Premier contact

Aux Carmes, citoyens !
Traînez pas au Bouillon !
Pillon, Tonton,
Tentés sans mesure,
Se counèïssès la cançou (*) !

Qu’il est loin mon pays, qu’il est loin !

Débordant sur les quais, elle anime

Chaque pile du Pont Neuf de sa furie

Cette Garonne qui t’irrigue, te sublime

Elle noie même ton Pastis, Ô Toulouse ! 

La Garonne dans un bon jour…

… et dans un mauvais…

Je marche dans tes pas, Nougaro

Je m’envole avec les pionniers, loin

Ici, on est au pays de Cocagne[i]

Ici, on voit les Pyrénées, la montagne

Ô mon paîs, ô Toulouse

Des sacrés durs à cuire, qui se tamponnent sévère

balancent chandelles & drop, drop pour envoyer en l’air

Un ovale de cuir, servi avec les poings

Bouchons et caramels[ii], beaux dégâts, allez Stade Toulousain !

Vous voyez l’engin ? Et bien il a été jugé trop « juste » pour faire partie de l’équipe du Stade Toulousain !

Des taureaux à occire, Matabiau, les Arènes[iii]
Gardent les stigmates, « matamos »[iv], de ces rites obscènes

Même ta vierge Noire, boxe, boxe, battle dress[v] iconique !

Sont-ce ces coups de sang qui rougissent tes briques ?

Bienvenue à Toulouse… terminus, tout le monde descend… à la Gare Matabiau

Ah, tu verras, tu verras
Les couleurs au fronton d’la Dalbade[vi], tu verras
L’histoire c’est fait pour ça, tu verras, Assezat[vii]
J’irai plus chez Tonton[viii]
J’saurais l’plan du métro sur le bout de mes doigts
Vers Balma, tu verras

Jeanne d’Arc à Jean Jaurès en 2 minutes chrono

Il sert de carrefour

Aux Abbés[ix], quel culot !

De Saint Georges[x] au Dragon écumant alentours

Roulant des mécaniques[xi], tu verras, tu verras,

Le canal du Midi, son miroir d’autrefois

Reflets de rues, de briques, de tuiles et de toits

Qui rosissent à la ronde !

Voici le Capitole, je m’pose au Florida[xii]

Les petites filles modèles[xiii] font mousser leur binouze

Rajoutant leur grain d’sel, dosé a bisto de nas[xiv]

Et en causant à Taur[xv], Saint-Sernin[xvi] elles jalousent

Aujourd’hui tes avions grimpent plus haut

Au Zénith, c’est Oli et Big Flo !

Qui monte la Garde[xvii] sur cette ville

Avant que Terre-Cabade[xviii] soit mon domicile ?

Un des monuments les plus impressionnants du plus ancien « quartier » du cimetière de Terre-Cabade. Une réplique de Saint-Sernin, rien que ça !

Ô mon (nouveau) paîs,

Ô Toulouse,

Ô Ô Toulouse

Je décolle à la Cité de l’Air et de l’Espace !

Pour donner vie à ses impressions pour ce « Premier Contact » avec cette nouvelle Vi(ll)e, le Kfard Dchaîné s’est librement inspiré de trois des plus belles chansons de Claude Nougaro :  Ô Toulouse, incontournable, pour les 2 premières et 2 dernières strophes, mais aussi les magnifiques Quatre Boules de Cuir et Tu verras, tu verras

L’illustration, inspirée de « La Liberté guidant le peuple » de Delacroix, réunit des personnalités marquantes de l’histoire de Toulouse : c’est Angèle de la Barthe, une Toulousaine qui aurait été la première femme victime de la « chasse aux sorcières » qui a embrasé une bonne partie de l’Europe au XIIIe siècle, qui brandit l’étendard.

Elle est accompagnée entre autres par (de gauche à droite) :

  • Carlos Gardel, le pape du tango
  • Saint Thomas d’Aquin, religieux italien de l’ordre dominicain, considéré comme l’un des principaux maîtres de la philosophie scolastique et de la théologie catholique
  • Le Petit Prince, clin d’oeil à son créateur, Antoine de Saint Exupéry, et à travers lui, à tous les aviateurs et mécaniciens aventuriers, ces pionniers qui ont « inventé » l’Aéropostale
  • Pierre de Fermat, célèbre mathématicien, mais qui fut aussi poète, latiniste et helléniste, et s’est intéressé (sur son temps libre 😉) aux sciences et en particulier à la physique (on lui doit notamment le principe de Fermat en optique).
  • Clémence Isaure, un personnage médiéval semi-légendaire, à qui on attribue la fondation des Jeux Floraux, plus ancienne société littéraire d’Europe.
  • Big Flo et Oli, qui ont revêtu pour l’occasion les couleurs du Stade Toulousain et la tenue de rugbyman !