Charles attend…

Charles attend, impatiemment, le tea time, pour siroter sa tasse de thé à l’amante

Il rêvait de fissurer les piliers du pont de l’Alma Mater[1], d’effacer l’affront de ces femmes illustres – Elisabeth, Diana, Margaret – qui, autour de lui faisaient la Grande Histoire pendant que lui, s’illustrait à en besogner une seule, si terne, mais qui suffisait à remplir son lit et son cœur.

Charles attend, impatiemment, le tea time, pour siroter sa tasse de thé à l’amante

Il lui tardait de brandir haut les couleurs et le sceptre de ses ancêtres, quand dans le salon pourpre, lovée sur un divan, sa bourgeoise se calait, priant pour que son gode save ce King avant de rentrer dans l’arène.

Ses rêves d’Empire, décence mise à part, de grandiloquant souffle réformateur et créateur, se fracassent sur le conservatisme prude et le rigorisme empesé du protocole auxquels adhèrent Mère et Père sévères.

Charles attend, impatiemment, le wait & see[2] time, pour siroter sa tasse de thé à l’amante

Amer, le prince de Galles voit ses illusions s’enliser dans des Unes nauséabondes de feuilles de choux qui vantent son expertise et sa vision du digital… mais c’est hélas de tampon qu’il s’agit, dans cette conversation privée avec « sa » Camilla, surprise par un amateur de CB… «Tampax edus rerum »[3]

Charles attend, impatiemment, le T time, pour siroter sa tasse de Camilla manie

Qui pouvait se douter, en les voyant se pavaner dans leurs costumes de lumière à Buckingham pour tant de Noëls au balcon, que pacotilles sont, ces marionnettes posthumes qui complotent et chinoisent dans l’ombre.

Sonnante, voire tintinabullante dans le domaine patrimonial, cette dynastie s’est révélée trébuchante sur les plans matrimoniaux, « like a candle in the wind »[4], coquins de Windsor !

Rien ne sert de courir… Ses détracteurs pensaient que Charles traînait, avec sa complainte incessante sur sa mère qu’on voit tancer… ? Son attente a fini par payer. En 2005 le Duc de Cornouailles noua épousailles avec sa princesse consort, et ayant enfin trouvé chaussure à son pied avec cette Anastasie – après son essai infructueux avec Cendrillon – put enfiler l’archiduchesse en chaussettes sans avoir à se dissimuler.

Charles attend, impatiemment, le T time, pour siroter sa tasse de Camilla déjà mamie

Victime unique et désespérément seule depuis 70 ans de cette maladie rare que fut la fébrile et stérile attente dans l’antichambre de la couronne britannique, il ne savait plus quoi inventer (le Brexit ? l’école ?) face à l’impatience devenue intenable pour son entourage : « pour être sacré, Charles, magne ! ».

Philip éteignit sa 100e bougie dans son dernier soupir, et Elisabeth ne lui survécut que quelques mois au-delà de son Jubilé de platine.  Et vient sa jubilation à lui, son T time : le Trône, enfin !

Youhou !

   Faites dépoussiérer leurs bonnets à poils, et amidonner la garde pour la relever !

       Rafistolez les confettis du Commonwealth, voire du Royaume jadis Uni qui s’étiole inexorablement !

               Sortez de l’anti-mythe les trois plumes d’autruche des armoir(i)es du Prince de Galles pour les pom-pom girls !

Charles s’attend à quoi, sinon à un Enfer, maintenant qu’il est enfin assis sur son Trône ? Il est maintenant un peu trop tard, n’est-il pas, pour le tea time, au crépuscule de sa Camilla, momie maintenant ?

Décidément,

Tempus edax rerum[5]

indeed !


Pattes de mouche du Kfard :

[1] Alma Mater est une expression d’origine latine, qui peut être traduite par « mère nourricière », parfois utilisée pour désigner le collège ou l’université où une personne a étudié.

[2] Expression anglaise signifiant « attendez et voyez », pour encourager une personne à être patiente.

[3] Jeu de mots sur l’expression latine « tempus edax rerum, (tacitisque senescimus annis) » – le temps détruit tout, (en silence les années nous mènent à la vieillesse) [Ovide, métam., XV, v.234]

[4] Comme le fredonnait Sir Sourire, Elton John, dans une chanson écrite en l’honneur de…. Et non, Marylin Monroe, en 1973 – mais avantageusement relancée en mémoire de la solaire Diana, prématurément éclipsée en 1997.

[5] Expression latine : « tempus edax rerum, (tacitisque senescimus annis) » – le temps détruit tout, (en silence les années nous mènent à la vieillesse) [Ovide, métam., XV, v.234]

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3 années il y a

Charles… oui… et pourquoi… et comment les choses arrivent….ou pas !
Pardon Monsieur Verlaine ; je ne peux pas m’empêcher.

Le Ciel est, par-dessus ce roi,
ni bleu, ni calme !
Un haro, par-dessus ce roi,
perce et clame.
Ces proches, dont le fiel on voit,
qui doucement suinte.
Une reine, sous la couronne qu’on voit,
retient sa plainte.
Mon Dieu, mon Dieu, la vie s’en va,
fastueuse et servile.
Ces déplorables rumeurs-là
reviennent et filent.
Qu’as-tu fait, ô toi qui (70 ans) régnas,
assurant sans cesse.
Dis, qu’as-tu fait, toi gisant là,
de LEUR jeunesse ?

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