terrible tremblement de terre qui a secoué la Birmanie a débloqué le karma de la planète, remis le cerveau à l’endroit à la bande de Ma’gars égarés à la Maison Blanche, et ramené ces forcenés des coupes à la raison !
Ça y est, la nouvelle tant attendue vient de tomber !
Le terrible tremblement de terre qui a secoué la Birmanie a débloqué le karma de la planète, remis le cerveau à l’endroit à la bande de Ma’gars égarés à la Maison Blanche, et ramené ces forcenés des coupes à la raison !
Vance, depuis le voilier qu’il a affrété pour revenir de son expédition hasardeuse au Groenland en prenant soin de minimiser son empreinte carbone, a exprimé ses plus plates excuses en lâchant un sobre « Oubliez tout ce que JD !»
Elon, réalisant soudain la spirale démoniaque d’accumulation et de haine dans laquelle il se consumait en entraînant une bonne partie de la planète, a fait un mea culpa cathartique, a genoux devant ses 13 enfants réunis. Il a abandonné ses ambitions martiennes pour mettre son immense fortune au service des plus démunis et des oubliés de l’humanité, et pour accélérer la transition écologique, au sein de sa nouvelle fondation philanthropique « AB PiR-X ».
Donald, dans un éclair de lucidité, a remis la table à l’endroit après l’avoir renversée pour jouer des deals avec ceux qui, comme lui, ont les cartes en main. Il a délaissé la partie de UNO pour ramener l’ensemble des nations autour de la table de l’ONU, remettre les ressources naturelles à leur juste place au service de l’humanité tout entière et de l’éco-système de notre planète bleue. Les accords du Golf d’Amérique (le nouveau nom de Mar-a-Lago) viennent de sceller la fin des conflits entre la Russie et l’Ukraine et entre Israël et la Palestine.
Les fermes et les zoos à travers le monde se sont vidés de tous leurs animaux, partis en impressionnants cortèges festifs à travers sentiers et chemins, clamant dans une cacophonie tonitruante : « Vous nous croyiez vraiment si bêtes ? ». L’internationale des poules et des vaches s’est organisée en coopérative pour proposer un tarif respectu’œuf du consommateur qui garantit aussi un revenu ronde’lait au producteur.
Les manches de bois des haches, les lames de métal des bulldozers se sont révoltés et dressés contre les tortionnaires de leurs familles, pour préserver les vieilles branches de leurs arbres généalogiques et les gisements de leur précieuse richesse.
La Pachamama a démonté tous les théâtres de marionnettes : les temples, les Eglises, les synagogues. Un peu agacée d’avoir encore à expliquer la vie à ses petits garnements trop gâtés, elle est partie dans un fou-rire goguenard pour se moquer de tous ces esprits soit-disant « supérieurs », de tous ces chamanes, ces mediums, ces clairvoyants qui, à travers les siècles, sont restés hypnotisés par la lueur de la torche au fond de leur grotte de certitudes et de jugements, au lieu d’ouvrir leur regard à l’éclat de la voûte céleste : « Vous croyez vraiment qu’un Machopapa aurait créé un truc aussi grand, aussi beau, aussi vivant, aussi foutraque ? »
« BIIIIIIIIIP ! BIIIIIIIIIP ! »…. « Comment ça BIIIIIIIIP ! BIIIIIIIP !? » s’étonne mon cerveau encore embrumé, revenant du monde onirique pour se prendre un mur… ironique !
Tu aurais bien voulu y croire, toi aussi, aux poissons d’avril du Kfard ?
Si en avril, l’équilibre du monde ne tient plus qu’à un fil, espérons que les funestes marionnettes perdront de leur superbe à mesure que leur pactole fondra comme neige au soleil du printemps, qu’en proie au d’août il finissent en d’étés, et terminent leur parcours dans la rubrique défaits d’hiver.
« What the Duck ! » cette fin d’année ! Et dire que le Donald, ce canard laqué et ébouriffant, n’en est qu’à l’échauffement ! Ça promet pour le « jour d’après » son investiture fin janvier 2025 !
Quel feu d’artifice de folies à travers les Etats désunis, et au-delà, aux quatre coins de notre planète qu’on surexploite jusqu’à ce qu’elle pète !
« What the Duck ![i] » cette fin d’année ! Et dire que le Donald, ce canard laqué et ébouriffant, n’en est qu’à l’échauffement ! Ça promet pour le « jour d’après » son investiture fin janvier 2025 !
Quel feu d’artifice de folies à travers les Etats désunis, et au-delà, aux quatre coins de notre planète qu’on surexploite jusqu’à ce qu’elle pète !
«Foule sans santé mentale », fredonnerait Laurent Voulzy, ébahi, en voyant cette brochette de Dominique Pelicot & Co qu’un tribunal met enfin face à leur sordide reflet dans le miroir ! Dans quel glauque abyme se sont-ils égarés pour abîmer ainsi leur humanité, prenant leur pied en piétinant celle de Gisèle ?
« Fool sans santé mentale » aussi, pour les huit pyromanes qui ont allumé la mèche de la désinformation et attisé le brûlot de haine qui a armé le bras d’Anzorov, l’assassin du professeur Samuel Paty, le 16 octobre 2020 ! Un verdict qui a le mérite de reconnaître le poids des mots dans l’engrenage qui conduit au choc des maux. Car, oui, un mot dont la violence dépasse la ligne continue du respect des autres, cela suffit pour amorcer la trajectoire du missile qui va enflammer les foules et déchaîner les coups ! Une phrase lapidaire peut armer le bras d’un assassin, et se traduire en sentence[ii] fatale sans même avoir à se risquer dans la dangereuse traversée de la Manche.
Et ne parlons pas de l’autre côté de l’Atlantique ! Ouh là là, que le réveil est difficile ! Ça vous a fait le même effet, à vous, d’ouvrir vos paupières fébriles, au matin du 6 novembre, guettant le duel au couteau annoncé par les sondages « qui n’avaient jamais été aussi serrés », redoutant l’enlisement dans une guerre des tranchées judiciaire… pour voir une marée de sang rouge Républicain se répandre à travers le pays, imbibant les Etats les uns après les autres comme un papier buvard ?
Et ces têtes hilares, et ces joues comblées d’aise, et ces visages imbus d’eux-mêmes des Trump’ettistes plus repus que -blicains, paradant comme des toreros dans leurs habits de lumière en raillant leurs adversaires défaits. Voilà le Roi Liard[iii] qui, tel le retors Scar dans le Roi Lion, distribue les postes clé comme jouets en pâture à sa meute de hyènes toutes plus incompétentes les unes que les autres.
« Pourvu que je sois grassement pourvu », c’est manifestement le critère pour être en vue dans la ploutocratie[iv] de l’Oncle Picsou, ce canard plaqué or qui parle de lui à la 3e personne depuis qu’il bénéficie des câlins d’Elon :
Robert Kennedy Jr[v], grand avocat spécialisé dans le droit de l’environnement (ah, enfin une prise de conscience salutaire !) à la tête du Ministère… de la Santé… eh oui, faut se méfier des professionnels, on préfère des amateurs particulièrement éclairés, et lui, son hobby préféré, c’est d’être antivax ! C’est parfait pour s’occuper de la Santé, la gestion de la crise du Covid par le précédent gouvernement Trump a démontré l’efficacité de leurs croyances ancestrales[vi] !
Et puisque le seul expert en droit de l’environnement qu’ils avaient était pris, il ne restait plus qu’un climatosceptique, Lee Zeldin, pour prendre la tête de l’Agence Américaine pour la protection de l’Environnement
L’homme le plus riche du monde, Elon Musk, associé à un autre multi-milliardaire, Vivek Ramaswany, hérite du tout nouveau Department of Government Efficiency[vii] avec l’ambition de « dégraisser le mammouth » de l’administration fédérale des Etats-Unis… sans doute pour pouvoir réduire encore plus les impôts des plus riches. N’y voyez aucun cynisme, celui de l’étroit Musk atterre !
Elise Stefanik, grande critique de l’Organisation des Nations Unies… portée aux nues comme ambassadrice auprès de l’honnie ONU
Pete Hegseth, un présentateur vedette de Fox News, comme secrétaire à la Défense, à la tête de la plus puissante armée du Monde
Pam Bondi, une des avocates de sa défense lors de son procès en destitution en 2020, à la tête du Department of Justice
…N’en jetez plus !
Vous voyez émerger le thème récurrent en filigrane, dans ce concert de complices conservateurs confédérés ? Quelque chose comme « Quand c’est trop, c’est Trump & Co(ns) ! »[viii]
Vu le nombre de glands dans la recette, il risque d’y avoir plus de fèves que de frangipane dans la galette dont ils se déchirent déjà les moindres miettes. Quelle sacrée MAGAille[ix] en perspective !
Heureusement, du côté de l’avenir de notre planète, la prise de conscience du désastre climatique à venir a bien, bien progressé dans les esprits, dans la détermination des leaders politiques et leurs gestes forts : la 28 e « Conference of Parties », la fameuse COP, a eu lieu à… Bakou. C’est pas du marketing génial, ça, pour annoncer une COP low-cost (à bas coût, et aussi aux ambitions révisées à la baisse), dans cette capitale de l’or noir et autres énergies fossiles ! Depuis la quête du Graal jusqu’à la re-quête du Bitcoin, on essaie toujours de faire passer le plomb pour de l’or dans le Saint-Bol !
Mais comme le démontrent les dégâts et le bilan humain terrifiants du cyclone Chido sur l’île de Mayotte, pourquoi y aurait-il urgence à agir ? Le cri d’alerte du petit migrant emmailloté dans une crèche au fin fond de la Palestine attend bien depuis plus de 2000 ans que quelqu’un veuille bien l’entendre, et ça n’a pas empêché la Terre de tourner en rond depuis, plus de 2000 fois autour du Soleil et plus de 730.000 fois sur elle-même… cette même Terre qui se débrouillera parfaitement toute seule pour se débarrasser de l’humanité par un ou deux frissons bien sentis, si on continue à trop la démanger.
Jusque là, ça tient toujours !… mais pour combien de temps encore ?
Les signaux d’espoir, vacillants et fragiles pour l’instant, sont cependant bien là (et bien las, des fois) :
Une dictature de père en fils qui aimait tellement son peuple qu’elle l’enserrait depuis plus de 40 ans par un garrot autour du cou, tout en dealant du captagon en masse depuis Damas, et qui semblait indéboulonnable sous la protection de puissants alliés, s’est effondrée plus vite que le gouvernement Barnier, c’est dire !
« Dis Syrie, tu n’aurais pas une recette pour nous débarrasser des 54% de régimes autocratiques qui prospèrent un peu partout dans le Monde[x] ? »
La France a réussi l’organisation de « ses » Jeux Olympiques et Paralympiques, avec des cérémonies qui nous ont réjouis par leur imagination, leur créativité et leur audace, dont une cérémonie d’ouverture tenue pour la première fois en dehors d’un stade, en plein cœur de Paris, illuminant son ciel d’une aérienne vasque pour rabattre leur caquet aux pluvieux oiseaux de mauvais augure !
La cathédrale Notre Dame de Paris, dévastée par un incendie le 15 avril 2019, a été reconstruite et réouverte en grande pompe grâce à un élan de générosité sans précédent des plus grandes fortunes nationales et internationales. Ces cossus de Notre Dame (les Arnaud, les Pinault, Meyers-Bettencourt et consorts) ont décidément plus d’empathie pour les vieilles pierres noircies que pour les enfants qui meurent de froid dans la rue… dans un éclair de lucidité, s’en sentiraient-ils plus proches ?
Quel plus beau symbole d’espoir que notre Jupiter national qui rêve de se donner une nouvelle chance. Lui dont la superbe est bien écornée par le désastre d’une dissolution précipitée, plongé dans les abymes des sondages et pris en étau entre les 2 extrêmes auxquels il a laissé un boulevard par ses manœuvres si machiavéliques qu’il s’y est lui-même fait surprendre. Jupiter assez inconscient, donc, pour rêver de se refaire avec un gouvernement… Bayrou. Bayrou ? Eh oui, Bayrou ! Au moins, avec ses 73 ans à lui et une moyenne d’âge de 53 ans pour son gouvernement, il faut lui reconnaître au moins trois qualités (si, si ! Ceci dit, ça ne pèse quand même pas lourd, pour pas moins de 35 maroquins bien patinés et astiqués !):
Il sera particulièrement motivé pour ne pas creuser le trou plus vite avant qu’il n’y tombe !
C’est le gouvernement le plus écologique de l’histoire de France, avec un taux de recyclage inédit (deux anciens premiers ministres, et pleins d’autres récupérés et reconditionnés !)
Il fait sans doute partie des seuls boomers à comprendre la blague « C’est dans les vieux Pau qu’on fait les meilleures soupes », car ça ne peut être qu’une blague, rassurez-moi ?
Sœurs et frères de paix et de bonne volonté, si – un petit truc en plus[xi] – vous avez la chance de ne pas souffrir de la guerre, de la famine, de la misère, profitez de ces fêtes de fin d’année pour revenir en 2025 avec le plein d’énergie. Car l’année à venir réclamera une sacrée dose d’efforts conjoints, beaucoup de discours de paix et d’actes de bienveillance, de solidarité et sans doute de résistance contre des forces obscures et tenaces.
Il va falloir collecter, semer, faire germer et prospérer les graines de bien, de sagesse et de sororité qui s’obstinent et persévèrent dans les moindres anfractuosités, survivent aux hivers les plus mordants et finissent toujours, le printemps venu, par recouvrir de tapis de mousse, de verdure et de fleurs les montagnes de datas, de fake news et autres minéraux froids et durs que dit gérer la prétendue Intelligence Artificielle promue par des richards au cœur de pion, manifestement voués (plus que doués) aux échecs.
Pattes de mouche du Kfard :
[i]« Quel Canard ! », jeu de mot sur l’expression « What the Fuck » (c’est quoi ce bordel ? )
[ii]«sentence » signifie « phrase » en anglais, « interesting, isn’t it ? »
[iii]Liard : ancienne monnaie française et belge, qui valait un quart de sou. L’expression a longtemps été utilisée pour désigner des monnaies quelconques, de faible valeur
[iv]Ploutocratie : forme de gouvernement où les plus fortunés exercent le pouvoir, ça vous évoque quelque chose ? Comme si l’argent était l’étoffe dont sont faits les femmes et les hommes d’Etat !
[v]Ce médecin malgré lui avait plaidé en 2012 (pour pouvoir divorcer de son ancienne épouse Mary qui s’était suicidée) être victime d’un ver qui aurait dévoré une partie de son cerveau et aurait réduit ses capacités cognitives… mais maintenant qu’il a des ambitions politiques au niveau national, ses avocats nous rassurent : le ver serait mort depuis longtemps (de famine ?)
[vi]Le Covid a fait plus de 1.127.000 morts aux Etats-Unis, largement en tête du classement mondial, loin devant le Brésil, 2e avec 704.000 victimes. De tels résultats catastrophiques dans le domaine de la santé (nombre de morts par overdoses, baisse de l’espérance de vie,…) , avec le budget de la Défense, le nombre d’armes à feu en circulation et le nombre et la fortune des milliardaires, sont un des seuls classements où les Etats-Unis d’Amérique sont encore les premiers au monde…
[vii]Pour l’anecdote, les initiales de ce tout nouveau département, DOGE, évoquent le Dogecoin, une des cryptomonnaies qui a été créée et promue par Elon Musk après avoir été, à l’origine, une « blague potache »
[viii]A chantonner sur l’air de ce slogan publicitaire mythique pour tout Boomer qui se respecte : « Quand c’est trop c’est Tropico ! »
[ix]MAGA : “Make America Great Again”, le slogan sous forme de promesse phare des 3 campagnes présidentielles de Donald Trump
[x]Selon un rapport publié par la Fondation Bertelsmann en mars 2024, sur 134 pays étudiés, 74 étaient des régimes autocratiques (soient 54%), et seulement 63 des démocraties, marquant un net renversement de tendance en seulement 4 ans.
[xi]« Un petit truc en plus », un autre rayon de soleil à voir absolument dans les salles obscures pour bronzer du coeur en cette année qui n’a pas brillé par son ensoleillement.
Retenez votre souffle, jusqu’à ce que le soufflé ne retombe ou que la fédération ne déflagre.
D-9 avant le D-Day, le 5 novembre ! Jour D comme Décisif, entre Donald ou Démocratie.
L’Amérique est dans tous ses États ! 50 États d’âmes et autant de nuances d’aigris, de républicains quiets ou de paniqués des bancs démocrates. Ils recouvrent leur façade encore du même drapeau – le fameux stars & stripes – mais s’affrontent en fichant sur leur pelouse des pancartes au nom de leur poulain respectif, soit l’âne démocrate, soit l’éléphant républicain (celui qui balance sa Trump entre ses défenses anti-migrants).
– o –
Un océan nous sépare de cette usine à gaz électorale si alambiquée, aussi incompréhensible pour nous – minauds d’hier restés dans notre « vieille Europe » – que les règles du base-ball, ou cette croyance folle que la libre détention de fusils d’assaut puisse contribuer à notre sécurité !
Candides et perplexes, nous peinons à suivre Kamala, Donald et leurs doublures respectives, qui labourent le pays en jets privés à la vitesse d’un faisceau laser, en brassant à tout va des millions de voix, des milliards de dollars et des centaines de milliards de mots. Des mots rageurs, des mots graphes ou obscènes, déversés en torrents furieux, bouillonnants, qui courent dans les tuyaux sous pression des réseaux sociaux, et giclent en fils d’actualité incendiaires continus qui éclaboussent les cerveaux des rivés à leur écran.
Tout le monde se moque bien de qui va remporter le plus de suffrages ! Hillary Clinton a eu beau avoir près de 3 millions de voix de plus que Donald Trump en 2016, il lui a subtilisé la victoire en faisant la différence dans quelques « swing States » stratégiques, grâce à une des premières campagnes ou les « frappes chirurgicales » via internet et les réseaux sociaux ont eu plus d’influence que les médias traditionnels (presse, télé, radio). C’est dans ces sept « Etats-pivot » (l’Arizona, la Caroline du Nord, la Géorgie, le Michigan, le Nevada, la Pennsylvanie et le Wisconsin) que se déroule le combat de chiffonniers qui compte, la bagarre de rue à mains nues où on ne fait pas de quartier !
« Gangs of New York », le débat politique américain version pile… et version face
Se tenant péniblement debout sur le tatami, le vieux Joe a joué un drôle de tour à son adversaire qui le pétrissait d’invectives et d’injures, en s’esquivant juste avant le gong. Il laisse Donald pris dans son élan, gesticulant et vociférant en pleine campagne contre un épouvantail… Et voilà qu’une jeune et fringante Kamala surgit dans son dos, et ne rate jamais une occasion de lui signifier que c’est lui désormais, qui est en ballot âge.
Comment un canard si ridicule, plombé par les scandales, le tintamarre des casseroles qui lui collent à l’arrière-train et l’ineptie de ses gesticulations en public peut-il tenir la dragée haute à Kamala ? Il est vrai qu’en tant que vice-présidente, cette dernière était restée transparente, quasiment invisible dans l’ombre de Joe Biden pendant les 4 ans de sa présidence, avant qu’il ne dévisse dans les sondages et se retrouve obligé de mettre sa « vice » en avant. Mais avec quel brio elle a pris les rênes et regonflé les voiles de sa campagne express ! Son comité de soutien casse la baraque tout en casant le Barack au milieu d’une Voie Lactée de stars planétaires : Taylor Swift, Beyoncé, Bruce Springsteen, Billie Eilish, Lizzo, Alyssa Milano, Jamie Lee Curtis…
Si quelqu’un a une quelconque influence sur Mariah Carey, pitié, demandez-lui de NE SURTOUT PAS ANNONCER SON SOUTIEN A KAMALA. Son « All I want for Christmas is youuuuuuu ! » lancinant risque de faire fuir tout électeur potentiel, et au-delà, toute forme de vie qui possède une ouïe, des coyotes de l’Arizona aux orignaux de Pennsylvanie.
Et le Joker, ce clown triste de Donald, malgré la litanie des scandales de ses plus fidèles soutiens, continue à grignoter des voix dans les sondages ! Le côté obscur de sa force, c’est qu’avec lui, plus c’est gros et plus ça passe au lieu de lasser ! Une des dernières affaires en date (c’est difficile de rester à la page – la page en question étant le plus souvent la chronique judiciaire) concerne Rudy Giuliani. L’ancien maire de New-York doit faire ses fonds de tiroir, le pauvre (on parle d’un appartement à Manhattan, d’une Mercedes SL500, montres de luxe, bijoux, quelle misère !) pour payer 148 millions de dollars à deux agentes électorales de Géorgie qu’il avait diffamées en participant à la meute des partisans de Trump dans l’affligeante campagne de contestation des résultats de l’élection de 2020, dont le point d’orgue avait été l’assaut du Capitole, le 6 janvier 2021.
Les plus emblématiques représentants de l’Etat… d’hébriété au Capitole, le 6 janvier 2021, ce jour où la démocratie américaine a failli y capituler
Dans une ambiance aussi électrique, faut-il s’étonner qu’Elon Musk déboule à fond de train, pied au plancher, pour dérouler le tapis vert à l’aspirant tyran, et exploser le mur du çon ? De Malcolm il n’aura retenu que la dernière lettre, le X, et pour ce mégalomaniaque, « toujours plus, même en pire ! » est la seule condition sine Qanon[i].
Est-ce le brillant César Catilina du Megalopolis de Coppola qui a inspiré les nouvelles ambitions politiques d’Elon Musk ? Ou l’inverse ? Saura-t-il éviter le pas de trop dans le vide ?
Et chaque fois qu’une de ces organisations sulfureuses pro-Trump dépasse la ligne blanche, comme ces derniers jours la fondation Heritage[ii] (ce « stink tank » qui sent la naphtaline à plein nez) il prétend ne plus la connaître, larguant derrière lui ces boosters dans sa campagne comme les étages de propulsion des fusées Starship que son récent supporter ambitionne de lancer vers la Lune et Mars.
Le métavers, c’est pour nous la mettre à l’envers ?
Il nous reste à espérer que quelques milliers d’électeurs indécis dans 7 « swing states » saupoudrés à travers le continent nord-américain auront la clairvoyance de réexpédier toute cette clique hétéroclite et son ex-tête des States dans les poubelles de l’histoire, dont ils n’auraient jamais dû sortir, même pour contribuer au décor et à l’ambiance kitch d’Halloween.
En fusée, en feu d’artifice ou en suppositoire ? Peu me chaut, amis Ricains, faites-en à votre guise !
Make America Good After all !
[i]Qanon est une des principales mouvances conspirationnistes d’extrême-droite aux Etats-Unis, qui promeut une théorie du complot selon laquelle Trump serait le dernier rempart face à des élites implantées dans les arcanes du pouvoir ou « Deep State », le gouvernement et les cercles qui gravitent autour à Washington, les milieux financiers et les médias, qui commettraient des crimes pédophiles, cannibales et sataniques. L’influence de ce mouvement a été majeure dans l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021.
[ii]La Fondation Heritage a fait l’actualité ces dernières semaines avec son « Projet 2025 », qui prévoit tout simplement une purge massive, un « grand remplacement » dans l’administration fédérale américaine, pour y installer « une armée de 10.000 agents conservateurs volontaires et prêts à se battre [pour les idées de Donald Trump] » (sic)
« Fluctuat nec mergitur ». Quand les illusions du «Grand Soir » du 7 juillet se noient dans les méandres et la médiocrité des vanités et des rancœurs tribales, n’y aurait-il plus que cette devise – exhumée des tréfonds de l’antiquité – qui redonnerait des couleurs à l’espoir ? Ce n’est clairement pas Outre-Atlantique que cet adage va ranimer un espoir bien mal en point, dans une campagne électorale qui s’annonce glaçante : « Winter is coming ! »
Encore un accroc dans la préparation des JO : les maîtres-nageurs n’ont pas réussi à éviter deux noyades – pardon, il paraît qu’on s’attendait à deux « naïades » – dans la Seine : après Amélie Oudéa-Castéra, dont le discours décousu à l’issue de sa glissade dans les eaux troubles fait craindre le pire sur la contamination du fleuve par les fameuses bactéries « mangeuses de cerveau », c’est Anne Hidalgo qui a plongé à son tour. Elle ambitionnait d’inverser le cours de l’histoire mais elle n’aura réussi qu’à retourner une toute petite phrase : la Maire se jette dans le fleuve.
Et les courants et les miasmes qu’elles ont bravés ne sont que pécadilles à côté de ceux auxquels va devoir faire face Yaël Braun-Pivet après son nouveau plongeon depuis le perchoir dans le marigot de la dés-Assemblée Nationale.
« Fluctuat nec mergitur »[i]. Quand les illusions du «Grand Soir » du 7 juillet se noient dans les méandres et la médiocrité des vanités et des rancœurs tribales, n’y aurait-il plus que cette devise – exhumée des tréfonds de l’antiquité – qui redonnerait des couleurs à l’espoir ?
Deux ans déjà depuis ces primaires de notre côté de l’Atlantique… c’est tellement loin déjà, et pourtant, est-ce que ça a vraiment changé ? Rappelez-vous, en septembre 2021 : En primaires aussi, c’est la rentrée
« Fluctuat nec mergitur », ce n’est clairement pas Outre-Atlantique que cet adage va ranimer un espoir bien mal en point, dans une campagne électorale qui s’annonce glaçante : « Winter is coming ! »[ii].
« Un bulletin de vote est plus fort qu’une balle de fusil » avait dit Abraham Lincoln, qui survécut à la noyade des 4 millions de bulletins portés sur son nom lors de ses 2 victoires – les premières pour un Républicain ! – aux présidentielles des Etats-Unis (en 1860 et 1864), à la Guerre de Sécession, avant de croiser la trajectoire de la balle qui l’arrêtera.
Même dans ce domaine, Donald Trump est capable de passer à côté de la réussite prestigieuse de ses glorieux ancêtres. « Mais comment un tel bonimenteur fauche-t-on ? » se demande la mort (ce qui montre bien au passage qu’elle ne le tient pas en grande estime).
Dans la cour de récréation des Primaires, il aime tellement jouer avec le feu – se posant en Grand défenseur de la NRA, le puissant lobby des armes – qu’il ne pouvait pas rêver meilleur renvoi d’ascenseur d’un de ces fous de la gachette pour rentrer dans la légende ! Il avait chauffé les bals à blancs, les avait poussés à bout, pourtant. Mais non, encore raté, d’un lobe, d’un cheveu, mais raté ! Ce fou de balles américain avait une chance de terminer en beauté, avec son Super-Bol, en donneur de leçons paradant sur l’estrade au milieu d’une foule de receveurs prêts à boire ses outrances, mais au final il n’a hérité que d’une éraflure au casque et d’un ridicule pansement, drapeau blanc qu’il arbore sur le pavillon.
D’aucuns ne se seraient pas remis d’un tel pied de nez du destin, mais lui sait reprendre la balle au bond – la brute et le truand – comme personne : C’est Dieu qui l’aurait « sauvé » !
Mais Dieu, devant des millions de témoins atterrés, vient précisément de lui refuser un bouquet final mythique, en lui mettant un vent d’anthologie, un vent supersonique, en lui murmurant à l’oreille, d’un cheveu : « you are fired ! »[iii]. Comment lui en vouloir, au Tout-Puissant, qui repousse depuis des années cette échéance inéluctable, appréhendant probablement de se fader des siècles de procédures avec les escouades de baveux véreux de cet escroc notoire, sur la taille du chaudron, la température de l’huile et l’origine ethnique des diablotins qui lui titilleront le postérieur à coups de fourches caudines.
« C’est Dieu qui m’a sauvé ! », rien que ça ! C’est franchement l’excuse la plus outrancière qu’ait pu trouver un looser qui vient de se faire sèchement claquer la porte de Saint Pierre au nez !
Et pendant ce temps, à l’autre bout du Monde, au pays des extrêmes, celui des Intouchables et des Maharadjahs, l’obscène s’étale de tout son long, pour atteindre des sommets et toucher le fond, en même temps. Figurez-vous que les familles Ambani et Merchant[iv] ont marié leurs deux rejetons ! Vous n’avez pas eu le carton – pardon, le lingot – d’invitation ? Ils les ont mariés, donc, dans une superproduction monstre de Bollywood qui pourrait s’intituler :
« Bombay’sés des Richous », le re-Bond de l’argent à plus de 7 zéros !
Un budget estimé à plus de 600.000.000 euros pour plus de 4 mois de festivités démesurées… C’est un concours des « plus de » : de dîners princiers, de pinces-fesses en or et de croisières sur des rivières de diamants, de concerts privés de Rihanna et Justin Bieber, de guest stars comme Hillary Clinton, le premier ministre Narendra Modi, Tony Blair… et aussi Boris Johnson et les sœurs Kardashian (oui ben pour eux aussi, le mariage c’est « pour le meilleur et pour le pire ») !
Plaie d’argent n’est pas mortelle ?
A force de creuser, encore et encore, le gouffre béant entre ces 2500 milliardaires sur la planète (dont les 10 premiers, à eux seuls, accaparent près de 1600 milliards de dollars) et leurs milliards de sœurs et frères qui ont du mal à boucler leurs fins de mois, de semaine ou parfois de journée, le risque que la plaie finisse par s’infecter, que l’abcès purulent éclate, que le cancer déploie ses métastases grandit de jour en jour…
Et avec l’étalage impudique en continu des réseaux sociaux – des extrêmes de la richesse comme de la pauvreté – nous ne pourrons pas prétendre que « nous ne savions pas ».
C’était déjà, en octobre 2022 : La mer, qu’on voit tancer, le long des golfs si chers
Les pattes de mouche du Kfard :
[i]Fluctuat nec mergitur – cette locution latine, utilisée comme devise de la ville de Paris, est généralement traduite par « Il est battu par les flots et ne sombre pas ». Elle fait référence au navire qu’elle accompagne sur le blason de la ville.
[ii]« Winter is coming ! » est le titre du premier épisode de la série Game of Thrones. L’expression annonce la menace de l’arrivée des terribles « Marcheurs Blancs » sur le Royaume de Westeros depuis les territoires sauvages au-delà du Mur du Nord. Des « marcheurs blancs » qui menacent d’envahir le siège du pouvoir, ça ne vous évoque pas quelque chose ?
[iii]“You are fired !” est la phrase mythique que prononce Donald Trump dans l’émission de téléréalité « The Apprentice », où il fait passer des entretiens d’embauche à plusieurs postulants, qu’il élimine l’un après l’autre pour enfin proposer au dernier en lice un poste de cadre supérieur dans son entreprise.
[iv]Les familles Ambani et Merchant font partie du « groupe de tête » du classement des 169 milliardaires indiens, la première à la tête du conglomérat Reliance qui domine l’industrie pétrochimique, et la seconde qui possède une entreprise pharmaceutique florissante.
Mais de voir leur score s’envoler aussi haut
Arrache des cris d’effroi même aux oiseaux
Te raconter, enfin, qu’il faut aimer la vie
L’aimer même si le temps est assassin et emporte avec lui
Les illusions des votants…
Et sinistral gagnant !
A les voir sur les bancs, de Bourbon[i] triomphants
Je regarde les gens, tant qu’y en a
Regretter le bon temps, qui est mort ou qui reviendra
En serrant dans mon cœur ma vie d’avant
Je les vois nous traiter comme des pigeons idiots
Maquiller leur rictus de fachos
Entendre leurs rires gras qui salissent les murs
Du vivre ensemble qui se fissure
Tik Tok conte la story de Jordan le héros
Aux beaux pec’s fabuleux, c’est pas beau en dessous !
Cul-de-sac et Loto, politique à deux sous
C’est Sinistral gagnant !
A pleurer sous la pluie, plus qu’cinq heures avant ça
Et regarder la vie, tant qu’y en a
Ils crachent sur l’ébène, dans ce second tour d’ivoire
Leur monde rassi’ste avarié je ne veux pas y croire
Et sauter dans le vide, juste pour essayer
Bousiller la patrie, vous le voulez ?
Et entendre leur rire, avec des larmes amères
Régresser et repartir en arrière
Te raconter surtout les souffrances et les Pen d’un temps qu’on croyait hier
RN[ii] qui s’dit Père Noël, « fake news » mais vrai calvaire
Sauter les pieds devant…
C’est sinistral gagnant !
A m’asseoir sur un banc, cinq minutes avec toi,
Regarder le soleil qui s’en va
Te parler du bon temps, qui est mort et je ne m’y résous
Te dire que les méchants, c’est pas nous
Si on s’doit de faire barrage, c’est parc’qu’en ouvrant les yeux
On pourrait retrouver un destin heureux
Mais de voir leur score s’envoler aussi haut
Arrache des cris d’effroi même aux oiseaux
Te raconter, enfin, qu’il faut aimer la vie
L’aimer même si le temps est assassin et emporte avec lui
Une hirondelle n’annonce peut-être pas le printemps, mais elle ne se contente pas de gazouiller : à elle seule, elle maîtrise toutes les nuances pour ramager, triduler, trisser ou truisotter en polyglotte. La chouette et le cygne peuvent se partager des lamentations sans avoir à interposer un mur entre eux. Même une bécasse peut crouler et une cigogne craquer sans que rien ne s’écroule, un canard se faire rabattre le caquet sans pour autant prendre la mouche !
« Cui cui, tweet, tweet… »
Tendez l’oreille !
Mais si, vous pouvez entendre ! Mettez-y un peu du vôtre, diantre !
Vous avez le nez collé sur votre écran, mais vos oreilles, elles, même si elles ne sont pas décollées, restent disponibles… pour peu que vous n’y ayez pas vissé bien serré une paire d’Ipods, histoire de fermer définitivement les écoutilles de votre bulle digitale, ce technococon qui porte si bien son nom !
Vous les entendez bien comme moi, ces trilles stridentes ?
Elles nous vrillent les tympans depuis l’autre côté de la Méditerranée, depuis cette Terre qui fût Sainte avant d’être ceinte. Mais pourquoi s’égosillent-ils ainsi, ces Palestiniens, à hurler à la mort ?
Séquence nostalgie : un des premiers dessins du Kfard…extrait de « la Colombe et le Rameau », sur l’air de la Corrida du grand Francis
Ils ne pourraient pas tout simplement prendre leur envol, accompagner les cigognes dans leur migration et venir se joindre aux volées de perruches qui piaillent tout près de nous,
depuis le rebord de nos multiples fenêtres sensément ouvertes sur le monde, superposées en mille-feuilles sur nos écrans dont elles débordent,
ou perchés en grappes grouillantes sur le fil continu des informations qui déroulent leur litanie du pire et du encore plus pire ?
A l’affût d’un doux gazouillis, resterons-nous insensibles aux terribles cris de souffrance des Gazaouis, cloués au sol sous le cliquetis des chenilles, le fracas des bombes et la menace des faucons ?
Continuerons-nous à faire les autruches, la tête enfouie et les ouïes ensablées ? Faudra-t-il attendre la mélopée des lamentations des cygnes du destin, des croassements lugubres des corbeaux ou le requiem des hululements des hiboux de la nuit des temps ?
Nous restons là, avachis comme des oies gavées de ces métavers qui s’évertuent à se tortiller entre deux prises de bec sur les chênes d’information. Et de modernes Nérons cendrés autant qu’incendiaires, dressés sur leurs échasses censées les propulser vers les étoiles, au milieu des décombres encore fumants du nid jadis accueillant, viennent nous déposer cette piteuse pitance directement dans nos gosiers Gafamés.
« Et de modernes Nérons cendrés autant qu’incendiaires… » : retrouvez-les là dans cet article de novembre 2021 (déjà !)
Nous laisserons-nous intimider comme des poules mouillées, nous contentant de babiller comme des moineaux, jacasser comme des pies ou gémir telles des tourterelles ? L’observerons-nous, moqueurs ou indifférents, ce peuple Gazaoui, se faire mépriser et massacrer, comme l’Albatros de la poésie de Baudelaire, ce vaste et majestueux oiseau des mers qui claudique sur le pont du bateau sur lequel il se retrouve piégé en piètre situation… et compagnie.
Puisque de moqueur il est question, écoutons – et relayons – plutôt l’appel du geai moqueur des Hunger Games. Ce chant d’espoir, d’une étincelle vacillante dans un murmure isolé, s’est répandu en incendie dans les foules en colère des districts – opprimées par l’édit strict – et est devenu une déflagration assourdissante contre la tyrannie des autocrates de Panem[i]:
Are you, are you[ii] Coming to the tree? Wear a necklace of hope, Side by side with me. Strange things did happen here No stranger would it be If we met at midnight Under the hanging tree.
« Geai fin ! », le cri de famine des bien nommés Hunger Games
Les oiseaux n’ont pas besoin d’Intelligence Artificielle ou de réseaux zoziaux pour parler plusieurs langues et comprendre celle des autres.
Certes, le coucou est capable de tuer dans l’œuf la couvée de congénères pour les remplacer par ses propres rejetons, qu’il laissera couver à son insu par l’infortuné pigeon de cette arnaque.
Une hirondelle n’annonce peut-être pas le printemps, mais elle ne se contente pas de gazouiller : à elle seule, elle maîtrise toutes les nuances pour ramager, triduler, trisser ou truisotter en polyglotte. La chouette et le cygne peuvent se partager des lamentations sans avoir à interposer un mur entre eux. Même une bécasse peut crouler et une cigogne craquer sans que rien ne s’écroule, un canard se faire rabattre le caquet sans pour autant prendre la mouche !
Leurs chants multiples et variés, ces babilleries, caquètements, jactances, piaillements, criailleries, pépiements, stridulations, turlutements, jaseries, dodeldirements, jabotages, cancans et autres zinzibulements s’associent, et contre toute attente, se combinent en une symphonie harmonieuse qui nous annonce le retour des beaux jours avant même d’avoir ouvert un volet !
Quand renverrons-nous enfin les « faut cogner » de chaque bord au fond de leur étroit « entre-soi » réduit à pas grand-chose, et unirons-nous nos plumes pour laisser le chant libre aux Colombes ?
[i]Une référence à la citation « Panem et Circences », « du pain et des jeux du cirque », employée par le poète romain Juvenal dans ses « Satires », pour fustiger l’apathie des citoyens romains face aux intrigues et aux manœuvres de leurs dirigeants. Déjà, l’abandon à un cocon douillet du temps des tablettes de cire ?
Tiens, Vlad’ du boudin dans la Poutinie ?
Ce n’est encore qu’un murmure étouffé, mais il revient, en écho : « Moscou’rs ! A l’aide !»
Voilà que les coutures craquent de tous côtés, même si ce n’est pas le long de la ligne Sourovikine ?
Tu sembles épais du cuir assez, mais le masque en carton-pâte du village Potemkine, construit à coût de milliards de roubles en Crimée part néanmoins à vau-l’eau (pour un peu, on aurait envie de rajouter « dymyr », n’est-ce pas, Zelensky ?)
Delenda est Ukrenergo[*] !
Il faut briser la résistance de l’Ukraine bien avant que les rigueurs de l’hiver ne s’estompent !
Il faut fracasser leurs rêves de ciel bleu étoilé dans l’Union Européenne, les noyer dans une mare rouge de sang à coups de faucille et de marteau – ah la nostalgie morbide de « notre » Union, So viétique indeed ! Nous ne nous ferons jamais à l’idée que l’Union fêle, à force !
Il faut les assourdir, les sidérer des sifflements stridents des orgues qui, inlassablement, crient « Staline !»[i] encore et encore, en déferlant en déluge de destruction, de métal et de flammes sur leurs vies éliminées sans même un râle.
Qui est vivant, encore, après les charniers de Boutcha[ii], Marioupol, Bakhmout, Avdiika, Robotyne ?
Le mauvais Ev-génie[iii], ce gâte-sauce qui s’était mis aux sévices du Tsar, s’est fait un devoir de se mettre en avant pour montrer que l’égoût et les douleurs ça ne se discute pas, ça s’assène voire s’assassine si nécessaire. Tellement à fond dans tout ce qu’il faisait, l’élève a fini par dépasser le maître, les limites, les bornes et finalement le mur du çon. Le Gremlin a agacé jusqu’au Kremlin.
Affalé en 1e classe VIP d’Air-as-Poutine, une chevauchée fantastique de Wagner à fond dans les écouteurs, ce suppôt de Satan ne s’attendait pas à s’en prendre un, de suppo, pour s’écraser, retourné façon tarte Tatin, flambé comme une crêpe au Grand Marnier, tombé de haut, retour aux fourneaux. Et on dira encore que la vengeance est un plat qui se mange froid… pas en Poutinie, manifestement.
Delenda est Ukrenergo !
Je ne serai jamais à court de chair à canon dans ma Grande Russie !
Quand j’aurai épuisé, éventré et éviscéré toutes les poupées gigognes de l’amère patrie, j’enverrai le psychopathe-riarche bourré comme un moujik, Cyrille[iv] (hic !) distribuer des oukases pour réquisitionner des escadrilles de cigognes qui regarniront les maternités du pays et les rangs de l’Armée Rouge. Et je continuerai à déverser les flots de sang et de larmes de mon peuple, libérés par les barrages que je ferai exploser les uns après les autres, jusqu’au dernier s’il le faut. Jusqu’à ce que la mer blanche, et bleue, et rouge se referme sur eux.
Je déchaînerai les armées de Trolls à ma bot venus de Cybérie pour mettre le feu à leurs datalakes[v] ! Et si ça ne suffit pas, je lâcherai la meute à Kadyrov, car quand il n’y a pas de Tchétchènes, de plai-plaisirs il n’y en a guerre !
Je piétinerai leur espoir fou d’échapper à la malédiction des ex-slaves, je ramènerai ces brebis égarées au sein du troupeau. Leur révolution orange, je l’écraserai dans l’œuf, en fat berger[vi] que j’ai su incarner !
Ce n’est encore qu’un murmure étouffé, mais il revient, en écho : « Moscou’rs ! A l’aide !»
Voilà que les coutures craquent de tous côtés, même si ce n’est pas le long de la ligne Sourovikine[vii] ?
Tu sembles épais du cuir assez, Potemkine, mais le masque en carton-pâte de ton village[viii], construit à coût de milliards de roubles en Crimée part néanmoins à vau-l’eau (pour un peu, on aurait envie de rajouter « dymyr », n’est-ce pas, Zelensky ?)
Oblitéré, escamoté et baladé entre d’obscures colonies pénitentiaires, le principal opposant, Navalny, refuse de disparaître malgré les tortures Dantèsques[ix] qu’il subit. Chacun des clous enfoncés aussi discrètement que possible dans son cercueil en devenir fait un vacarme assourdissant dans les médias internationaux.[x]
Les sanctions internationales grignotent lentement mais inexorablement les ressources de ton Empire d’essence, et il te faut même démonter les lave-linges pour récupérer les composants électroniques qui te permettent de réparer tes missiles et tes avions de combat !
Te voilà réduit à faire le ménage à la main, et même ton linge sale slave en famille. A force de pas sages et de re-pas sages, les fronts plissés et les poitrails chargés de médailles se figent dans l’ami Don-bass, compère houiller dont tu nous bassines à grandes ondes.
Tsar ac’culé avant même la fin de la battle, quelle ironie de devoir parier sur Donald, ton canard laquais, pour remettre le couvert en 2024 ! Je ne voudrais pas t’accabler, mais à force de flamber, même sa banane commence à sentir le roussi, du Colorado au Maine.
Déjà tu peines à trouver des pièces assez grandes dans tes innombrables palais, à Balm-Oural[xi] ou à Sotchi’p, pour contenir les tables à rallonge suffisamment longues pour te protéger de l’haleine de tes moutons (seraient-il des cachemires ou des cachemi-sère) ? Tes hôpitaux et cimetières craquent sous le nombre des goûtants condamnés à tester le moindre de tes shots de vodka ou de tes canapés de caviar. Quoi que tu fasses, tu ne sais plus comment échapper à la menace de tous ces Brutus en puissance, dont le potentiel létal s’étalonne à leur capacité à survivre dans ton orbite…
« Tu quoque mi fili »[xii]… « Toi aussi mon fils»… de Putin, ça lui fera tout de même une sacrée excuse, à ce bâtard. Nous serons nombreux à lui reconnaître cette circonstance atténuante.
« …ceux qui prendront l’épée périront par l’épée »[xiii] … Ce qui est cocasse, c’est qu’avec tous les crimes que tu as commis et fomentés, tu ne sais même plus d’où peut tomber le châtiment : te sentir traqué jusque dans les chiottes[xiv]par les flèches empoisonnées de tous ces olig-arcs obséquieux qui courbaient les Chines à tes pieds, ça te laissera quelques nuits blanches pour ressasser les leçons de l’Histoire !
Pattes de mouche du Kfard :
[*]En référence à la locution « Delenda est Carthago » – « il faut détruire Carthage », avec laquelle Caton l’Ancien, selon la tradition, commençait et terminait toutes ses interventions devant le Sénat Romain, jusqu’à sa mort en 149 av. J-C. Cette expression s’emploie aujourd’hui pour parler d’une idée fixe, que l’on poursuit avec acharnement jusqu’à sa réalisation : un « leitmotiv » en somme (qui est un motif musical très utilisé dans l’oeuvre d’un certain… Wagner). Ukrenergo est la société d’Etat qui gère le réseau de distribution d’électricité de l’Ukraine. C’est son infrastructure qui est plus particulièrement ciblée par les bombardements et les attaques de missiles et de drones de l’armée Russe avant et pendant l’hiver, pour démoraliser l’armée et la population ukrainienne.
[i] Les tristement célèbres « orgues de Staline », surnom donné par les Allemands, pendant la IIe guerre mondiale, aux lanceurs de roquettes multiples Katioucha, à cause du rugissement caractéristique que chaque roquette produisait au moment de son tir.
[iii] Vous aurez reconnu Evgeni Prigogine, le mauvais génie qui officiait dans l’arrière-cuisine du Kremlin, jamais en reste d’une basse-œuvre à fignoler dans les coulisses du pouvoir.
[iv] Le patriarche Cyrille (ou Kirill) de Moscou est le patriarche de Moscou « et de toutes les Russies » (sic !) de l’Eglise orthodoxe russe. Il est le 16e patriarche, ancien du KGB et proche de Poutine, il cautionne toutes ses outrances.
[v] Datalakes : littéralement, « lacs de données », ce sont des outils de la « big data » exploités par l’Intelligence Artificielle qui permettent de stocker et d’analyser des données non structurées de différentes sources.
[vi] Les œufs de Fabergé sont des objets précieux créés par le joaillierPierre-Karl Fabergé. Les œufs les plus célèbres ont été fabriqués pour Alexandre III et Nicolas II de Russie, qui les offraient à leurs épouses respectives, Maria Feodorovna et Alexandra Feodorovna, pour la fête de Pâques. Les œufs sont faits de métaux précieux ou de pierres dures décorées avec des combinaisons d’émail et de pierres précieuses. Le terme « œuf de Fabergé » est devenu synonyme de luxe et les œufs sont considérés comme des chefs-d’œuvre de la joaillerie.
[vii] La ligne Sourovikine, du nom d’un général Russe, est une ligne de fortifications défensives erigée par l’armée russe (constituée de 3 lignes avec des tranchées anti-chars, des points d’appui fortifiés, des dents de dragon,…) pour contenir la contre-offensive ukrainienne, située dans la région de Zaporijia.
[viii] L’expression « village Potemkine » désigne un trompe-l’œil à des fins de propagande. Selon une légende historique, de luxueuses façades en carton-pâte auraient été érigées à la demande du ministre russe Grigori Potemkine afin de masquer la pauvreté des villages lors de la visite de l’impératrice Catherine II en Crimée en 1787.
[ix] En référence à Edmond Dantès, le héros du Comte de Monte-Cristo, roman d’Alexandre Dumas, et qui est devenu la figure du prisonnier injustement condamné.
[xi]Balmoral est un des châteaux de la famille royale britannique depuis 1852, en Ecosse
[xii] « Tu quoque mi fili » – « Toi aussi mon fils » – Citation prêtée à Julius César, au moment où il aurait reconnu Marcus Brutus, qu’il considérait comme son fils, parmi les conspirateurs qui le poignardent à mort à la curie de Pompée, juste après que le Sénat l’aie nommé dictateur à vie… lui permettant ainsi de garantir que son vœu soit exaucé.
[xiii] Extrait de la Bible, Evangile selon Saint Matthieu, 26 :52 : «Alors Jésus lui dit: Remets ton épée à sa place; car tous ceux qui prendront l’épée périront par l’épée. »
[xiv] En référence à la citation prêtée à Vladimir Poutine en 1999 : « on ira les buter (les terroristes tchétchènes) jusque dans les chiottes », après des attentats terroristes meutriers perpétrés dans le métro de Moscou.