T’en souviens-tu, de nos vingt ans,
du temps des cerises, du coq et de la pendule,
Quand le temps ne pensait surtout
Qu’à passer son temps auprès d’ellei
tu m’attends, je t’attends, tout le tempsii,
le cœur battant – tant de tempérament !
nous cédions à la tentation, ou tentions le diable
Tantôt l’un, tantôt l’autre, et ultime tension,
hésitant un tantinet, de temps à autre, entre les deux.

A quarante ans, au mitant de notre passe-temps,
toujours partants, toujours par temps clair,
Nous étions des Titans, les maîtres du temps,
Surmontant l’imparfait conditionnel du subjonctif
Inventant le plus-que-parfait impératif du futur
Notre soif, nous l’étanchions
à l’estanquet pour le spiritueux
ou au Tantra pour le spirituel,
Notre rythme haletant,
plantant la tente du Pakistan au Bouthan
tendant des tentures de tartan sous les arc-boutants
tantôt tempéré, temporisant – tantôt tempétueux, pestant
Notre détente, c’était la pétanque – nous y passions tant d’heures !
Y en a tant qui tuent le temps, tant et tant qui le perdent ou le passent
Tant qui se mentent, inventent en les rêvant des instants de grâceiii

En somme, tant de Tancrède et si plus de Tantale !
Assez-t-il tout étant, à quatre-vingt’ ans, on est dans les arrêts de je – quelle tuile !
Echappé au mitard, au juste à temps, aux tempêtes des tambours,
des tanks, des attentats et tantôt, au temps d’incubation
Tentant ou tant d’ans ?
Autant en emporte le vent d’autan, tant pis !
l’infarctus étend ses tentacules sur les ventricules
Des argentés d’Etampes aux tempes argentées,
Ce n’est plus un cygne de rivière, c’est un signe des temps !iv
Tant et si bien qu’à la fin,
à force de vous noyer dans les « tan »,
vous en aurez mare, voudrez me tancer…
Au temps pour moi… !
Il est trop Tar’…
Temps mort !

Pattes de mouche du Kfard :
i Le Coq et la Pendule, Claude Nougaro
ii Je t’attends, de Jean-Jacques Goldman, interprété par Johnny Hallyday
iii Encore un soir, de..Jean-Jacques Goldman encore, interprété par Céline Dion
iv Le Cygne Blanc, de Francis Cabrel
