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« Je suis Homo Faber »

Sunday, bloody sunday ! La meute des loups de Wall Street a encore frappé, obligeant le Kfard Dchaîné à sortir de son trou dès mercredi. Et comme c’est le jour des enfants, il a glissé une petite gourmandise pour le goûter des petits Kfards.

Ca y est ! La meute avait fait son travail de sape, vicieux, pernicieux, mais toujours efficace. L’hallali a été sonné par Bluebell, les loups de Wall Street ont senti l’odeur du sang et ont accouru («Hardi les Crocs, magnons !») pour arracher leur part du festin. Celui qu’ils avaient patiemment recouvert de la fourrure du Grand Mal a fini par ployer, puis tomber.

Dura lex, celle du silex !

Pourtant, dans sa météoritique carrière – quelques infimes fractions de secondes sur l’horloge de l’histoire de l’humanité – Homo Faberi, en se hissant en tête de gondole chez Danone (« on se lève tous pour Manu aux ma-nettes, ma-nettes !»), avait su montrer de quel bois était faite sa prestigieuse ramure, et de quelle trempe était son âme humaniste.

Après avoir fait ses classes à HEC, il en avait imposé à quelques tyrannosaures et aurochs, sauriens et sachants, primates et Néanderthaliens bien plus gros, plus velus, plus balafrés ou plus roublards que lui, pour gravir les échelons de l’évolution à marche forcée, de son pas de grimpeur austère et sec, mais constant et déterminé !

Mais dans la grande arène de la chaîne alimentaire, depuis les amibes les plus basiques jusqu’aux Conseils d’Administration les plus machiavéliques, en passant par les yaourts probiotiques, il convient d’accorder plus d’importance à son armure qu’à sa ramure.

Toi aussi, tu as fait du « en même temps » ton credo de moine-soldat, pariant sur l’intelligence collective et l’esprit collaboratif pour bâtir un équilibre ambitieux mais fragile sur une « ligne de crête » entre la croissance, la rentabilité et le développement social et humain, la sauvegarde des ressources et de la diversité naturelles. Tu as compris que dans cet objectif, le mot le plus important de la phrase, sa pierre angulaire, était aussi le plus court : « et ».

A peine adoubé et intronisé dans la famille par les Riboud, qui partageaient tes convictions sociales et environnementales, tu étais déjà dans la ligne de mire des RIPouxii jaloux. Ils saisissaient la moindre occasion pour essayer de t’arracher les bijoux de la famille, en te jetant des cailloux, te poussant dans les choux, te mettant à genoux, tentant même de te décrédibiliser auprès des R’hiboux, t’accusant d’en faire tes joujoux, bref, te cherchant en permanence des poux dans la tête.

Et ils ont fini par l’avoir, ta tête, et la faire rouler dans la Corbeille du ROIiiimajuscule, cet absolutriste Sire régnant sans partage, sans pitié, sans âme…

Tu as perdu ton siège ? Dommage, tant pis, et puis d’ailleurs tant mieux !

Homo Faber a perdu une bataille, sans doute parce qu’il était arrivé trop vite, trop tôt, trop seul. Mais il va dans le sens de l’histoire, il est le sens de l’Histoire, dont la flèche ne laissera aucune chance à ces rupins rupestres, ces Homo Predator qui prétendent que tout leur est dû simplement parce qu’ils ont réussi à mettre le feu à la planète.

Pourtant la Sulitzère est révolue depuis plusieurs glaciations, avec son esclavage des loups et des prêto-dactylesiv. Qui s’en souvient encore, d’ailleurs, à part Souchonv ? Alors, pourquoi entretenir la nostalgie de ces fossiles ?

Le jour viendra, il est tout proche – même s’il faut pour cela encore beaucoup d’autres micro-secondes à l’échelle de l’humanité – où d’autres générations d’Homo Faber marcheront dans tes traces. Ils finiront par surpasser et biffer les rapaces et les charognards de la meute, ces Hommes à baffer qui brandissent crânement leur grand H sanglant et levé. L’Age de Raison et l’Age de Faire succéderont à l’Age du Bronze et l’Age du Fer, c’est inéluctable.

Alors quitte ton siège, Homo Faber, lève-toi, et marche !

Continue à tracer la voie certes étroite et ardue, mais que, comme toi, je préfère suivre, quoi qu’il m’en coûte. Celle d’un monde où les machines-outils travaillent pour nourrir, aider et soigner les Hommes, plutôt que cet enfer où les Hommes seraient condamnés à trimer sang et eau pour gaver Machines, Algorithmes et autres Ro-, trop bots pour être aussi éthiques.

Pattes de mouche du Kfard :

i En philosophie, la notion d’homo faber fait référence à l’Homme en tant qu’être susceptible de fabriquer des outils.

Emmanuel Faber est le PDG du Groupe Danone depuis 2017, qui vient d’en être évincé par le Conseil d’Administration

ii RIP – Rest In Peace (repose en paix)

iii Return On Investment

iv Paul-Loup Sulitzer est un homme d’affaires qui a inventé le genre du « western littéraire », en signant des best-sellers comme « Money » , « Cash », « Fortune » produits « à la chaîne » par des prête-plume- un titre par an de 1980 jusqu’au milieu des années 90

v « on nous Claudia Schiffer, on nous Paul-Loup Sulitzer » – « Foule sentimentale » d’Alain Souchon

La cacoronaphonie des oramateurs

Les 3 coups ont retenti, le rideau se lève sur la 3e vague. Attention le spectacle va commencer ! Ce théâtre là n’est pas fermé, le spectacle se joue en salle comble, en continu, dans votre salon : c’est la cacoronaphonie des oramateurs.

Voir l’article

Mais qui sont ces virus et ces variants,

ressassés à satiété

par ces soit-disant experts,

ces pseudo-sages au sacerdoce suspect,

ces sachants satisfaits mais insaisissables

qui sifflent sur nos têtes et s’y insinuent ?

C’est la cacoronaphonie des oramateurs.

« Tout le Monde a son mot à dire », mais vraiment tout le monde,

et aussi n’importe qui : Olivier, Sidonie, Aglaé, Roselyne, Didier,

et toi aussi Jérôme, et toi Martin, et même toi, Jean-Emmanuel !

« Tout le Monde il est beau, tout le Monde il est éloquent »,

et dans cette réalité augmentée, même l’ARN devient messager.

Causer de ce virus est décidément à la portée du premier venu,

Mais le premier venu oublie un peu vite qu’il est aussi à sa portée,

et hop, le voilà déjà parti pour le jugement dernier, mais toujours le premier !

Les antivax sur écran géant Imax le crient à qui veut les entendre

(et aussi à tous les autres) : la seringue les rend dingues !

Les anticorps, eux, sont accros à leurs sacer-doses – il les enfilent par paire.

Les anti-rien n’ont pas voix au chapitre, ça n’intéresse personne, les pros !

« Masque, pas masque, si masque, mais ce masque, non pas ce masque, si ce masque, Pyjamasque pour les enfants, masque à ras pour mesdames, masque à rade pour messieurs, masque-à -gner – « oui désolé on n’a plus que ça » – pour vous, la chair à canon des premières et deuxièmes lignes.

Mais qui sont ces virus et ces variants,

ressassés à satiété

par ces soit-disant experts,

ces pseudo-sages au sacerdoce suspect,

ces sachants satisfaits mais insaisissables

qui sifflent sur nos têtes et s’y insinuent ?

C’est la cacoronaphonie des oramateurs.

« A peine t’incubes, déjà ça ne tourne plus rond , ça t’en bouche un coin, hein! »

« Je vous l’avais dit, nous l’Ecouvillon sans le savoir ! »

« Il va falloir faire des quarantaines, mais de 7, 10 voire 14 jours !»

« Croix blanche sur fond rouge, rien ne bouge,

Croix Rouge sur fond blanc, tout fout le camp !»

Le café du commerce est confiné,

les cons finis se replient sur le marc de café

et les boules de cristal, bien essuyées au gel hydro-alcoolique (lui aussi).

On s’autorise même à penser (vraiment?) que « certains »

on lu dans les entrailles d’un pangolin – mais ça c’est « off the record ».

La grosse caisse de résonance écrase la mélodie ténue de la raison.

Pangolin, chauve-souris, et pourquoi pas, frelon asiatique ?

Virus chinois, variant anglais, brésilien, sud-africain ?

Ouf ! Pas de collabo alsacien, auvergnat, basque ou breton qu’il faudrait dénoncer !

Tout y passe, même les visons sont visés et trépassent

par millions dans des charniers danois, tu y crois, à ça ?

A défaut de druide provençal, de chamane-ipulateur, d’imam-useur public, de curé d’ARS, à quel saint se vouer ?

Mais je me laisse aller, l’air du temps est au Tu Toi Mens !

Alors sur quel prophète tirer, quel Saint tuer ?

Mais qui sont ces virus et ces variants,

ressassés à satiété

par ces soit-disant experts,

ces pseudo-sages au sacerdoce suspect,

ces sachants satisfaits mais insaisissables

qui sifflent sur nos têtes et s’y insinuent ?

C’est la cacoronaphonie des oramateurs.

« Nous sommes en guerre » dit le con, finement.

Ils viennent jusque dans nos draps, infecter nos fils et nos campagnes !

Aux ARN, citoyens ! Évitons d’être mitoyens !

Testons, vaccinons, qu’un sang, un pur, abreuve nos canards  (et nos Kfards;-) !

Sale guerre, Salachas, Salpêtrière, Pitié !

Avicenne de crime, Lariboisière est sur le point de tomber

dans le Trousseau-té sur une mine !

Ils ont Beaujon-gler avec les moyens du bord,

Bicêtre Necker mieux loti que Bichat

Pour lutter contre cette vermine venue de Cochin-chine.

J’oublierais Tenon, ses mineurs de fond ? Bien sûr que non, pardon !

Quand l’Ordre se targue de nous donner des Conseils,

Que l’hôpital, à bout de force, se moque bien qu’on lui fasse la charité,

on a compris que le Grand Corps est bien malade, lui aussi.

Au bord du trou de la Sécu, il risque fort de passer sur le billard !

Mais qui sont ces virus et ces variants,

ressassés à satiété

par ces soit-disant experts,

ces pseudo-sages au sacerdoce suspect,

ces sachants satisfaits mais insaisissables

qui sifflent sur nos têtes et s’y insinuent ?

C’est la cacoronafolie des oracles amateurs !

Essai comparatif de la semaine – Battle Royale : Meghan Mark L vs. RR Silver Ghost – l’Etoile Noire se retourne contre l’Empire !

Une Meghan face à une RR (Royal Ruling, of course !) ! Qui l’eut cru ! Comme quoi tout arrive. Le match est osé ? Ben non, carrément pas, bien au contraire. On pourrait même dire « sacrément intéressant ». (lire la suite)

Une Meghan face à une RR (Royal Ruling, of course !) ! Qui l’eut cru ! Comme quoi tout arrive. Le match est osé ? Ben non, carrément pas, bien au contraire. On pourrait même dire « sacrément intéressant ». Il n’y a guère que dans les grandes confrontations médiatiques que RR et ses jeunes rivales se sont disputé les victoires ! A Londres, Ibiza et Paris par exemple, dans les années 80 et 90 avec le roadster, petit bijou de chez Spencer. Alors que l’Anglaise entame la fin de carrière de la 9e génération de son lignage, l’Américaine se paye quand à elle un petit restylage. L’occasion d’opposer les deux reines incontestées de la compétition.

Dans la galaxie des berlines familiales haut de gamme, la monospace RR Silver Ghost se sentait bien seule depuis plusieurs années. Les tentatives de relance de la marque avec les générations suivantes se sont soldées par autant d’échecs. Mais elle vient d’être rejointe par une concurrente très dangereuse, la Meghan Mark L, qui est devenue son ennemi public numéro 1. Une opposition de styles et de philosophies.

Pauvres monospaces ! Imaginez-les il y a quelques années encore, ces reines des véhicules familiaux pouvant offrir un espace à bord monumental, un volume de chargement phénoménal et une modularité que tous leur enviaient. Elles étaient choyées par les familles et sources d’inspiration pour les concurrents, au pinacle de leur gloire.

Et un beau jour, tout s’effondre à cause d’une trouble-faîte ! La coupable n’est autre que la SUV (Super-Ultra-Vénère), au style robuste mais élégant, à la position de conduite confortable mais dynamique, et dont l’espace à bord ne sacrifie pas le design. Un SUV qui a ratissé large, osant même séduire dans les rangs des plus fidèles de la Firme.

Meghan Mark L contre RR Silver Ghost. Plus qu’un simple duel commercial, la rivalité entre ces deux bolides impressionnants s’est largement élargie aux têtes d’affiche de tous les circuits du monde. De Buckingham à San Francisco, en passant par Sydney ou Le Cap, la sulfureuse Américaine et la très caractérielle Anglaise se livrent une bataille sans merci pour savoir laquelle des deux prendra la Pole Position.

Baroudeuse confort ou polyvalente assumée ?

La RR Silver Ghost est figée dans les recettes de la Firme – que dis-je de la Firme, de l’Empire- celles du bon vieux 2NC (Never Complain, Never Comment) développant 6 chevaux harnachés au galop, supportés par une hybridation très discrète. Pourquoi changer ce qui marche, lorsque la transmission intégrale, éprouvée depuis des générations, continue à faire le bonheur des fidèles ? La familiale distinguée de l’Empire est devenue, avec le temps, une force tranquille.

Rouler en diesel 2NC, pourtant, dans cette période d’écologie et de médiatisation hystérique, semble être assez décalé. En fait pas forcément ! Il y a une forte demande dans ce segment des « familiales tout terrain haut de gamme », majoritairement de la part des gros « rulers ». Ils préfèrent encore le diesel, qui est plus sobre et fait moins de bruit. Alors la Firme y répond, avec son professionnalisme et son flegme habituels.

En tout cas, sur le papier, en performances pures, la RR Silver Ghost n’a guère de craintes à avoir par rapport à la jolie Meghan ! Le premium sportif anglais, référence dans cette famille, est particulièrement prisé. Mais les choses peuvent vite changer.

Différences de performances ? Ah quasiment plus !

Comme on peut s’en douter avec des modèles de cette trempe, la battle royale débute dès la lecture des fiches techniques. Indubitablement très proches : si l’Anglaise embarque un prince qu’on sort dès qu’on en a besoin, l’Américaine en a un peu plus sous le capot, et ne se prive pas de le faire savoir.

Deux philosophies s’affrontent. Celle de Meghan, novatrice, qui provient des plateaux hollywoodiens et des ateliers californiens. L’autre, particulièrement éprouvée, que l’Empire a promu pendant de longues années, depuis ses victoires sur les circuits Européens au milieu du 20e siècle jusqu’aux Falklands en 1982.

Cubant plus, le cœur de l’Américaine offre plus de nervosité que l’Anglaise. Cette dernière répond avec un couple plus endurant, et elle crache sa puissance à la manière d’un bon vieil atmo, même si les rapports laissent à désirer à l’approche de la zone rouge. Dans les faits cependant, en occultant les réflexes du pilote, la Meghan part toujours plus fort. La faute à l’inertie de la boîte RR, qui, même en Launch Control, ne permet pas un catapultage aussi efficace que celui de la Meghan.

Sauf qu’aussi sportive et exubérante soit-elle, la Meghan Mark L est aussi capable d’emmener les enfants à l’école sans oublier un crochet par le centre commercial et la salle de sport. Sa botte secrète ? Son amortissement piloté dont les différents réglages lui donnent une polyvalence rare.

Les deux concurrentes se retrouvent côte à côte sur la ligne de départ, prêtes à en découdre. Sur un test d’accélération départ-arrêté, les deux bolides font curieusement presque jeu égal. Grosse surprise ! La Meghan reprend presque le dessus en fin de parcours, il n’en manque pas beaucoup. La puissance médiatique et émotionnelle joue son rôle, mais paraît encore un peu juste sur le couple et la transmission. Et puis à la longue, elle risque de s’essoufler, alors que le Silver Ghost, inflexible, infatigable, assure mécaniquement le travail.

Avec ou sans compromis ?

La RR Silver Ghost a du répondant (à défaut de répudiant), c’est sûr. Notamment en termes de tenue de route, plus travaillée que celle de sa concurrente. Elle avale les parcours les plus sinueux sans broncher, à un train d’enfer – un style démoniaque pas toujours facile à assumer pour un conducteur – et garde une précision de trajectoire chirurgicale même sur les gravillons et les bas-côtés boueux de la cour.

Mais son bloc s’essouffle cependant plus rapidement et les remontées du couple dans la direction à bas régime sont beaucoup moins bien gérées que celui de la Meghan.

Cette dernière, si elle ne craint pas les nids de poule, répond avec un comportement tout aussi chirurgical, mais un peu moins joueur, avec un train arrière un peu verrouillé. Finalement, l’Américaine se montrera beaucoup plus à l’aise sur des circuits rapides tels que Twitter ou CBS, où elle détient déjà des records d’audience dans sa catégorie.

Difficile de parler des boîtes de vitesses, les deux ne disposant manifestement pas du même système. Toutefois la boîte de l’Américaine se montre réactive et peu intrusive. De son côté, la RR dégaine un autre de ses points forts, une boîte au débattement court, au verrouillage ferme et à l’étagement parfait. La référence dans le genre, elle s’est constamment perfectionnée et est entretenue par plus grosses huiles depuis toujours.

Ecrin royal ou business lounge ? La Firme ou la frime ?

Petite mesquinerie au catalogue de la Firme, le 6e fauteuil dans l’ordre de succession est facturé au prix fort, alors que l’espace réduit qu’il offre le réserve à des enfants, ou éventuellement à des adultes lors de petits trajets (si on veut éviter des rendez-vous incessants chez le kiné ou le psy).

En revanche, les passagers du 2e rang seront accueillis comme des rois. Pas besoin de jouer des coudes grâce à la confortable règle de la primogéniture absolue, ni même de taper des genoux grâce à un espace généreux aux niveau des chevilles. La Meghan n’a toutefois pas à rougir même si elle est un peu moins spacieuse avec sa villa de 9 chambres à Montecito.

Une fois que les passagers ont trouvé leurs aises, c’est au tour du conducteur de s’installer. Sans surprise, la Silver Ghost reprend l’habitacle des dernières créations maison avec le tableau de bord en loupe de ronce de noyer et les garnitures Prince de Galles, et la partie centrale réservée à l’instrumentation sophistiquée du pilotage et du contrôle.

Résolument moderne, la Mark L adopte définitivement tous les codes de l’environnement digital. Sa présentation reprend les gimmicks habituels de l’Américaine, sa partie centrale réservée à l’info-divertissement, mais rajoute de petits éléments façon bling-bling, avec une fausse barre d’accroche chromée devant le passager. En somme, c’est la frime qui s’oppose à la Firme.

Différence de classe ou d’époque ?

L’arrivée de nouvelles concurrentes dans une famille bien établie crée de la curiosité et peut même bouleverser l’ordre des choses. Affaire souvent de génération. Et de technologie. C’est en effet le cas pour la Meghan Mark L. Avec un système hybride intelligent, forte désormais de plusieurs millions d’abonnés dans les réseaux sociaux, l’Etoile Noire pourrait bien bousculer la hiérarchie établie par l’Empire, et renverser la table des scores.

Bilan

Face à une RR Silver Ghost, référence intemporelle dans sa famille sans vraiment de compromis, la Meghan Mark L répond avec une rare polyvalence, capable d’être aussi vivable au quotidien que redoutable sur circuit. Avec sa Mark L, Meghan change d’époque et développe l’hybridation pour élever son niveau de jeu, une manière intelligente de se mettre au niveau des concurrentes haut-de-gamme. Avec sa Silver Ghost qui règne sur les circuits depuis 1952, l’Empire insiste dans une dimension automobile qui peut paraître presque surréaliste aujourd’hui, mais qui conserve de nombreux aficionados. Questions de goûts donc, d’autant plus que le look comptera pour beaucoup dans le choix final.

Un grand merci aux chroniqueurs de Turbo dont les essais comparatifs m’ont fourni une matière organique étonnamment adaptée, que je n’ai eu qu’à recycler, en Kfard Dchaîné que je suis

Prière pour dry january

Saint Amour,

Saint Julien,

Saint Estèphe,

Saint Jack et saints Daniels,

Saint Landelin (qui déchante)

Dom Perignon,

Père Nod-Ricard

et même Vieux Papes,

sans oublier la part des Anges,

Sancerre’r et s’égarer par quatre chemins,

sans formule alambiquée, sans brasser de vent,

Puissiez-vous m’éviter le Delirium Tremens,

l’envie du Fruit Défendu et les châtiments,

La tête dans le c…, la queue en tire-bouchon,

Les Côtes Rôties par Satan en Enfer,

Le crâne farci d’hydromel ou de houblon,

la cirrhose avant de décanter en bière.

Et daignez que mes grappes de résolutions

ne Suze’nt en vains engagements et serments,

Sinon accordez-moi au moins l’Absolut-ion.

Pour en avoir bu une goutte seulement…

Oh non, j’ai perdu le fil des sains d’esprit !

Amen !

Carlos, arrête de déGhosner!

Qui l’eut cru, il a perdu toute sa saveur depuis qu’il est cuit ! Mais qui donc ? Carlos pardi (lire la suite)

Qui l’eut cru, il a perdu toute sa saveur depuis qu’il est cuit ! Mais qui donc ?

Carlos pardi, non pas le terroriste qui a fait trembler la France entière, ni le chansonnier de Tirelipimpon, Papayou ou Big Bisou qui nous a fait nous trémousser (oh ne vous moquez pas, vous qui avez moins de 50 ans, vous ne pouvez évidemment pas connaître!), mais son digne héritier dans le rôle d’humoriste décalé, d’amuseur public, de bonimenteur de foire.

Sa foire à lui, c’est la foire d’empoigne de l’impitoyable marché mondial de l’automobile, où il a imposé sa poigne et sa trogne de clown triste, ou plutôt de statue de clown triste, qu’il a élevé au rang de stature. Son style, le genre de clown qui ne rit jamais, et que d’ailleurs on n’aimerait pas voir rire, même dans nos cauchemars les plus fous, de peur de mourir d’une facétie de ce Joker, si son masque de fer se mettait à grimacer face au supplice qu’il nous promet.

Carlos avait fait son école du cirque en développant son numéro de Tirelire-pimpon chez Bibendum. Le pitch ? Dégonfler les coûts et le besoin en fond de roulement du champion du pneu. C’était gonflé. Il s’y est appliqué avec persévérance et abnégation pendant des années, usant ses semelles sur le sable de la piste, sans public lors de ses longs entraînements et répétitions, ou si peu lors des représentations dans des chapiteaux d’usines de province.

Et puis ce patient travail a fini par payer, le numéro a fait mouche et le personnage qu’il avait réussi à incarner – la statue du Clown triste effrayant – lui a ouvert le coche vers le haut de l’affiche : l’obscur clown des chapiteaux de province a percé sa chrysalide faite de pneu pour gagner soudain beaucoup, beaucoup plus en s’élevant au sommet de la chaîne de valeur, en dépliant ses ailes de Roi des Papillons chez Renault-Nissan. Oh, toujours pas de mots ou d’expression sur sa mythique Joker-face, à peine quelques mimes grimaçants, mais quelle posture imposante, grandiose, dans ce nouveau rôle de Grand Em-Papayou-teur.

Il a su comme personne maîtriser la technique du transformisme comme un véritable caméléon, élève dépassant les maîtres du Kabuki en captant toute la lumière au Pays du Soleil Levant, en maîtrisant les codes sans même en apprendre la langue. Il a marié Renault à Nissan, en parvenant à subtiliser la corbeille de la mariée à l’insu de tous, tout en s’affichant à la Une des magazines avec ses toutes nouvelles ailes si brillantes, presque autant que lui, enfin !

Le Bal des Débutantes pour sa fille, Versailles pour sa femme, aucune épate bling-bling qui ne soit à sa portée. Big bisous à tous les membres du sérail VIP ! Ah ils peuvent baver tous les autres Carlos du Monde, tous ceux qui ont cru un jour pouvoir se hisser à ses altitudes, ils peuvent continuer à ahaner sur les pistes poussiéreuses des chapiteaux, ils ne les voit plus que comme des petits points, dont il distingue à peine la couleur, de ces hauteurs de nouveau Roi-Soleil.

Est-ce à ce moment-là que tu as commencé à dé-Ghosner, Carlos ?

Un vent glacial s’est levé un beau matin depuis l’Extrême-Orient, et a figé tes ailes si brillantes dans un vitrail gelé qui s’est fissuré, brisé et effondré, jour après jour, semaine après semaine. Retour brutal sur une des plus poussiéreuses, des plus miteuses des pistes que tu aies pratiqué, au fond de cette geôle nippone. Certes, le masque de fer s’est pris une sérieuse gueule de bois. Tu en avais vu d’autres pourtant, et tu avais toujours su faire face avec brio. Mais là, mépriser à ce point ton talent circassien, ça ne rime à rien !

Toi qui fûs Roi des caméléons, stature incarnée de Commandeur, tu commences par t’afficher en costume de Super-Mario – gilet jaune fluo, casquette bleue. Pour n’importe qui d’autre, cela ne serait qu’anecdotique, mais pour le Grand em-Papayou-teur, un tel écart signe une faute de goût inédite.

Là où tu nous avais habitués à des numéros d’Arsène Lupin, te voilà soudain échappant au violon à Tokyo en te faisant la malle (jusque là, il y a de l’idée), pour ressortir de la boîte quelques heures plus tard… « tin tin tin »… à Beyrouth, comme un vulgaire… lapin, égaré dans la lumière des phares des journaux télévisés.

Et depuis, tout est à l’avenant: le roi du Tirelire-pimpon claque les biftons par poignées comme des confettis pour s’offrir les services des plus beaux danseurs de samba du carnaval : Barnum et barouf pour la conférence de presse « improvisée » à Beyrouth, qui finit en Pauvre-Point qui fait « pshitt » (même toi tu n’as pas pu cacher ta déception, malgré le masque et les plumes – si tu avais pu jeter sur cette tragédie le mouchoir avec lequel tu t’épongeais le front, tu l’aurais fait volontiers).

Alors Carlos je t’en conjure, arrête ce numéro raté et vulgaire, arrête de déjouer, arrête de dé-Ghosner !

Certes, après ton grand écart, tu ne peux plus revenir à ton numéro fétiche. Depuis que tu lui as laissé le champ libre, Carlos Bis, le frère jumeau prodigue qui est parti bouffer du Lion, t’a piqué la tête d’affiche et la baraka au passage pour rejoindre les étoiles dans la constellation de Stellantis. Mais ça tu sais que c’est la dure loi du métier, et tu l’apprécies en expert.

Mais arrête de dé-Ghosner, Carlos ! Ton créneau ce n’est ni les paillettes, ni les confettis, ni le navrant numéro de clavecin à quatre mains que tu viens de nous servir – tiède de surcroît ! Même la vieille rengaine de « la France m’a laissé tomber » tu ne nous l’as pas épargnée, et les minables comptes d’apothicaire sur les miettes de la retraite-chapeau et les raclures des indemnités de départ ! A ce rythme, tu ne vas pas tarder à enfiler à nouveau ton gilet jaune pour réclamer des indemnités d’intermittent du spectacle devant les caméras et les micros ! Et c’est nous qui rions jaune, navrés et atterrés par une telle médiacrité.

Ta voie, Carlos, c’est la piste de rallye poussiéreuse et accidentée que tu avales avec plus de ténacité, plus de discipline et plus de rigueur que les autres, et pas les rails du Train de vie à grande vitesse, ni l’autoroute du Soleil médiatique, fût-il levant.

Ressaisis-toi, Carlos, au lieu d’aGhosniser. Les ailes et les fortunes ça va, ça revient au rythme des marées, mais pas son âme d’artiste ni ses rêves d’enfant !