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Procrasti’Nation

Pourquoi s’prendre la tête aujourd’hui
Sur ce qui pourrait aussi bien attendre demain ?
Réforme des retraites ? Recalée sine die, décalée d’une seule traite !
Lutte contre le réchauffement climatique ? Tic tac, tic tac, report tactique

Pourquoi s’prendre la tête aujourd’hui

Sur ce qui pourrait aussi bien attendre demain ?

Réforme des retraites ? Recalée sine die, décalée d’une seule traite !

Lutte contre le réchauffement climatique ? Tic tac, tic tac, report tactique

Même les flammes rougeoyantes du brasier du grand soir

Se noient en gilets jaunes qui tournent, tournent en rond… point.

On remet tout, même le couvert et l’argenterie,

F*** l’étiquette, zéro espoir, rien que de la branlette

Mais hélas, les cocos, les bobos, les zozos, tous font carpette

– o –

A deux mains si vous le voulez bien

A demain si vous le voulez bien

On sert les Rois de la Procrasti’Nation

– o –

Des cars entiers de CRS, mais plus une thune pour le CNRS,

Y a trop de chercheurs, pas assez de trouveurs

C’est plus chill de faire des découverts que des découvertes

On creuse des trous, à la rafale d’Uzi ou avec les dents

Dans le bas de laine rongé par les mites

De nos arrières-arrières-petits-descendants

On remet tout, même le couvercle sur la marmite

Chapeau les artistes de la Bohème hyène,

Nous on serre les fesses, et les cordons de la bourse

– o –

A deux mains si vous le voulez bien

A demain si vous le voulez bien

On sert les Rois de la Procrasti’Nation

– o –

Plus j’accélère mon débit et plus je gagne votre crédit

Paradoxe, paradigme, pas raccord avec ton bull-dogme

J’m’en bas les … d’vous emballer, moi mon taf c’est de débiter

J’m’en bas les … d’en laisser dépités, moi mon taf c’est de crépiter

Alors on excuse tout, même les courants d’air des vélléitaires ?

F*** les branleurs, les boni-menteurs et les aumônes à cent balles,

Nous c’qu’on attend, c’est des lendemains qui chantent,

Des vaches qui rient et des cœurs qui s’emballent

Sur une planète devenue piste de danse… géante

– o –

A deux mains si vous le voulez bien

A demain si vous le voulez bien

Retrouvons le chemin de la Prédesti’Nation

La saison des crises en thèmes

Kfard riche de tant d’expérience, tu l’as sans doute fredonné à tes enfants ou peut-être même petits enfants. Tout petit Kfard, cette rengaine t’a peut-être bercé, amusé, fait sourire ou même te dandiner.

Kfard riche de tant d’expérience, tu l’as sans doute fredonné à tes enfants ou peut-être même petits enfants. Tout petit Kfard, cette rengaine t’a peut-être bercé, amusé, fait sourire ou même te dandiner.

Mais quoi ça ? De quoi s’agite-t-il ? De quoi est-il question ?

De la comptine du clown, qui se chantonne en rimes et se mime en chanson. Zim, boum – tralala, voilà qui donne le la :

J’ai un gros nez rou-ge,

Deux traits sous les yeux,

Un chapeau qui bou-ge,

Un air mali-cieux !

Deux grandes sava-tes,

Un grand panta-lon,

Et quand ça me grat-te,

Je saute au plafond !

Il ne te met plus d’étoiles dans les yeux, cet histrion au gros nez rouge ? Tu es devenu trop raisonnable, trop intelligent et trop malin, ces gesticulations malicieuses de circassien ne t’évoquent plus rien ?

Ça fait longtemps que tu ne crois plus au Père Noël, pour toi Dieu est mort-vivant ? De clown, tu n’en connais plus qu’un, en cette saison de crises en thèmes : ce Joker qui se croit si sévèrement urné et qui surfe sur la vague de son halo-win ?

Quel flingue ! Quelle classe ! Quel kif ! Psartek ! Par contre il va falloir changer le silencieux, parce qu’il est manifestement nul, vu le boucan alors que je n’ai même pas effleuré la gachette…

Mais sur son air de requiem, sa complainte est-elle si différente ?

J’te plante un gros point rou-ge,

Entre les deux yeux

Le premier qui bou-ge,

M’donne l’air audacieux !

J’réveille le prima-te

Qui sommeille au fond,

Et plus je le grat-te,

Mon score saute au plafond !

Qui a dit que je n’ai pas de programme électoral ? C’est pourtant écrit noir sur jaune

Alors, mes Kfards Dchaînés, à nous de choisir sur quel air nous préférerons nous laisser bercer – ou berner. Allons-nous laisser la main aux piques des valets du Joker et nous tenir à carreau, ou imposer notre jeu en unissant la force du cœur et la chance du trèfle des dames et rois que nous attendons ?

Bonne nuit les petits, écoutez donc mon pipeau, c’est l’heure du marchand de sacs de sable… pom-po-po-pom….

Quand craie vaincra lame

Le Kfard convoque Prévert pour rendre hommage à ce grand homme qui a vécu et appris à vivre avec passion jusqu’au bout, jusqu’à ce funeste 16 octobre 2020…Continuer à faire vivre et grandir son engagement et ses valeurs laïques est le meilleur hommage que nous puissions lui rendre. Il n’y a rien à rajouter, rien à retirer à ce texte publié le 20 avril dernier…

D’après  » le cancre  » de Jacques Prévert

Il dit non à la défaite

De son métier exercé avec cœur

Il dit oui à ce qu’il aime

Il dit « Je suis le professeur ! »

Il est debout

On le questionne

Et tous les problèmes lui sont posés.

Le martyre l’a arraché à notre vie,

Mais il a tout effacé,

Les programmes négationnistes,

Les consignes de l’inspection,

Les réformes et les commissions

Et malgré les hésitations de Grenelle,

Les obscurantristes obnubilés,

Les sanglantes lames des damnés,

Il a sublimé sa vocation, Samuel.

Avec des craies de toutes les couleurs

Sur le tableau noir du malheur

Il a appris à plusieurs générations

A envisager le bonheur

En écrivant ton nom, Liberté !

Le coup de la panne

Ah ils étaient remontés comme des pendules, nos petits camarades de jeu d’Outre Quiévrain ! Finies les mélopées de l’amour Courtois en-Namuré, les Gands de velours, les Manneken peace & love, ça fait belle lurette qu’ils ne sont plus bleus des Bleus !

Ah ils étaient remontés comme des pendules, nos petits camarades de jeu d’Outre Quiévrain ! Finies les mélopées de l’amour Courtois en-Namuré, les Gands de velours, les Manneken peace & love, ça fait belle lurette qu’ils ne sont plus bleus[i] des Bleus ! Les troubadours avaient manifestement un œuf à peler avec eux[ii], et ont opté d’emblée pour le ga-Bruges, sorti les mitraillettes[iii] et les pistolets[iv], après leur douloureuse élimination en demi-finale de la dernière Coupe du Monde, qui leur restait sur l’estomac depuis 3 ans.

Ils sont tellement émouvants, ces revanchards diables rouges de fierté ! Tenez, ils me rappellent la génération Platini, cette « génération dorée » du football français qui nous a tant fait rêver en développant un jeu si enthousiasmant, si rafraîchissant… mais qui s’est échouée avec la régularité de la marée sur les rochers durs et implacables du « réalisme » des forteresses brésiliennes, italiennes ou allemandes à chaque compétition majeure.

Ceux qui l’ont vécue à l’époque, ou ceux qui ont lu l’article du Kfard en juillet dernier (L’enfer de la 11-topie), vous ne trouvez pas dans le scénario du match de mercredi soir un furieux relent de cette fameuse demi-finale du Mondial 1982 ? Sauf que là, l’équipe de France était dans les crampons de l’Allemagne de 1982, et ce sont nos malheureux amis belges qui portaient l’écusson trop pesant et le maillot trop flottant de la bande à Platoche…

Il était fort touchant, l’éclat de joie de gamin de Lukaku ! Qu’elle était crâneuse sa provocation – à travers l’œil de la caméra à l’angle du terrain – aux millions de Dikkenek[v] qui ont toujours regardé de si haut leurs cousins du plat pays, quand il a planté Lucas Hernandez sur place et crucifié Lloris d’une patate X-Ixelles à bout portant.  Avec un deuxième but en moins de 4 minutes, il avait bon[vi] alors qu’il enfonçait le clou dans le cercueil de leurs ex-bourreaux, leur disant quoi[vii] et les laissant cois, pour tuer le match juste avant la mi-temps.

L’ambiance dans les vestiaires a dû être aussi électrique que dans certaines ruelles sombres de Molenbeek, ou sur le trône de 6,7 millions de foyers français – selon l’audimat. Combien ont pleuré leur race, menacé de rendre leur passeport, demandé la tête à Dédé, exigé de rappeler Olivier Giroud, de ressusciter Bernard Tapie, de renvoyer les frères Hernandez au séminaire, ou de soumettre le Hazard à des jeux pas très catholiques (quoique, d’après le rapport Sauvé….) en stoumelinks[viii].

P.S. : je compte sur toi, petit Kfard, pour partager ta propre saute d’humeur ou d’humour. Je suis convaincu que tu as été aussi passionné et imaginatif que tes compatriotes.

On ne va pas se raconter de carabistouilles[ix], nous sommes revenus nous vautrer dans le canapé pour la deuxième mi-temps la tête basse, en traînant les jambes ! Ces diables rouges avaient réveillé nos vieux démons, qui allaient vicieusement nous picorer le foie par petites bouchées pour nous torturer encore pendant 45 longues minutes, à chaque surgissement de Lukaku, chaque champ libre laissé au Hazard, chaque feinte de frappe de ce (presque) batave de De Bruyne… Oh non, surtout pas le « 1, et 2 et 3 zéro » que nous avons si insolemment asséné nous-mêmes, jadis, à nos idoles brésiliennes… le supplice serait inhumain, la mise en bière consommée.

Et voilà qu’en 2e mi-temps ils nous font le coup de la Panne ! Comme si, se croyant confortablement à l’abri derrière leurs deux superbes réalisations en première période – dans une arrogance empruntée à leurs contempteurs hexagonaux – ils faisaient leur nez[x] et s’étaient soudain assoupis sur une terrasse chauffée au gaz (un Berck b’en zen, en somme) bordant cette immense plage à perte de vue de la Panne : après tout, avec 2 buts d’avance, « ça peut mal »[xi] ! Et voilà que le gratin des chicons se met à ployer sous la drache[xii] des vagues à lames successives des Bleus, qui avaient soudain retrouvé la frite et la baraka dans le jardin d’Eden, et étaient redevenus conquérants. Benzema, après avoir joué avec les pieds de quatre défenseurs, envoie une dentelle au fond des filets, et 5 minutes plus tard Griezmann obtient un penalty, c’est tout ce Kilian faut pour le transformer. Le tapis vert se retrouve à l’Anvers, et le rugissant Lion de Waterloo est réduit en volaille pataugeant dans le Waterzooi.

Il a fallu s’y faire (et de un!), avec des diables on s’attend (et de deux !) forcément à des Mons (et de trois !) et merveilles, et en effet Lukaku, le petit malin (et de quatre !), jaillit encore de sa boîte et, pendant un instant, marque les esprits… avant que, coup de théâtre même sans Molière, la VAR ne le mette hors-jeu et en rote[xiii], et lui vole son magot.

Les bleus, en fusion, ne laissent alors aucun répit à leurs valeureux mais néanmoins malheureux adversaires, et les dévorent en croque-en-Witsel. Théo Hernandez, le bizuth du jour, dans la dernière minute du temps réglementaire, décoche un boulet de canon qui fait exploser le bouchon de Liège et transperce le front de nos frères d’Ardennes et le cœur de tous ces hommes, flamands roses et wallons verdoyants pour une fois encore réunis au charbon dans la même mine sombre, renvoyés aux stands, dans les choux de Bruxelles, terrassés jusqu’au Knokke-Zoute !

Depuis des décennies que les anglo-saxons osent les narguer en appelant leurs sacro-saintes frites belges « French fries », ils mordaient sur leur chique[xiv]. Mais là, Tintin, je crois qu’on les a fâchés pour de bon, mille milliards de mille sabords ! D’ici à ce qu’ils rappellent leur Ambassadeur à Paris à Bruxelles, ou bien pire encore, massent leurs blindés (si, si, tous les trois d’un coup !) à la frontière…

Mais que voulez-vous, il faudra bien qu’ils admettent – une fois au moins – qu’il leur restera toujours un fossé à franchir pour espérer approcher le génie français d’un… je ne sais pas moi, au hasard : un Jacques Brel, une Annie Cordy, un Raymond Devos, une Marguerite Yourcenar, un Philippe Gelück ou une Christine Ockrent !

Allez, tantôt on enfile notre habit de lumière (deux étoiles !) pour donner une leçon de corrida à nos voisins d’Ibère-Nation… en toute humilité bien sûr, vous pouvez compter sur nous !  

C’est dur d’être Champion du Monde, et modeste en plus, sans s’attirer la jalousie de tous ces envieux !

Olé !

Pattes de mouche du Kfard :

[i] Être bleu de quelqu’un (locution verbale belge) : être épris, amoureux de quelqu’un

[ii] Avoir un œuf à peler avec quelqu’un : avoir des comptes à régler avec quelqu’un

[iii] Mitraillette : sandwich de pain avec frites et viande

[iv] Pistolet : sandwich préparé dans un petit pain rond… quand je vous dis qu’ils ont des leçons à donner aux épicuriens…

[v] Dikkenek : vantard, arrogant

[vi] Avoir bon : avoir du plaisir, être bien

[vii] Dire quoi : dire ce qu’il en est (« je te sonne et je te dis quoi » : je t’appelle pour te dire ce qu’il en est)

[viii] En stoumelinks : en douce, en catimini, de façon discrète

[ix] Carabistouilles : balivernes, calembredaines

[x] Faire son nez : être prétentieux, se montrer arrogant

[xi] Ça peut mal : il n’y à a pas de danger, cela ne risque rien

[xii] Drache : pluie à verse

[xiii] Être en rote : être en colère, de très mauvaise humeur

[xiv] Mordre sur sa chique : se contenir, dissimuler ses sentiments (de colère, de chagrin)

De Ah ! à Z…

Vous z’aussi vous z’avez ces z’acouphènes ? Ça vous ziffle et vous bourdonne dans les z’oreilles comme un bruit de fond permanent ? Nous avons beau zapper sur tous les canaux, pas z’un écran, pas z’un Ipod où il ne z’insinue , et qui ne grézille de son nom, de sa dernière saillie ou de celles de son essaim de zélateurs.

Zzzzzzzz ! Zzzzzzzz !

Vous z’aussi vous z’avez ces z’acouphènes ? Ça vous ziffle et vous bourdonne dans les z’oreilles comme un bruit de fond permanent ? Nous avons beau zapper sur tous les canaux, pas z’un écran, pas z’un Ipod où il ne z’insinue , et qui ne grézille de son nom, de sa dernière saillie ou de celles de son essaim de zélateurs.

Y’a «qu’lui, qu’lui !», zinzinulent[i] tous ces zoziaux qui le portent au zénith, sur CNewz et conzorts.

Bienvenue dans notre ZAD, les p’tits Kfards ! Bienvenue dans une zone préservée et ouverte sur le vaste monde où – pour les quelques minutes de lecture à venir – vous n’entendrez pas une seule fois son nom. Foi de Kfard !

Ami entends-tu le vol noir du bourdon sur nos plaines ?
Zzzzzzzz ! Zzzzzzzzz ! Zzzzzzzz !
Ami, entends-tu ses zombies zélés sur toutes les chaînes ? 
Zzzzzzzz ! Zzzzzzzzz ! Zzzzzzzz !
Osez, partisans, à vos claviers, vos écrans sonner l’alarme !
Sinon à la haine nous n’aurons à opposer que nos larmes.

Sa rhétorique de Gargamel ronronnait depuis des années dans le microcosme de la haine, où il faisait son zob, soufflant en zéphyr pour attiser les angoisses des piliers de zinc sirotant leur verre de zinfandel ou leur chope de zython[ii], ou des rombières en cape de zibeline apprêtant leurs plateaux de zakouskis. Il saupoudre à l’occasion un zeste de zizanie, dézinguant tous ces sains gens, ces z’autres qu’il trouve zarbis simplement parce qu’ils ne portent pas un prénom d’apôtre « bien de chez nous ». Qu’ils soient zoulous, zingaros, zouaves, zapatistes, zanzibaris, zélotes ou ziguinchorois, il oublie seulement que leur lointain aïeul commun est probablement un zinjanthrope[iii].

Faire du neuf avec du vieux ? C’est shtroumpfement bluffant, non ?

Alors bien sûr, d’autres avant lui avaient déjà poussé le bouchon de l’indécence jusqu’au X de Xénophobie. Mais voilà que – surgissant au milieu du zoo de tous ces alphas – il fait, lui, carrément péter le bouchon de son zibulateur[iv] jusqu’à l’oméga.

Il ose tout – c’est d’ailleurs à ça qu’on le reconnaît – franchissant allègrement le Rubicon du Y pour rêver d’accrocher son Zircon à la constellation de son fiel nocturne. Dans ce Grand Remplacement là, il se verrait bien en héros cacochyme, Eric.

Un candidat, qui surgit hors de la nuiiiiiiiiiiit
Court vers l’élection au gaaaaaaalop
Son nom, il le signe à la pointe de son ego,
D’un Zeste qui veut dire Zéro

Zéro immigration, zéro tolérance, zéro ouverture… zéro pointé !

Dessin de B. Marty chiné et déniché par 6rano, adapté par le Kfard Dchaîné

Zzzzzzzz ! Zzzzzzzz !

Ceux qui tentent de l’ignorer en restant zen, ou muets, servent en réalité son courant d’air creux qui s’amplifie en alizé puis en bourrasque. Ceux qui osent se dresser sur son chemin servent eux aussi de caisse de résonance à son bourdonnement devenu obsédant.

Zzzzzzzz ! Zzzzzzzz !

Mais qu’a-t-il donc accompli, ce Zorba – ou subi, ce Sisyphe – pour mériter pareil écho ?

Pas grand-chose pourtant. Bouche du coche, ce zébulon aiguillonne inlassablement de ses diatribes les chevaux de trait de l’attelage – tantôt la pouliche blonde à droite qu’il accuse de zigonner[v], tantôt le patachon hargneux à gauche qu’il traite de zigomar[vi]. Parce qu’il récolte assez de blé et tend volontiers un doigt accusateur, ce zeugite[vii] à JT se voit au-dessus de sa phalange.

Chiné et déniché par 6rano

Ainsi parlait Zarathoustra : le discours du zigoto – un zigouigoui qu’il se garde bien de qualifier de programme, tant il est squelettique – zigzague entre le joueur de pipeau de Hamelin et l’Assommoir de Zola, et pourrait servir de zérotage[viii] sur l’échelle de l’Elyzée. Mais peu importe que la grosse caisse sonne creux, tant qu’elle attire le zoom des caméras qui zieutent en Saintes Nitouches le jeu de massacre auquel il s’adonne : il cueille les zizyphes trop verts, il zigouille toutes les espèces qui se dressent en travers de son chemin, du zébu jusqu’à la fin, il veut couper les Z (sociales, alimentaires) à tous les Zautres sans exception…

Il enfonce le clou pour ceux qui veulent les traverser – les clous, les frontières ou les zébras. « Zip », c’est simple et expéditif : une fermeture éclair, dès demain.

Comment ça, il n’aime personne ? Vous zwanzez[ix] j’espère ? Il kiffe à donf tout ce que la France a produit de plus noble et de plus beau depuis la nuit des temps, de la Gaule de Vercingétorix à celle d’Antoine, en passant par celle de Pétain. Des zostères[x] bretons aux zinnias[xi] méditerranéens, des zygènes aux zygoptères[xii] de nos ancêtres. Des zygotes d’avant les Wisigoths au zircon du zodiaque qu’il brûle d’incarner.

Il est assurément gonflé d’ambition, ce Zeppelin seul, et nous d’appréhension.

Ce zeugma[xiii] marquera-t-il notre chute ou la sienne ?

L’avenir nous le dira ?  Et puis zut, non ! Nous avons le pouvoir de choisir notre avenir !

Chiné et déniché par 6rano – adapté par le Kfard Dchaîné

P.S. – Pari tenu, les Kfards de la ZAD, nous n’avons pas mentionné son nom une seule fois ! Ça fait un bien fou, non ? Allez, zoubis les gadjos et les zoulettes, on remet ça quand vous voulez !


Pattes de mouche du Kfard :

[i] Zinzinuler : pousser son cri, pour la mésange, la fauvette

[ii] zython : boisson ancêtre de la bière dans l’antiquité égyptienne

[iii] Zinjanthrope : Australopithèque découvert en Tanzanie

[iv] Zibulateur : (Afrique centrale) Outil permettant de déboucher une bouteille ; décapsuleur de bouteille ; ouvre-bouteille.

[v] Zigonner : perdre son temps en essayant de faire quelque chose après plusieurs essais infructueux

[vi] Zigomar : homme généralement fantaisiste, au comportement extravagant

[vii] Un zeugite est, dans l’Athènes antique, un membre de la troisième des classes censitaires soloniennes, celle des citoyens disposant de suffisamment d’aisance pour acquérir un attelage de bœufs. Cette richesse correspondait à une production de 200 à 300 médimnes de blé, ce qui leur permettait de s’acheter l’équipement complet de l’hoplite et de servir dans les rangs de la phalange

[viii] Zérotage : détermination du degré zéro sur un thermomètre

[ix] Zwanzer : plaisanter (Belgique)

[x] Zostère : herbe de mer ou varech marin

[xi] Zinnia : plante proche des marguerites et des cosmos

[xii] Les zygènes sont des lépidoptères. Les zygoptères sont des petites libellules

[xiii] Zeugma (ou zeugme) en rhétorique, désigne une construction qui consiste à ne pas énoncer de nouveau, quand l’esprit peut les rétablir aisément, un mot ou un groupe de mots déjà exprimés dans une proposition immédiatement voisine (ex. « L’air était plein d’encens et les prés de verdure » [Hugo]).

En primaires aussi, c’est la rentrée…

Les Kfards pressés seront comblés cette semaine, la fournée tient en une image, pour ceux qui veulent un résumé de l’actualité politique en France. Vous aurez reconnu les « c’est eux deux » au fond de la classe…

Mais pas si vite, cependant, mes petits Kfards, vous ne pensez tout de même pas vous en sortir aussi facilement ?

Interrogation surprise !

(j’en vois déjà qui tremblent et qui flageolent, voire qui défaillent)

Vous avez 10 minutes maximum pour remplir le bulletin du Kfard Dchaîné dans les commentaires ci-dessous, en précisant :

  • le ou les TOPs (articles que vous avez préférés)
  • le ou les FLOPs (articles que vous avez ou auriez préféré ne pas lire)
  • ce que vous adoreriez trouver au buffet du Kfard (thèmes, sujets, cibles, formats,…)

TOP (et FLOP) CHRONO, c’est parti, vous pouvez affûter votre plume guillerette ou tailler votre mine déconfite…

Vous avez la parole, les petits Kfards, ne laissez pas passer cette occasion…

P.S. : n’oubliez pas à l’avenir d’évaluer les articles que vous lisez, en leur attribuant un nombre d’étoiles, juste ci-dessous. Ca ne vous prendra que 5 secondes et si vous êtes assez assidus dans le contrôle continu du Kfard Dchaîné, vous éviterez peut-être d’autres interrogations surprise… (mais je ne peux rien garantir, sinon ça gâcherait la surprise, forcément).

Le contrat riant nous revient en boomerang

Ah il avait la banane et la baraka, notre chef de toutes les Armées – Terre, Air et Mer – d’alors, Le D-riant bien nommé, quand il a annoncé « le contrat du siècle » en décembre 2016 !

Ah il avait la banane et la baraka, notre chef de toutes les Armées – Terre, Air et Mer – d’alors, Le D-riant bien nommé, quand il a annoncé « le contrat du siècle » en décembre 2016 !

« C’est quoi ce dossier rouge ? » « Oh, rien d’important, juste une petite clause d’annulation de rien du tout, au cas – très improbable, ça n’est jamais arrivé jusque-là – où quelque chose tournerait mal. Mais vous savez comment sont les juristes… »

Depuis le Concorde, la France n’avait plus connu un tel succès commercial pour les créations géniales de ses ingénieurs ! Et encore, même le Concorde faisait figure de nain de jardin à côté de ce méga-giga contrat de la mort qui tue (avec les excuses du Kfard pour cette image fumeuse aux clients de l’Hotelissimo de Gonesse qui se sont fait livrer par erreur un barbecue qu’ils n’avaient même pas commandé le soir du 25 juillet 2000).

Les superlatifs ne suffisaient plus, il a fallu inventer des hyperlatifs pour qualifier cet exploit qui remettait – enfin – la France immarcescible et insubmersible à la place qui lui revenait de droit, au cœur du concert mondial des grandes puissances militaires et industrielles.

Zim-Boum et tralala, sortez les fanfares, les grosses caisses et les clairons, envoyez la Garde Républicaine, la Patrouille de France et les acrobates du cirque Zapata !

Attraction du défilé du 14 juillet 2019, Franky Zapata fait une démonstration du « combattant volant du futur » sur son hoverboard volant baptisé Flyboard. « Vers l’infiniiiiiii… et au-delààààààààà » !

Vendu à 32 milliards d’euros et réévalué depuis à 56 milliards d’euros, les chiffres à eux seuls donnaient le tournis.

Encore un nouveau succès pour les fleurons de notre industrie aéronautique ? Les Airbus, Dassault et Eurocopter qui font voir la ville en rose à tous les Toulousains ? Eux qui parviennent même dans les meilleurs mois des bonnes années à faire basculer dans le vert la balance de notre commerce extérieur, pourtant lourdement plombée par notre soif de gadgets chinois et de berlines allemandes ?

Même pas ! Tout ça pour douze grosses boîtes en fer blanc – certes bourrées d’électronique et d’armements de pointe – dont le principal rôle est de fureter au fond des océans à longueur d’années sans émettre le moindre son. Eh bien vu le boucan qu’elles viennent de provoquer alors que le premier boulon n’a même pas encore atteint le chantier naval, on peut dire que c’est réussi !

Ces 12 merveilles du savoir-fer à la française sont donc des sous-marins de la classe « Barracuda ». A 5100 tonnes le bout, 56 milliards d’euros pour la douzaine, ça ferait donc 915 euros du kilo de Barracuda, même pas évidé ? Eh ben dis-donc, total respect pour le bagout de notre marchand de poisson LeDrianàvosrangsfix.

Ah il a Bonemine, notre bonimenteur de foire sur le marché aux canons !

Et ce succès inédit a depuis donné des ailes à notre industrie « de défense » (comme elle aime se faire appeler à chaque fois qu’on l’attaque), qui a réussi dans la lancée à fourguer ses joujous « made in France » – les Rafale, les chars et véhicules blindés Nexter, les hélicoptères d’Eurocopter, les missiles de MBDA, les frégates de Naval Group et j’en passe – par cageots entiers aux Salons du Bourget, de Farnborough et d’ailleurs (l’équivalent du marché de Rungis pour les grenades, les pruneaux et autres fruits à destination du marché des grosses légumes militaires). Même le gros-porteur A400M… Non, désolé, c’est une blague… quand même pas le A400M, c’était Mission Impossible d’après Tom Cruise himself. 

Choisir « Mission Impossible » pour vanter les mérites du gros-porteur A400M sur la scène mondiale, il fallait oser ! Encore une idée de génie de Séguéla (le géniteur du brillant « si a 50 ans t’as pas de Rolex… ») ?

Mais voilà t’y pas que – coup de tonnerre – le ciel nous tombe une nouvelle fois sur la tête !

Le Premier Ministre Australien vient de déclarer qu’il « envisageait de reconsidérer le contrat en réponse à l’évolution rapide de l’environnement stratégique auquel l’Australie est confrontée ». Si je décode ce langage diplomatique, ça donne : « Désolé les Frenchies, mais on m’a fait une offre que je ne peux pas refuser, alors vous savez où vous pouvez vous les carrer, vos suppositoires submersibles ? »

Mais qui sont-ils, ces Australiens qui s’assoient sur des millénaires d’usages commerciaux, des siècles de droit des affaires, des années de négociation acharnée et des mois d’autosatisfaction béate pour déchirer en confettis un contrat en bonne et due forme ? Nous n’avions pourtant pas lésiné sur les moyens pour les remercier de leur choix si judicieux. C’est simple, juste avant la signature du contrat, en novembre 2016, l’équipe de France de rugby a eu le tact de s’incliner devant le pack Australien, cette masse indisciplinée de descendants d’anciens bagnards mal dégrossis, au Stade de France. Et lors des 3 confrontations suivantes, lors de la tournée en Australie en juillet 2021, le XV de France les a poliment laissés gagner les matchs d’ouverture et de clôture (en ne jouant vraiment à fond que le 2e match, qu’on a gagné, évidemment) ! Et ces cul-terreux s’imaginent qu’ils vont nous la faire à l’envers ?

Ah mais ils ne connaissent pas Raoul ! Tiens, on va leur envoyer l’Oncle Sam. Depuis Lafayette, il nous aura renvoyé l’ascenseur et sauvé la mise à chaque embrouille dans la cour de récré. Qu’est-ce qu’il leur a mis comme trempe, aux casques à pointe et puis à Adolf et Benito qui lorgnaient sur notre goûter dans la 1e moitié du siècle dernier ! Et depuis, il nous a généreusement doté de l’argent de poche du plan Marshall pour remplir nos poches de bombecs. Puis, en nous acceptant dans son clan, l’OTAN, il a suffi qu’il bande ses muscles et fronce les sourcils de temps à autre pour tenir toutes les autres têtes brûlées en respect.

S’il était possible que vous non plus, vous ne connaissiez pas Raoul, alors comblez vite cette lacune dans votre culture générale en regardant « Les tontons flingueurs ».

Comment ça ? C’est précisément Tonton Sam qui nous plante un boomerang dans le dos, en faisant copain-copain avec l’Australo-pithèque ? Au passage, il n’hésite pas à piétiner notre « contrat du siècle » et notre orgueil, pour regonfler son propre complexe militaro-industriel. Et ultime humiliation, il peut compter sur la com-duplicité de son toujours perfidèle caniche british, si content de prendre sa revanche sur son ex avec laquelle le divorce est à peine consommé, l’Europe, et de retrouver les reflets d’un lustre antique en retricotant le patchwork d’un Commonwealth bien élimé.

Mais ça ne va pas se passer comme ça ! Ils vont voir ce qu’ils vont voir, les ingrats de cette cabale ! Qu’ils ne voient l’Oncle Sam qu’en gourou explique peut-être pourquoi ce dernier se les est mis si facilement dans la poche, mais n’excuse pas leur faux bond, à ces faux-derches qui marchent sur la tête de l’autre côté de la planète ! Ils croyaient quoi, là, les marsupiaux ?

« A l’envers te la faire, je vais. Que la force soit avec toi… ou pas !  » – Maître Yoda le Koala

Tiens, on va les isoler et les parquer sur une île perdue au milieu de l’Océan… non, tiens, pire encore, entre 2 océans.

Et puis on n’y mettra que des déserts arides de sable et de latérite, et des zones infestées d’alligators, de diables de Tasmanie, de termites et d’autres bestioles plus venimeuses et dangereuses les unes que les autres.

Et puis on jouera avec tous les boutons sur la console climatique pour les rendre fous. Et clic, canicule et incendies géants… et clic, tempête et inondations monstres… et re-clic canicule et incendies géants…

Tiens, on vient de retrouver les traces (ou devrais-je dire les impacts ?) de Raoul, le fameux Tonton Flingueur !

Et puis tiens, pour leur faire les pieds, on va rajouter quelques petits supplices chinois. Le seul instrument de musique qu’on leur laissera sur leur île ? Un triangle ? Non, j’ai une meilleure idée encore, un didgeridoo, tiens ! Même avec un pur chef d’oeuvre comme Carmen, ça m’étonnerait que le charme opéra, fût-ce à Sydney !

Et puis on va installer juste à côté leur pire ennemi, une petite île de rien du tout, mais dont les habitants passeront leur temps à les titiller et les ridiculiser. Et comme c’est un supplice chinois, on les appellera Mao-ris. Le sport préféré des Australiens est le rugby ? Eh bien les Maoris voisins leur mettront systématiquement la pâtée, en se payant leur tête avant chaque match avec un rituel moqueur. Ils revendiquent la paternité de la Pavlova, pâtisserie créée en l’honneur d’une célèbre danseuse étoile russe lors de sa tournée dans l’hémisphère Sud dans les années 1920 ? Eh bien même pour une vantardise aussi futile, leurs hargneux voisins leur disputeront la primeur pied à pied, rien que pour les fâcher tout rouge, na !

Si ça te vexe, t’haka essayer de te plaindre à l’arbitre, petite nature, va !

Ah ils vont comprendre leur douleur lorsque la France montrera de quoi elle est capable quand elle se fâche ! Tiens, il se pourrait bien que leurs bateaux se retrouvent malencontreusement plastiqués par des commandos d’élite indétectables et inarrêtables… Bon, OK, là j’affabule… quoique.

Le 10 juillet 1985, on a enfin compris pourquoi on surnommait les services secrets français (DGSE) « la piscine »

Mais le coq gaulois ne va pas tarder à faire entendre le « Cocorico » strident de la fureur du chapon, et ce jour-là les imprudents s’en mordront les doigts ou s’en picoreront les ergots, même s’ils s’enfoncent la tête sous le sable comme des autruches.

Tiens, vous ne pourrez pas dire que je ne vous avais pas prévenus, la funeste nouvelle vient de tomber sur tous les prompteurs ! On peut dire que nous n’y sommes pas allés avec le dos de la petite cuillère, mais nous avons beau être magnanimes, quand on éprouve les limites de notre patience, on finit par nous faire exploser !

On ne se méfie pas assez, mais le jour où les poulets auront des dents…

La France montre les dents, et vient, dans un déferlement de colère froide, d’annuler – sans aucun préavis ! – un pince-fesses que son Ambassade à Washington s’apprêtait à tenir en l’honneur de la bataille navale de la baie de Chesapeake (que la France a remportée en 1781 contre… les Anglais dans son alliance avec les tous jeunots Etats-Unis d’Amérique qui rêvaient de s’émanciper – quand je vous parlais d’ingratitude…).

Mais ce n’est pas tout ! Dans la même semaine (quelle Blitzkrieg, j’en ai la chair de poule), notre ministre blémi-potentiaire Le Drian (eh oui, encore lui, mais avec une nouvelle casquette !) a rappelé – d’un coup d’un seul – les Ambassadeurs de France aux Etats-Unis et en Australie !

Le dernier qui nous a cherché n’est plus là pour en témoigner…

C’est horrible ! C’est affreux ! Le monde frémit ! L’univers entier tremble des retombées de ce cataclysme, et n’ose imaginer ce que pourraient être les prochaines étapes de cette escalade de la terreur !

… eh oui, maintenant vous le saurez, y’avait qu’à pas nous chercher !

No commante !

Oncle Jinping, un Xi qui vous colle à jamais ?

Le Grand Timonier de l’Empire du Milieu est bilieux. Parce qu’être le centre du Monde vous expose forcément de tous côtés, et qu’il y a bien longtemps que la Grande Muraille n’est plus étanche !

Le Grand Timonier de l’Empire du Milieu est bilieux. Parce qu’être le centre du Monde vous expose forcément de tous côtés, et qu’il y a bien longtemps que la Grande Muraille n’est plus étanche !

On le sent crispé, le Xi, manifestement plus inspiré de Mao, avec ses « le pouvoir est au bout du fusil » et « il est plus utile de tuer des moustiques que de faire l’amour » (eh oui, un vrai boute-en-train !), que par Confucius quand il disait “Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie.” Pas sûr que Xi aime son boulot, et si c’est le cas, il le cache vachement bien derrière son masque figé de Commandeur, qui laisse la Cité interdite !

Xi salue ses fans après son dernier stand-up qui a mis son public en transes

Pour assoir sa Xi-ctature démocratique du Peuple sous-vérin, il n’a pourtant pas ménagé sa peine, ni celle des nombreuses victimes qu’il a étouffées sous son zèle. Mais qu’est-ce que des milliers, voire des dizaines de millions de « dommages collatéraux », quand on a la charge de rendre à la Chine le leadership mondial qui lui a été confisqué voici plusieurs siècles ? On ne va pas se laisser impressionner par 2 ou 3 Pékins tout de même ? Si Pékin est certes au 8e rang des plus grandes villes du monde, elle ne représente tout de même que 1,5% de la population du pays !

Ah il a la main lourde, le Xi-ropracteur, quand il propose généreusement – mais cependant avec insistance – un « massage énergique » pour réaligner les vertèbres dissidentes de ces impatients de pas sages, qu’ils soient de Hong-Kong, de Macao ou d’ailleurs, sur la ligne du Parti. Vous pensiez être planqués à l’abri sur les sommets du Tibet ? Tintin ! Au fin fond du Xinjiang ? Vous vous Ouïgourez grave ! Au large, sur l’Ile de Taïwan ? Vous qui avez misé sur le statu Kuomintang, finirez, vous aussi, enfermés dans un bocal de Formose au fond d’un placard de la mère patrie.

Ses prédécesseurs, depuis Deng Xiaoping en 1976, avaient déjà mis le pays sur les rails d’une croissance exponentielle, lançant tôt le train fou d’une industrialisation à marche forcée, qui dévore et essore des foules de paysans, attirés par le mirage d’une vie meilleure dans des mégalopoles et des mégalo-usines poussant comme des champignons.

La Grande Galerie de la Révolution du Muséum International d’Histoire Surnaturelle

Encore deuxième économie du monde, la Chine a cependant déjà dépassé les Etats-Unis par son PIB en parité de pouvoir d’achat depuis 2014, l’année suivant l’accession de Xi au pouvoir suprême. Et le monde a regardé grandir celui qu’il prenait encore pour un Nain jaune, le voyant devenir l’atelier manufacturier du Monde, inondant la planète de ses montagnes de containers de productions « made in PRC ». Quelle endurance et quelle générosité, ces foules prolétaires innombrables qui acceptent spontanément – sous l’œil bienveillant d’Oncle Xi – de trimer 7 jours sur 7 pour des salaires de misère dans des conditions inhumaines, pour nous permettre de nous offrir l’écran plat, le grille-pain ou le dernier téléphone à la mode toujours moins cher.

Et puis, soyons honnêtes, quelle naïveté aussi, nous disions-nous, plus cyniques que sinophiles.  Tout en trimant sang et eau pour satisfaire notre boulimie consumériste, ces lutins du père Noël étaient aussi en train de goûter – et de prendre goût, comment en serait-il autrement ? – aux distractions, aux addictions, et à l’accumulation capitaliste.  Cet opium avait déjà fait fondre le bloc de glace soviétique, il allait inexorablement hypnotiser cette nouvelle foule communiste et sentimentale, qui serait attirée elle aussi par les étoiles, le gasoil et tant d’offres commerciales.

« Dès que Manu aura le dos tourné, vous me badigeonnerez le Palais de l’Elysée en Rouge,
ni vu ni connu »

Et les multinationales aux aguets de saliver déjà, serviette autour du cou, sur l’immensité du gâteau à se partager.

Mais Xi a omis d’être bête, lui aussi « il a tout compris », bien avant Free.

A force de confier progressivement à la Chine la fabrication du moindre produit pour en réduire inexorablement le coût de production, nous nous réveillons soudain avec la gueule de bois, totalement dépendants, « pieds et poings liés » pour un nombre impressionnant de fournitures stratégiques. Un seul exemple, l’amoxicilline, médicament le plus prescrit aux patients dans les hôpitaux en France, n’est produit qu’en Chine (90% de tous les antibiotiques au monde ne sont fabriqués qu’en Chine et en Inde). Mais la situation est similaire dans des pans entiers de l’économie, comme nous en avons eu un tout petit aperçu à l’occasion des multiples « crises d’approvisionnement » au début de la pandémie de Covid-19.

Face à la très courte vue des géants de Wall Street soumis à la dictature des résultats trimestriels, et même du gouvernement américain pendu à la pendule des élections tous les 4 ans, le Dragon joue lui sur une partition du temps long. Indéboulonnable depuis près de 10 ans, Xi va puiser son inspiration dans la sagesse multi-millénaire d’un contemporain de Confucius, Sun Zi, et son « Art de la Guerre ».

« Une armée sans agents secrets est exactement comme un homme sans yeux et sans oreilles » disait déjà Sun Zi il y a 2500 ans. Capitalisant sur le savoir-faire développé de longue date dans l’espionnage militaire et industriel, la Chine de Xi Jinping a développé une armée de hackers soupçonnés d’être derrière les cyber-attaques les plus massives des dernières années (talonnés par leurs voisins et souvent alliés de circonstance, les Russes).

« L’art de la guerre, c’est de soumettre l’ennemi sans combat » professait Sun Zi. A l’aube du 21e siècle, 2 anciens colonels de l’Armée chinoise font écho à ce principe dans leur livre, « la Guerre hors limites », qui explique comment vaincre un adversaire technologiquement supérieur (en l’occurrence, les États-Unis) en s’appuyant sur « divers moyens » autres que la confrontation militaire directe.

Et Xi est passé maître dans l’art d’inventer et de déployer ces « divers moyens » tous azimuts.

« Et je lève mon verre… plein de rouge quand même… what did you expect ? »

Zedong avait maolicieusement insinué qu’« il n’y a pas de routes droites dans le monde ». Xi s’emploie à dérouler ses sino-euses « nouvelles routes de la Soie ». Elles serpentent et étendent progressivement leurs tentacules tout autour de la planète, pour enserrer les territoires dans leur emprise, en capter toutes les ressources, et les ramener… vers soi.

Que d’efforts déployés pour « venir en aide » à toutes les veuves et les orphelins de la planète – qui tombent aussitôt dans sa zone d’influence : la Grèce à qui des joyaux, dont le port du Pirée, sont rachetés alors que le pays est menacé du pire, le continent africain quadrillé par ses conglomérats miniers ou de BTP, ou plus récemment, les « pauvres » talibans d’Afghanistan mis au ban de la communauté internationale, à qui la Chine a offert de prêter l’oreille (en oubliant de mentionner le taux d’intérêt).

Pour saper l’ennemi sans l’affronter de face, ce redoutable joueur de go redouble d’imagination : lâcher sur la scène internationale une meute de jeunes « loups combattants » qui rendent vraiment les balles de Monsieur l’Ambassadeur inoubliables. Ou revendiquer le moindre caillou qui dépasse de l’eau en Mer de Chine (son nom laisse pourtant peu de doutes sur l’identité du propriétaire, non ?) pour y planter un drapeau et une patrouille de plantons. Ou mettre des bâtons dans les roues au Conseil de Sécurité de l’ONU à la moindre occasion avec l’autre larron, la Russie.

Le dialogue classique des amoureux transis : « C’est toi qui me lâche d’abord.. non toi… toi je te dis… non toi… »

Ecartée de la Station Spatiale Internationale, la Chine de Xi a patiemment développé et mis sur orbite son propre « Palais Céleste », et nargue ses arrogants petits camarades en envoyant sur la Lune des sondes baptisées « Lapins de Jade » – loin d’être crétins – damant le pion au grand rival américain en étant les premiers à se poser sur la face cachée, ou à ramener des échantillons de roche lunaire sur la Terre.

Mais pourquoi donc chaque Taïkonaute part-il dans l’espace avec sa machine à coudre ? Ils ont peur de s’ennuyer quand ils voient Thomas Pesquet passer son temps sur les réseaux sociaux ?
Mais le Xi-tanic ne commencerait-il pas à prendre l’eau ?

Les Cassandres entendent déjà sonner le gong du K.O. en voyant vaciller Evergrande, le 2e plus gros promoteur immobilier chinois – qui emploie 200.000 personnes et revendique 3,6 millions d’emplois indirects dans le pays – qui croule sous une dette accumulée de 260 Milliards d’€ pour financer un feu d’artifice de diversifications hasardeuses dans des secteurs aussi avariés que les parcs d’attraction ou la banque. Est-ce la première fissure qui va entraîner l’effondrement de la gigantesque bulle du marché immobilier chinois ?

Un ballet ininterrompu de grues barre la skyline des mégalopoles chinoises en surchauffe

En 1973, Alain Peyrefitte s’inquiétait de voir « la Chine se réveiller » quand le soleil se lèverait sur l’Extrême-Orient. Les évolutions brutales et massives qu’a depuis connu le pays avec l’exode rural, la politique de l’enfant unique et les chocs sociétaux ont tellement accéléré les évolutions que nous craignons désormais d’en vivre – déjà – le crépuscule. En effet, la natalité s’effondre rapidement et la pyramide des âges du pays est en train de se retourner comme une chaussette, au point d’envisager que sa population commence à baisser dès 2027, et qu’elle se fasse dépasser alors par l’Inde ! Quand l’atelier du Monde commencera à se vider de ses bras et que le plus grand marché mondial commencera à tomber comme un soufflé, pendant que les hospices se rempliront de vieux vaseux chinois, il aura fière allure sur son radeau à la dérive, le Grand Timonier ! Il aura plus de mal à grimer un pangolin en caribou pour essayer de nous convaincre que le virus de la Covid-19 n’est pas chinois, mais américain.

Quelqu’un peut m’expliquer pourquoi dans un théâtre chinois les gradins tournent le dos à la scène ? C’est à cause des ombres chinoises ?

Mais ne sous-estimons pas notre Ma-Xi-avel, qui connait son Sun Zi par cœur : « Il faut feindre la faiblesse, afin que l’ennemi se perde dans l’arrogance » et « Attaque ton ennemi quand il n’est pas préparé. Apparais quand tu n’es pas attendu ».

Et le fait est qu’on ne s’attendait pas à la frénésie récente de risettes de ce pince-sans-rire :

Jack Ma et quelques autres grands patrons ou personnalités publiques se sentent pousser des ailes de géants arrogants, à vanter Alibaba, Tencent, Ant Group et les 38 autres voleurs ?

« Je ne crains personne, j’ai tout planqué là-haut »

RESET. Les voilà qui disparaissent plusieurs jours ou semaines « dans la matrice », et reviennent « reformatés », courbant l’échine et ânonnant le discours officiel du Parti.

Les jeunes mineurs chinois aux corps ronds s’adonnent jour et nuit aux jeux vidéo, nouvel opium du peuple qui menace leur avenir de mineurs au charbon dans les corons ?

RESET. Xi vient tout de go d’annoncer la fin de la récré avec la limitation à 3 heures par semaine et 1 heure par jour maximum du temps de jeu des mineurs (on signe où pour y inscrire ses enfants ?). Et pour occuper leur « temps de cerveau disponible » soudain libéré (il a décidément pensé à tout !), il a généreusement offert d’introduire dans le programme obligatoire de toutes les écoles de Chine, dès 6 ans (accrochez-vous) : « la pensée Xi Jinping sur le socialisme aux caractéristiques chinoises pour une nouvelle ère (sic)» !

Quand le doigt montre la Lune… rappelez-moi ce que fait l’imbécile ?

Il s’affiche aujourd’hui comme le Maître des Cartes, le Xi-romancien. Alors il écrit sa propre histoire, ou du moins il la dicte à des plumes serviles, des ombres chinoises, et n’hésite pas à substituer sa pensée unique au kilo aux idéogrammes.

Mais prend garde, Oncle Jinping, quand la Chine s’éveillera…

Niché et dé-chiné… par le Kfard Dchaîné

Il y avait un os dans Theranos

L' »autre » avait transformé l’eau en vin il y a 2000 ans. « Has been » a décrété cette prophète 2.0, cette alchimiste digitale qui se targuait de transformer une goutte de sang en montagnes d’or.

Si nous profitions de votre forme olympique au retour de vacances ressourçantes pour sortir des sentiers battus, et vous proposer une randonnée dans des contrées sauvages et méconnues ? 

Vous pensez aux sommets tibétains de la panthère des neiges de Sylvain Tesson ? Bien trop froid, vous vous égarez. Essayez encore !

Les quartiers Nord de Marseille ? Vous tiédissez, mais à peine. La densité de population y a tellement explosé récemment, avec les cars de CRS, les paquebots de journalistes et les cortèges de ministres qui y déboulent en foule compacte depuis plusieurs jours maintenant, que le safari annoncé ressemblerait à une banale sortie au parc animalier familial.

La jungle de Wall Street, avec ses meutes de loups dopés à la coke et à l’odeur du sans : sans scrupules, sans limites et sanguinaires ? Vous brûlez. Ce bûcher des vanités nous aura en effet livré des méchants et des salauds caricaturaux de série B par tombereaux entiers, qu’on adore tous haïr en public (et que l’on hait devoir admettre adorer en secret). Si le personnage de l’« odieux JR » a inauguré le genre dans la série télé Dallas au début des années 80 (boomers welcome), il a vite été surpassé dans la vraie vie , du « loup de Wall Street » Jordan Belfort[i] dans les années ’90 à Bernard Madoff[ii] et sa pyramide de Ponzi qui a évaporé 65 milliards de dollars au début des années 2000.

Mais si vous poussiez un peu plus à l’Ouest, vous constateriez que ces petits caïds d’opérette font bien pâle visage à côté de cette authentique Calamity Jane du véritable Far West, cette Impératrice de l’Imposture dont je vais vous conter l’histoire.

Avez-vous déjà entendu le nom d’Elizabeth Holmes ?

Tout le monde aurait donné le Bon Dieu sans confession à cette gamine bien née, bien élevée, qui devint à moins de 30 ans la « self-made woman » la plus célèbre, et la première milliardaire de l’histoire de la Silicon Valley.

Elizabeth Holmes fait une entrée fracassante dans le classement Forbes 400 en 2014

Elizabeth commença par avoir la bonne idée de bien naître. Les racines de son arbre généalogique de bête de concours sentent le chêne ciré des vénérables institutions WASP[iii], dont il coche toutes les cases : son père avait fait carrière à l’Agence des Etats-Unis pour le développement international, un de ses ascendants avait été directeur de l’université de Cincinatti, un autre avait créé une marque emblématique aux Etats-Unis, Fleishmann’s Yeast (aussi mythique là-bas que la Tomato Ketchup Heinz, sa seule limite étant de ne pas avoir réussi à traverser l’Atlantique, elle)…

La jeune pousse précoce émergea de la forêt dès 19 ans, en interrompant ses prestigieuses études à Stanford – où elle était forcément major de sa promotion – pour créer sa société, Theranos, avec l’ambition de révolutionner le diagnostic médical –  en réalisant des dizaines de diagnostics médicaux à partir d’une seule goutte de sang – comme un certain Steve Jobs avait, quelques années plus tôt, révolutionné l’informatique… vous sentez l’encens de la légende qui commence à auréoler la Reine Elizabeth, qui marche déjà dans les pas du Dieu de sa religion monothésauriste ?

La blonde gironde savait capter la lumière des projecteurs et l’attention des foules, promenant sur les plateaux et les estrades son uniforme-soutane de moine-soldat médiatique high-tech : un pull à col roulé moulant (comme Steve Jobs vous dis-je !), servant d’écrin à son sourire de madone, sa crinière étincelante et sa dentition parfaite qui rayait le parquet (…et là, on commence même à se dire que la petite pourrait dépasser le maître).

Cette fine mouche sut dénicher les truffes les plus respectables du Bottin Mondain pour s’en entourer et bénéficier de leur aura. Vous me soupçonnez d’emphase ? Jugez plutôt son tableau de chasse : Bill Clinton, Rupert Murdoch… vous doutez encore ? Et Larry Ellison, patron et co-fondateur d’Oracle ? Et James Mattis, alors général 4 étoiles et devenu depuis secrétaire à la Défense de Trump ? Et Henry Kissinger, ancien Secrétaire d’Etat ?

L’ancien Président des Etats-Unis Bill Clinton (L) parle avec Jack Ma (R), Président d’Alibaba Group, et Elizabeth Holmes, PDG de Theranos, pendant la réunion annuelle de la Clinton Global Initiative à New York, le 29 septembre 2015. REUTERS/Brendan McDermid

Ça ne vous suffit toujours pas ? Qu’est-ce qu’il vous faut ?

Encore un noir ?  Encore un Beur ? Encore une larme de bonheur ?

Telle Céline Dion, elle imposa sa voix sur la scène internationale, et monta – sur les tapis rouges, le tapis vert et sur les affiches – plus haut que n’importe qui, pour devenir la plus jeune milliardaire du monde en 2013 (non héritière en plus, un coup à froisser – encore un peu plus – notre Liliane Bettencourt nationale).

Vous attendiez de cette poupée Barbie une comptine sentimentale sirupeuse, ou un murmure de jazz langoureux ? Vous risquez d’être surpris. Mais laissons-lui plutôt la parole.

Ladies & gentlemen, big up for Eliiiiiiiiiiiiiizabeth Hooooooooolmes !

Alors ouais, j'me la raconte  [iv]
Ouais ouais, je détonne
Nan nan, c'est pas l'école qui m'a dicté mes codes
J’aime pas me faire piquer, alors je joue à la roulette
Sortez les biftons, y’a trop d’seringues dans vos labos,
Alors ouais, j'me la raconte
Ouais ouais, je détonne

Nan nan, c'est pas l'école qui m'a dicté mes codes
T’aime pas te faire piquer (toi non plus), alors mise sur ma roulette
Sortez les biftons, sortez les chéquiers, virez les seringues
Y a comme un goût de sang quand je marche dans ma Valley
Y a comme un goût de gène avec mes foireux diagnostics
Y a comme un goût d'aigreur chez les traders d’la City
Y a comme un goût d'erreur quand on réalise qu’la boîte est vide
Me demande pas ce qui m’ pousse à dépasser les limites
J'suis pas la Vierge Marie, j'suis qu'une Steve Jobs en dev'nir
Moi je joue qu’à la roulette

Me demande pas si j'ai mon MBA [v], j'ai que le NDA [vi] 
Et je t'embarque, je t'embrase
Je te mate car je t'embarrasse
Y a comme un goût de Smirnoff
Comme un goût d’Bernard Madoff
Comme un goût de Theranos, eh ouais tu l’as dans l’os
Y a comme un goût de moula moula dans la Silicon’
Comme un goût de roulette roulette sur les ondes
Alors ouais, je détonne
Ouais ouais, j’t’impressionne
Nan nan, c'est pas l'école qui m'a dicté mes codes
Sans sang, génération 100 %
Alors ouais, je t’étonne
Ouais ouais, j’t’impressionne
Nan nan, c'est pas l'école qui m'a dicté mes codes
Sans sang, génération 100 %

Y a comme un goût de vitriol quand je marche dans ma Valley
Y a comme une goutte de sang qui s’efface pas au lavage
Y a comme un goût de peur chez les tontons complaisants
Y a comme une gueule de bois qui crispe les visages
Me demande pas ce qui les pousse à me casser les couilles
J'suis pas les SECours [vii], j'suis qu'une petite qui se débrouille
Moi je joue qu’à la roulette

Me demande pas si j'aime la vie
Moi j'aime la frime
Et j'emmerde la FDA [viii] juste parce que ça m’fait MDR
Y a comme un goût de Bad Blood
Dans les rayons de Walgreens
Comme un goût de hardcore (hardcore) dans les labos
Y a comme un goût de moula moula dans la Silicon’
Comme un goût de roulette roulette sur les ondes

Alors ouais, je détonne
Ouais ouais, j’t’impressionne
Nan nan, c'est pas l'école qui m'a dicté mes codes
Sans sang, génération 100 %
Nan nan, c'est pas l'école qui m'a dicté mes codes
Sans sang, génération 100 %
Elizabeth Holmes devant la « boîte noire » miraculeuse de Theranos, baptisée Edison, censée réaliser des dizaines de diagnostics médicaux à partir d’une seule goutte de sang du patient. Elle parvint à déployer cet équipement dans la plus grande chaîne de pharmacies des Etats-Unis, Walgreens, alors qu’il n’avait jamais fonctionné !


Pendant 12 ans Elizabeth Holmes aura réussi à faire croire au monde entier – et à elle la première – qu’elle était capable de changer une goutte de sang en montagne d’or grâce à sa « boîte noire » Edison et qu’elle pouvait faire grimper son haricot magique Theranos jusqu’au ciel. Dans son aveuglement, elle parvint à écarter systématiquement tous ceux qui se dressaient sur son chemin, ou se contentaient de ne pas se laisser hypnotiser ou intimider. Il faudra le talent et la ténacité d’un journaliste d’investigation d’exception, John Carreyrou, pour dévoiler le pot aux roses et finir par faire vaciller son château de cartes.

Chapeau bas les artistes (la prestidigitatrice et celui qui sut la démasquer) !

Et si l’icône valait… que dalle, finalement ?

Cependant, le Kfard Dchaîné ne peut décemment pas laisser le dernier mot à un escroc de haut vol, aussi charmeur et charmant fût-elle.

Je vous propose donc d’attendre impatiemment avec moi le verdict du jury lors de son procès qui devrait débuter dans les prochains jours, et où elle risque jusqu’à 20 ans de prison.

« Fais-le, ou ne le fais pas… mais ne te contente pas d’essayer » – quand on tire son inspiration de Maître Yoda, on peut profiter de la semaine des 4 Jedis

P.S. : Si ce résumé vous a donné envie d’en savoir plus, je vous invite à lire l’excellent livre enquête de John Carreyrou, intitulé « Bad Blood », ou à attendre le film qui en sera inspiré, avec Jennifer Lawrence dans le rôle d’Elizabeth Holmes, qui devrait sortir en 2022.

Et pour les Kfards pressés, l’excellent documentaire « The inventor : out for blood in Silicon Valley » de HBO, dont le trailer est proposé sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=wtDaP18OGfw


Pattes de mouche du Kfard :

[i] Jordan Belfort est le « vrai » trader qui a inspiré le film « Le Loup de Wall Street », dans lequel son rôle est interprété par Leonardo di Caprio, tout humblement

[ii] Bernard Madoff est un entrepreneur autodidacte qui devint le patron d’une des plus grosses sociétés d’investissement de Wall Street, après avoir participé à la création et au développement du Nasdaq, le marché des valeurs technologiques, et en avoir été le président pendant 3 ans. L’escroquerie de son principal fonds spéculatif, qu’il réservait à moins de 25 de ses meilleurs clients « triés sur le volet », et qui consistait en une « pyramide de Ponzi » ou « cavalerie » (le rendement élevé annoncé à ses premiers investisseurs est en réalité financé par les versements des investisseurs les plus récents), est découverte en décembre 2008, du fait de retraits de 7 milliards de dollars suite à la chute des marchés financiers.

[iii] WASP – acronyme pour « White Anglo-Saxon Protestant », il désigne l’archétype de l’Anglo-Saxon, descendant des immigrants protestants d’Europe du Nord et de l’Ouest, dont la pensée et le mode de vie ont structuré une partie de la nation américaine depuis les premières colonies anglaises du XVIIe siècle.

[iv] Libre adaptation d’après « la Boulette » de Diam’s

[v] MBA = acronyme pour « Master of Business Administration », diplôme certifiant des études supérieures de gestion d’entreprise

[vi] NDA = acronyme pour « Non Disclosure Agreement », un engagement formel de confidentialité souvent exigé des employés ou partenaires commerciaux dans le monde des affaires. Des sociétés et start-ups comme Theranos ont abusé de ce type d’engagements pour cacher des pratiques frauduleuses ou masquer des progrès insuffisants aux investisseurs.

[vii] SEC = U.S. Securities and Exchange Commission, l’autorité de régulation des marchés financiers des Etats-Unis

[vii] FDA = Food and Drug Administration, l’autorité fédérale de régulation de la Santé et de l’Alimentation des Etats-Unis

Le cirque des Jeux du soleil couchant

Pendant que des héros modernes se surpassent aux Jeux Paralympiques à l’autre bout du monde, nous restons ici condamnés à subir les simagrées des saltimbanques infatués de la télé-réalité augmentée. Mais vous savez que vous pouvez compter sur le Kfard Dchaîné pour transformer leur citrouille en carrosse… en voiture Simone !

Pendant que la performance et le parcours des valeureux athlètes et héros modernes des Jeux Paralympiques de Tokyo force le respect, mais à des milliers de kilomètres et avec un décalage horaire de 7 heures, nous voilà condamnés à subir les facéties de ces bataillons de concurrents qui n’ont pas réussi à passer les qualifications, et les foules de ceux qui ont été disqualifiés.

Oui, oui, vous les avez reconnus, les saltimbanques infatués de la télé-réalité augmentée, qui saturent nos écrans et notre « temps de cerveau disponible » et nous entraînent dans la médiocrité de leurs compétitions, cherchant à nous convaincre de troquer notre royaume contre un, en pire (le leur, évidemment).

Qu’à cela ne tienne, le Kfard Dchaîné va passer à l’alambic ces pâles et insipides fruits souvent déjà blets, pour vous servir une chronique au vitriol qui, j’espère, vous consolera des Jeux, du saké et du whisky nippons.

Je tiens à présenter par avance toutes mes excuses aux vrais athlètes qui y sont, eux, à Tokyo. En aucun cas je n’ai l’intention de les assimiler ou de les comparer aux tocards ci-dessous (je vous laisse en juger par vous-mêmes, les ptits Kfards), mais le spectacle que nous donnent à voir ces amateurs – pas toujours éclairés à tous les étages – peut être distrayant, voire jubilatoire.

Jugez plutôt :

Du Puy du Fou à la Fosse des Marines

Couverture de Charlie Hebdo par Félix, chinée et dénichée par 6rano

A tout seigneur, tout honneur ! Il faut reconnaître à Philippe de Villiers une vision stratégique hors du commun pour avoir détecté le pouvoir d’attraction exercé sur les foules par la nostalgie régressive de la dictature impériale romaine et de la cruauté des combats de gladiateurs. Il faut lui reconnaître une grande clairvoyance également, ayant réalisé assez vite qu’il n’avait aucune chance d’aller taquiner le Pic de la Mirandole aux sommets, pour se spécialiser dans l’exploration des profondeurs insondables, que ce soit avec le Puy… du Fou ou les mouvances extrémistes (et c’est vraiment là qu’il racle le fond).

Il continue à se tirer la bourre avec la mère Marine qui, à force de détricoter l’écheveau de son père (l’eusses tu cru, ça l’a fait monter sur ses grands chevaux) a semble-t-il perdu le fil, ou en tout cas peine à l’enfiler dans son chas. Elle a beau crier par la fenêtre à qui le lui rendra (qui chas, qui chas ?), son entourage a encore du mal à digérer la soupe à la grimace qu’elle a servi entre les 2 tours de la dernière présidentielle.

Mais voilà que ces deux compères sont rejoints par des jadis freluquets à l’ambition démesurée : Pascal, qui est toujours Praud à dégainer son colt à polémique plus vite encore que l’ombre d’une réflexion. Et Zemmour bien sûr, forcément ! Que penser de Zemmour, ce cocktail si furieusement tendance dans les soirées en ville ? La recette est malheureusement très – trop – classique, mais terriblement enivrante et efficace : une perle de culture, un zeste d’ironie, et trois bons litrons de conservatisme réactionnaire saupoudrés d’une pincée de dédain hautain. Secouez bien fort et servez dans une flûte (ou un pipeau) bien glaçant, ça fait des ravages !

Caricature de Goubelle, chinée et dénichée par 6rano

Koh Lanta – la légende… mythique ou miteuse ?

Caricature de Fey, chinée et dénichée par 6rano

C’est bien connu, c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. Alors celle de la campagne pour les présidentielles de 2022 s’annonce comme un millésime exceptionnel ! Bison Futé annonce déjà un embouteillage de candidats caducs, obsolètes, révolus, vétustes, surranés, périmés digne d’un 31 juillet au péage de Saint-Arnoult ! Tous les candidats que vous avez adorés dans les saisons précédentes seront là. Et ceux à qui vous aviez pensé clairement faire comprendre que la France se passerait volontiers de leur offre de service… et bien ils seront recyclés aussi, si si, mode écologique oblige 😊. Même l’apiculteur Arnaud Montebourg se sent pousser des ailes (dans le secret espoir qu’on accorde d’ici là le droit de vote aux abeilles ?). D’ici à ce que le vent d’autan nous ramène une violente bourrasque de Valls par-dessus les Pyrénées, il n’y a qu’un pas ; on n’imagine décidément pas tous les méfaits dont est capable le dérèglement climatique ! Quant à Dupont-Aignan, Philippot, ou Poutou, je n’imagine pas d’autre explication à leur candidature que le masochisme.

Affiche parodique chinée et dénichée par 6rano

Bon, d’accord, c’est la fête du slip, mais tout de même, Nicolas, ne rêve pas…même en te rasant ! Rêver de quoi ? Ne fais pas l’innocent, de retour au Palais ! Brogniard te l’avait pourtant bien dit : « la sentence est irrévocable ». D’aucuns avant toi, sans faire autant de chichi, ont rêvé de pouvoir s’appuyer sur des potos de 30 ans dans les épreuves qu’ils traversaient, mais leurs illusions ont été vite douchées, bien avant le feu de camp du Conseil.

Quant à ceux qui parient sur la stratégie et l’alliance du camp des jaunes, ils risquent de rester sur leur faim. On ne compte plus les retournements de gilet pour s’allier tantôt aux rouges, tantôt aux bleu marine !

Good doctor à la clinique de la Forêt Noire

Chiné et déniché par 6rano

Jamais depuis Molière et son Malade Imaginaire, l’hôpital ne s’était autant moqué – et de façon aussi désolante – de la charité qu’avec les clowns tristes Raoult et Perronne pendant la pandémie de Covid-19. Et boum que je décoche un coup de pied au culte d’Hippocrate ! Et vlan que je t’envoie un seau d’hydroxychloroquine dans la tronche ! Et pan dans l’arrière-train un suppositoire d’azithromycine ! Ça fait plus scientifique que saignées, clystères et lavements, mais ça n’est guère plus sérieux, et ils n’ont pas l’excuse d’être nés trop tôt pour savoir, eux ! Dans leur Cour des Miracles, sous leur barnum antivax, anti-élites et anti-tout, ils entraînent une sacrée bande de doux-dingues – plus ou moins doux et plus ou moins dingues – un éventail improbable qui va de François Asselineau – atteint d’une maladie rare, la Frexitose, qui grignote inexorablement ses scores à chaque nouvelle élection (et fait avancer la recherche qui découvre à chaque fois une nouvelle décimale derrière la virgule) – à Francis Lalanne qui lutte inlassablement (hélas…) pour sauver sa voix d’extinction.

Photo chinée et dénichée par 6rano

Au secours, Intervilles est de retour !

Youpi, la crise est derrière nous, en tout cas pour le ballon rond ! L’argent coule à nouveau à flots sur les ligues de football professionnel, bling bling ! La ligue 1 Uber Eats et la Ligue 2 BKT (si, si, c’est comme ça qu’elles s’appellent, sans déconner ! Pour les ignares comme moi, BKT est une marque de « pneus hors route »… tant que ce n’est pas une sortie de route) recommencent à faire tourner la machine à floquer les maillots et à brasser du cash. Le transfert de Messi au PSG ? Avant même qu’il ait chaussé les crampons et mouillé son nouveau maillot, c’est un record de ventes de son ancien maillot du Barça qui a été battu, avant qu’il n’y en ait plus, et déjà un record de ventes de son futur maillot au PSG (avant que Kilian ils n’aient plus). Ça paie décidément au moins autant de retourner son maillot que de retourner sa veste !

Et le sport dans tout ça ? Mais qui donc s’en soucie encore, à part les pisse-froid et les gâte-sauces ? Si le PSG n’est pas capable, avec une armada qui aligne autant de zéros (sur les fiches de paie, vous n’oseriez pas me soupçonner de mauvais esprit, quand même ?), de mettre une pâtée dans ces jeux Interville modernes aux troupeaux de vachettes de Troyes, Lorient, Angers ou aux moules toujours collées à leur rocher de Monaco, c’est comme… je sais pas moi… comme si l’armée des Etats-Unis d’Amérique se faisait humilier par une bandelette de turbans en Afghanistan : c’est juste impensable !

Caricature chinée et dénichée par 6rano

Et voilà le tableau, les p’tits Kfards !

Le plus beau dans l’affaire, c’est qu’il est fort à parier que ces bateleurs de foire vont continuer à nous distraire bien après que le rideau soie tombé sur les jeux de Tokyo, dans les mois voire les années à venir.

Ça nous permettra de patienter jusqu’en 2024, où, comme l’avait déjà prédit l’oracle Juvénal dans la Rome antique (plus fort que Nostradamus, le mec !) nous aurons enfin droit à un spectacle qui suscite le respect – sans avoir besoin de forcer – et l’enthousiasme – sans prompteur ou chauffeur de salle :

« Paname et circences »

(« Paris et des jeux », pour ceux qui n’ont pas fréquenté les bancs du Quartier Latin).