Bruits de botte : dé-luge de « ski nous faudrait, au fond… »

Vous l’entendez, vous aussi, ce murmure qui monte doucement, qui siffle sous le vent glacial qui nous vient de la Botte, fait pencher toute la péninsule italique vers l’extrême droite, transperce les Alpes et envahit toute la Gaule ?

Vous l’entendez, vous aussi, ce murmure qui monte doucement, qui siffle sous le vent glacial qui nous vient de la Botte, fait pencher toute la péninsule italique vers l’extrême droite, transperce les Alpes et envahit toute la Gaule ? 

Cette soupe de Duce froide qui dévale les pentes des chaînes d’info en continu comme un bobsleigh lancé à pleine vitesse, vomit en cascades, se démultiplie en torrents et inonde les ondes à faire déborder le bol’loré, recouvre les vastes plaines des désespérés, des modérés, des indécis, pour finir par tout engloutir, tout corrompre, avant de se déverser dans les caniveaux de l’histoire ?

« Ski nous faudrait, au fond… », vous connaissez la rengaine, on a tous eu ce tonton ou ce papy nostalgique, gâteux ou tout simplement impuissant face au tumulte du monde, alors donnez-la moi, la fin du refrain…

donnez-moi un G, donnez-moi un U, donnez-moi un E… :

« Ski nous faudrait, au fond…

c’est une bonne guerre, pardi !

Non, pas un de ces conflits

de canard des salons,

Mais un big-bang patriotique

Une moisson olympique

Qui remplit les tombes

De corps fauchés par les bombes… »

Par dessus les temps, soudain j’ai vu
Evoquer des lois sauvages, elles s’en revenaient
D’Mussolini, rappel des noires années
Des idées d’poivrots, par dessus les chants
Venant du moyen-âge, les hordes chantaient
Les médailles brillaient, « Les métèques dans des cages ! »
Et tous ces fachos qui s’pâment si bien
Derrière leur maquillage
J’aurais bien aimé les précipiter
Au bout de leur voyage[i]

Quelle belle affiche, ces jeux « entre soi » où il n’y a pas besoin de vigiles pour filtrer les athlètes « fréquentables » !

Une Hollandaise qui roule un patin en vitesse à un influenceur ricain et arrive en jet privé, on ne va pas en faire tout un fromage ? Eh si ! Parce qu’à la Leerdam-heure, elle fait un malheur[ii] !

Regardez les podiums, ces brassées de blondes et de blonds aux yeux bleus, ça aurait fait rêver tous les bons à rien qui ont raté Münich en 1936 !

Le bruit de fond est tellement obsédant qu’on aura, lors de cette Saint-Valentin 2026, plus entendu parler du point Godwin[iii] que du point G ! Et voilà que je glisse sur cette plaque de verglas (… plutôt vert kaki à la réflexion) pour tomber moi aussi dans le panneau !

Et puis ce n’est pas comme si c’était un luxe de plus en plus indécent de profiter de la neige en hiver, quand même, non ? Soyez réalistes, si les effets du réchauffement climatique avaient un tant soit peu de preuves scientifiques, vous pensez vraiment que l’Arabie Saoudite se serait proposée pour organiser les Jeux Asiatiques d’hiver en 2029 ?

Mise en scène ou en abîme ? Notre destin en jugera

Heureusement, nous avons une occasion en or de redresser le tir en 2030, car nous avons eu l’insigne honneur (cocorico !) de nous voir attribuer l’organisation des prochains Jeux d’Hiver dans les Alpes françaises !

Courchevel, Méribel, Serre-Che,

nous donnerez-vous enfin ce qu’on cherche ?

La Clusaz, La Plagne, Val d’Isère,

dites-nous que nous échapperons à la misère !

Quelle misère ?

Celle de vivre ce cirque sous le chapiteau de Marine, Jordan, Bruno, Eric, Marion, ou Jean-Luc

              Qui se rêvent en Donald, JD, Giorgia, Benyamin, Viktor, Vladimir, Kim…

                            Quel cauchemar dystopique !


Pattes de mouche du Kfard :

Une (très) brève histoire de l’humanité

Résumé des épisodes précédents :

Nous sommes venus

Nous avons vécu

Nous avons commis quelques bévues…

… et maintenant il ne tient qu’à nous, petits Kfards,

d’écrire et de jouer, ensemble, la suite de notre symphonie

plutôt que de céder à la cacoph-honnie ambiante

Attention, d’Angers : l’Apocalypse !

Oyez, oyez, braves gentes et gens,
Tendez vos écoutilles à cette ballade d’un temps
Qui dès treize-cent et quelques, fut prodigue en propagande
Inspirant étonnamment un canard contemporain et sa bande

Vous aussi vous êtes atterrés par le manque criant – souvent hurlant et gesticulant – d’imagination des satrapes à la tête de l’hyperpuissance bouffie et arrogante qui se targue de dominer le monde ?

Après avoir ressorti de la naphtaline le bazooka des taxes douanières des années 1920 qui avaient donné de si brillants résultats à l’époque, les voilà qui recyclent maintenant le manuel de l’anti-guérilla en Amérique Latine, cette contre-révolution manigancée par le CIA dans les années 1960-1970 pour remettre dans le droit chemin (ou serait-ce le chemin de droite ?) toutes ces peuplades à qui il prenait soudain des velléités de reprendre leur destin (et leurs ressources) en main.

Un despote local qui refuse qu’on lui torde le bras ? Qu’à cela ne tienne, il n’y a qu’à envoyer la cavalerie, et en deux coups de cuiller à pot, on ceint Nicolas, on le charge dans le traîneau du Père Fouettard, et on ramène la coupe à la maison.

Comment ça c’est fouler au pied les bases mêmes de l’ordre international dont nos glorieux aïeuls ont été les plus ardents fondateurs ? Et alors, puisqu’on peut se le permettre et que personne n’ose moufter ?

Ça sent le rassi, ces plans foireux recyclés du siècle dernier ? Et encore ! Vous ne vous doutez pas que le plan de départ est encore bien plus faisandé que ça !

Figurez-vous que le Grand Kfardnaüm a mis la main sur le plan initial qui date du… 14e siècle, rien que ça ! Alors petits Kfards Dchaînés et chanceux, profitez de votre privilège, et laissez-moi vous dévoiler, en exclusivité, l’incroyable épopée :

D’Angers l’Apocalypse !

Vous doutez de mes sources ? Allez donc vérifier par vous-même, je vous conseille la visite, au cœur du Château d’Angers. Vous verrez de vos yeux que ce n’est pas une « fake news » cousue de fil blanc : la tapisserie est bien exposée là, au vu et au su de tout le monde, comme les dossiers Epstein devraient l’être.

Oyez, oyez, braves gentes et gens,

Tendez vos écoutilles à cette ballade d’un temps

Qui dès treize-cent et quelques, fut prodigue en propagande

Inspirant étonnamment un canard contemporain et sa bande

Pour ne pas en perdre le fil, il vous faudra braver d’Angers

son château, ou de mon interprétation capillotractée,

Le récit, aux lumières de notre vingt-et-unième siècle revisité

Pour sauver notre espoir éclairé de leurs desseins diffractés

Chapitre 1 : Introduction par le Vieil Homme

Ecoutez la ballade de ce bon vieux Cotton Eye Joe, pas encore endormi, occupé qu’il est à dérouler le menu sur sa tablette, dans sa Maison Blanche imposante mais un peu démodée (vous ne trouvez pas, vous aussi, qu’une nouvelle salle de bal repeinte en marbre et or du sol au plafond serait du plus bel effet ?).

A l’approche de sa réélection – qui pour lui ne fait aucun doute, à ce moment-là de 2020 – il ne s’est pas suffisamment inquiété du feu qui couve entre les deux anges qui se défient au balcon, pointant leurs étendards dans des directions opposées, celui de gauche rappelant, avec ses fleurs de lys, l’héritage et l’ancrage européen de l’Amérique, tandis que celui de droite veut mettre le cap sur… Mars, eh oui, c’est un Musk !

Saint Jean à Patmos (ou « singeant le pathos » ?)

Le premier tableau de ce chapitre a (« comme par hasard », diraient les contempteurs de leur fachosphère) disparu. Serait-ce une tentative maladroite de plus d’effacer de l’histoire l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021 par les hordes sauvages de leurs foules manipulées ?  Chauffées à blanc par la propagande de l’apprenti Dictateur, encouragées par son long silence complice, elles ont envahi et saccagé ce sanctuaire de la Démocratie, menaçant leurs représentants légitimes et violentant les employés qui tentaient, au péril de leur vie, de défendre ce symbole de leur Patrie. 

Les sept Eglises

Château d’Angers; Angers – Tenture de l’Apocalypse, Première pièce; no 02, Les sept Églises.
Cultural heritage – www.pmrmaeyaert.eu; Ref.: PMa_ANG002_F_Angers

Vous reconnaîtrez la coiffure orangée et le baril de pétrole sous le bras du singeant milliardaire de gauche, qui, à peine assis sur le trône tant convoité, contemple sept projets de « Tours Trump » qui lui sont soumis pour sa grande « Riviera sur les ruines de Gaza »…  Vous apprécierez tout particulièrement les torrents d’or que vomissent chacun des édifices pour irriguer les flux de richesse qui affluent vers cet insatiable Picsou. C’est assurément dans ce fleuve qu’il aime pécher capitaux avec sa gourmande famille et ses complices en luxure. Pour les 5 autres, il se débrouille très bien tout seul !

D’ailleurs… Interro surprise pour mes petits Kfards, allez hop, sortez vos crayons ! C’est quoi les 5 autres péchés capitaux ? Vous avez 2 minutes, on verra ceux qui ont révisé leur leçon pendant les fêtes !

Le Christ au glaive

Château d’Angers – Tenture de l’Apocalypse, Première pièce; no 03, Le Christ au glaive.
Cultural heritage- pmrmaeyaert@gmail.com; www.pmrmaeyaert.eu; Ref.: PMa_ANG003_F_Angers

Mais pourquoi donc s’obstine-t-on à ne pas lui accorder ce Prix Nobel de la Paix qu’il a tellement mérité ? Certes, il n’est pas le cierge le plus lumineux du lot, mais il s’est pourtant appliqué à jeter de l’huile sur tous les feux qui passaient à sa portée, à menacer de sa vindicte le moindre de ses détracteurs, à brandir le glaive face au plus insignifiant insecte qui oserait tenter de bourdonner à son oreille – et des insectes, il y en a tant sous les Tropiques, tiens, au Venezuela par exemple ! N’y a-t-il donc que la FIFA et son Infantino pour venir ostensiblement baiser les pieds de son énorme potentiel pacificateur (peut-être, mais rémunérateur, assurément) ?

Dieu en majesté

Château d’Angers – Tenture de l’Apocalypse; no 04, Dieu en majesté.
Cultural heritage – pmrmaeyaert@gmail.com; www.pmrmaeyaert.eu; Ref.: PMa_ANG004b_F_Angers

Le voilà, le roi-bouffon, à la tribune de l’ONU, exhibant le jeu de clés des multiples armes terrifiantes dont il agite la menace. Avec sa main il mime théâtralement un pistolet chargé, pointé sur le groupe en haut à droite : Cuba, Mexico, Nicaragua, vous savez ce qui vous attend ! Ses quatre serviteurs zélés (et z’ailés) s’affairent autour de son trône avec des rouleaux de PQ, pour pallier son incontinence notoire… pas que verbale.

Les larmes de Jean

Château d’Angers – Tenture de l’Apocalypse; no 06, Les larmes de saint Jean.
Cultural heritage – pmrmaeyaert@gmail.com; www.pmrmaeyaert.eu; Ref.: PMa_ANG006b_F_Angers

Le percepteur des impies présente au Potus obtus la note particulièrement salée de ses orgies et fastueux cadeaux fiscaux à ses potes ultra-riches, qui creuse dangereusement le trou de la dette laissée aux générations futures. Donald appelle un ami (vous reconnaîtrez le geste de la main portée à son oreille), et Elon arrive illico, trapé dans sa Doge, méprisant le messager des mauvaises nouvelles : « Y’a qu’à couper drastiquement les aides si dispendieuses pour les pauvres, et hop ! Le tour est joué ! » 

Les vieillards se prosternent

Château d’Angers – Tenture de l’Apocalypse, Première pièce; no 05, Les Vieillards se prosternent (ou l’Adoration des vingt-quatre Vieillards).
Cultural heritage – pmrmaeyaert@gmail.com; www.pmrmaeyaert.eu; Ref.: PMa_ANG005_F_Angers

Sidérés par l’attitude déconcertante du tyran, menaçant, colérique et imprévisible, la première tentative des nations alliées historiques est de ménager ses faveurs et calmer ses ardeurs en le flattant et en se prosternant. Le garnement, rendez-vous compte, ne modère un tant soit peu ses réactions de colère et de rage que lorsqu’on le couvre de colifichets dorés et de compliments obséquieux… et il se rêve roi du Monde ?

L’agneau égorgé

Château d’Angers – Tenture de l’Apocalypse, Première pièce; no 07, L’Agneau égorgé.
Cultural heritage – pmrmaeyaert@gmail.com; www.pmrmaeyaert.eu; Ref.: PMa_ANG007_F_Angers

On a failli croire en être débarrassés, tous les regards stupéfiés tournés vers cette scène diffusée en Mondovision depuis Butler en Pennsylvanie, le 13 juillet 2024. Son sang a bien coulé, mais ce n’était qu’une égratignure à l’oreille… et la mise en scène a finalement consolidé son mythe auprès de sa foule de croyants si crédules.

Premier sceau : le vainqueur au cheval blanc

Ah ces anges démocrates qui s’évertuent à vouloir lui mettre sous le nez la litanie de ses méfaits et dégâts ! Mais qu’à cela ne tienne ! Ce Néron moderne a l’archet, et le violon, pour chanter sa propre gloire, vanter ses mérites incommensurables au mépris de cet amoncellement de faits et de preuves aussitôt discréditées comme « fake news ». Les informations bidon, c’est pourtant lui qui les défèque à longueur de tweets rageurs et délirants. Vous reconnaîtrez l’oiseau twitteur perché dans l’arbre, avant qu’il ne soit rayé de la carte par un X).

Troisième sceau : le cheval noir et la famine

Château d’Angers – Tenture de l’Apocalypse; no 11, Troisième sceau: Le cheval noir et la famine
Cultural heritage – pmrmaeyaert@gmail.com; www.pmrmaeyaert.eu; Ref.: PMa_ANG009_F_Angers

Ouh là, voilà que la Justice cherche à s’en mêler, sous-pesant chacune de sa longue liste d’entorses à la Loi ! Heureusement qu’il est bien entouré, le fourbe, par une armada d’avocats, depuis le rossignol bombant le torse à la cîme de l’arbre jusqu’au serpent vicelard dissimulé dans l’herbe. Qu’elle s’enferre dans les ronces d’un vice de forme ou se prenne le mur de la Cour suprême, peu importe, pourvu qu’aucune de ces procédures n’aille jamais au bout. « Pas pris, pas vu », la voilà sa devise. Il suffisait d’y penser !

Quatrième sceau : le cavalier au cheval livide et la mort

Château d’Angers – Tenture de l’Apocalypse; no 12, Quatrième sceau: Le cheval livide et la mort
Cultural heritage – pmrmaeyaert@gmail.com; www.pmrmaeyaert.eu; Ref.: PMa_ANG010_F_Angers

« Mais qu’est-ce qu’on est serrés, au fond de cette boîte ! » gémit la cohue des hommes dévorés par les conséquences du réchauffement climatique, dans cette cocotte-minute dont le couvercle est fermement maintenu par le diablotin climato-sceptique. « Peu importe que le monde brûle tout entier dans les enfers, pourvu que je sois le plus riche du cimetière ! » se gargarise le squelette increvable, les doigts crispés sur son épée… en or, forcément.

Cinquième sceau : les âmes des martyrs

Et voilà la théorie du ruissellement démontrée ! Le déversement de violence lié au cocktail explosif entre la prolifération des armes à feu et la propagation des discours de haine multiplie les tueries de masse qui déciment le pays – en prenant son écot y compris dans les rangs des plus irréductibles supporters MAGA. Le grand escogriffe liste ceux qui méritent le salut divin, à l’aune des grasses prébendes versées.

Sixième sceau : tremblement de terre

C’est la scène finale de ce premier chapitre, et elle aussi a disparu dans les obscurs méandres de l’histoire !

Ne serait-il pas temps de la réinventer, pour réenchanter enfin ce monde en perdition dans sa course absurde vers un toujours plus d’on finit par ne plus trop savoir de quoi ?

C’est effrayant, un tremblement de terre, tout comme une apocalypse !

Mais il est temps de revenir aux racines grecques du mot : l’apocalypse, ce n’est pas une catastrophe, c’est avant tout une révélation !

Et si la révélation, c’était qu’il n’appartient qu’à nous de la secouer, cette Terre, de la faire trembler assez pour la débarrasser de tous ces Fous de Rois,

Ces rois du monde, qui vivent au sommet
Ils ont la plus belle vue, mais y a un mais
Ils ne savent pas ce qu’on pense d’eux en bas
Ils ne savent pas qu’ici, c’est nous, les rois

Les rois du monde font tout c’qu’ils veulent
Ils ont du monde autour d’eux, mais ils sont seuls
Dans leurs châteaux, là-haut, ils s’ennuient
Pendant qu’en bas, nous, on danse toute la nuit

Nous, on fait l’amour, on vit la vie
Jour après jour, nuit après nuit
À quoi ça sert d’être sur la terre
Si c’est pour faire nos vies à genoux?

Hors raison

« Au secours, Francis, ils sont devenus fous ! » Le Kfard mobilise toute ta force d’émotion mélancolique pour interpeller (avec deux ailes, comme la colombe de la paix) ce qui nous reste d’humanité alors que les feuilles, elles aussi, tombent… comme les vies sur ces nouvelles plages du débarquement

C’est le tumulte qui assourdit le plus

Dans ce feu roulant des corrompus

De la bile ancienne sature les hauts-parleurs

Sur tous les tons

On doit être hors raison

L’amertume déroule son flot continu

Ses anathèmes

Ses refrains vides et têtus

Pour quelques milliards de plus

Dans leur océan de pognon

On doit être hors raison

Le froid transpire de ces trop riches parvenus

Qui cherchent juste à être quelqu’un de connu

Et la misère déborde

Au pied des pavillons

On doit être hors raison

Un monde s’égare

Dans les brumes digitales

La colère citoyenne est si près

Les gouvernements nous condamnent

Aux écrans de fumée

Personne ne sait plus où il est

On pourrait tout perdre, les mers, les montagnes, les rues

On pourrait mettre

Au thermomètre

Dix degrés de plus

Ou bien peut-être un jour

Les gens réaliseront

On doit être hors raison

L’amertume déroule son flot continu

Ses anathèmes, ses refrains vides

« Où es-tu ? »

Toute l’humanité déborde

Au seuil de nos pavillons

Attend-on l’oraison ?

Un monde s’égare

Dans les brumes digitales

La colère citoyenne est si près

Les gouvernements nous condamnent

Aux écrans de fumée

Personne ne sait plus où il est

Un monde s’égare

Personne ne sait plus où il est

Pattes de mouche du Kfard :

Immond’Disney Parade

Démocratie,

Les mots me manquent, à ton chevet,

pour regonfler ton chœur jadis coureur.

Voudrais-je débattre des missions d’un président, d’honneur, de leçons

D’un cancer qui un seul camp sert,

un cas à part qui accapare, accumule, accuse et accule

une couverture de papier glaçant

qui veut faire des cendres de siècles d’encyclopédies

                                             un malfrat fat qui s’imagine en mâle alpha

qui sature nos écrans de parade illusoire,

               de taco-phonies[i] virulentes

                              de rodomontades ridicules

Voudrais-je lui demander si le BBB de sa « Big Beautiful Bill »[ii], est l’équivalent du AAA que nous réservons à nos meilleures Andouilles

Que sa meute servile me balancerait au visage un ICE Bucket[iii],

qui éclabousserait ma famille, mes amis et ma communauté.

Me ligoterait les mains dans le dos, me mettrait à genoux, à plat ventre,

Me pousserait de l’autre côté de son odieux mur,

 censé barricader tous les ultra (ultra-riches, ultra-conservateurs) qui s’auto-condamnent dans ce minable modèle réduit de Fort-Knox,

Fort fort lointain de toi, Démocratie, et de nous, restants d’Humanité

Faut-il attendre qu’ils aient bouclé le dernier verrou de la dernière serrure de ce foutu mur, pour qu’ils découvrent, sidérés, avoir perdu le souffle, la saveur, et la stature de ta Liberté,

Démocratie ?


Pattes de mouche du Kfard :

Habemus pas papam !

En voilà une sortie fantastique,
Quand tout fout le camp,
pour un ecclésiastique charismatique
Qui s’échappe du Vatican !

Pas papam !

En voilà une sortie fantastique,

Quand tout fout le camp,

pour un ecclésiastique charismatique

Qui s’échappe du Vatican !


A peine monté sur son Trône, il a remis les miséreux

Au cœur de l’Eglise, renvoyant les souverains poncifs,

Leurs canards laquais, courtisans et gardes suisses

Au lourd bilan de leurs abus calamiteux


No comment !

A la lumière de brillantes encycliques :

Lumen Fidei, Laudato Si, Fratelli Tutti, Dilexit Nos[i]

Il l’aura méritée, son entrée au Paradis Latin !

Pas de plumes, de paillettes, de bulles[ii] qui pétillent


Voilà François rhabillé pour l’hiver par une soit-disant Intelligence Artificielle

Seulement un Esprit Saint dans un corps sain, doux,

et la vérité nue, débarrassée des artifices et avatars

Révélée face au miroir suprême, sans Photoshop du tout :

« L’Enfer me ment, et toute sa clique de batards ! »


Il n’a pas participé aux orgies qui bruissent

sous les soutanes. Il n’a pas chu comme Pierre, qui a,

à la tentation, l’AB CD à maintes reprises,

pris la main dans confesse, en quête de sein tété.


D’aucuns lui ont bien cherché quelque pou dans la mitre.

A coups de poings cardinaux, il a su garder le Nord

Fier de ses racines argentines, il s’est imposé aux Cadors

Qui se targuaient de lui apprendre à faire l’épitre


François aura vécu sa Passion, au balcon

Du Saint Siège, pour prendre la route du Terminus

Des prête-en-Cieux, auxquels il vouera ses leçons

Ultimes. Pour l’éternité, papam habemus !


Pa pa pam !

Devinette de physique antique : quand un 88 tours récent rencontre un vieux 33 tours de légende, qu’est-ce qu’il lui chante ?

Des lendemains qui (dé)chantent

Ça y est, la nouvelle tant attendue vient de tomber !
Le terrible tremblement de terre qui a secoué la Birmanie a débloqué le karma de la planète, remis le cerveau à l’endroit à la bande de Ma’gars égarés à la Maison Blanche, et ramené ces forcenés des coupes à la raison !

Ça y est, la nouvelle tant attendue vient de tomber !

Le terrible tremblement de terre qui a secoué la Birmanie a débloqué le karma de la planète, remis le cerveau à l’endroit à la bande de Ma’gars égarés à la Maison Blanche, et ramené ces forcenés des coupes à la raison !

Vance, depuis le voilier qu’il a affrété pour revenir de son expédition hasardeuse au Groenland en prenant soin de minimiser son empreinte carbone, a exprimé ses plus plates excuses en lâchant un sobre « Oubliez tout ce que JD !»

Elon, réalisant soudain la spirale démoniaque d’accumulation et de haine dans laquelle il se consumait en entraînant une bonne partie de la planète, a fait un mea culpa cathartique, a genoux devant ses 13 enfants réunis. Il a abandonné ses ambitions martiennes pour mettre son immense fortune au service des plus démunis et des oubliés de l’humanité, et pour accélérer la transition écologique, au sein de sa nouvelle fondation philanthropique « AB PiR-X ».

Donald, dans un éclair de lucidité, a remis la table à l’endroit après l’avoir renversée pour jouer des deals avec ceux qui, comme lui, ont les cartes en main. Il a délaissé la partie de UNO pour ramener l’ensemble des nations autour de la table de l’ONU, remettre les ressources naturelles à leur juste place au service de l’humanité tout entière et de l’éco-système de notre planète bleue. Les accords du Golf d’Amérique (le nouveau nom de Mar-a-Lago) viennent de sceller la fin des conflits entre la Russie et l’Ukraine et entre Israël et la Palestine.

Les fermes et les zoos à travers le monde se sont vidés de tous leurs animaux, partis en impressionnants cortèges festifs à travers sentiers et chemins, clamant dans une cacophonie tonitruante : « Vous nous croyiez vraiment si bêtes ? ». L’internationale des poules et des vaches s’est organisée en coopérative pour proposer un tarif respectu’œuf du consommateur qui garantit aussi un revenu ronde’lait au producteur.

Les manches de bois des haches, les lames de métal des bulldozers se sont révoltés et dressés contre les tortionnaires de leurs familles, pour préserver les vieilles branches de leurs arbres généalogiques et les gisements de leur précieuse richesse.

La Pachamama a démonté tous les théâtres de marionnettes : les temples, les Eglises, les synagogues. Un peu agacée d’avoir encore à expliquer la vie à ses petits garnements trop gâtés, elle est partie dans un fou-rire goguenard pour se moquer de tous ces esprits soit-disant « supérieurs », de tous ces chamanes, ces mediums, ces clairvoyants qui, à travers les siècles, sont restés hypnotisés par la lueur de la torche au fond de leur grotte de certitudes et de jugements, au lieu d’ouvrir leur regard à l’éclat de la voûte céleste : « Vous croyez vraiment qu’un Machopapa aurait créé un truc aussi grand, aussi beau, aussi vivant, aussi foutraque ? »

« BIIIIIIIIIP ! BIIIIIIIIIP ! »…. « Comment ça BIIIIIIIIP ! BIIIIIIIP !? » s’étonne mon cerveau encore embrumé, revenant du monde onirique pour se prendre un mur… ironique !

Tu aurais bien voulu y croire, toi aussi, aux poissons d’avril du Kfard ?

Si en avril, l’équilibre du monde ne tient plus qu’à un fil, espérons que les funestes marionnettes perdront de leur superbe à mesure que leur pactole fondra comme neige au soleil du printemps, qu’en proie au d’août il finissent en d’étés, et terminent leur parcours dans la rubrique défaits d’hiver.

Christmas puddingue

« What the Duck ! » cette fin d’année ! Et dire que le Donald, ce canard laqué et ébouriffant, n’en est qu’à l’échauffement !  Ça promet pour le « jour d’après » son investiture fin janvier 2025 !
Quel feu d’artifice de folies à travers les Etats désunis, et au-delà, aux quatre coins de notre planète qu’on surexploite jusqu’à ce qu’elle pète !

« What the Duck ![i] » cette fin d’année ! Et dire que le Donald, ce canard laqué et ébouriffant, n’en est qu’à l’échauffement !  Ça promet pour le « jour d’après » son investiture fin janvier 2025 !

Quel feu d’artifice de folies à travers les Etats désunis, et au-delà, aux quatre coins de notre planète qu’on surexploite jusqu’à ce qu’elle pète !

«Foule sans santé mentale », fredonnerait Laurent Voulzy, ébahi, en voyant cette brochette de Dominique Pelicot & Co qu’un tribunal met enfin face à leur sordide reflet dans le miroir ! Dans quel glauque abyme se sont-ils égarés pour abîmer ainsi leur humanité, prenant leur pied en piétinant celle de Gisèle ?

« Fool sans santé mentale » aussi, pour les huit pyromanes qui ont allumé la mèche de la désinformation et attisé le brûlot de haine qui a armé le bras d’Anzorov, l’assassin du professeur Samuel Paty, le 16 octobre 2020 ! Un verdict qui a le mérite de reconnaître le poids des mots dans l’engrenage qui conduit au choc des maux. Car, oui, un mot dont la violence dépasse la ligne continue du respect des autres, cela suffit pour amorcer la trajectoire du missile qui va enflammer les foules et déchaîner les coups ! Une phrase lapidaire peut armer le bras d’un assassin, et se traduire en sentence[ii] fatale sans même avoir à se risquer dans la dangereuse traversée de la Manche.

Et ne parlons pas de l’autre côté de l’Atlantique ! Ouh là là, que le réveil est difficile ! Ça vous a fait le même effet, à vous, d’ouvrir vos paupières fébriles, au matin du 6 novembre, guettant le duel au couteau annoncé par les sondages « qui n’avaient jamais été aussi serrés », redoutant l’enlisement dans une guerre des tranchées judiciaire…  pour voir une marée de sang rouge Républicain se répandre à travers le pays, imbibant les Etats les uns après les autres comme un papier buvard ? 

Et ces têtes hilares, et ces joues comblées d’aise, et ces visages imbus d’eux-mêmes des Trump’ettistes plus repus que -blicains,  paradant comme des toreros dans leurs habits de lumière en raillant leurs adversaires défaits. Voilà le Roi Liard[iii] qui, tel le retors Scar dans le Roi Lion, distribue les postes clé comme jouets en pâture à sa meute de hyènes toutes plus incompétentes les unes que les autres.

« Pourvu que je sois grassement pourvu », c’est manifestement le critère pour être en vue dans la ploutocratie[iv] de l’Oncle Picsou, ce canard plaqué or qui parle de lui à la 3e personne depuis qu’il bénéficie des câlins d’Elon :

  • Robert Kennedy Jr[v], grand avocat spécialisé dans le droit de l’environnement (ah, enfin une prise de conscience salutaire !) à la tête du Ministère… de la Santé… eh oui, faut se méfier des professionnels, on préfère des amateurs particulièrement éclairés, et lui, son hobby préféré, c’est d’être antivax ! C’est parfait pour s’occuper de la Santé, la gestion de la crise du Covid par le précédent gouvernement Trump a démontré l’efficacité de leurs croyances ancestrales[vi] !
  • Et puisque le seul expert en droit de l’environnement qu’ils avaient était pris, il ne restait plus qu’un climatosceptique, Lee Zeldin, pour prendre la tête de l’Agence Américaine pour la protection de l’Environnement
  • L’homme le plus riche du monde, Elon Musk, associé à un autre multi-milliardaire, Vivek Ramaswany, hérite du tout nouveau Department of Government Efficiency[vii] avec l’ambition de « dégraisser le mammouth » de l’administration fédérale des Etats-Unis… sans doute pour pouvoir réduire encore plus les impôts des plus riches. N’y voyez aucun cynisme, celui de l’étroit Musk atterre !
  • Elise Stefanik, grande critique de l’Organisation des Nations Unies… portée aux nues comme ambassadrice auprès de l’honnie ONU
  • Pete Hegseth, un présentateur vedette de Fox News, comme secrétaire à la Défense, à la tête de la plus puissante armée du Monde
  • Pam Bondi, une des avocates de sa défense lors de son procès en destitution en 2020, à la tête du Department of Justice

…N’en jetez plus ! 

Vous voyez émerger le thème récurrent en filigrane, dans ce concert de complices conservateurs confédérés ? Quelque chose comme « Quand c’est trop, c’est Trump & Co(ns) ! »[viii]

Vu le nombre de glands dans la recette, il risque d’y avoir plus de fèves que de frangipane dans la galette dont ils se déchirent déjà les moindres miettes. Quelle sacrée MAGAille[ix] en perspective !

Heureusement, du côté de l’avenir de notre planète, la prise de conscience du désastre climatique à venir a bien, bien progressé dans les esprits, dans la détermination des leaders politiques et leurs gestes forts : la 28 e « Conference of Parties », la fameuse COP, a eu lieu à… Bakou. C’est pas du marketing génial, ça, pour annoncer une COP low-cost (à bas coût, et aussi aux ambitions révisées à la baisse), dans cette capitale de l’or noir et autres énergies fossiles ! Depuis la quête du Graal jusqu’à la re-quête du Bitcoin, on essaie toujours de faire passer le plomb pour de l’or dans le Saint-Bol !

Mais comme le démontrent les dégâts et le bilan humain terrifiants du cyclone Chido sur l’île de Mayotte, pourquoi y aurait-il urgence à agir ? Le cri d’alerte du petit migrant emmailloté dans une crèche au fin fond de la Palestine attend bien depuis plus de 2000 ans que quelqu’un veuille bien l’entendre, et ça n’a pas empêché la Terre de tourner en rond depuis, plus de 2000 fois autour du Soleil et plus de 730.000 fois sur elle-même… cette même Terre qui se débrouillera parfaitement toute seule pour se débarrasser de l’humanité par un ou deux frissons bien sentis, si on continue à trop la démanger.

Jusque là, ça tient toujours !… mais pour combien de temps encore ?

Les signaux d’espoir, vacillants et fragiles pour l’instant, sont cependant bien là (et bien las, des fois) :

  • Une dictature de père en fils qui aimait tellement son peuple qu’elle l’enserrait depuis plus de 40 ans par un garrot autour du cou, tout en dealant du captagon en masse depuis Damas, et qui semblait indéboulonnable sous la protection de puissants alliés, s’est effondrée plus vite que le gouvernement Barnier, c’est dire !

« Dis Syrie, tu n’aurais pas une recette pour nous débarrasser des 54% de régimes autocratiques qui prospèrent un peu partout dans le Monde[x] ? »

  • La France a réussi l’organisation de « ses » Jeux Olympiques et Paralympiques, avec des cérémonies qui nous ont réjouis par leur imagination, leur créativité et leur audace, dont une cérémonie d’ouverture tenue pour la première fois en dehors d’un stade, en plein cœur de Paris, illuminant son ciel d’une aérienne vasque pour rabattre leur caquet aux pluvieux oiseaux de mauvais augure !
  • La cathédrale Notre Dame de Paris, dévastée par un incendie le 15 avril 2019, a été reconstruite et réouverte en grande pompe grâce à un élan de générosité sans précédent des plus grandes fortunes nationales et internationales. Ces cossus de Notre Dame (les Arnaud, les Pinault, Meyers-Bettencourt et consorts) ont décidément plus d’empathie pour les vieilles pierres noircies que pour les enfants qui meurent de froid dans la rue… dans un éclair de lucidité, s’en sentiraient-ils plus proches ?
  • Quel plus beau symbole d’espoir que notre Jupiter national qui rêve de se donner une nouvelle chance. Lui dont la superbe est bien écornée par le désastre d’une dissolution précipitée, plongé dans les abymes des sondages et pris en étau entre les 2 extrêmes auxquels il a laissé un boulevard par ses manœuvres si machiavéliques qu’il s’y est lui-même fait surprendre. Jupiter assez inconscient, donc, pour rêver de se refaire avec un gouvernement… Bayrou. Bayrou ? Eh oui, Bayrou ! Au moins, avec ses 73 ans à lui et une moyenne d’âge de 53 ans pour son gouvernement, il faut lui reconnaître au moins trois qualités (si, si ! Ceci dit, ça ne pèse quand même pas lourd, pour pas moins de 35 maroquins bien patinés et astiqués !):
    • Il sera particulièrement motivé pour ne pas creuser le trou plus vite avant qu’il n’y tombe !
    • C’est le gouvernement le plus écologique de l’histoire de France, avec un taux de recyclage inédit (deux anciens premiers ministres, et pleins d’autres récupérés et reconditionnés !)
    • Il fait sans doute partie des seuls boomers à comprendre la blague « C’est dans les vieux Pau qu’on fait les meilleures soupes », car ça ne peut être qu’une blague, rassurez-moi ?

Sœurs et frères de paix et de bonne volonté, si – un petit truc en plus[xi] – vous avez la chance de ne pas souffrir de la guerre, de la famine, de la misère, profitez de ces fêtes de fin d’année pour revenir en 2025 avec le plein d’énergie. Car l’année à venir réclamera une sacrée dose d’efforts conjoints, beaucoup de discours de paix et d’actes de bienveillance, de solidarité et sans doute de résistance contre des forces obscures et tenaces.

Il va falloir collecter, semer, faire germer et prospérer les graines de bien, de sagesse et de sororité qui s’obstinent et persévèrent dans les moindres anfractuosités, survivent aux hivers les plus mordants et finissent toujours, le printemps venu, par recouvrir de tapis de mousse, de verdure et de fleurs les montagnes de datas, de fake news et autres minéraux froids et durs que dit gérer la prétendue Intelligence Artificielle promue par des richards au cœur de pion, manifestement voués (plus que doués) aux échecs.


Déflagrants d’élire

Retenez votre souffle, jusqu’à ce que le soufflé ne retombe ou que la fédération ne déflagre.

D-9 avant le D-Day, le 5 novembre ! Jour D comme Décisif, entre Donald ou Démocratie. 

L’Amérique est dans tous ses États ! 50 États d’âmes et autant de nuances d’aigris, de républicains quiets ou de paniqués des bancs démocrates. Ils recouvrent leur façade encore du même drapeau – le fameux stars & stripes – mais s’affrontent en fichant sur leur pelouse des pancartes au nom de leur poulain respectif, soit l’âne démocrate, soit l’éléphant républicain (celui qui balance sa Trump entre ses défenses anti-migrants).

– o –

Un océan nous sépare de cette usine à gaz électorale si alambiquée, aussi incompréhensible pour nous – minauds d’hier restés dans notre « vieille Europe » – que les règles du base-ball, ou cette croyance folle que la libre détention de fusils d’assaut puisse contribuer à notre sécurité !

Candides et perplexes, nous peinons à suivre Kamala, Donald et leurs doublures respectives,  qui labourent le pays en jets privés à la vitesse d’un faisceau laser, en brassant à tout va des millions de voix, des  milliards de dollars et des centaines de milliards de mots. Des mots rageurs, des mots graphes ou obscènes, déversés en torrents furieux, bouillonnants, qui courent dans les tuyaux sous pression des réseaux sociaux, et giclent en fils d’actualité incendiaires continus qui éclaboussent les cerveaux des rivés à leur écran. 

Tout le monde se moque bien de qui va remporter le plus de suffrages ! Hillary Clinton a eu beau avoir près de 3 millions de voix de plus que Donald Trump en 2016, il lui a subtilisé la victoire en faisant la différence dans quelques « swing States » stratégiques, grâce à une des premières campagnes ou les « frappes chirurgicales » via internet et les réseaux sociaux ont eu plus d’influence que les médias traditionnels (presse, télé, radio). C’est dans ces sept « Etats-pivot » (l’Arizona, la Caroline du Nord, la Géorgie, le Michigan, le Nevada, la Pennsylvanie et le Wisconsin) que se déroule le combat de chiffonniers qui compte, la bagarre de rue à mains nues où on ne fait pas de quartier ! 

« Gangs of New York », le débat politique américain version pile
… et version face

Se tenant péniblement debout sur le tatami, le vieux Joe a joué un drôle de tour à son adversaire qui le pétrissait d’invectives et d’injures, en s’esquivant juste avant le gong. Il laisse Donald pris dans son élan, gesticulant et vociférant en pleine campagne contre un épouvantail… Et voilà qu’une jeune et fringante Kamala surgit dans son dos, et ne rate jamais une occasion de lui signifier que c’est lui désormais, qui est en ballot âge.

Comment un canard si ridicule, plombé par les scandales, le tintamarre des casseroles qui lui collent à l’arrière-train et l’ineptie de ses gesticulations en public peut-il tenir la dragée haute à Kamala ? Il est vrai qu’en tant que vice-présidente, cette dernière était restée transparente, quasiment invisible dans l’ombre de Joe Biden pendant les 4 ans de sa présidence, avant qu’il ne dévisse dans les sondages et se retrouve obligé de mettre sa « vice » en avant. Mais avec quel brio elle a pris les rênes et regonflé les voiles de sa campagne express ! Son comité de soutien casse la baraque tout en casant le Barack au milieu d’une Voie Lactée de stars planétaires : Taylor Swift, Beyoncé, Bruce Springsteen, Billie Eilish, Lizzo, Alyssa Milano, Jamie Lee Curtis…

Si quelqu’un a une quelconque influence sur Mariah Carey, pitié, demandez-lui de NE SURTOUT PAS ANNONCER SON SOUTIEN A KAMALA.  Son « All I want for Christmas is youuuuuuu ! » lancinant risque de faire fuir tout électeur potentiel, et au-delà, toute forme de vie qui possède une ouïe, des coyotes de l’Arizona aux orignaux de Pennsylvanie.

Et le Joker, ce clown triste de Donald, malgré la litanie des scandales de ses plus fidèles soutiens, continue à grignoter des voix dans les sondages !  Le côté obscur de sa force, c’est qu’avec lui, plus c’est gros et plus ça passe au lieu de lasser ! Une des dernières affaires en date (c’est difficile de rester à la page – la page en question étant le plus souvent la chronique judiciaire) concerne Rudy Giuliani. L’ancien maire de New-York doit faire ses fonds de tiroir, le pauvre (on parle d’un appartement à Manhattan, d’une Mercedes SL500, montres de luxe, bijoux, quelle misère !) pour payer 148 millions de dollars à deux agentes électorales de Géorgie qu’il avait diffamées en participant à la meute des partisans de Trump dans l’affligeante campagne de contestation des résultats de l’élection de 2020, dont le point d’orgue avait été l’assaut du Capitole, le 6 janvier 2021.

Les plus emblématiques représentants de l’Etat… d’hébriété au Capitole, le 6 janvier 2021,
ce jour où la démocratie américaine a failli y capituler

Dans une ambiance aussi électrique, faut-il s’étonner qu’Elon Musk déboule à fond de train, pied au plancher, pour dérouler le tapis vert à l’aspirant tyran, et exploser le mur du çon ? De Malcolm il n’aura retenu que la dernière lettre, le X, et pour ce mégalomaniaque, « toujours plus, même en pire ! » est la seule condition sine Qanon[i].

Est-ce le brillant César Catilina du Megalopolis de Coppola qui a inspiré les nouvelles ambitions politiques d’Elon Musk ? Ou l’inverse ? Saura-t-il éviter le pas de trop dans le vide ?

Et chaque fois qu’une de ces organisations sulfureuses pro-Trump dépasse la ligne blanche, comme ces derniers jours la fondation Heritage[ii] (ce « stink tank » qui sent la naphtaline à plein nez) il prétend ne plus la connaître, larguant derrière lui ces boosters dans sa campagne comme les étages de propulsion des fusées Starship que son récent supporter ambitionne de lancer vers la Lune et Mars.

Le métavers, c’est pour nous la mettre à l’envers ?

Il nous reste à espérer que quelques milliers d’électeurs indécis dans 7 « swing states » saupoudrés à travers le continent nord-américain auront la clairvoyance de réexpédier toute cette clique hétéroclite et son ex-tête des States dans les poubelles de l’histoire, dont ils n’auraient jamais dû sortir, même pour contribuer au décor et à l’ambiance kitch d’Halloween.

En fusée, en feu d’artifice ou en suppositoire ? Peu me chaut, amis Ricains, faites-en à votre guise !

Make America Good After all !


Les « je » entrent dans lobe-Seine

« Fluctuat nec mergitur ». Quand les illusions du «Grand Soir » du 7 juillet se noient dans les méandres et la médiocrité des vanités et des rancœurs tribales, n’y aurait-il plus que cette devise – exhumée des tréfonds de l’antiquité – qui redonnerait des couleurs à l’espoir ? Ce n’est clairement pas Outre-Atlantique que cet adage va ranimer un espoir bien mal en point, dans une campagne électorale qui s’annonce glaçante : « Winter is coming ! »

Encore un accroc dans la préparation des JO : les maîtres-nageurs n’ont pas réussi à éviter deux noyades – pardon, il paraît qu’on s’attendait à deux « naïades » – dans la Seine : après Amélie Oudéa-Castéra, dont le discours décousu à l’issue de sa glissade dans les eaux troubles fait craindre le pire sur la contamination du fleuve par les fameuses bactéries « mangeuses de cerveau », c’est Anne Hidalgo qui a plongé à son tour. Elle ambitionnait d’inverser le cours de l’histoire mais elle n’aura réussi qu’à retourner une toute petite phrase : la Maire se jette dans le fleuve.

Et les courants et les miasmes qu’elles ont bravés ne sont que pécadilles à côté de ceux auxquels va devoir faire face Yaël Braun-Pivet après son nouveau plongeon depuis le perchoir dans le marigot de la dés-Assemblée Nationale.

« Fluctuat nec mergitur »[i]. Quand les illusions du «Grand Soir » du 7 juillet se noient dans les méandres et la médiocrité des vanités et des rancœurs tribales, n’y aurait-il plus que cette devise – exhumée des tréfonds de l’antiquité – qui redonnerait des couleurs à l’espoir ?

Deux ans déjà depuis ces primaires de notre côté de l’Atlantique…
c’est tellement loin déjà, et pourtant, est-ce que ça a vraiment changé ?
Rappelez-vous, en septembre 2021 : En primaires aussi, c’est la rentrée

« Fluctuat nec mergitur », ce n’est clairement pas Outre-Atlantique que cet adage va ranimer un espoir bien mal en point, dans une campagne électorale qui s’annonce glaçante : « Winter is coming ! »[ii].

« Un bulletin de vote est plus fort qu’une balle de fusil » avait dit Abraham Lincoln, qui survécut à la noyade des 4 millions de bulletins portés sur son nom lors de ses 2 victoires – les premières pour un Républicain ! – aux présidentielles des Etats-Unis (en 1860 et 1864), à la Guerre de Sécession, avant de croiser la trajectoire de la balle qui l’arrêtera.

Même dans ce domaine, Donald Trump est capable de passer à côté de la réussite prestigieuse de ses glorieux ancêtres. « Mais comment un tel bonimenteur fauche-t-on ? » se demande la mort (ce qui montre bien au passage qu’elle ne le tient pas en grande estime).

Dans la cour de récréation des Primaires, il aime tellement jouer avec le feu – se posant en Grand défenseur de la NRA, le puissant lobby des armes – qu’il ne pouvait pas rêver meilleur renvoi d’ascenseur d’un de ces fous de la gachette pour rentrer dans la légende ! Il avait chauffé les bals à blancs, les avait poussés à bout, pourtant. Mais non, encore raté, d’un lobe, d’un cheveu, mais raté ! Ce fou de balles américain avait une chance de terminer en beauté, avec son Super-Bol, en donneur de leçons paradant sur l’estrade au milieu d’une foule de receveurs prêts à boire ses outrances, mais au final il n’a hérité que d’une éraflure au casque et d’un ridicule pansement, drapeau blanc qu’il arbore sur le pavillon.

D’aucuns ne se seraient pas remis d’un tel pied de nez du destin, mais lui sait reprendre la balle au bond – la brute et le truand – comme personne : C’est Dieu qui l’aurait « sauvé » !

Mais Dieu, devant des millions de témoins atterrés, vient précisément de lui refuser un bouquet final mythique, en lui mettant un vent d’anthologie, un vent supersonique, en lui murmurant à l’oreille, d’un cheveu : « you are fired ! »[iii]. Comment lui en vouloir, au Tout-Puissant, qui repousse depuis des années cette échéance inéluctable, appréhendant probablement de se fader des siècles de procédures avec les escouades de baveux véreux de cet escroc notoire, sur la taille du chaudron, la température de l’huile et l’origine ethnique des diablotins qui lui titilleront le postérieur à coups de fourches caudines.

« C’est Dieu qui m’a sauvé ! », rien que ça ! C’est franchement l’excuse la plus outrancière qu’ait pu trouver un looser qui vient de se faire sèchement claquer la porte de Saint Pierre au nez !

Et pendant ce temps, à l’autre bout du Monde, au pays des extrêmes, celui des Intouchables et des Maharadjahs, l’obscène s’étale de tout son long, pour atteindre des sommets et toucher le fond, en même temps. Figurez-vous que les familles Ambani et Merchant[iv]  ont marié leurs deux rejetons ! Vous n’avez pas eu le carton – pardon, le lingot – d’invitation ? Ils les ont mariés, donc, dans une superproduction monstre de Bollywood qui pourrait s’intituler :

« Bombay’sés des Richous », le re-Bond de l’argent à plus de 7 zéros !

Un budget estimé à plus de 600.000.000 euros pour plus de 4 mois de festivités démesurées… C’est un concours des « plus de » : de dîners princiers, de pinces-fesses en or et de croisières sur des rivières de diamants, de concerts privés de Rihanna et Justin Bieber, de guest stars comme Hillary Clinton, le premier ministre Narendra Modi, Tony Blair… et aussi Boris Johnson et les sœurs Kardashian (oui ben pour eux aussi, le mariage c’est « pour le meilleur et pour le pire ») !

Plaie d’argent n’est pas mortelle ?

A force de creuser, encore et encore, le gouffre béant entre ces 2500 milliardaires sur la planète (dont les 10 premiers, à eux seuls, accaparent près de 1600 milliards de dollars) et leurs milliards de sœurs et frères qui ont du mal à boucler leurs fins de mois, de semaine ou parfois de journée, le risque que la plaie finisse par s’infecter, que l’abcès purulent éclate, que le cancer déploie ses métastases grandit de jour en jour…

Et avec l’étalage impudique en continu des réseaux sociaux – des extrêmes de la richesse comme de la pauvreté – nous ne pourrons pas prétendre que « nous ne savions pas ».

C’était déjà, en octobre 2022 : La mer, qu’on voit tancer, le long des golfs si chers

[ii] « Winter is coming ! » est le titre du premier épisode de la série Game of Thrones. L’expression annonce la menace de l’arrivée des terribles « Marcheurs Blancs » sur le Royaume de Westeros depuis les territoires sauvages au-delà du Mur du Nord. Des « marcheurs blancs » qui menacent d’envahir le siège du pouvoir, ça ne vous évoque pas quelque chose ?

[iv] Les familles Ambani et Merchant font partie du « groupe de tête » du classement des 169 milliardaires indiens, la première à la tête du conglomérat Reliance qui domine l’industrie pétrochimique, et la seconde qui possède une entreprise pharmaceutique florissante.