Il y avait un os dans Theranos

L' »autre » avait transformé l’eau en vin il y a 2000 ans. « Has been » a décrété cette prophète 2.0, cette alchimiste digitale qui se targuait de transformer une goutte de sang en montagnes d’or.

Si nous profitions de votre forme olympique au retour de vacances ressourçantes pour sortir des sentiers battus, et vous proposer une randonnée dans des contrées sauvages et méconnues ? 

Vous pensez aux sommets tibétains de la panthère des neiges de Sylvain Tesson ? Bien trop froid, vous vous égarez. Essayez encore !

Les quartiers Nord de Marseille ? Vous tiédissez, mais à peine. La densité de population y a tellement explosé récemment, avec les cars de CRS, les paquebots de journalistes et les cortèges de ministres qui y déboulent en foule compacte depuis plusieurs jours maintenant, que le safari annoncé ressemblerait à une banale sortie au parc animalier familial.

La jungle de Wall Street, avec ses meutes de loups dopés à la coke et à l’odeur du sans : sans scrupules, sans limites et sanguinaires ? Vous brûlez. Ce bûcher des vanités nous aura en effet livré des méchants et des salauds caricaturaux de série B par tombereaux entiers, qu’on adore tous haïr en public (et que l’on hait devoir admettre adorer en secret). Si le personnage de l’« odieux JR » a inauguré le genre dans la série télé Dallas au début des années 80 (boomers welcome), il a vite été surpassé dans la vraie vie , du « loup de Wall Street » Jordan Belfort[i] dans les années ’90 à Bernard Madoff[ii] et sa pyramide de Ponzi qui a évaporé 65 milliards de dollars au début des années 2000.

Mais si vous poussiez un peu plus à l’Ouest, vous constateriez que ces petits caïds d’opérette font bien pâle visage à côté de cette authentique Calamity Jane du véritable Far West, cette Impératrice de l’Imposture dont je vais vous conter l’histoire.

Avez-vous déjà entendu le nom d’Elizabeth Holmes ?

Tout le monde aurait donné le Bon Dieu sans confession à cette gamine bien née, bien élevée, qui devint à moins de 30 ans la « self-made woman » la plus célèbre, et la première milliardaire de l’histoire de la Silicon Valley.

Elizabeth Holmes fait une entrée fracassante dans le classement Forbes 400 en 2014

Elizabeth commença par avoir la bonne idée de bien naître. Les racines de son arbre généalogique de bête de concours sentent le chêne ciré des vénérables institutions WASP[iii], dont il coche toutes les cases : son père avait fait carrière à l’Agence des Etats-Unis pour le développement international, un de ses ascendants avait été directeur de l’université de Cincinatti, un autre avait créé une marque emblématique aux Etats-Unis, Fleishmann’s Yeast (aussi mythique là-bas que la Tomato Ketchup Heinz, sa seule limite étant de ne pas avoir réussi à traverser l’Atlantique, elle)…

La jeune pousse précoce émergea de la forêt dès 19 ans, en interrompant ses prestigieuses études à Stanford – où elle était forcément major de sa promotion – pour créer sa société, Theranos, avec l’ambition de révolutionner le diagnostic médical –  en réalisant des dizaines de diagnostics médicaux à partir d’une seule goutte de sang – comme un certain Steve Jobs avait, quelques années plus tôt, révolutionné l’informatique… vous sentez l’encens de la légende qui commence à auréoler la Reine Elizabeth, qui marche déjà dans les pas du Dieu de sa religion monothésauriste ?

La blonde gironde savait capter la lumière des projecteurs et l’attention des foules, promenant sur les plateaux et les estrades son uniforme-soutane de moine-soldat médiatique high-tech : un pull à col roulé moulant (comme Steve Jobs vous dis-je !), servant d’écrin à son sourire de madone, sa crinière étincelante et sa dentition parfaite qui rayait le parquet (…et là, on commence même à se dire que la petite pourrait dépasser le maître).

Cette fine mouche sut dénicher les truffes les plus respectables du Bottin Mondain pour s’en entourer et bénéficier de leur aura. Vous me soupçonnez d’emphase ? Jugez plutôt son tableau de chasse : Bill Clinton, Rupert Murdoch… vous doutez encore ? Et Larry Ellison, patron et co-fondateur d’Oracle ? Et James Mattis, alors général 4 étoiles et devenu depuis secrétaire à la Défense de Trump ? Et Henry Kissinger, ancien Secrétaire d’Etat ?

L’ancien Président des Etats-Unis Bill Clinton (L) parle avec Jack Ma (R), Président d’Alibaba Group, et Elizabeth Holmes, PDG de Theranos, pendant la réunion annuelle de la Clinton Global Initiative à New York, le 29 septembre 2015. REUTERS/Brendan McDermid

Ça ne vous suffit toujours pas ? Qu’est-ce qu’il vous faut ?

Encore un noir ?  Encore un Beur ? Encore une larme de bonheur ?

Telle Céline Dion, elle imposa sa voix sur la scène internationale, et monta – sur les tapis rouges, le tapis vert et sur les affiches – plus haut que n’importe qui, pour devenir la plus jeune milliardaire du monde en 2013 (non héritière en plus, un coup à froisser – encore un peu plus – notre Liliane Bettencourt nationale).

Vous attendiez de cette poupée Barbie une comptine sentimentale sirupeuse, ou un murmure de jazz langoureux ? Vous risquez d’être surpris. Mais laissons-lui plutôt la parole.

Ladies & gentlemen, big up for Eliiiiiiiiiiiiiizabeth Hooooooooolmes !

Alors ouais, j'me la raconte  [iv]
Ouais ouais, je détonne
Nan nan, c'est pas l'école qui m'a dicté mes codes
J’aime pas me faire piquer, alors je joue à la roulette
Sortez les biftons, y’a trop d’seringues dans vos labos,
Alors ouais, j'me la raconte
Ouais ouais, je détonne

Nan nan, c'est pas l'école qui m'a dicté mes codes
T’aime pas te faire piquer (toi non plus), alors mise sur ma roulette
Sortez les biftons, sortez les chéquiers, virez les seringues
Y a comme un goût de sang quand je marche dans ma Valley
Y a comme un goût de gène avec mes foireux diagnostics
Y a comme un goût d'aigreur chez les traders d’la City
Y a comme un goût d'erreur quand on réalise qu’la boîte est vide
Me demande pas ce qui m’ pousse à dépasser les limites
J'suis pas la Vierge Marie, j'suis qu'une Steve Jobs en dev'nir
Moi je joue qu’à la roulette

Me demande pas si j'ai mon MBA [v], j'ai que le NDA [vi] 
Et je t'embarque, je t'embrase
Je te mate car je t'embarrasse
Y a comme un goût de Smirnoff
Comme un goût d’Bernard Madoff
Comme un goût de Theranos, eh ouais tu l’as dans l’os
Y a comme un goût de moula moula dans la Silicon’
Comme un goût de roulette roulette sur les ondes
Alors ouais, je détonne
Ouais ouais, j’t’impressionne
Nan nan, c'est pas l'école qui m'a dicté mes codes
Sans sang, génération 100 %
Alors ouais, je t’étonne
Ouais ouais, j’t’impressionne
Nan nan, c'est pas l'école qui m'a dicté mes codes
Sans sang, génération 100 %

Y a comme un goût de vitriol quand je marche dans ma Valley
Y a comme une goutte de sang qui s’efface pas au lavage
Y a comme un goût de peur chez les tontons complaisants
Y a comme une gueule de bois qui crispe les visages
Me demande pas ce qui les pousse à me casser les couilles
J'suis pas les SECours [vii], j'suis qu'une petite qui se débrouille
Moi je joue qu’à la roulette

Me demande pas si j'aime la vie
Moi j'aime la frime
Et j'emmerde la FDA [viii] juste parce que ça m’fait MDR
Y a comme un goût de Bad Blood
Dans les rayons de Walgreens
Comme un goût de hardcore (hardcore) dans les labos
Y a comme un goût de moula moula dans la Silicon’
Comme un goût de roulette roulette sur les ondes

Alors ouais, je détonne
Ouais ouais, j’t’impressionne
Nan nan, c'est pas l'école qui m'a dicté mes codes
Sans sang, génération 100 %
Nan nan, c'est pas l'école qui m'a dicté mes codes
Sans sang, génération 100 %
Elizabeth Holmes devant la « boîte noire » miraculeuse de Theranos, baptisée Edison, censée réaliser des dizaines de diagnostics médicaux à partir d’une seule goutte de sang du patient. Elle parvint à déployer cet équipement dans la plus grande chaîne de pharmacies des Etats-Unis, Walgreens, alors qu’il n’avait jamais fonctionné !


Pendant 12 ans Elizabeth Holmes aura réussi à faire croire au monde entier – et à elle la première – qu’elle était capable de changer une goutte de sang en montagne d’or grâce à sa « boîte noire » Edison et qu’elle pouvait faire grimper son haricot magique Theranos jusqu’au ciel. Dans son aveuglement, elle parvint à écarter systématiquement tous ceux qui se dressaient sur son chemin, ou se contentaient de ne pas se laisser hypnotiser ou intimider. Il faudra le talent et la ténacité d’un journaliste d’investigation d’exception, John Carreyrou, pour dévoiler le pot aux roses et finir par faire vaciller son château de cartes.

Chapeau bas les artistes (la prestidigitatrice et celui qui sut la démasquer) !

Et si l’icône valait… que dalle, finalement ?

Cependant, le Kfard Dchaîné ne peut décemment pas laisser le dernier mot à un escroc de haut vol, aussi charmeur et charmant fût-elle.

Je vous propose donc d’attendre impatiemment avec moi le verdict du jury lors de son procès qui devrait débuter dans les prochains jours, et où elle risque jusqu’à 20 ans de prison.

« Fais-le, ou ne le fais pas… mais ne te contente pas d’essayer » – quand on tire son inspiration de Maître Yoda, on peut profiter de la semaine des 4 Jedis

P.S. : Si ce résumé vous a donné envie d’en savoir plus, je vous invite à lire l’excellent livre enquête de John Carreyrou, intitulé « Bad Blood », ou à attendre le film qui en sera inspiré, avec Jennifer Lawrence dans le rôle d’Elizabeth Holmes, qui devrait sortir en 2022.

Et pour les Kfards pressés, l’excellent documentaire « The inventor : out for blood in Silicon Valley » de HBO, dont le trailer est proposé sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=wtDaP18OGfw


Pattes de mouche du Kfard :

[i] Jordan Belfort est le « vrai » trader qui a inspiré le film « Le Loup de Wall Street », dans lequel son rôle est interprété par Leonardo di Caprio, tout humblement

[ii] Bernard Madoff est un entrepreneur autodidacte qui devint le patron d’une des plus grosses sociétés d’investissement de Wall Street, après avoir participé à la création et au développement du Nasdaq, le marché des valeurs technologiques, et en avoir été le président pendant 3 ans. L’escroquerie de son principal fonds spéculatif, qu’il réservait à moins de 25 de ses meilleurs clients « triés sur le volet », et qui consistait en une « pyramide de Ponzi » ou « cavalerie » (le rendement élevé annoncé à ses premiers investisseurs est en réalité financé par les versements des investisseurs les plus récents), est découverte en décembre 2008, du fait de retraits de 7 milliards de dollars suite à la chute des marchés financiers.

[iii] WASP – acronyme pour « White Anglo-Saxon Protestant », il désigne l’archétype de l’Anglo-Saxon, descendant des immigrants protestants d’Europe du Nord et de l’Ouest, dont la pensée et le mode de vie ont structuré une partie de la nation américaine depuis les premières colonies anglaises du XVIIe siècle.

[iv] Libre adaptation d’après « la Boulette » de Diam’s

[v] MBA = acronyme pour « Master of Business Administration », diplôme certifiant des études supérieures de gestion d’entreprise

[vi] NDA = acronyme pour « Non Disclosure Agreement », un engagement formel de confidentialité souvent exigé des employés ou partenaires commerciaux dans le monde des affaires. Des sociétés et start-ups comme Theranos ont abusé de ce type d’engagements pour cacher des pratiques frauduleuses ou masquer des progrès insuffisants aux investisseurs.

[vii] SEC = U.S. Securities and Exchange Commission, l’autorité de régulation des marchés financiers des Etats-Unis

[vii] FDA = Food and Drug Administration, l’autorité fédérale de régulation de la Santé et de l’Alimentation des Etats-Unis

Le cirque des Jeux du soleil couchant

Pendant que des héros modernes se surpassent aux Jeux Paralympiques à l’autre bout du monde, nous restons ici condamnés à subir les simagrées des saltimbanques infatués de la télé-réalité augmentée. Mais vous savez que vous pouvez compter sur le Kfard Dchaîné pour transformer leur citrouille en carrosse… en voiture Simone !

Pendant que la performance et le parcours des valeureux athlètes et héros modernes des Jeux Paralympiques de Tokyo force le respect, mais à des milliers de kilomètres et avec un décalage horaire de 7 heures, nous voilà condamnés à subir les facéties de ces bataillons de concurrents qui n’ont pas réussi à passer les qualifications, et les foules de ceux qui ont été disqualifiés.

Oui, oui, vous les avez reconnus, les saltimbanques infatués de la télé-réalité augmentée, qui saturent nos écrans et notre « temps de cerveau disponible » et nous entraînent dans la médiocrité de leurs compétitions, cherchant à nous convaincre de troquer notre royaume contre un, en pire (le leur, évidemment).

Qu’à cela ne tienne, le Kfard Dchaîné va passer à l’alambic ces pâles et insipides fruits souvent déjà blets, pour vous servir une chronique au vitriol qui, j’espère, vous consolera des Jeux, du saké et du whisky nippons.

Je tiens à présenter par avance toutes mes excuses aux vrais athlètes qui y sont, eux, à Tokyo. En aucun cas je n’ai l’intention de les assimiler ou de les comparer aux tocards ci-dessous (je vous laisse en juger par vous-mêmes, les ptits Kfards), mais le spectacle que nous donnent à voir ces amateurs – pas toujours éclairés à tous les étages – peut être distrayant, voire jubilatoire.

Jugez plutôt :

Du Puy du Fou à la Fosse des Marines

Couverture de Charlie Hebdo par Félix, chinée et dénichée par 6rano

A tout seigneur, tout honneur ! Il faut reconnaître à Philippe de Villiers une vision stratégique hors du commun pour avoir détecté le pouvoir d’attraction exercé sur les foules par la nostalgie régressive de la dictature impériale romaine et de la cruauté des combats de gladiateurs. Il faut lui reconnaître une grande clairvoyance également, ayant réalisé assez vite qu’il n’avait aucune chance d’aller taquiner le Pic de la Mirandole aux sommets, pour se spécialiser dans l’exploration des profondeurs insondables, que ce soit avec le Puy… du Fou ou les mouvances extrémistes (et c’est vraiment là qu’il racle le fond).

Il continue à se tirer la bourre avec la mère Marine qui, à force de détricoter l’écheveau de son père (l’eusses tu cru, ça l’a fait monter sur ses grands chevaux) a semble-t-il perdu le fil, ou en tout cas peine à l’enfiler dans son chas. Elle a beau crier par la fenêtre à qui le lui rendra (qui chas, qui chas ?), son entourage a encore du mal à digérer la soupe à la grimace qu’elle a servi entre les 2 tours de la dernière présidentielle.

Mais voilà que ces deux compères sont rejoints par des jadis freluquets à l’ambition démesurée : Pascal, qui est toujours Praud à dégainer son colt à polémique plus vite encore que l’ombre d’une réflexion. Et Zemmour bien sûr, forcément ! Que penser de Zemmour, ce cocktail si furieusement tendance dans les soirées en ville ? La recette est malheureusement très – trop – classique, mais terriblement enivrante et efficace : une perle de culture, un zeste d’ironie, et trois bons litrons de conservatisme réactionnaire saupoudrés d’une pincée de dédain hautain. Secouez bien fort et servez dans une flûte (ou un pipeau) bien glaçant, ça fait des ravages !

Caricature de Goubelle, chinée et dénichée par 6rano

Koh Lanta – la légende… mythique ou miteuse ?

Caricature de Fey, chinée et dénichée par 6rano

C’est bien connu, c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. Alors celle de la campagne pour les présidentielles de 2022 s’annonce comme un millésime exceptionnel ! Bison Futé annonce déjà un embouteillage de candidats caducs, obsolètes, révolus, vétustes, surranés, périmés digne d’un 31 juillet au péage de Saint-Arnoult ! Tous les candidats que vous avez adorés dans les saisons précédentes seront là. Et ceux à qui vous aviez pensé clairement faire comprendre que la France se passerait volontiers de leur offre de service… et bien ils seront recyclés aussi, si si, mode écologique oblige 😊. Même l’apiculteur Arnaud Montebourg se sent pousser des ailes (dans le secret espoir qu’on accorde d’ici là le droit de vote aux abeilles ?). D’ici à ce que le vent d’autan nous ramène une violente bourrasque de Valls par-dessus les Pyrénées, il n’y a qu’un pas ; on n’imagine décidément pas tous les méfaits dont est capable le dérèglement climatique ! Quant à Dupont-Aignan, Philippot, ou Poutou, je n’imagine pas d’autre explication à leur candidature que le masochisme.

Affiche parodique chinée et dénichée par 6rano

Bon, d’accord, c’est la fête du slip, mais tout de même, Nicolas, ne rêve pas…même en te rasant ! Rêver de quoi ? Ne fais pas l’innocent, de retour au Palais ! Brogniard te l’avait pourtant bien dit : « la sentence est irrévocable ». D’aucuns avant toi, sans faire autant de chichi, ont rêvé de pouvoir s’appuyer sur des potos de 30 ans dans les épreuves qu’ils traversaient, mais leurs illusions ont été vite douchées, bien avant le feu de camp du Conseil.

Quant à ceux qui parient sur la stratégie et l’alliance du camp des jaunes, ils risquent de rester sur leur faim. On ne compte plus les retournements de gilet pour s’allier tantôt aux rouges, tantôt aux bleu marine !

Good doctor à la clinique de la Forêt Noire

Chiné et déniché par 6rano

Jamais depuis Molière et son Malade Imaginaire, l’hôpital ne s’était autant moqué – et de façon aussi désolante – de la charité qu’avec les clowns tristes Raoult et Perronne pendant la pandémie de Covid-19. Et boum que je décoche un coup de pied au culte d’Hippocrate ! Et vlan que je t’envoie un seau d’hydroxychloroquine dans la tronche ! Et pan dans l’arrière-train un suppositoire d’azithromycine ! Ça fait plus scientifique que saignées, clystères et lavements, mais ça n’est guère plus sérieux, et ils n’ont pas l’excuse d’être nés trop tôt pour savoir, eux ! Dans leur Cour des Miracles, sous leur barnum antivax, anti-élites et anti-tout, ils entraînent une sacrée bande de doux-dingues – plus ou moins doux et plus ou moins dingues – un éventail improbable qui va de François Asselineau – atteint d’une maladie rare, la Frexitose, qui grignote inexorablement ses scores à chaque nouvelle élection (et fait avancer la recherche qui découvre à chaque fois une nouvelle décimale derrière la virgule) – à Francis Lalanne qui lutte inlassablement (hélas…) pour sauver sa voix d’extinction.

Photo chinée et dénichée par 6rano

Au secours, Intervilles est de retour !

Youpi, la crise est derrière nous, en tout cas pour le ballon rond ! L’argent coule à nouveau à flots sur les ligues de football professionnel, bling bling ! La ligue 1 Uber Eats et la Ligue 2 BKT (si, si, c’est comme ça qu’elles s’appellent, sans déconner ! Pour les ignares comme moi, BKT est une marque de « pneus hors route »… tant que ce n’est pas une sortie de route) recommencent à faire tourner la machine à floquer les maillots et à brasser du cash. Le transfert de Messi au PSG ? Avant même qu’il ait chaussé les crampons et mouillé son nouveau maillot, c’est un record de ventes de son ancien maillot du Barça qui a été battu, avant qu’il n’y en ait plus, et déjà un record de ventes de son futur maillot au PSG (avant que Kilian ils n’aient plus). Ça paie décidément au moins autant de retourner son maillot que de retourner sa veste !

Et le sport dans tout ça ? Mais qui donc s’en soucie encore, à part les pisse-froid et les gâte-sauces ? Si le PSG n’est pas capable, avec une armada qui aligne autant de zéros (sur les fiches de paie, vous n’oseriez pas me soupçonner de mauvais esprit, quand même ?), de mettre une pâtée dans ces jeux Interville modernes aux troupeaux de vachettes de Troyes, Lorient, Angers ou aux moules toujours collées à leur rocher de Monaco, c’est comme… je sais pas moi… comme si l’armée des Etats-Unis d’Amérique se faisait humilier par une bandelette de turbans en Afghanistan : c’est juste impensable !

Caricature chinée et dénichée par 6rano

Et voilà le tableau, les p’tits Kfards !

Le plus beau dans l’affaire, c’est qu’il est fort à parier que ces bateleurs de foire vont continuer à nous distraire bien après que le rideau soie tombé sur les jeux de Tokyo, dans les mois voire les années à venir.

Ça nous permettra de patienter jusqu’en 2024, où, comme l’avait déjà prédit l’oracle Juvénal dans la Rome antique (plus fort que Nostradamus, le mec !) nous aurons enfin droit à un spectacle qui suscite le respect – sans avoir besoin de forcer – et l’enthousiasme – sans prompteur ou chauffeur de salle :

« Paname et circences »

(« Paris et des jeux », pour ceux qui n’ont pas fréquenté les bancs du Quartier Latin).

Pire que la dystopie… bienvenue dans l’enfer de la 11-topie !

Vous croyiez avoir traversé l’Enfer de la dystopie et laissé le pire derrière vous ? Que nenni, bienvenue au summum de la terreur, avec la 11-topie !

Et voilà nos hommes en bleu, notre village de Schtroumpfs nationaux à un nouveau moment charnière historique, à un nouvel aiguillage entre des rêves d’horizons pleins d’étoiles et des lendemains qui Deschamps’tent.

Prêts à décoller vers l’infini et au-delà d’un sacre Européen qui leur est promis ?

Qui leur est promis ? Mais quel blasphème ose-je là ? Qui NOUS EST DÛ !

… ou alors à la merci d’un trou d’air, d’un tremblement de terre helvète [i] qui les renverrait (car oui, vous l’avez vu, comment, subtilement, le « nous » se défausse soudain et se cache derrière le doigt accusateur vers « eux »), penauds et contrits, sur la banquette du fond d’un bus, tels des garnements gâtés et impertinents, indignes même avec un Digne, laissant à Dédé la corvée de faire passer la saumure.

Depuis Brazil (le film de 1985 de Terry Gilliam, pas la Seleçao Canarinho qui a soulevé 5 fois le Graal !) on savait le pouvoir d’usure et d’oppression des ronds de cuir, mais avec le ballon rond et ses nouveaux jeux du cirque médiatique, on atteint de nouveaux sommets dans la dystopie, avec… la onze-topie !

Les « millennials » et autres générations Z ne peuvent pas comprendre pourquoi leurs parents et grands-parents qui n’ont pourtant jamais connu les 3 guerres franco-allemandes gardent cette rancune cocardière vis-à-vis de leurs cousins Germains, qui alignent crânement 4 étoiles sur leur maillot (voilà déjà un indice !).

Alors OK, Papy-boomer, qui n’est cependant pas né assez tôt pour faire la résistance, va vous compter l’Histoire (avec une grande H).

Commencez par poser votre smartphone lentement et détacher vos yeux de vos fils d’actualités et de discussions (oui, tous vos fils de discussion et d’actualités… si, si) pendant 30 secondes…

C’est fait ? Vous voyez que vous en êtes capables et que le monde, même le vôtre, ne s’est pas encore écroulé ? Bravo ! Vous avez bien mérité les 3 à 4 minutes de lecture et de distraction à venir pour récompenser vos efforts.

George Orwell peut remballer son « 1984 » : le cataclysme qui a eu lieu le 8 juillet 1982 dans le « chaudron » Sanchez Pizjuan de Séville, lors de LA mythique demi-finale de Coupe du Monde France-Allemagne, a devancé de 2 ans, et relégué au rang de comptine enfantine sa mièvre fiction.

Jugez plutôt :

120 minutes étouffantes, insoutenables, interminables, de corps à corps dans les tranchées, sur une ligne de front permanente, digne du Chemin des Drames, qui en aura laissé vert plus d’un après l’avoir grisé (et j’en fis partie, même si j’étais loin d’être Poilu sous mes culottes courtes).

Une agression sauvage et odieuse du gardien du camp adverse, Schumacher, sur notre vaillant attaquant, Battiston, le laisse K.O., fans dents (il en perd 3 dans le phoque, et fa n’a fait rire perfonne fur le coup) et sans voix… Et surtout reste iniquement impunie ! La réputation de l’arbitrage ne s’en est jamais remise dans notre pays, encore à ce jour. Bernard Tapie lui-même – expert en ce domaine, de l’affaire VA-OM à l’arbitrage du Crédit Lyonnais qui lui colle toujours aux burnes – peut en témoigner.

L’espoir, fou et grisant, qui monte quand Platoche remet les compteurs à zéro en répondant à Littbarski à la 26e minute (si, si, les jeunes, avant de devenir un débonnaire gestionnaire insipide et roublard de l’UEFA, Michel Platini a été notre Super-héros, à la fois Zizou et M’bappé à lui tout seul – tout comme Yannick Noah avait remis la France sur la carte du tennis mondial avant sa deuxième vie de chanteur).  

L’espoir qui devient tsunami quand nos valeureux Gaulois résistent, encore et toujours, à l’envahisseur, jusqu’à la dernière minute du temps règlementaire (tiens, même lui on peut légitimement le soupçonner d’avoir viré collabo et perdu son impartialité, parce que franchement, y a-t-il qualificatif plus caricaturalement teuton que « règlementaire » ?) malgré cet odieux incident.

L’espoir qui bouillonne et explose quand Marius Trésor et Alain Giresse donnent nettement l’avantage, 3-1, à une équipe de France en fusion, au bout de la 8e minute des prolongations ! Ca y est, pour la toute première fois, tout-toute première fois, on s’y voit, on y est déjà, on est en finale, on est en finale…

Et patatras, le rêve, extraordinaire, exubérant, se fracasse sur la ténacité froide et le réalisme glacial de nos cousins Germains, nos ennemis les plus fidèles, les voisins dont nous sommes les plus jaloux. Karl-Heinz puis Klaus viennent méthodiquement ruiner l’avantage arraché avec tant de maestria, de panache et de bravoure, et dans lequel nous placions une confiance aussi béate que dans une certaine ligne Maginot, fût un autre temps…

Et voilà que nos héros boivent le K lisse jusqu’à l’hallali, crucifiés aux tirs aux buts par la Deutsche Qualität et Zuverlässigkeit de la Mannschaft – une première dans une phase finale de l’histoire de la Coupe du Monde !

Alors il est où, Orwell, à côté d’une dystopie de cette trempe ?  Aucune chance ne serait-ce que de figurer sur la feuille de match ! Même en remplaçant on ne pourrait pas le blairer[ii] !

L’état de transe dans lequel me laisse ce récit, comme vous avez pu le constater, vous fait effleurer du bout des doigts la charge émotionnelle encore contenue dans cette grenade dégoupillée qui continue à affoler mon palpitant.

Et Aldous Huxley ? Il peut aller se rhabiller, avec son « Meilleur des Mondes » !

Jamais on n’aura connu et on ne connaîtra plus désespérant et humiliant que de glisser, lentement mais inexorablement jusqu’au fiasco du bus de Knysna en 2010 en Afrique du Sud, après avoir goûté à l’exaltation, la jubilation ultime d’avoir été – enfin ! – « les Meilleurs du Monde », fiers comme des gamins d’avoir décroché notre première Etoile, d’avoir atteint le Toit du Monde, en 1998 ! 

Image chinée et dénichée par 6rano

Et Margaret Atwood, alors ? Elle croit vraiment qu’elle peut nous faire pleurer sur le sort de sa « Servante Écarlate », quand depuis quinze jours déjà, et pour quinze jours encore, une majorité de la population féminine de la planète en est réduite à subir, impuissante, la contamination inéluctable par un virus particulièrement redoutable et pernicieux de l’autre moitié de la population. La Covid 19 ?  Et non, elle n’est qu’une grippette insignifiante à côté de cette bombe virologique qu’est le football, qui réduit les plus délicieux et évolués des hommes en un troupeau grégaire de hooligans hébétés, décérébrés, braillards et tonitruants, hypnotisés par des écrans plats à l’échelle de leur abrutissement.

Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés…[iii]

15,1 millions de téléspectateurs les yeux rivés devant le dernier match France-Allemagne mardi dernier, plus que de votes exprimés lors du premier tour des élections départementales et régionales ce dimanche (14,7 millions) ! Ça n’aurait pas un furieux relent nauséabond de « panem et circences » ? Qu’aurons-nous réellement appris en 2000 ans d’histoire et de « progrès » ?

Image chinée et dénichée par 6rano

Et pendant ce temps, même Simone n’est plus là pour veiller. Les migrants continuent à se noyer en essayant désespérément de dépasser le milieu du terrain de la Méditerranée pour rejoindre l’Europe. Le Royaume continue inlassablement à se désunir et à se déchirer (au moins, de ce côté-là, le boulot est déjà fait côté football, l’Angleterre, le Pays de Galles et l’Ecosse se tirant déjà la bourre chacune de son côté). Les Palestiniens continuent à subir un pressing impitoyable dans les miettes en ruines qui restent de « leurs » territoires. Le calvaire des Ouïgours s’impose comme le morne horizon qui attend patiemment et impitoyablement d’user à leur tour les doux rêveurs de Hong-Kong, poussés à la faute sous l’oeil inquisiteur de la VAR du Big Brother de Pékin. L’équipe des Douze Salopards (El-Assad, Dutertre, Bolsonaro, Orban, Duda, Poutine, Ben Salmane, Jinping, Erdogan, Nazarbaiev, Loukachenko, Jong-Un, Deby, Afewerki – eh oui, malheureusement l’équipe est complète et il y a même des remplaçants !) continue à jouer « hors jeu », impunément et au mépris de… au mépris de tout et de tous, en fait.

Couverture de Charlie Hebdo, chinée et dénichée par 6rano

Mais tout ça, ça se passe en dehors de l’Arène, dans des Districts très éloignés et très ignorés des projecteurs de nos Hunger Games à nous. Le malaise cardiaque de notre Pita[iv], le joueur Danois Christian Eriksen en plein match (et dont il se sortira) aura déclenché une « frayeur » bien plus « immense » (dixit les titres de la presse – certes sportive – mais internationale quand même) que les milliers de victimes de ces désastres humanitaires qui continuent tranquillement à sévir bien loin au-delà des gradins, du canapé du salon et du sports-bar du coin…

 Alors, qu’on Mbappé ou qu’on préfère haïr Benzema, 
 Kanté capable de maintenir l’adversaire à la merci d’un coup de Grizou,  
 Coman vous montrer Digne d’une telle débauche de talent ?
 En commençant par éviter les Châtiments à Hugo Lloris’que de le frustrer
 En ne vous montrant pas trop Pavard de vos efforts collectifs,
 En donnant à Raphaël le cadre pour sa transfiguration[v],
 Vous verrez, l’insoutenable légèreté de l’être de Koundé ravivera l’Étoile[vi]
 De notre saint Paul national sur le chemin de Damas[vii] … 

Daaamaaas, ton univers est décidément vraiment impitoyaaaaaable !

« C’était en direct de l’EURO 2021,  «Dans l’enfer de la onze-topie, pire que la dystopie», je vous rend l’antienne, à vous les studios ! »


Thierry Roland et Jean-Michel Larqué, 2 des mousquetaires mythiques du commentaire footballistique

Pattes de mouche du Kfard :

[i] Vous pensez que j’affabule, en imaginant un tremblement de terre dans ces si placides et si discrètes terres helvètes ? Et bien sachez qu’en 563, le Tauredunum ou « mont Taurus » a subi un écroulement qui a « mis le feu au lac » en ensevelissant un fort et plusieurs villages, et en provoquant un tsunami (oui vous avec bien lu, un tsunami !) avec des vagues jusqu’à 13m de haut à Lausanne et 8m à Genève à cause de l’effet des ondes de résonance. Ce serait bien la poisse si l’Équipe de France était victime du prochain sursaut d’activité de la Nati, 1458 ans plus tard, mais enfin statistiquement, on s’en rapproche.

[ii] George Orwell était le nom de plume d’Eric Arthur Blair

[iii] Dans la fable « Les animaux malades de la Peste », de la Fontaine

[iv] Pita est le prénom du héros masculin dans Hunger Games (roman de Suzanne Collins adapté à l’écran par Gary Ross puis Francis Lawrence), le partenaire de l’héroïne Katniss Everdeen. Il n’aura pas échappé à votre sagacité qu’il est constitué par les initiales de « Pain In The Ass » (en anglais, « gros emmerdement »)

[v] Fait référence à Raphaël Varane, défenseur central. La Transfiguration est une œuvre du peintre Raphaël (Raffaello Sanzio di Urbino, né en 1483 et mort en 1520). Et ce coup-ci, non, ce n’était pas la « vie d’avant » du chanteur Raphaël, comme pour Platini ou Noah. Ça ne marche pas à tous les coups ;-).

[vi] Fait référence à Jules Koundé, défenseur latéral. « L’insoutenable légèreté de l’être » est un roman de Milan Kundera publié en 1982, qui a été adapté à l’écran par Philip Kaufman en 1988.

[vii] Fait référence à Paul Pogba, milieu de terrain .

« Dallas, ton univers impitoyable », accroche du générique de la « série télé » mythique des années 70-80, « Dallas ».

Saint Paul, qui a été sous le nom de Saul un juif et citoyen romain persécuteur des premiers disciples de Jésus de Nazareth, a vécu la révélation de sa conversion sur le chemin de Damas, pour devenir un apôtre et une figure majeure de la diffusion du christianisme à Rome, en Grèce et en Asie Mineure.

Bicentenaire de la mort d’un bicorné…bicornu…bicorneau ? (suite et fin)

Fidèle à la tradition napoléonienne des 100 jours, quand on croit s’en être débarrassé… il revient pour un nouvel épisode. Alors appréciez l’épilogue en dessert, les p’tits Kfards, parce qu’il n’y aura ni café, ni digestif.

(Pour ceux qui voudraient se remémorer l’épisode 1, cliquez sur le lien pour vous rendre directement sur l’article correspondant)

Quel Imperator de la communication, ce Napoléon Bonaparte, inventeur de la publicité et autres fake news avant l’heure, lui qui disait « Je redoute 3 journaux plus que 100.000 baïonnettes » et « La bonne politique est de faire croire aux peuples qu’ils sont libres. » !

Les images photoshoppées, c’est déjà lui, qui dictait aux peintres de sa Cour la forme et le contenu des toiles qu’il leur commandait, et qui écrivait dans une lettre à Daru en 1805 : « Mon intention est de tourner spécialement les arts vers des sujets qui tendraient à perpétuer le souvenir de ce qui s’est fait depuis quinze ans. ».

Image chinée et dénichée par 6rano

Les talonnettes de Sarkozy, encore lui, pour faire bonne figure aux côtés de sa Joséphine et de ses Maréchaux ! Comme il le dit lui-même : « Ce que je cherche avant tout, c’est la grandeur. Ce qui est grand est toujours beau. »

Le Mythe Errant, lui encore ! « La vérité historique est souvent une fable convenue. »

« Moi présidant, à vie, Consul’e-dise », re-lui !

La guerre-éclair, encore lui qui disait « La force d’une armée, comme la quantité de mouvement en mécanique, s’évalue par la masse multipliée par la vitesse » (avec quel cynisme nos amis d’outre-Rhin ont volé, depuis, la paternité de cette « Blitzkrieg » à nos dépens) !

Gravure chinée et dénichée par 6rano

Jusqu’à l’erreur fatale d’avoir les yeux plus gros que le ventre en s’attaquant à la Russie après avoir cherché à l’endormir, pour rendre son Empire millénaire, encore et toujours lui !

Quel culot, aussi !

N’importe qui serait devenu la risée du tout Paris si on avait appris que sa Joséphine fricotait à gauche et à droite pour s’étendre sous d’autres dards, se satisfaisant à l’occasion d’un grognard. Mais Napoléon, même pas peur, il n’a pas hésité à faire de son bicorne sa marque de fabrique. Fabrique de quoi ? Ça, l’histoire a jeté un discret mouchoir dessus, que nous nous garderons par pudeur de soulever.

Que dire aussi de l’aplomb dont il fit preuve pour oser péninsulter les Ibériques en prétendant leur imposer ses propres règles de la corrida, avec ses picadors à baïonnettes et ses matadors à grenaille ou à boulet rouge. Et contrairement à celle de ses grognards, il ne se contentait pas de la pincer, l’oreille des patriotes espagnols, avant de les servir en tapas.

Gravure chinée et dénichée par 6rano

A force de la provoquer, quelle chance insensée !

Lors d’une escapade où on envoya promener ce garnement avec sa garnison en Égypte, pour l’éloigner des discussions sérieuses entre grandes personnes à la Capitale, il envoie un de ses corniauds aux Champollions (même pas foutu de retenir le nom, le gars :cham-pi-gnons, c’est pourtant pas bien compliqué !) au milieu des dunes, histoire de le bizuter.

Et voilà-t-y pas que le bougre trébuche sur un gros caillou, tout abîmé et couvert de poussière. Il le frotte et… – non, pas de génie, ça c’est pas pour les lampistes – mais sous sa gangue de poussière se révèle la mythique pierre de Rosette (avant qu’elle ne se fasse un nom dans les meilleures charcuteries lyonnaises, parce qu’on s’égare dans les sables, là, mais n’oublions pas de rester fidèles à la bonne vieille tradition gastronomique française) – pierre de Rosette donc, qui lui permet de déchiffrer l’écriture hiéroglyphique multi-millénaire, rien que ça !

Et quel panache dans les formules de ce pionnier de la communication (et, hélas, aussi des tueries) de masse ! « Du haut de ces pyramides quarante siècles vous contemplent », c’est quand même plus stylé que le bling-bling « Si a cinquante ans t’as pas de Rolex… » de Séguéla, notre roitelet de la pub contemporain !

Dessin de Plantu, chiné et déniché par 6rano

Alors, quel résumé plus fidèle et plus pompeux de sa vie que celui qu’il fait lui-même :

« L’infortune est la sage-femme du génie »

« Le meilleur moyen de tenir sa parole est de ne jamais la donner. »

« L’homme n’a pas d’amis. C’est son bonheur qui en a. »

« Les hommes sont comme les chiffres : ils n’acquièrent de valeur que par leur position. »

« Le commerce unit les hommes, tout ce qui les unit les coalise, le commerce est donc essentiellement nuisible à l’autorité. »

« Notre ridicule défaut national est de n’avoir pas de plus grand ennemi de nos succès et de notre gloire que nous-mêmes. »

Pour conclure par :

« Je ne voudrais pas être à la place de Dieu : c’est un cul-de-sac ! »

« Du sublime au ridicule, il n’y a qu’un pas. »

« Quel roman que ma vie ! »

Image chinée et dénichée par 6rano

Enfin déconfinés ! Repartons à la découverte des grands espaces !

Demain, première étape du Grand déconfinement, est à marquer d’une pierre blanche. Alors repartons vite ensemble à la découverte des grands espaces ! Tenez, laissez-vous guider par le Kfard à travers Paris. Reliez les stations dans l’ordre proposé pour découvrir un grand voyageur inspirant de l’histoire de France ! A vos neurones et vos crayons… Prêts ? Partez !

  1. Véronique et quelques autres filles croisées sur le chemin de Croix
  2. L’étoile de Jouy, c’est lui !
  3. Grâce à lui, on a la patate !
  4. Cette commune a été dépecée entre Paris, Montreuil et Bagnolet en 1859 par Napoléon III.
  5. Dagobert y répudia Gomatrude – Encyclopédiste
  6. Mène à Lugdunum
  7. Sa prise marqua la fin d’un régime
  8. Pour ceux qui ont été attentifs au catéchisme, Jésus en chassa jadis les marchands
  9. Il rend l’eau courante
  10. Fuchsia
  11. « De chacun selon ses facultés, à chacun selon ses besoins », c’est de lui
  12. Joseph lui donna son nom, Paulus s’y cassa les dents
  13. L’église la regarde de haut
  14. Ministre de l’Intérieur du Front Populaire, il tient son prénom de Karl
  15. Ancien lieu-dit « la Mercade » – Ils sont réputés pour leur langage fleuri
  16. Elle marie un Républicain barbu à une religieuse privée de sa particule
  17. Il est plus jeune que l’aîné
  18. Ils ont été tracés à la règle à travers Paris par Haussmann
  19. Même le chemin le regarde de haut
  20. C’est en principe un chirurgien qui le fit
  21. Garde des sceaux au XVIIIe siècle, il fit abolir la torture des accusés pour les faire avouer
  22. Général, il serait vexé qu’on n’associe qu’une étoile à son nom
  23. Elle ouvrait la route de la révolte des Maillotins en 1382, lors du rétablissement d’une taxe sur les denrées de première nécessité
  24. Cette porte fut aménagée à la demande de Marie-Antoinette avant que son mari soit couronné comme Louis XVI
  25. Ancienne croix ornée de buis les jours de fête, comme le dimanche des Rameaux
  26. Victoire de Napoléon sur les Prussiens
  27. Ancien siège du Parti Socialiste, quand il y avait encore un Parti Socialiste
  28. Gouverneur de Pondichéry et commandant général des établissements français de l’Inde
  29. Bataille de la 2e guerre mondiale en Libye, au sud de Tobrouk
  30. Son cœur balançait entre Jacky, Marylin et quelques autres
  31. Pont célébrant une Bataille de la 2e guerre mondiale en Italie, gagnée en mai par Juin
  32. Général mort pendant la guerre de Crimée
  33. Il serait, dit-on, mort à l’Elysée dans les bras de sa maîtresse
  34. Grâce à lui, même si on est furieux, on évite la rage
  35. Cette gare doit son nom à une butte plutôt ambitieuse
  36. Les autres ont dû être appelés, pour eux ce n’était pas nécessaire
  37. Entre la Porte de Versailles et la Porte d’Orléans
  38. Marqua la fin du rêve de Vercingétorix
  39. Elle fait froid, et pas que dans le dos
  40. Celle de Washington est plus réputée
  41. C’est sur lui que repose la toile du peintre-re
  42. Cette gare commémore la bataille des trois Empereurs
  43. Les vendeurs de matériel informatique s’y agglutinent
  44. Menait sur un plateau de bois touffus, ou « Evre »
  45. Septième roi de la dynastie des Capétiens
  46. C’est encore et toujours grâce à lui qu’on a la patate !

Qui est ce grand voyageur de l’histoire de France qui nous invite à repartir au plus vite à la découverte des grands espaces ?

Quel sera le premier Kfard Dchaîné à trouver ?

Le Grand Kfard Naüm

Bicentenaire de la mort d’un bicorné… bicornu… bicorneau ? (épisode 1)

Si on célèbre le bicentenaire de sa mort, à Napoléon Bonaparte, est-ce parce qu’on est tellement contents qu’il ait disparu de la surface de la planète ?
Il faut dire qu’il en aura creusé des cicatrices douloureuses et profondes du Sud au Nord et de l’Ouest à l’Est du pays et du continent, ce « boucher » de l’Europe qui fût si victorieux avant que son neveu Napoléon III, lui, ne soit capable que de rendre Victor si furieux.

Si on célèbre le bicentenaire de sa mort, à Napoléon Bonaparte, est-ce parce qu’on est tellement contents qu’il ait disparu de la surface de la planète ?

Il faut dire qu’il en aura creusé des cicatrices douloureuses et profondes du Sud au Nord et de l’Ouest à l’Est du pays et du continent. Il les a fait déborder de sang, peu importe qu’il soit impur ou glorieux, ce « boucher » de l’Europe qui fût si victorieux avant que son neveu Napoléon III, lui, ne soit capable que de rendre Victor si furieuxi.

Alors, maintenant que les médias ont saturé nos oreilles et nos écrans de son mythe, le Kfard Dchaîné se doit de rétablir « une vraie histoire » de l’authentique Napoléon, VSOP ou XO selon votre palais.

Le petit Corse teigneux est né et a grandi (ce qu’il a pu) dans l’étroite rue de la Mauvaise-Herbe à Ajaccio. C’est là qu’on a tout de suite compris qu’il avait la baraka, puisqu’il y est né bien avant l’invention du Roundup par Monsanto, ce qui lui a permis d’essaimer des repousses de sa famille et de sa progéniture sur tous les trônes d’Europe avant que les jardiniers des plus grandes Cours et Nations trouvent la parade pour maîtriser ce lierre particulièrement vorace et envahissant, et parviennent à l’isoler sur Sainte-Hélène, un caillou au milieu de l’Océan Atlantique. S’il tourna rapidement le dos à sa Corse natale, c’est probablement parce qu’il souffrait d’énurésie : comment expliquer sinon qu’il ait fui, même Paoli, et qu’il se soit rabattu sur un continent ?

« L’avenir d’un enfant est l’œuvre de sa mère », disait ce fils à Letizia. Mais la mer n’a jamais voulu de lui. Recalé de la Marine, il devra se rabattre sur l’Artillerie, dans laquelle il sera finalement bombardé officier. Un reproche qu’on ne pourra pas lui faire, c’est d’avoir été un tyran d’eau, lui qui se prendra une rouste à chaque fois qu’il y risquera un orteil, fût-ce dans une rivière. Outre-Guadalquivir, il se prend un coup de Trafalgar. Outre-Méditerranée, là non plus il ne peut Aboukir à ses fins. Outre-Quiévrain, c’est un autre coup de butte que la perfide Albion lui réserve, à Waterloo.

Et Outre-Atlantique, il eut beau se payer Toussaint Louverture, son beau-frère Leclerc obscurcit bientôt son horizon au soleil couchant, en abandonnant Saint-Domingue aux Haïtiens qui refusaient obstinément de redevenir esclaves, ces trouble-faîte ii! Quelle outrecuidance ! Quant à son aventure outre-Bérézina, n’en parlons pas. Cette obscure et glaciale rivière russe serait restée dans l’anonymat, si Napoléon ne l’avait pas éclairée des ors de son épopée romanesque et des flots de sang des inlassables marcheurs (déjà lui, bien avant Manu 1e !) de son armée défaite.

Ce « bourreau de travail » qui était capable de diriger ses troupes pour enchaîner les victoires en infériorité numérique et « en même temps » (encore lui, encore bien avant Manu 1e !) dicter le Code Civil qui sert encore de référence au cadre juridique du pays, inventer le franc, les préfets, les lycées ou la Légion d’Honneur a pris son temps avant de faire son coming-out de workaholic. Entre novembre 1785, sa première affectation en tant qu’officier au régiment d’artillerie de la Fère et décembre 1791, il sera en congés 40 mois, soit 54% de ces presque 7 années ! Ça lui aura laissé un peu de loisirs pour lire, écrire et rêver à son grandiose destin à venir, la télé-réalité ne permettant pas encore à cette époque à des adolescents oisifs de devenir riches et célèbres avant d’avoir vécu.

Il prétend avoir conquis l’Europe ? Mais cette fable ne résiste pas à une analyse factuelle et basique… d’un plan de Paris. Prenez les plus grandes batailles qu’il se targue d’avoir remportées dans le vaste monde : Arcole, Rivoli, Pyramides, Marengo, Ulm, Austerlitz, Iena, Eylau, Friedland, Wagram… ce Tartarin de Tarascon a passé son temps à faire la nouba en promenant sa tente à travers les quartiers les plus huppés de la capitale, entouré par ses Maréchaux qui lui faisaient un boulevard, et n’a jamais mis un pied au-delà du périph ! Sous cet angle on comprend mieux sa citation : « On ne va pas chercher une épaulette sur un champ de bataille quand on peut l’avoir dans une antichambre. ». A côté d’un tel Aigle Impérial, le moindre équipier de la BAC est un Condor des Andes, après quelques descentes à Saint-Denis, Sarcelles ou Clichy-sous-Bois.

Visionnaire il fallait l’être, sans doute, pour rétablir l’esclavage en 1802 dans les Antilles, puis vendre la Louisiane en avril 1803, ce vaste territoire stérile et infesté de moustiques et d’alligators, qui n’avait aucun potentiel. La belle affaire de tomber sur un pigeon comme les tous jeunes et naïfs Etats-Unis, prêts à payer 80 millions de francs pour ce marécage nauséabond… Précurseur aussi, donc, parmi les magnats de l’immobilier appelés à bâtir et défaire des fortunes et se forger un destin politique hors du commun, bien avant Donald Trump ou Stéphane Plaza (dernier dans la lignée des Bon’Appart vendus ou à louer).

A suivre…

Pattes de mouche du Kfard :

i Un recueil de poèmes satiriques de Victor Hugo, Les Châtiments, est consacré entièrement à discréditer et renverser le régime de Louis-Napoléon Bonaparte (Napoléon III), auquel il voue une fureur vengeresse et un mépris sans bornes. Il s’est exilé en Angleterre suite au coup d’Etat qui a amené ce dernier au pouvoir, le 2 décembre 1851.

ii Napoléon a envoyé son beau-frère, le Général Leclerc, avec une troupe de 20.000 hommes, pour prendre le contrôle militaire de la colonie de Saint-Domingue, qui avait des vélléités d’autonomie sous la houlette du Général Toussaint Louverture, gouverneur général au nom de la France, soupçonné de connivence avec les Etats-Unis. Mais malgré la capture et la déportation de Toussaint Louverture, et des renforts supplémentaires de 20.000 hommes, son armée finit par être décimée par la fièvre jaune et l’insurrection suite au rétablissement annoncé de l’esclavage. Le général Dessalines finit par pousser les débris de l’armée française restante après la mort de Leclerc lui-même à la reddition, et par proclamer l’indépendance de l’ancienne colonie sous son ancien nom indien d’Haïti.

Cyrano de Berge raque… mais Nanard, lui, palpe toujours !

Lundi 10 mai reprend son procès. Mais à qui donc ? A Bernard Tapie pardi, qui se crie victime depuis ses premiers soucis de l’acharnement de tous les jaloux de ses flamboyants succès. Flamboyant et épique, le personnage l’est assurément, alors oyez oyez braves contribuables, la chanson de geste de ce Cyrano des temps modernes.

PREMIERE SCENE.

La salle, surexcitée au plus haut point.

Place ! — Très amusant ! — Rangez-vous ! — Pas de bruits !

Attendez !… j’aiguise ma frime… Là, j’y suis.

Photo chinée et dénichée par 6rano
Je signe un énième chèque avec mon feutre, 
Je fais lentement l’abandon
De l'hôtel particulieri où je me calfeutre, 
Et je retire mon espadon ;
Le Phocéaii était son nom,  
Avant que tu n'y touches,
Je t'aurai prévenu, mon p'tit mignon, 
Qu’à la fin du renvoi, je touche... je palpe,  j'encaisse ! 
Photo chinée et dénichée par 6rano
T'aurais mieux fait de rester pleutre ;
Où vais-je te plumer, pigeon ?…
Autour du fion, ou en terrain plus neutre ?
Dois-je te cuisiner en bleu cordon ?…
– Tes coquilles tintent, ding-dong !
Mon ténor du barreau te douche !
Que ce soit en appel ou en cassation,  
 A la fin du renvoi, je touche... je palpe,  j'encaisse ! 
Pastille chinée et dénichée par 6rano
Il me manque une rime en outre… 
Tu crois que je tremble, mon pigeon ?
C’est pour me fournir le mot : contrefoutre !
– Tac ! je pare la condamnation dont
tu ambitionnais de me faire don, —
J’ouvre la ligne de crédit, – je la touche…
T'as raté le coche, mon cochon !
À la fin du renvoi, je touche... je palpe,  j'encaisse ! 
Image chinée et dénichée par 6rano

DEUXIEME SCENE.

Extrait de l’acte I, scène 4.
Nanard répond au Comte de Réal-Lyonnais qui le provoque en lui disant : « Vous…. vous avez un culot… heu… un culot… très grand. »

Affiche chinée et dénichée par 6rano
Ah ! non ! c’est un peu court, mon pote !
Tu n'avais pas d'accroche moins sotte ?
Plus sévèrement burné, t'aurais pu oser :
 
Agressif : « Moi, si je m'étais autant planté,
Je m'cacherais sous terre de peur qu'on me ramasse ! »
 
Amical : « Pas trop dur le dossier Adidasiii ?
Fais donc comme moi, reste vautré dans ton canap ! »
 
Ludique : « Tu roques ! … piques la Reine ! … T'es cap !
Que dis-je, t'es cap ! … Jamais tu ne recules ! »
 
Curieux : « A quoi a servi ce petit pécule ?
A acheter quelqu'un, ou quelque belle choseiv ? »
 
Gracieux : « Admirez-vous à ce point la rose
Que, désintéressé, vous vous préoccupâtes
De séduire ses électeurs avec votre épate ? »
 
Naïf : « Tu le trouvais sinistre et sénile
Et il t'a nommé Ministre de la Villev ? »
 
Truculent : « Nanard, quand tu rentres dans l'arène
C'est pour le grand show ou la petite reinevi
Que tu brasses tant d'air et autant de millions ? »
 
Prévenant : « Garde-toi, à trop prendre le melon
de finir en prison, ce ne serait pas d'bol ! »
 
Tendre : «Quand dans les sondages tu caracoles
Songe que même la Vie Claire risque une panne ! »
 
Pédant : « Qui eut cru que je finisse en cabane
Avec à la manœuvre Lantourne et Estoupvii
C'était trop gros pour qu'on flaire l'entourloupe ! »
 
Nostalgique : « c'était l'OM quand il gagnait ! »
 
Sceptique : « La poussière sous le Tapie vert, assez ! »
 
Emphatique : « Aucun baveux, aucun journaleux
ne tient le choc plus d'un round face à ce hargneux »
 
Pathétique : les Wonder womenviii sur le trottoir,
c'était pour payer des Saints Pères le boudoir ?
 
Halieutique : Après avoir requins effrayés,
Quelle ironie de par un crabe te faire pincer ! 

Combs-temporain : ils l'ont tabassée, ta vieille,
toi aussi, mais ils sont repartis sans l'oseilleix !
 
Voilà ce que j'attendais de toi, nom d'une pipe,
Si tu avais un peu de gouaille et de tripes
Mais de tripes, tout aussi bouché que tu soyes,
Tu n'en eus jamais un soupçon, et de gouaille,
T'en as juste assez pour souffler dans un pipeau !
 Eusses-tu eu la gnaque et la gagne qu'il faut
 Pour pouvoir là, me regarder droit dans les yeux
 Et me servir ta turlute, cafouilleux,
Que je n't'aurais pas laissé en placer le quart
De la moitié du commencement d’une, car
Je m'en branle moi-même, avec gourmandise,
Mais je ne permets pas qu’un autre me les brise.  
Photo chinée et dénichée par 6rano

Pattes de mouche du Kfard :

i. Bernard Tapie est propriétaire d’un hôtel particulier du XVIIe siècle, l’hôtel Cavoye, rue des Saints-Pères.

ii. Il a aussi été propriétaire d’un yacht, le Phocéa. Ce voilier de quatre mâts de 72 mètres, qui s’appelait initialement le Club Méditerannée, avait été construit pour être un voilier de course transatlantique en solitaire pour Alain Colas. Après l’avoir racheté en 1982, Tapie le rebaptise Phocéa et le fait transformer pour devenir le plus grand yacht à voile du monde (et il le reste jusqu’en 2004). Les frais et les charges d’entretien de ce yacht permettent à Tapie d’éviter de payer des impôts en 1990 et 1992. Il sera condamné à ce titre, en 1996, à 18 mois de prison dont 6 mois fermes pour fraude fiscale, et 30 mois avec sursis pour abus de biens sociaux et banqueroute. Il est forcé de revendre le Phocéa en 1997. Le bateau vient de couler, le 18 février dernier, suite à un incendie, au large de la Malaisie.

iii. Adidas est au coeur de l’affaire à l’origine du procès en cours. Tapie avait confié à sa banque, le Crédit Lyonnais, le mandat de vendre la société Adidas qu’il possédait. Le Crédit Lyonnais vend Adidas en février 1993 à un consortium dont il fait partie, et ce consortium revend la société un an plus tard avec une plus-value importante, alors que Bernard Tapie est à ce moment-là déclaré en faillite. Tapie se retourne contre le Crédit Lyonnais, le Consortium de Réalisation (la structure ad-hoc créée pour gérer le passif du Crédit Lyonnais en quasi-faillite lui aussi en 1993) et l’Etat, accusant la banque de « montage frauduleux » pour la plus-value sur Adidas.

iv. En juin 1993, alors que l’OM dont Tapie est président s’apprête à remporter la Ligue des Champions (et reste à ce jour le dernier club français à l’avoir emporté), éclate l’affaire VA-OM, une tentative de corruption de joueurs de Valenciennes lors d’un match de championnat 6 jours avant la finale de la Ligue des Champions, pour qu’ils « lèvent le pied » et évitent aux joueurs marseillais des blessures. Tapie est condamné en 1996 au titres de la corruption et de subornation de témoin à 2 ans de prison dont 8 mois fermes. Cette affaire entraîne également la mise en faillite de l’OM.

v. Lorsque François Mitterrand décide en avril 1992 de remplacer son Premier ministre, Édith Cresson , par Pierre Bérégovoy , il impose à ce dernier la présence de Bernard Tapie au sein du gouvernement. Celui-ci est nommé Ministre de la Ville. Le Président lui demande toutefois de se retirer totalement des affaires, considérant incompatibles la position de ministre et celle d’homme d’affaires de haut niveau. C’est dans ce contexte que Tapie confie au Crédit Lyonnais la mission de revendre Adidas.

vi. Passionné de sport, Tapie utilise sa fortune pour constituer en 1984 une équipe cycliste, La Vie Claire (une de ses sociétés), autour de Bernard Hinault, alors déjà quadruple vainqueur du Tour de France. Hinault y remporte son 3e Tour d’Italie et son 5e Tour de France en 1985, et Greg LeMond remporte le Tour de France en 1986.

vii. Dans le cadre de l’arbitrage de 2008 favorable à Tapie dans l’affaire Adidas qui l’oppose au CDR et à l’Etat (qui lui rapporte à l’époque 403 millions d’euros – 243 millions d’euros à titre matériel, 115 millions d’euros au titres des intérêts de majoration du préjudice datant de 1993, et 45 millions d’euros de préjudice moral), Pierre Estoup, ancien président de la cour d’appel de Versailles, fait partie des 3 juges arbitres censés être impartiaux, et qui s’est avéré être une relation de Tapie. Maurice Lantourne est l’avocat de Tapie, en particulier dans cette affaire.

viii. Parmi les sociétés en difficulté que Tapie a rachetées pour 1 franc, pour redresser leurs comptes avant de les revendre avec une importante plus-value, il y avait en particulier la société des piles Wonder. Bernard Tapie s’était mis en scène dans une publicité pour la marque « Je marche à la Wonder ». Les autres sociétés les plus connues étaient Manufrance, La Vie Claire, Look, Terraillon, Testut, Donnay,…

ix. Bernard Tapie et son épouse ont été victimes d’un cambriolage violent dans leur propriété de Combs-la-Ville dans la nuit du 3 au 4 avril 2021 par 4 agresseurs qui les ont ligotés avec des fils électriques avant de les frapper.

Maux croisés

Le Kfard Dchaîné innove avec un nouveau format, les mots croisés, en se focalisant sur un thème qui lui tient à coeur : la santé, les maladies qui l’affectent et les professionnels qui nous en soignent. Qui me proposera une grille complétée avant que la solution soit publiée la semaine prochaine ? Les petits Kfards seront-ils plus efficaces que la campagne de vaccination ?

Maux croisés d’Oscar Abin

Horizontalement :

1. Elle fait pitié. Il ou elle est volontaire, sans savoir nécessairement pour quoi.

2. Depuis son apogée en 1949, elle est tombée en désuétude. Il se moquait éperdument du Gandhi-ra-t-on.

3. Guère plus nombreux que les prescripteurs de l’hydroxychloroquine. Elle saura vous dire si vous avez le gaz dans le sang.

4. Garde votre argent ou vos aïeuls. Entre le jeu et le match. A la pointe des crocs.

5. Point commun d’Anthony Hopkins, Andy Warhol et Susan Boyle. Elle est timbrée et elle s’en tamponne.

6. Sans ce sésame, impossible de se faire une place sur le marché français. Un coup de pouce, outre-manche et outre-atlantique. Cri du cœur, quand il bat encore. Ne prête même pas aux riches.

7. Malgré son nom qui inspirera votre esprit mal tourné, ce champignon pousse mieux en forêt. « C’est pas vrai ! ».

8. Celui du golf et celui de 5 heures de nos amis d’outre- Manche, dont il manque un T initial. Il peut être moche comme un pou, on l’aime quand même. Agent alkylant.

9. Période des cerfs-violents. Sépare la vie d’avant et la vie d’après.

10. « Et voilà ! ». Demi de demi. Récepteur des androgènes.

11. Les médecins en ont plein la tête. Utiles à l’apothicaire.

12. Ses trous sont bouchés, ses bosses sont rasées.

13. Fréquemment nécessaire quand on est allé trop loin. Moitié d’un tampon.

14. Il peut être ministre de n’importe quoi sans rien y comprendre.

15. C’est le mauvais côté d’une naissance. Elle permet de lire en nous.

16. Elle perd les os.

Verticalement :

I. Lire les tout petits caractères (mais en médecine, pas en droit). L’infiniment petit qui dicte sa loi à l’infiniment grand.

II. Loi qui vise en particulier à favoriser l’accès au logement. Qualifie le langage utilisé en salle de garde, et parfois même au bloc. Choisit.

III. Maintient ensemble des corps étrangers. Interrompt le travail. Il fait référence dans son domaine.

IV. Il ne contribue pas à l’effort de la communauté. On ne sait pas où il se dirige, mais il avance. Il y a de l’air dedans, et il y en a dans l’air.

V. Sur la queue du serpent. On connaît peu ce mammifère et pourtant il est Célèbes ! Il ne manque que le rhino ! Il y a tellement de sel que c’en est tout remué.

VI. Ceux du golf de nos amis britanniques, qui ont retrouvé leur T depuis le (8.):-). Méthode très simple pour cloner. C’est ainsi qu’on aurait désigné les dalmatiens, chez les Romains. Le même sigle peut désigner deux enzymes.

VII. Note ou Ile. Elle est la cause de tous ses maux.

VIII. Cadette ou petite sœur au Soleil Levant. Rendue meilleure.

IX. Au cœur des océans. Il fait un sacré effet ! Quand le cœur s’emballe. Elles ont fui et on les a arrêtées.

X. Ce sont les ressources les plus rares, à l’hôpital comme ailleurs. Choisi par le plus grand nombre. Selon Camus, on s’en fatigue quand elle est inutile. Cette thérapie de gestion des traumatismes mérite le coup d’oeil.

XI. Commission consultative créée en 1943 pour préparer la fin des hostilités de la 2e guerre mondiale en Europe. Plus gros bout d’un petit bout de tissu. Dans le Jura ou en Suisse, ferme le pâturage.

XII. Est recommandé dans la communication avec les patients et leur entourage. Elle frappe quand le fer vient à manquer. Il permet de mettre fin au virago.

XIII. Il est rarement bienvenu. Il est l’ennemi juré de Max. C’est une manière d’abréger des heures trop longues.

XIV. Besoin de tout, envie de rien. Plus puissant qu’un Roi. Cette colère est si ancienne qu’elle doit être froide.

XV. Dedans. Accès par l’arrière. C’est ainsi qu’un Islandais ou une Islandaise vous éconduit.

XVI. Désigne la première lettre d’une spécialiste que les enfants adorent (3 mots). Ils ont donné leur nom à une côte qui n’est pas d’Adam.

Une sardine a bouché le canal… ça fait Suez !

Il est frais, il est frais mon porte-conteneur ! « One pound fish & ship ! » Si vous cherchez la marée du jour, vous êtes à bon port ! Sinon, je vous arête. Et aujourd’hui les petits Kfards gourmands, à votre tour de contribuer au buffet (Cf. le dessert, à la fin de l’article).

Quel jour sommes-nous aujourd’hui ? Le 1e avril évidemment ; cette semaine le jour du Poisson c’est jeudi !

Mais comment est-il encore possible de croire à un canular à notre époque ?

Au 21ei siècle, nous avons enfin pris le contrôle total de notre destin !

Des avions, des trains, des bateaux, des camions quadrillent le globe dans tous les sens dans un bourdonnement incessant pour gaver les reines et les rois du shopping de leur miel et gelée royale préférés.

Nous avons rempli notre ciel de troupeaux de cumulonimbusii d’algorithmes et d’intelligences artificielles qui nous permettent de prédire quelle goutte de pluie tombera où et quand, et de concevoir les médicaments qui guérissent les maladies les plus rares.

Des robots et des imprimantes 3D nous permettent de créer et modeler des mondes sur mesure, à volonté.

Nos réseaux sans fil ont tissé autour de nous une toile si dense que pas un imprévu ne peut s’approcher de nous à moins d’un kilomètre sans déclencher une batterie d’alarmes et de « pop-ups » sur notre smartphone.

Qu’un papillon agite ses ailes à l’autre bout du monde, et aussitôt la vidéo en direct s’affiche sur notre fil d’infos.

Tout est sous contrôle, partout, 24/7iii, circulez on a tout vu !

Alors franchement, une histoire de sardine qui bouche le port de Marseille, ça ne peut décemment plus faire marcher personne ! Même les gamins qui croient encore au Père Noël ou au suffrage universel, ne gobent plus ces fariboles !

C’est strictement impossible, ça dépasse l’entendement ? Et pourtant il faut bien l’entendre !

Il suffit parfois d’un tout petit grain de sable dans l’engrenage, et la sardine peut bel et bien finir par le boucher, le port, même dans notre 21e siècle 3.0, hyper-technologique et méta-contrôlé !

Certes la dernière sardine en question, qui s’est échouée en travers du canal de Suez, est un porte-conteneur qui fait 400 mètres de long et 59 de large, transportant jusqu’à 22.000 conteneurs. C’est un sacré baleineau, ce Moby Dick des temps modernes (qui s’appelle Ever Given – « jamais donné »), mais à lui tout seul, en bouchant le canal le plus fréquenté au monde, il a bloqué bien plus que le port de Marseille ! Ce canal de 300 mètres de large draine en effet tout le trafic maritime entre l’Asie et l’Europe, représentant à lui seul près de 12% du commerce mondial avec un trafic de 50 bateaux par jour. Son blocage oblige les navires (soit près de 400 sur la semaine qu’a duré sa remise à flot) à contourner l’Afrique, soit un détour de 9000 km et 10 jours !

L’Ever Given est un bateau battant pavillon panaméen, appartenant à un armateur japonais, affrêté par un exploitant taïwanais et géré techniquement depuis Hong-Kong par une société… allemande. Jusque là, c’est limpide, non ? Il se rendait de Yantian, en Chine, à Rotterdam aux Pays-Bas, avant de s’enliser dans le sable en Egypte, de paralyser la planète, et de faire grimper les cours du pétrole de 6% en une journée.

Les chaînes d’approvisionnement (supply chains) à la base de nos sociétés et de nos vies ont beau être tentaculaires, mondialisées, sophistiquées et optimisées comme jamais, elles restent à la merci d’une sardine qui rencontre un grain de sable quelque part en Egypte !

Ils en avaient sans doute rigolé, eux aussi, de ces histoires à dormir debout, et ils auraient tellement aimé que ce soit un canular de 1e avril, ce caprice du destin complètement improbable qui leur est tombé soudainement sur la tête, les 5 enfants de Bretagne du chalutier Bugaled Breizhiv qui le 15 janvier 2004, avaient pris un si gros poisson dans leur filet qu’il a emporté leur bateau par le fond en quelques dizaines de secondes !

A quoi ça tient !

Des documents déclassifiés du Département Américain de l’Energie viennent de révéler qu’une solution à notre problème d’aujourd’hui – ce goulot d’étranglement du canal de Suez – avait été envisagée dès 1963. Il suffisait de creuser un autre canal pour « doubler » celui de Suez, avec une technique radicale, à l’efficacité inégalable : 520 bombes nucléaires lâchées en chapelet à travers Israël et le désert du Néguev…Et hop, il ne reste qu’à découper selon les pointillés ! Il aurait suffi qu’à cette époque le bouton nucléaire ait été laissé entre les mains d’un canard ou d’un autre Donald quelconque, et on aurait eu une solution au problème d’aujourd’hui… mais peut-être que nous ne serions plus là pour la voir (la solution) et l’avoir (le problème). On l’a échappé belle !

Mais aujourd’hui, qu’est-ce qui amène notre monde au bord du précipice ? (ah, vous voyez bien qu’elle est plate, qu’est-ce que je vous disais?) Une apocalypse nucléaire ? Une météorite géante digne d’Armaggedon ? Et non, dans notre nouvelle ère post-moderne, même les catastrophes mondialisées sont low-cost.

Un canard qui appelle les oies à envahir le Capitole, un pangolin qui éternue dans un marché au fin fond de la Chine, un papillon qui bat des ailes je ne sais où, vous avouerez que ça n’a pas la même classe !

Et je n’ose imaginer l’exaspérante banalité que vont révéler les boîtes noires du Ever Given avec l’enregistrement de la dernière conversation dans la cabine de pilotage ! Du genre :

  • Mais si je te dis, c’est toujours tout droit pendant 200 km, c’est le moment ou jamais de se revoir l’intégrale de « Very Bad Trip » ;
  • «Perte de réseau, veuillez réinitialiser votre GPS… perte de réseau, veuillez réinitialiser votre GPS… » ;
  • Alors comme ça, après le commandement du Costa Concordia, t’as pris un congé sabbatique avant de retrouver ce job ? ;
  • Combien tu paries que je te fais un créneau les yeux fermés ? Tempête de sable ou pas, moussaillon, une manœuvre ça se fait à l’oreille, prends-en de la graine !

Alors aujourd’hui, tout est permis, donnez-vous en à cœur joie avec vos Poissons d’Avril… Mais si vous voulez être crédibles, trouvez des histoires moins tirées par les cheveux que celles que le destin nous sert tous les autres jours de l’année.

Une histoire de sardine qui bloque Marseille, pas plus qu’un bateau (ou mieux encore, une grippette) qui bloque le monde, ça ne tient pas debout !

– O –

Et aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, à vous de jouer, les Kfards Dchaînés. Il n’y a pas de raison que ce soit toujours le Grand Kfard Naüm qui s’y colle !

Prenez votre plume et proposez votre « vraie et authentique » version de la dernière conversation dans la cabine de pilotage du Ever Given. Envoyez-la à la rédaction du Kfard Dchaîné dans un commentaire de l’article.

La plus hilarante sera publiée la semaine prochaine, foi de Kfard.

Cette image à très haute résolution du satellite Pléiades montre le porte-conteneurs Ever Given, affrété par Evergreen, échoué et bloquant le canal de Suez. Il est entouré de remorqueurs et de dragueurs qui tentent tant bien que mal de le dégager. Cette image Pléiades a été acquise depuis une altitude de 694 kilomètres avec une résolution de 70 centimètres et ré-échantillonnée à 50 centimètres. Tous les détails chiffrés sur la fauchée et les longueurs d’onde sont dans le visible et le proche infrarouge. Elle a été acquise jeudi matin, à 09:43:33, heure locale, avec un angle de 49°, ce qui permet notamment d’avoir le côté du bateau aussi clairement visible. © Cnes 2021, Distribution Airbus DS 

Pattes de mouche du Kfard :

i Eh oui, fini le XXI, à notre époque technologique et digitale on ne peut plus décemment garder des chiffres hérités de qui donc ? .. des Romains ? Quoi ! Ces bouseux qui buvaient du lait de louve et semaient des cailloux tout autour de la Méditerranée pour retrouver le chemin de Rome ?

ii C’est le fameux « cloud »

iii 24 heures sur 24, 7 jours sur 7

iv Bugaled Breizh signifie « Enfants de Bretagne », en language Breton du Pays de Bretagne

Maître Encore beau et Maître Roublard

« Rendons justice à ceux qui la défendent de belle manière… et à ceux qui la souillent sans manière ». Merci Maître de la Fontaine pour avoir mâché le travail du Kfard Dchaîné.

Conte d’affables et d’affabulateurs librement inspiré de Jean de la Fontaine

Maître Encore beau, à son barreau perché,

plaidait la cause d’un pas si sage.

Maître Roublard, par l’affaire alléché,

lui tint à peu près ce langage :

« Votre Honneur et cher confrère,

en vertu du mandat que l’ordre me confère,

nonobstant quelqu’articles du code civil

et sans dommage pour l’intérêt des imbéciles,

j’interjette un recours, vous renvoie en appel.

Dites-le innocent, faites-le paraître comme tel,

je saurai cacher son seing pour vous en priver,

trouver des clauses, résolutoires ou suspensives,

qui certiorarii, qui mandamusii invoquer.

Que tout ce latin laisse la cour pensive,

juste assez pour y faire glisser mon baratin

et toucher mes honoraires, côté jardin. »

A ces mots, Maître Encore beau ne peut rester coi :

« Ai-je l’air d’un juge manquant d’instruction ?

Dans nos mots croisés, chacun le barreau y voit,

selon du Tribunal sa propre conception :

pour moi, comme d’une échelle, il est horizontal,

le vôtre, comme d’une prison, tombe vertical.

Votre audace à m’opposer la jurisprudence

ne masque votre vanité en Grande Instance

ni les relents infects de vos creux boniments !

Si la Justice est aveugle, anosmique pas tant.

Restez donc assigné dans votre cabinet,

Et laissez-moi le Droit dignement exercer !

Pattes de mouche du Kfard Dchaîné :

i (en latin, signifie « mieux informé ») Dans les pays de common law, comme les Etats-Unis par exemple, un certiorari est un processus de demande de révision judiciaire ainsi que le nom donné à l’écrit délivré par une juridiction dans lequel elle ordonne à une cour inférieure, un tribunal ou une autre autorité publique, d’envoyer le dossier d’une procédure pour une telle révision

ii Le mandamus est un recours juridique extraordinaire où une cour supérieure ordonne à une cour subordonnée, à une entreprise ou à une autorité publique de faire ou ne pas faire un acte spécifique qui n’est pas entièrement privé.