Mots croisés sur les routes de l’été

Bienvenue les Kfards Dchaînés pour la rentrée littéraire !
Le Grand Kfard Naüm a passé son été à glâner des bons mots sur les chemins et sous les frondaisons ombragées.
Il a fait une belle cueillette, et en a concocté une confiture de mots dans la grille ci-dessous, qu’il vous soumet pour ré-entraîner vos neurones.
A vous de jouer maintenant, régalez-vous !

Bienvenue les Kfards Dchaînés pour la rentrée littéraire !

Le Grand Kfard Naüm a passé son été à glâner des bons mots sur les chemins et sous les frondaisons ombragées.

Il a fait une belle cueillette, et en a concocté une confiture de mots dans la grille ci-dessous, qu’il vous soumet pour ré-entraîner vos neurones.

A vous de jouer maintenant, régalez-vous !

A la verticale, de l’Ouest vers l’Est :

  1. Il n’en croit pas ses yeux quand la forêt brûle, ses oreilles quand les glaciers s’effondrent dans l’océan, sa raison quand les scientifiques sonnent le tocsin.
  2. Cette Néréide porte un prénom qui fleure bon la violette. Ce Comité National se préoccupe d’une ressource naturelle de plus en plus rare. Sous la toile ou la belle étoile, tu n’y passes généralement qu’une nuit.
  3. Plus il y en a, et plus ils troublent la surface d’un plan d’eau. De Bernard Arnaud il a épousé la fille, il a tout compris 😉.
  4. Sur son plateau, c’est plus la panne à C que la panacée. Ce sont nos plus gros vaisseaux, bon sang !
  5. Tout marin qui se respecte le pratique dans chaque port. Il se cache sous les feuilles de vigne.
  6. Ce vin naît près de Lourdes, mais il ne se sert pas qu’à la messe. Quand on y arrive, c’est qu’on a déjà tout donné. Cet indicateur permet aux financiers Outre-Manche de mesurer le retour sur les dépenses publicitaires engagées.
  7. Plus il est sélectif, et plus il permet de distinguer les ordures et les déchets (mais ce n’est ni un concours, ni une élection). Rend un avis d’expert, quel que soit son domaine d’expertise.
  8. Qui tire son origine (de quelque chose ou de quelqu’un). Ce style de narration chantée et musicale traditionnel japonais accompagne le théâtre de marionnettes et tient son nom de son créateur.
  9. Quand on y met des coups, c’est le signe d’un effort physique intense ! Le silence en est.Cet archange aussi prend des vacances, en Espagne et au Portugal.
  10.  Encore une fois ! Quand il y en a des tas ! Outre-Atlantique, ce Centre d’Information Technique est au service de la Défense.
  11. Il est bientôt fini, hélas ! Ce sont des refuges, pour les déracinés ou les désorientés. Sous Windows, cette extension permet d’identifier des fichiers d’initialisation.
  12. Quand le contenu du cours l’est, c’est une bénédiction, mais quand le secret l’est, c’est une malédiction. Cette école apprend à recevoir beaucoup, mais aussi à beaucoup donner. La fin des mots.
  13. On y comprend tout, mais c’est plus cher ! Une des plus anciennes et des plus puissantes cités sumériennes. Elles se croisent à Toulouse.
  14.  Découragea ou repoussa. A Hanoï, c’est la vigne et le raisin. Tentative.
  15.  Reçu, cinq sur cinq ! S’est fait supplanter par le LED. Unité d’œuvre.
  16. Un nouveau départ à Ceylan ! On l’appelle toujours le petit écran, même si on en fait maintenant des plats. J’en suis un, et j’en suis fier !

A l’horizontale, du Nord au Sud :

  1. Les trajectoires de Sophie Adenot, qui vole si haut sans nous prendre de haut.
  2. Vu de là-bas, on est ridiculement petits ! Un danger censé nous protéger du danger.  Sans lui, certaines plantes et certains enfants en seraient toujours à ramper.
  3. Que ce soit le climat ou les médias, ils n’ont pas pu s’empêcher de l’être tout cet été. Elle aussi a chauffé pendant les vacances !
  4. Il est au cat ce que le « miaou » est au minou. Quand la boussole pointe vers Charleville-Mézières. Tu connais l’histoire de l’Anglais qui dit « euh » ?
  5. A Budapest, elle se danse à deux ou à quatre temps. Cette sale bête est de saison, hélas.
  6. Tu auras beau répéter cette onomatopée pour marquer ton impatience ou ta désapprobation, ça ne fera pas avancer le train plus vite pour autant ! Quand tu l’as, c’est le moment d’agir. Sidérale.
  7. Précède « Two Three » pour les darons, ou « Piece » pour les plus jeunes. Celle d’une chute a valu un Oscar. Précédé d’un F il fréquente la 2e définition du (11), d’un S, il se faufile entre fa et la et d’un L, il se fend d’un grand sourire 😊.
  8. Instrument de musique à 3 cordes qui fait un bruit persan. Dominique Marie François René Galouzeau de Villepin en a une dans son nom… et certains prétendent qu’il en a obtenu une autre en statuettes lorsqu’il était au Quai d’Orsay.
  9. C’est depuis son port que tu peux aller admirer les célèbres récifs coralliens des îles Raja Ampat. Elle fait couler plus d’encre que d’ancres.
  10. Le petit nom qu’on donne aux Etoiles Binaires. L’Attila des joues, mentons, jambes et maillots. Beaucoup de touristes passent par cet état en revenant de Las Vegas.
  11. Il tourne en rond après sa virgule et n’en finit jamais ! Pour prendre la tangente, on ne peut pas faire plus court. C’est aussi bien le joint que l’effet qu’il fait. On l’aura tous fait après une bonne blague…normalement. Petit nom d’une éclipse annulaire.
  12. Les anciens la regardaient beaucoup dans le poste, les jeunes un peu sur la dalle. Un œil écossais, mais qui ne compte qu’au Scrabble anglais. Est au cœur du « métro / boulot / dodo ». Paris en est une, selon Ernest.
  13. Attention, ils peuvent être positifs ou négatifs ! Mégalopole capitale d’un Etat pétrolier, son nom signifie « jardin ». Un regroupement de personnes qui s’unissent pour partager un projet ou une activité sans chercher à gagner de l’argent pour elles-mêmes : ça fait rêver (sauf Gianni Infantino, apparemment)
  14. Avec son pote Proquo, ça finit souvent en malentendu ou en embrouille. Je pavanais comme un coq dans la basse-cour, et elle gloussait et caquetait ; bref, c’est ce que nous faisions tous les deux.
  15. C’est le nom de l’équipe qui a porté Pogačar vers le maillot jaune. Reprend le mot précédent, mélange les lettres, et te voilà avec une ressource précieuse pour la vie qui se raréfie. Dans l’architecture moderne il remplace avantageusement la clé de voûte.
  16. Annulaire, partielle, totale, solaire ou lunaire, elles le sont toutes. Contrainte de cisaillement d’un matériau, il suffirait de lui adjoindre un S pour semer la zizanie.

La tête dans les étoiles

Pour bien débuter la nouvelle année, mes petits Kfards Dchaînés, le Grand Kfard Naüm vous propose de dépoussiérer vos neurones avec une grille de mots croisés tournée vers l’univers profond. Histoire de nous rappeler que nous sommes « Poussières d’étoiles », comme l’observait poétiquement Hubert Reeves, un des vulgarisateurs qui m’a ouvert à la passion du ciel. A vos crayons, le nez au vent (glacial) et la tête dans les étoiles…

Pour bien débuter la nouvelle année, mes petits Kfards Dchaînés, le Grand Kfard Naüm vous propose de dépoussiérer vos neurones avec une grille de mots croisés qui va chercher son inspiration dans l’univers profond. Histoire de nous rappeler que nous sommes « Poussières d’étoiles », comme l’observait poétiquement Hubert Reeves, un des vulgarisateurs qui m’a ouvert à la passion du ciel. A vos crayons, le nez au vent (glacial actuellement) et la tête dans les étoiles…

Et n’oubliez pas de partager vos grilles complétées, vos demandes de précision ou vos réclamations !

Latitude :

  1. Ces instruments donnent un moyen graphique d’étudier l’accélération d’un mouvement, que ce soit un projectile ou un astre
  2. Ce type d’éruption peut donner des boutons à la planète entière, et des couleurs magnifiques aux ciels polaires. Comme Vincent, il aborde de façon un peu cavalière.
  3.  Aussi occis. Minérales, métalliques, gazeuses, liquides ou organiques, elles nous entourent et nous composent.
  4. Regroupement des écoles de plusieurs communes pour mutualiser les moyens en se partageant les niveaux d’enseignement. Je ne suis peut-être qu’un satellite de Saturne, mais je suis plus grand que la planète Mercure ! Bravent leurs peurs, par exemple pour aller plus loin que leurs aînés, ou parfois juste pour les faire enrager.
  5. Il a mis en évidence un « cloud » lointain mais bien réel, qui sert de pouponnière aux comètes, et lui a donné son nom. Le fuseau qui est de rigueur à Londres, en été (du 30 juillet au 1e août, donc 😉). Là-bas, c’est aussi comme ça qu’on appelle ChatGPT (mais toute l’année, du coup).
  6. Lui aussi, comme les météorites, est composé d’un amalgame de métaux ou de céramique, mais la probabilité que vous vous le preniez dans les dents est bien plus élevée ! Si vous bondissez dès qu’elle est sonnée, c’est que vous l’êtes !
  7. Vieux breton. Les fractions six quarts et trois demis. Ce qu’il y eut avant chaque matin, en particulier dans le récit de la création de la Bible.
  8. Une étoile autour de laquelle nous sommes nombreux à tourner. Dans la rue Saint Stephen, que ce soit à Edimbourg ou Plymouth, il y en a 3 !
  9. Abréviation du Service d’Aéronomie, ancien laboratoire français de recherche scientifique consacré à l’étude de l’atmosphère des planètes. Certaines étoiles l’ont été plusieurs milliards d’années avant les humains ! C’est la poussée d’Archimède qui nous envoie en l’air, contrairement à nos cousins les aérodynes, qui comptent sur la portance.
  10. Itou, c’est tout, et ne me dites pas que je manque d’idées ! Journées Européennes de l’Astronomie. J’évaluai (vos connaissances astronomiques) à l’aune de votre progrès dans cette grille de mots croisés 😊.
  11. Cette révolution a eu un impact bien plus large que la Française de 1789 ou la Russe de 1917 !
  12. Institut Universitaire situé entre le Rhin et les Vosges. Ce n’est que dans ce ciel là qu’on peut voir la Voie Lactée !
  13. Quand je folâtre en exprimant ma joie de vivre (la tête dans les étoiles 😉) au présent du subjonctif. Se dit de l’eau, lorsqu’elle est imprégnée d’air, et pourtant ça n’en fait pas de l’OR. Métal, élément chimique de numéro atomique 24.
  14. Quand vous montrez la Lune, l’imbécile regarde le doigt, mais cette agence, elle, a permis à l’homme d’y poser le pied ! Avec son doigt, lui, il montre le chemin de sa maison. Cette pierre n’amassera pas mousse.
  15. Etoile la plus brillante du ciel nocturne, dans la constellation du Grand Chien, les Grecs l’ont baptisée « l’ardente ». Dans le ciel, on parle plutôt d’amas, mais sur terre, on utilise plus couramment ce terme. Je ne le suis manifestement pas, puisque vous êtes là à me lire.

Longitude 

  1. Stephen Hawking et Hubert Reeves en étaient, Jean-Pierre Luminet et Aurélien Barrau en sont.
  2. C’est souvent à elle qu’on reconnaît un observatoire astronomique. Je reconnus sa valeur en tant que pair, même s’il n’est pas forcément chevalier.
  3. Les fanfarons ont beau s’époumoner, ils ne donnent jamais plus de 4 notes. Même dans le désordre comme ici, elles sont en règle générale égales, que ce soit dans un héritage ou une galette des Rois.
  4. En anglais, cette abréviation désigne une cascade de particules créée par l’interaction d’un rayon cosmique avec l’atmosphère, nommée gerbe atmosphérique en français. Un milliard de kilomètres, soit 6,7 fois la distance de la Terre au Soleil. Je t’opposai un argument, qu’il soit objectif ou fallacieux.
  5. Ancienne unité de mesure chinoise, parfois appelée « mile chinois », dont la valeur varie suivant la région, l’époque, et même parfois l’effort requis pour parcourir le chemin (donc plus court en zone difficile). Constellation du Zodiaque.
  6. Demeure isolée et retirée loin des autres habitations, qui constitue un lieu idéal d’observation des étoiles, même si ce n’est pas son objectif principal (a priori). Lorsqu’elles sont exposées à la lumière, elle peuvent mesurer une éternité !
  7. Vociféra, pour peu qu’il soit un cerf ou un chevreuil. Les Grecs lui vouaient un culte, eux, à cette Terre nourricière qu’on s’échine à épuiser, nous ! C’est la Lune la plus proche de Jupiter (à part Brigitte, bien sûr 😉).
  8. Une ancêtre d’Excel du temps des tablettes de cire et des parchemins. Ce courant court autour de l’Antarctique depuis sa séparation de la plaque continentale Sud-Américaine, il y a 33 millions d’années.
  9. Territoriaux, ils s’arrachent actuellement entre l’Ukraine et la Russie. Il dût s’y reprendre au moins une fois.
  10.  En programmation informatique, c’est la rétro-conception ou ingénierie inversée (sigle en anglais). En Italie, c’est une enclume portative utilisée notamment par le carrossier. Il en faut beaucoup pour financer l’envoi d’une fusée dans l’espace…même si SpaceX en a fait baisser significativement le coût.
  11. Ce préfixe réconcilie bate, pole et stiche. La fameuse planète aux anneaux, tellement gazeuse qu’elle est dans le désordre.
  12.  Partitions de mots. Il a fallu en creuser des kilomètres dans la roche près de Cadarache pour le projet ITER de réacteur de fusion nucléaire (comme celle qui se produit au cœur des étoiles).
  13. Cet acronyme fait référence aux priorités du développement durable : hygiène, santé, sécurité et environnement. Elle ravit les connaisseurs, surtout ceux qui ne s’en laissent pas Conti ! En informatique, dans le cinéma ou dans les jeux vidéo, c’est un clin d’oeil renvoyant à une oeuvre ou une fonction cachée au sein d’un programme, accessible grâce à un mot-clé ou à une combinaison de touches ou de clics.
  14. Créé par Steven, je suis le copain d’Elliott. C’est comme ça qu’on appelle les Suisses sur le seul terrain où ils daignent abandonner leur neutralité. Mille milliards d’années. Galilée a mis du temps avant de l’être, quand il défendit la vision héliocentrique de Copernic contre les théologiens de l’Eglise catholique et des Eglises protestantes.
  15. Derrière la voie et le chemin, mais devant la sente quand même, non mais ! Même vide, je peux englober des volumes… sidérants !

Le Cowboy Fringant s’en est allé vers d’autres Reeves

Ostie de câlisse de Tabarnak ! Mais Dieu du Ciel et de la Belle Province, t’as-tu les mains pleines de pouces, les deux ailes t’ont-elles tombé à terre, ou t’as-tu callé l’orignal, pour avoir rappelé au plus sacrant auprès de toi deux gars pleins d’esprit qui se dressent très vite sur leurs patins, deux barbes hirsutes qui soulignent un sourire à se réconcilier avec l’Humanité tout entière ?

Ostie de câlisse de Tabarnak[i] !

Mais Dieu du Ciel et de la Belle Province[ii],

t’as-tu les mains pleines de pouces[iii], les deux ailes t’ont-elles tombé à terre[iv], ou t’as-tu callé l’orignal[v],

pour avoir rappelé au plus sacrant[vi] auprès de toi, coup sur coup,

deux gars pleins d’esprit qui se dressent très vite sur leurs patins[vii],

deux barbes hirsutes qui soulignent un même sourire,

un sourire à se réconcilier avec l’Humanité tout entière :

Hubert Reeves, le 13 octobre,

Cet astrophysicien qui a su faire découvrir l’univers à des générations de gamins émerveillés,

et Karl Tremblay, le 15 novembre,

co-fondateur et héraut des Cowboys Fringants, qui ont su mettre des étoiles dans le cœur et les yeux des mêmes générations de gamins désenchantés

Deux diamants d’âmes dont je ne sais s’ils ont eu l’occasion de se croiser et d’échanger.

Mais qu’à cela ne tienne, Etienne,

on la tient bien aujourd’hui, cette chance de les écouter dialoguer depuis leur Paradis,

qu’on imagine blanc,

blanc comme neige,

comme nuage,

comme la page qu’ils viennent de tourner en « crissant leur camp »[viii]

Dressez donc l’oreille, vous qui avez osé résister à l’attraction inexorable du Black Friday, véritable trou noir (il porte si bien son nom !) du mercantilisme mondialisé, qui déploie ses tentacules pour aspirer votre temps, votre argent… et jusqu’à vos rêves.

Chut ! Ecoutons-les :

Karl (s’amusant à gratter sa guitare) :

I’m a poor lonesome Cowboy, and a long long way from home[ix]

Hubert :

« Patience, patience,

Patience dans l’azur!

Chaque atome de silence

Est la chance d’un fruit mûr ! »

Karl :

C’est tiguidou[x] ! C’est toi qui l’a composé ?

Hubert :

Non, ce sont les vers de l’immense Paul Valéry.

Mais ils m’ont inspiré le titre de mon premier livre de vulgarisation de l’astronomie, « Patience dans l’Azur ». Je l’ai publié en 1981, pour partager ma passion d’astrophysicien. Et sur les 50 dernières années, il a trouvé plus d’un million d’amateurs ! J’aime à penser que, comme le système solaire et quelques autres parmi des millions et milliards d’étoiles ont permis l’émergence de planètes pouvant accueillir la vie, il aura permis chez quelques lecteurs de faire émerger l’envie de mieux connaître leur univers, et de contribuer à en préserver son trésor : la vie !

Karl :

D’la patience, t’as b’en raison Hubert, il en faut son compte !

« Prépare toi petit garçon

Elle s’ra longue l’expédition

Et même si on n’en revient jamais vivant

Il faut marcher droit devant

[…]

D’abord il faut franchir ce fleuve qui est l’enfance de toutes les épreuves

Là où même sa propre famille risque de le couler par la torpille

Déjà on saura si sa coque et son bateau traverseront les époques

Ou bien s’il ramera à la dure dans une chaloupe remplie de fissures »[xi]

Hubert :

Oh, ce n’est pas forcément une attitude que j’ai facilement mise en application, la patience, malgré ma posture de vieux sage ! J’ai plus qu’à mon tour eu de la broue dans le toupet[xii], sans pour autant me la péter, ça a quand même fini par me coûter mon premier mariage !

Et les lubies anglophobes des Universitaires Québécois de la « Révolution tranquille (sic) » m’ont mis en beau fusil[xiii] ! J’ai sacré mon camp vite fait, et j’suis parti en voir, du pays : la Belgique, la Russie, la France, les Etats-Unis.

Karl :

T’a pas besoin d’excuses ! J’ai moi-même pris ma part au « bûcher des vanités »

« Il n’y a point de repos pour l’éternel insatisfait

Ceux qui en veulent toujours trop, récoltent souvent que des regrets

Y a des jours où j’me dis que je marche à côté d’la vie

Je la salue de loin sans jamais croiser son chemin

Et octobre vient de passer en coup d’vent

Une autre année où je n’ai pas pris le temps

De voir l’automne s’effeuiller tranquillement

Toujours plus vite, être à la course

Exister sur le pouce

Pogné dans l’tourbillon

Je pédale après quoi au fond? »[xiv]

Et j’vais te dire, Hubert, t’as bien fait ! La vie est trop garce pour qu’on perde son temps à se sécher les dents[xv] ou à niaiser avec la puck[xvi] !

« Parce que pour vivre sa passion

Et pas regretter plus tard

Y faut ben comme de raison

Que tu commences en quecqu’part

C’est pour ça que demain y va tout abandonner

Et au diable les crétins qui veulent pas l’encourager

Parce qu’y sait qu’le vrai plaisir au fond c’est de pas savoir

Comment qu’a va finir

Sa p’tite histoire

[…]

Garder son esprit libre, trouver un peu d’équilibre

Pour le reste y s’en fout ben, Ti-Cul a hâte à demain »[xvii]

Hubert (riant malicieusement) :

Eh ben au moins, nous deux, on le sait maintenant, comment qu’elle va finir not’ p’tite histoire !

Comme me l’a écrit une lectrice, qui m’a inspiré le titre de mon 2e bouquin, « On m’a dit : tu n’es que cendres et poussières. On a oublié de me dire qu’il s’agissait de poussières d’étoiles. »

Nous y voilà ! Fini les papillons dans l’estomac[xviii], c’est nos molécules et particules élémentaires que nous allons rendre pour ensemencer l’univers !

Karl :

Des poussières d’étoiles, peut-être, mais des poussières scintillantes d’étoiles filantes !

«Travailler, faire d’son mieux

N’arracher, s’en sortir

Et espérer être heureux

Un peu avant de mourir

Mais au bout du ch’min, dis-moi c’qui va rester

De notre p’tit passage dans ce monde effréné

Après avoir existé pour gagner du temps

On s’dira que l’on était finalement

Que des étoiles filantes »[xix]

Sans beurrer épais[xx], toi et moi, on aura quand même pas lâché la patate[xxi] :

« Si je suis au bout d’la route

De ma vie beaucoup trop courte

J’partirai quand même en paix

Sans éprouver de regrets

Car même si j’ai encore la flamme

J’ai en moi cette vieille âme

De ceux pour qui la sagesse

A remplacé la jeunesse

Et qui m’a fait garder espoir

Dans les moments les plus noirs»[xxii]

Hubert :

Nous voilà devenus bien graves ! C’est peut-être pas surprenant vu qu’on vient d’avoir notre grand voyage ! Est-ce que ce ne serait pas « l’heure de s’enivrer »[xxiii] ?

Karl (enthousiaste) :

En voilà une bonne idée ! Tires-toi donc une bûche, Hubert, je t’invite pour une belle rincée dans l’shack à Hector[xxiv] !

On va se paqueter la fraise[xxv], et on invitera la Reine d’la Rue Ste Cath’rine et d’la Maine[xxvi], et Loulou Lapière[xxvii], et mon cheum Rémi[xxviii]

Hubert (après une courte – ou une longue – nuit, selon le côté d’où on le prend) :

Ouh là là ! Ça fait un moment que je ne me suis pas pris une telle brosse ! Quelle gueule de bois ! Ça ne te file pas le blues à toi, Karl, de passer la nuit comme ça sur la corde à linge[xxix] ?

Karl :

« Comme une étoile poquée dans la nuit

Je m’accroche à mon ciel et je survis

Moi qui aurais tant besoin d’une amie

Dans l’immensité de mon ennui

Comme tout l’monde, je cherche la même chose

Un peu d’amour sur mes ecchymoses

En attendant, j’tourne en rond dans la nuit

Aux alentours du Pizza Galaxie»[xxx]

Hubert :

Quel bel oxymore, Karl !

Galaxie,

c’est l’infini du temps et de l’espace qui déroule sa spirale perpétuelle,

et Pizza,

quel symbole plus caricatural de notre société de sur-consommation, de sur-exploitation en sur-régime des ressources que l’univers tout entier a mis des milliards d’années à créer !

Les atomes qui constituent les briques élémentaires de la vie sur Terre ont été forgés dans des étoiles de galaxies disparues depuis des milliards d’années. Les ressources dites fossiles ont mis des centaines de millions d’années à se former à partir des restes d’organismes vivants. Et nous sommes en bonne voie de les épuiser frénétiquement en quelques générations seulement ?

Ce n’est pas mon mal de tête qui m’est le plus douloureux, c’est mon Mal de Terre[xxxi] !

Karl :

Tu touches une corde qui m’est sensible !

« La question qu’j’me pose tout l’temps:

Mais que feront nos enfants

Quand il ne restera rien

Que des ruines et la faim?

C’est si triste que des fois quand je rentre à la maison

Pis que j’parke mon vieux camion

J’vois toute l’Amérique qui pleure

Dans mon rétroviseur… »[xxxii]

Avec une COP28 qui se prépare à Dubaï, présidée par le PDG d’une société pétrolière d’Etat, faut pas nous prendre pour des valises[xxxiii], on est vraiment en train de pelleter par en avant[xxxiv] !

« Les gens ont dû se battre contre les pandémies

Décimés par millions par d’atroces maladies

Puis les autres sont morts par la soif ou la faim

Comme tombent les mouches, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien

Plus rien

Plus rien

Mon frère est mort hier au milieu du désert

Je suis maintenant le dernier humain de la terre

Au fond l’intelligence qu’on nous avait donnée

N’aura été qu’un beau cadeau empoisonné

Car il ne reste que quelques minutes à la vie

Tout au plus quelques heures, je sens que je faiblis

Je ne peux plus marcher, j’ai peine à respirer

Adieu l’humanité, adieu l’humanité »[xxxv]

« Quand il ne restera que 8 secondes

Avant la fin de ce monde

On r’pensera au genre humain

Qui à cause de l’appât du gain

Aura amené la planète au bord du ravin

Quand il ne restera que 8 secondes

Hey! »[xxxvi]

Bad COP … souvenez-vous de l’article du Kfard de janvier dernier : « Vendredi 13, super ou ordinaire ? »

Hubert :

En 8 secondes, Karl, « Je n’aurai pas le temps »[xxxvii] d’essayer de leur faire comprendre qu’on va droit dans le mur ! Ça prend quand même pas la tête à Papineau[xxxviii] ! Mais tu vois, même de l’autre côté du miroir maintenant, j’arrive pas à me résigner à la fatalité ! Le destin de l’Humanité ne peut pas être arrangé avec le gars des vues[xxxix] ! « Là où croît le péril… croît aussi ce qui sauve ! »[xl] Je continue, et je continuerai à nourrir « la fureur de vivre »[xli].

Karl :

« Tant qu’on aura de l’amour

De l’eau fraîche et de l’air pur

Un toit et puis quatre murs

Ce sera la joie dans not’ cour

On apprécie les p’tites choses »[xlii]

« On vieillit, les années passent

Et chacun de nous fait comme il peut

On court on tombe, pis on s’ramasse

On essaie d’être heureux

Toute une vie à patcher les trous

Du temps qui s’enfuit de nos poches

Dans un monde qui partout

Tient avec d’la broche

Mets ta tête sur mon épaule

Pour que mon amour te frôle»[xliii]

Hubert :

Merci Karl, tu me regonfles le moral ! Et plus encore !

Tu m’inspires une belle perspective pour ma « Pyramide de la complexité »[xliv]. L’entropie qui se répand dans l’immensité de l’univers en expansion a agi comme un alambic pour concentrer progressivement sa quintessence dans des trésors de plus en plus complexes : des quarks aux protons/neutrons/électrons, puis aux atomes, aux molécules, aux cellules et aux organismes vivants…

Mais au-delà des organismes vivants, quel peut être le sommet de cette Pyramide de complexité d’où l’univers nous contemple depuis plus de 40 millions de siècles (n’en déplaise au petit Caporal, petit joueur et maudit Français au passage[xlv]) ?

Tu viens de me le souffler, comme une évidence : ce sont les écosystèmes, communautés tricotées serrées [xlvi] d’organismes et… d’amour, ces Pachamamas qui nous prennent dans leurs bras protecteurs, et nous chuchotent, à travers le tintamarre et la cacophonie ambiants…

« Patience, patience dans l’Azur ! »

De magnifiques images d’étoiles et de poussières d’étoiles révélées par le nouveau télescope spatial James Webb