Hors raison

« Au secours, Francis, ils sont devenus fous ! » Le Kfard mobilise toute ta force d’émotion mélancolique pour interpeller (avec deux ailes, comme la colombe de la paix) ce qui nous reste d’humanité alors que les feuilles, elles aussi, tombent… comme les vies sur ces nouvelles plages du débarquement

C’est le tumulte qui assourdit le plus

Dans ce feu roulant des corrompus

De la bile ancienne sature les hauts-parleurs

Sur tous les tons

On doit être hors raison

L’amertume déroule son flot continu

Ses anathèmes

Ses refrains vides et têtus

Pour quelques milliards de plus

Dans leur océan de pognon

On doit être hors raison

Le froid transpire de ces trop riches parvenus

Qui cherchent juste à être quelqu’un de connu

Et la misère déborde

Au pied des pavillons

On doit être hors raison

Un monde s’égare

Dans les brumes digitales

La colère citoyenne est si près

Les gouvernements nous condamnent

Aux écrans de fumée

Personne ne sait plus où il est

On pourrait tout perdre, les mers, les montagnes, les rues

On pourrait mettre

Au thermomètre

Dix degrés de plus

Ou bien peut-être un jour

Les gens réaliseront

On doit être hors raison

L’amertume déroule son flot continu

Ses anathèmes, ses refrains vides

« Où es-tu ? »

Toute l’humanité déborde

Au seuil de nos pavillons

Attend-on l’oraison ?

Un monde s’égare

Dans les brumes digitales

La colère citoyenne est si près

Les gouvernements nous condamnent

Aux écrans de fumée

Personne ne sait plus où il est

Un monde s’égare

Personne ne sait plus où il est

Pattes de mouche du Kfard :