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Hommage à Soulages : toute la lumière faite sur notre part d’ombre !

« Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir ! » clamait un de nos autres monuments nationaux auquel notre Présidérant a rendu un hommage à la chaîne entre deux méformes – pardon : réformes.

(1) Authentique extrait de l’hommage à Pierre Soulages par Emmanuel Macron, le 2 novembre, dans la cour carrée du Louvre

(2) Lui aussi il L’ouvre : citation authentique du député Rassemblement National Grégoire de Fournas à l’Assemblée Nationale le 3 novembre (et oui, honte nationale aussi)

La leçon nécessaire d’YZK New Tone

Si, si, vous me connaissez, même si mon visage ne vous dit rien ! Je suis YZK New Tone, le gars à la pomme (non, l’autre… avant Chirac)

Amitiés à Philippe Gelück, en espérant qu’il ne l’aura pas en travers de la gorge, le Chat
Et voilà ce qui arrive quand on prend les choses sans gravité, foi d’Isaac !

Alités et abattus par les 49.3 voleurs !

Qu’elle est loin d’Esculape ou de Poquelin l’époque, ou un petit malin ultracrépidarien pouvait se prétendre médecin malgré lui !
Bientôt il sera trop tard pour pleurer, pour regretter, pour essayer de rattraper. Et le temps sera là, pour nous tous, de vivre dans notre chair la souffrance que nous les laissons endurer depuis si longtemps déjà, ces cordonniers si mal chaussés.

Qu’elle est loin d’Esculape ou de Poquelin l’époque, ou un petit malin ultracrépidarien pouvait se prétendre médecin malgré lui !

Aujourd’hui il arrive à fond de train, le temps où nous nous rendrons compte – juste un peu trop tard – que nous avons dépassé les Borne, en détournant celles et ceux qui n’aspirent qu’à un rêve, un idéal – nous soigner et nous guérir – et qui y consacrent corps et âme 10 années de leur jeunesse, de leur sainte vocation,

où nous nous retrouverons tout étourdis en salle de réveil, ayant basculé dans le monde d’après, amputés de cet organe dont nous étions si fiers, et que nous avions mis des décennies à développer et perfectionner : notre système de santé. Nous ne nous rendions pas compte de notre privilège insensé, nous étions pourris gâtés, et mal habitués : la santé, c’était automatique (c’tait tôt scope, aussi, mais ça c’est une autre histoire).

Bientôt il sera trop tard pour pleurer, pour regretter, pour essayer de rattraper. Et le temps sera là, pour nous tous, de vivre dans notre chair la souffrance que nous les laissons endurer depuis si longtemps déjà, ces cordonniers si mal chaussés.

A force de les user, de les pressurer et de les essorer, nos pros thésards et autres prothésistes, nuits de garde après jours d’astreinte, tracasseries administratives après coupes budgétaires, vous verrez qu’un jour ces ingrates et ces ingrats finiront par jeter l’éponge et se résigneront à renoncer à devenir un jour médecins, malgré eux !

La flamme sacrée de leur serment d’Hippocrate se consume déjà dans le brasier nourri par les sarments secs et cassants d’hypocrites. « Nous vous avons compris ! » péroraient les suffisants drapés dans leur Ségur grandiloquant, et qui avec leur charité condescendante se sont bien moqués de l’hôpital, en loques. En leur faisant un bébé dans le dos, ils pensaient vraiment réussir à faire croire à des experts en gynécologie et pédiatrie qu’ils les mettraient en cloque d’un avenir radieux, ces encéphalocrates avec leur tromperie de Fallope ?

Nos héros des temps modernes nous avaient arraché des larmes et des salves d’applaudissements quotidiennes il n’y a pas si longtemps, mais que reste-t-il quelques mois seulement plus tard de cet élan furtif ?

Elles et eux n’ont qu’une ambition, nous en débarrasser, et pourtant ils se voient constamment soupçonnés de tous les maux !

Ils passeraient leurs jours et leurs nuits à creuser le trou de la Sécu, nos graines de proctologues ? Vous les côtoieriez comme je les côtoie, ces mineurs de fond, vous verriez avec quelle abnégation, avec quel dévouement – avec quelle rage désespérée parfois – ils soignent inlassablement les plaies des âmes et des hommes.

Ces carabins sont traités comme des esclaves dignes de Germinal, par des mandarins qui portent comme un bâton de maréchal la chance d’avoir survécu à cet Enfer, et d’y avoir atteint l’âge d’enfin faire endurer à d’autres le raffinement des tortures qu’ils ont subies et qui ont consumé leurs plus belles années. N’est cécité qu’ils ne rêveraient faite loi, fût-ce celle du Talion.

Ça fait tant d’années que ça dure, qu’ils nous annoncent la fin de ce monde et qu’ils sont toujours là, à continuer à s’échiner sans rechigner quand seules leurs banderoles « en grève » et leurs mines épuisées nous permettent de deviner qu’ils en ont gros sur le palpitant. Imaginez, des grèves qui n’empêchent pas les grévistes de travailler !  Même les capitalistes les plus visionnaires n’avaient osé rêver d’une idée aussi réactionnaire ! 

Ils ne gémiraient pas un peu avant d’avoir mal, nos experts du Vidal ? Ils ne se cabreraient pas un peu sous le harnais, ces hypocondriaques aux velléités de révolte ?  Pourquoi ne pourraient-ils pas continuer encore à endurer cet état de fait, jours après jours, nuits après nuits, années après années, jusqu’au dégoût, jusqu’au malaise et au-delà s’il le faut ?

Si nous persistons à faire l’autruche, ils vont finir par sortir de leurs gonds, nos internes, quand le Caducée leur aura sucé jusqu’à la … mort ? moelle ? nœud ?

Et quand la porte sera laissée béante et claquera sous les bourrasques brutales de l’histoire, qui et qu’est ce qui restera debout pour nous sauver, nous et notre si chère et fragile santé ? A défaut d’un éclair de génie, trouverons-nous une étincelle de lucidité en frottant notre lampe, pour sauver notre trésor et ses gardiens de leur extinction, qui menace de nous envoyer tous voler au tapis avant 1001 nuits ?

Coup de chaud aux quatre coins du Globe…

Près d’un an que les Talibans sont de retour au pouvoir, et tout le monde semble avoir, de vue et d’attention, complétement perdu Kaboul !

Près d’un an que les Talibans sont de retour au pouvoir, et tout le monde semble avoir, de vue et d’attention, complétement perdu Kaboul !

Oh nous ne manquons pas d’excuses, pensez-donc : notre pauvre cerveau n’est guère disponible, découpé qu’il est en tranches d’infos fumantes ou sanguinolentes qui s’y déversent en continu, hachées finement, assaisonnées de mots au poids et de photos choc, servies toutes chaudes –brûlantes même ces dernières semaines – entre deux tranches de pub qui font miroiter sous nos yeux ébahis l’herbe tellement plus verte dans le jardin du voisin.

Il faut dire qu’avec la fumée qui sature notre écran et dévore nos forêts, et avant elle, l’« opération spéciale » russe en Ukraine, ça ne laisse guère de place dans les « éditions spéciales », une fois traité l’essentiel de l’actualité : les terrasses et les bouchons estivaux ! Imaginés par des services décidément spéciaux (à défaut d’être toujours compétents[1]), les effets spéciaux de l’opération Z réussissent l’exploit de dépasser, en bruit et en fureur, ceux d’un film de série Z avec Steven Seagal ou Jason Statham : bombes thermobariques, missiles hypersoniques, roquettes sur la plus grande centrale nucléaire d’Europe, même eux n’avaient pas osé, c’est dire ! Et puis la guerre en Ukraine, ça fait plus que nous émouvoir, ça nous touche au plus profond des tripes : déjà plus de moutarde pour nos andouillettes, bientôt plus de gaz pour nos usines, voire plus de pétrole pour nos idées ! Sans compter les zakouskis, vodkas et autres caviars qui, s’il est certes difficile de les faire passer pour aussi vitaux que l’arrosage de nos très chers terrains de golf en pleine alerte canicule, agrémentaient quand même bien l’ordinaire des bons vivants, avant ces foutues sanctions bien-pensantes !

Alors, pensez-donc, des millions d’Afghanes auxquelles leurs bienfaiteurs auto-proclamés épargnent le stress du choix de la tenue qu’elles mettront le jour de la rentrée,

des millions de petites filles qu’ils prennent le temps de taquiner, en leur faisant croire pendant quelques heures qu’elles pourraient retourner sur les bancs de l’école, avant de révéler l’hilarante supercherie,

Dessin de Wilcox dans le journal Sydney New Herald : « Pendant ce temps, en Afghanistan : « Mais vous aviez promis qu’on pourrait retourner à l’école » – « Ha ha ! Vous les filles, vous n’apprenez jamais [de vos erreurs] ! »

des millions d’Afghanes qui ne souffrent d’aucune pénurie de fournitures : effaceurs et gommes (de leur corps, de leur visage, de leur voix, de leurs emplois, jusqu’à leur existence) leur sont fournis à profusion, comme l’encre des décrets qui noie leurs libertés chèrement conquises les unes après les autres et badigeonne le moindre centimètre carré de peau féminine sur toute affiche, ou les rapporteurs dont la délation suffit à leur valoir lapidation,

– o –

des milliers d’Afghanes égayées à coups de kalachnikov en l’air pour disperser leur manifestation, au lieu de les trouer de balles comme y inciterait pourtant la tradition millénaire  – quand on pense au prix de la balle, en cette période d’inflation ! Ces impertinentes osaient réclamer « pain, travail et liberté » ! Et puis quoi encore ? Pourquoi pas la parité, tant qu’elles y étaient ?

des millions d’Afghans qui n’auront bientôt plus assez de feuilles d’épinards à sucer pour s’inquiéter de la pénurie de beurre, de toit sur leur tête pour se plaindre de la hausse des loyers, de la plus simple attention d’un frère humain pour crier leur désespoir.

Comment voulez-vous qu’on puisse s’intéresser à eux ? Ils ne font vraiment aucun effort pour nous ressembler, alors comment imaginer éveiller ne serait-ce qu’un minimum de compassion ?

Même les plus vilains terroristes ne parviennent plus à nous faire frémir, réduits qu’ils sont à jouer le rôle de méchant d’une pub de la MAAF ! « Je les aurai un jour, je les aurai ! » a dû se dire Ayman al-Zawahiri, profitant des rayons du soleil levant sur la terrasse de Kaboul où il s’tait caché… pour finir en tartare, éparpillé façon puzzle par le dernier cri furtif (si, si, ça existe !) de la technologie du gendarme du monde, après un ordre sans doute twitté depuis l’autre bout de la planète : hache-tag…eule, mdr

Au lieu de jeter un voile intégral sur ce désastre humanitaire, et réduire cette plaie béante à un Afgha-néant, il serait temps que nous réalisions enfin que si la Terre est ronde (sphérique, me diront certains extrémistes radicaux de la précision scientifique), et que seule sa surface est viable (jusqu’à une certaine profondeur quand même, croiront utile de préciser certains mineurs et plongeurs de l’extrême), c’est précisément pour qu’il n’y en ait ni bout, ni centre, mais un seul peuple, une seule Humanité et au-delà, une seule communauté du vivant qui a le privilège d’y faire un séjour, avant de devoir rendre les clés au propriétaire…

Le jugement dernier, ce sera notre état des lieux de sortie !


[1] Si vous ne l’avez pas lu encore, je vous recommande l’excellent roman Les services compétents, de Iegor Gran, qui retrace la traque d’un écrivain dissident par le KGB dans les années 1960