Vite, il ne reste que quelques jours pour vous proposer un dernier jeu avant la reprise ! Pour ce dernier jeu de les T, après vous avoir casé plein de chiffres dans une grille de mots croisés (cf. « Des lettres… et des chiffres »), essayez donc cette grille de Sudoku… avec des lettres (c’est, du coup, un Mojidoku ou Wordoku). Vous verrez, c’est facile, inutile de vous passer la cordoku.
Vous connaissez le Sudoku, n’est ce pas ? Et bien ici les règles sont les mêmes : une grille de 9 lignes sur 9 colonnes, répartie également en 9 blocs de 9 cases (3×3).
Dans chaque ligne, chaque colonne et chaque bloc, la même lettre (au lieu du même chiffre dans un Sudoku classique) n’apparait qu’une fois.
Les 9 lettres utilisées dans cette grille sont : ACEIHNOTV.
Si c’est trop compliqué pour votre cerveau encore engourdi par le chant des cigales et les vapeurs de pastis ou de chouchen, je vous propose plutôt le moyen mnémotechnique suivant : V.O. CHIANTE.
Ca ne vous suffit pas ?
Allez, petit indice supplémentaire pour vous lancer (ou vous aider à avancer). Vous vous demandez que vient faire le T de couleur en bleu et vert en plein milieu ?
Et bien la définition du mot en bleu est :
il arrive à cette fille des Iles d’être gonflante
Et la définition du mot en vert est :
Lorsqu’elle en est affectée, la face du gratin dauphinois perd ses grands airs.
Et maintenant, taillez vos crayons et affûtez vos neurones (ça sera toujours ça d’avancé pour la rentrée à venir, sans vouloir remuer le couteau dans la craie), à vous de jouer !
On verra bien qui, du Poulet du Gers, du T’rmite du Lot, ou de quelque autre branche des invertébrés extravertis, sera le premier à nous proposer les 2 bonnes réponses, et plus fort encore, la première grille complète…
En 10 jours seulement, et presque sans combattre, devant nos yeux médusés, les talibans ont repris Kaboul à une armée de 300.000 hommes entraînée et équipée par les Etats-Unis depuis 20 ans.
Les faits sont têtus, c’est la défaite des pro-fête au profit de ces prosélytistes du prophète.
Vous aviez tremblé pour « la chute du Faucon Noir »[i] à Mogadiscio ? Alors vous allez adorer ce sequel (ou cette séquelle ?), dans lequel c’en est un vrai qui, empêtré dans ses grandes ailes de première puissance mondiale, essaie péniblement de s’envoler depuis l’aéroport assiégé de Kaboul. Il claudique péniblement dans ses rangers trop grandes pour lui, tel un albatros sur le pont de ce qui a tout l’air d’une galère ou pire, d’un radeau de la méduse ! Acculé dans une souricière, assiégé par des foules affolées et désespérées au point de s’agripper aux roues des avions en train de décoller[ii], voilà l’Aigle jadis impérial au tapis, volant des permissions de sortie et des droits de passage aux factions islamistes, incapable de s’arracher à la poussière pour mettre ses petits et ses œufs à l’abri des nuisibles qui faisaient son petit-déjeuner d’ordinaire.
Souvent, pour s’amuser, les talibans de passage Prennent des amerloques, vastes oiseux des mers, Qui suivent, insolents accapareurs du paysage, L’empire s’imposant sur les gouffres amers.
A peine les ont-ils acculés sur les planches, Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux, Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches Comme des avions traîner à côté d’eux.
Ce colonisateur zélé, comme il est gauche et veule ! Lui qui portait si beau, qu’il est comique et laid ! L’un agace son bec avec un brûle-gueule, L’autre mime, en boitant, l’infirme qui frimait !
L’Américain est semblable au prince des nuées Qui hante la tempête et se rit du mortier ; Exilé sur le sol au milieu des huées, Ses ailes de géant l’empêchent de décamper[iii]
Et pendant ce temps-là, les talibans, tranquillement, observent et prennent des notes sur leur tableau noir, tantôt se pavanant dans le bureau déserté de la présidence, tantôt rassurant sur leurs intentions, et distribuant des bonbons à profusion : promesses de clémence et d’ouverture à ceux qui les ont combattu, concessions à toutes les composantes de la société pas encore barbues ou voilées (surtout, ne suivez pas mon regard, ce serait outrageusement, furieusement impie !), tolérance pour laisser s’échapper les piteux « occupants occidentaux », la queue entre les jambes. Une poigne de fer dans un Afghan de velours, vous dis-je.
Ils ne sont pas pressés, ils ont tout le temps de savourer leur victoire jusqu’à l’aube. Ils peuvent festoyer toute la nuit dans laquelle ils s’apprêtent à replonger le pays qu’ils ont fermement reconquis, une nouvelle fois, après avoir terrassé et mis KO un nouvel Empire trop prétentieux, après le Britannique et le Soviétique. Il sera toujours temps de distribuer les bons poings et l’arrêt qu’on pense, à ceux qui les auront mérités, quand le rideau sera retombé après le coup de projecteur médiatique actuel. On sait bien que l’attention des médias internationaux dépasse rarement quelques jours quelle que soit la gravité du sujet, surtout s’il n’a rien à voir avec le sport !
Les faits sont têtus, c’est la défaite des pro-fête au profit de ces prosélytistes du prophète.
Chouette, c’est la rentrée !
Sortez vos gommes et vos marqueurs, barbants barbons barbus, pour barbouiller / effacer les visages souriants des reines de beauté qui, sur les affiches et les vitrines, vantaient les bienfaits de telle crème cosmétique, tel mascara ou tel bijou. Et ce n’est pas grave si vous dépassez du trait, l’essentiel c’est de bien remplir, masquer de noir chaque parcelle de cette peau de chagrin, pour la grillager définitivement derrière la burqa.
Bonne nouvelle, meilleure encore qu’une prime de rentrée ! Plus besoin d’acheter tout ça, tout simplement. Vous pouvez rester chez vous, chanceuses petites Afghanes, éviter la poussière et la chaleur insoutenable des rues, des places et des préaux, confortablement lovées dans votre burqa intégrale, sur votre tapis des mille et une nuits, dans l’accueillante et rassurante maison de votre mari, de votre frère ou de votre père.
Chouette, c’est la rentrée !
Alignez-vous en rang par deux (en co-rang, en somme) dans la cour des mollahs et arrêtez cette cohue désordonnée sur la route de l’aéroport ! Ne vous plaignez pas si d’aventure vous vous écorchiez les genoux ou attrapiez quelque coup de crosse dans ces stupides bousculades ! Vous me copierez 100 fois : « Allah est grand, Allah est miséricordieux… mais prend garde tout de même à ne pas tester ses limites ! ». Car il n’est pas plus ultracrépidarien qu’un Dieu de religion monothéiste, croyez-en moi (et voilà, à peine j’évoque le sujet que je m’y vois : cet invariant est décidément très contagieux !).
Allez, les premiers rangs de la chorale, mettez-vous à la queue-leu-leu et entonnez tous en chœur : « Hallal, Allah, Allah, hallal la ! ». Plus fort, Malala[iv], articule, je ne t’entends pas derrière ton grillage et les salves de Kalachnikov de l’orchestre de tes camarades !
Image extraite du film d’animation « Les hirondelles de Kaboul »
Voilà 2000 ans que Jésus-Christ et ne cesse de crier, que des armées de prêtres, de moines, d’évêques et de cardinaux nous assènent les points sur les i et la règle sur les doigts, nous font réciter nos bénédicités, réviser nos évangiles et le B-A BA de l’abbé. Et pourtant, en dépit de refontes de programmes innombrables, des réformes calvinistes et luthériennes, Vatican 1, et 2, et 3 zéro, urbi et orbi et tutti quanti, les chrétiens bien-pensants et toujours prompts à donner des leçons ont été aux premiers rangs des horreurs commises durant les deux guerres mondiales du 20e siècle. Alors ne nous offusquons pas que certains disciples de Mahomet – une minorité de cancres – aient encore du mal à comprendre et s’approprier son message de paix, d’amour et de fraternité, sachant qu’ils ont eu, eux, moins de 15 siècles depuis la révélation de ses 114 sourates et 6236 versets, pour les assimiler.
Pourtant il en aura fallu, de la patience de bataillons de pacificateurs pour leur inculquer les rudiments des bienfaits de la torture et de la pénitence. Ils en auront eu des leçons de tact et de finesse de la part des dignes héritiers des empires coloniaux, maîtrisant la subtilité comme un roi belge au Congo, l’empathie comme un conquistador espagnol au Pérou, l’ouverture culturelle comme une tunique bleue qui aura su adopter avec enthousiasme la coutume locale du scalp. Ils avaient même pris la peine de tracer des belles frontières avec un compas et une règle, pour faire des jolies mappemondes de couleur, en mettant un peu d’ordre dans le tortueux et subtil embrouillamini préexistant de peuples, cultures, tribus, et traditions, totalement incompréhensible pour qui ne serait pas érudit ou autochtone : osons le dire, c’était n’importe nawak ! « Parce que t’as Liban et Taliban, et il paraît que ça n’a rien à voir », me rappelait encore récemment Roger au Café du Commerce.
Et c’est comme ça qu’ils remercient leurs « sauveurs », ces ingrats irréductibles ? C’est pas juste, c’est pas correct, c’est limite Pakistan, c’est même carrément Pachtoune[v] !
C’est donc ainsi, Allah, qu’ça s’barre ?
Les pattes de mouche du Kfard :
[i]« La chute du faucon noir » (Black Hawk Down) est un film américano-britannique de 2001 réalisé par Ridley Scott, inspiré d’un livre de Mark Bowden, qui relate les combats de Mogadiscio des 3 et 4 octobre 1993.
[ii]Zaki Anwari, jeune espoir afghan du football de 19 ans, est mort le 19 août d’une chute mortelle après avoir tenté de s’agripper à un avion américain qui décollait de l’aéroport de Kaboul.
[iii] Librement adapté du poème « L’Albatros » de Charles Baudelaire
[iv]Malala Yousafzai, militante pakistanaise (et pachtoune) des droits des femmes, prix Nobel de la Paix 2014
[v]Les Pachtounes sont un des principaux peuples d’Afghanistan. Ils ont participé à la fondation de l’Afghanistan moderne au 18e siècle et lui ont donné son nom, « afghan » étant un synonyme de Pachtoune. Ils sont 3 fois plus nombreux encore au Pakistan (plus de 35 millions), où ils ne représentent cependant que 20% de la population du pays.
Comme vous, le Kfard va prendre quelques vacances. Pour les fidèles depuis toujours et les petits nouveaux, voici encore un pot-pourri des meilleures miettes des 4 derniers mois.
Régalez-vous et profitez de vos vacances pour inviter des amis au buffet (en leur recommandant de « s’inscrire à la newsletter » pour recevoir les notifications des nouveaux articles).
Tu n’as pas trouvé ton bonheur dans la sélection de thèmes du 1e pot-pourri du Kfard Dchaîné ? Qu’à cela ne tienne, en voici, en voilà, du lourd ou du léger, selon ton appétit :
Pour les p’tits Kfards qui n’ont pas peur, tels des bousiers, de s’attaquer inlassablement aux grandes causes, et de faire tomber les murs les plus épais et les barreaux les plus durs à force d’amour et de détermination :
Et pour les nostalgiques d’un Empereur d’un autre temps, qui resta cantonné de l’autre côté de la Manche (si, si, il y en a, j’en connais), ne manquez pas le « Bicentenaire de la mort d’un bicorné, bicornu… bicorneau ? » en 2 parties :
Enfin, pour les fonds de cuve, variations et élucubrations du Kfard Dchaîné sur des thèmes divers et variés, voici une liste à la Prévert :
La seule évocation du (ou de la) Covid-19 te fait monter la moutarde au nez, te saoûle, te gave grave ? Le meilleur remède, encore plus efficace que n’importe quel vaccin, c’est « La cacoronaphonie des oramateurs » : https://www.lekfarddchaine.com/la-cacoronaphonie-des-oramateurs-2/
Tu t’es toujours demandé quelle langue parlent les avocats et autres magistrats et huissiers dans leurs jeux de loi ? Maître de la Fontaine te dévoilera une partie de la réponse dans « Maître Encore Beau et Maître Roublard » : https://www.lekfarddchaine.com/maitre-encore-beau-et-maitre-roublard/
Et tu te demandes toujours comment un simple porte-conteneurs, le Ever Given (qui vient enfin d’être autorisé à quitter l’Egypte où il était resté bloqué en attendant de trouver un accord de compensation avec son propriétaire) a pu bloquer le commerce mondial ? Lis donc « Une sardine a bouché le canal, ça fait Suez » : https://www.lekfarddchaine.com/une-sardine-a-bouche-le-canal-ca-fait-suez/
Bonne lecture et bonnes vacances à vous, les p’tits Kfards.
Merci pour votre fidélité.
Le Kfard Dchaîné compte sur toi: partage tes coups de coeur avec tes amis, et invite-les à rejoindre le cercle des abonnés à la newsletter du Kfard Dchaîné pour recevoir les prochaines publications dans leur boîte mail.
On se retrouve au buffet du Kfard Dchaîné à la rentrée, pour partager de nouvelles miettes de Kfard !
Comme vous, le Kfard va prendre quelques vacances. Pour les fidèles depuis toujours et les petits nouveaux, voici un pot-pourri des 4 derniers mois.
Régalez-vous et profitez de vos vacances pour inviter des amis au buffet (en leur recommandant de « s’inscrire à la newsletter » pour recevoir les notifications des nouveaux articles).
Tu cherches à muscler tes neurones et tes zygomatiques en même temps ? Voici les « jeux de mots » du Kfard :
La première grille des « maux croisés » du 4 mai, en l’honneur du personnel soignant qui est en première ligne depuis plus de 18 mois dans la lutte contre la pandémie : https://www.lekfarddchaine.com/maux-croises/
Tu supportes la politique, mais uniquement quand elle te fais marrer ? Alors, si tu ne l’as pas encore vu, précipite-toi pour aller voir « Présidents » au cinéma, et picore à tous les rateliers dans le buffet froid du Kfard Dchaîné :
Pour te mettre en appétit (alors que le jugement du procès Bygmalion a été repoussé en délibéré au 30 septembre – sans doute parce que la vengeance est un plat qui se mange froid…), commence donc par consulter le menu du Grand Malion Rive Droite du 20 mars : https://www.lekfarddchaine.com/cette-semaine-au-menu-du-grand-malion-rive-droite/
Un shot de vodka en trou normand ? Da ? Allons faire un tour dans l’univers enchanté de Poutine pour voir si l’herbe y serait plus verte, dans « Rouge Grésil » (attention, spoiler !) du 23 avril : https://www.lekfarddchaine.com/rouge-gresil/
La politique, très peu pour toi, tous des pourris à mettre dans le même pot, tu préfères le monde des affaires, plus pragmatique et plus rationnel ? Alors le Kfard a ce qu’il te faut :
Pour commencer, et pour faire la transition (parce qu’il a trempé dans tout ce qui peut rapporter), délecte-toi de la gouaille de Bernard Tapie, alias Nanard, qu’il a prêtée à Cyrano dans « Cyrano de Berge raque… mais Nanard, lui, palpe toujours » du 7 mai : https://www.lekfarddchaine.com/cyrano-de-berge-raque-mais-nanard-lui-palpe-toujours/
Pleure avec nous sur le sort du pauvre Carlos Ghosn, à qui le monde entier en veut très injustement (si, si, c’est vraiment trop injuste !) avec « Carlos, arrête de déGhosner » du 8 mars : https://www.lekfarddchaine.com/carlos-arrete-de-deghosner/
Suis les derniers exploits des hommes préhistoriques du monde des affaires qui continuent à piétiner tous ceux qu’ils peuvent pour se hisser en haut de la chaîne alimentaire, dans « Je suis Homo Faber » du 17 mars :https://www.lekfarddchaine.com/je-suis-homo-faber/
Tu n’as pas trouvé ton bonheur dans cette sélection ?
Alors pour les réclamations, tape 1, puis 3, puis 2, puis 4, puis revient au menu principal et écoute la petite musique lancinante pendant 20 minutes avant qu’un automate te remercie pour ton appel et te raccroche au nez, tuuut, tuuut, tuuut !
Et oui, y a pas de raison que le Kfard soit plus aimable que les autres « Rois de la satisfaction clients », non mais !
Blague à part, si vraiment tu n’as pas trouvé ton bonheur, tout n’est pas perdu, rassure-toi :
il y a encore plein d’autres articles sur plein d’autres thèmes à aller cueillir au gré de tes pérégrinations sur le blog.
Envoie-moi donc un commentaire sur un sujet qui te tiendrait particulièrement à coeur, et dont tu voudrais que le Kfard Dchaîné s’occupe. Je ne te promets rien, mais je vais voir ce que je peux trouver en rayon…
Allez, puisque tu insistes, je publierai un autre pot-pourri avec plein d’autres suggestions (et naaaan ce n’était pas prémédité, quoi le titre l’annonçait déjà ? C’est même pas vrai… fake news toi-même !)
A très bientôt pour la rentrée des Kfards encore plus Dchaînés !
Que vous soyez économiste, économe ou encore plus économe (rayez les 4 lettres inutiles), comme moi, vous ne ferez néanmoins pas l’économie de la lecture de cet article qui vous révèlera les dessous des cartes et des tables. Keynes se retourne dans sa tombe, Jacques Dutronc en perd presque son cigare, mais croyez-vous que je sois jaloux ? Pas du tout, pas du tout…
Il y a les Golden-boys de profession Habillés par Cardin et jalousant les Boss, serviles Qui roulent en Ferrari à la plage comme en ville Qui vont chez Cartier comme ils vont chez Fauchon
Croyez-vous que je sois jaloux ? Pas du tout, pas du tout ! Moi j’ai un piège à fric, un piège tabou Un joujou extra qui fait krach boom hue ! Les filles – et les foules sentimentales, shootées – en tombent à genoux[i]
Qui a dit crise ? Pressez-vous donc pour puiser dans la corne d’abondance du « monde d’après » !
« Un tsunami de liquidités », image chinée et dénichée par 6rano
La planche à billets tourne à fond les ballons, comme jamais, de New-York à Tokyo en passant par Pékin, Londres, Frankfurt, Paris, Dubaï et Ryad, pour arroser d’un tsunami de liquidités un système monétaire et économique mondial exsangue.
Le malade est toujours sur le billard, sous perfusion presque en permanence maintenant, et ses constantes vitales font des sursauts désordonnés dans tous les sens, au rythme des décharges du défibrillateur qu’on lui inflige. Les plans de soutien aussi massifs soient-ils – les 1.900 milliards de dollars US du seul plan américain, les 750 milliards d’euro du plan de l’UE pour ne citer qu’eux – n’y ont pas suffi, nos apprentis sorciers ont dû inventer de nouveaux sorts plus puissants, quitte à tester les limites sulfureuses de la magie noire. Ainsi sont nés des « outils non conventionnels » (ça ne vous rappelle pas le langage guerrier des « armes non conventionnelles » ? Ça ne vous effraie pas, vous ?) tels que les « Quantitative Easing »[ii] successifs – qu’on préfère appeler par leur petit nom quand on est initié, les QE – et, petit dernier dont la musique monte lentement mais régulièrement dans les médias, et qu’on imagine inspiré d’Apocalypse Now, la «Helicopter Money » ! De l’argent qui tombe littéralement du ciel, on en tombe carrément des nues !
Dessin de Deligne, chiné et déniché par 6rano
Mais c’est bien sûr ! Pourquoi n’avait-on pas osé y penser avant ? Dans notre monde 2.0 où le virtuel règne en maître, même plus besoin de planche à billets ! L’avenir est dans les nuages, dans le cloud, « sky is the limit ». Qu’est-ce qui pourrait empêcher les arbres de monter jusqu’au ciel ?
On n’a plus assez de lettres dans l’alphabet pour qualifier la reprise que nous promet l’aube du « monde d’après » : en U, en V, en W, voire en K !? (celui qui aura compris celle-là, qu’il partage sa science avec les autres Kfards dans les commentaires, SVP).
BOOM dans la valorisation des marchés, tirés par les GAFAM et autres licornes.
Dans un tel paradis où l’argent tombe du ciel « comme vache qui pisse », l’herbe et les liasses de dollars sont plus verts que le bocage normand et l’arrière-pays basque réunis.
Pauvres plébéiens, nous en sommes encore à guetter le moment où la crise sanitaire sera vraiment derrière nous, où la litanie quotidienne des morts et des malades en réanimation va s’estomper, où nous aurons évité un n-ième variant plus agressif et plus sournois que le précédent, et où nous aurons enfin retrouvé le niveau d’activité d’« avant » la pandémie. Pauvres contribuables, nous craignons la réponse hélas évidente à la question lancinante du remboursement des dettes faramineuses accumulées par le « quoi qu’il en coûte ».
Mais tout cela n’est que combats d’arrière-garde de cassandres et de pisse-froid pour les marchés boursiers qui, eux, ont déjà claqué la porte depuis longtemps et caracolent loin devant, guillerets et insouciants, volant déjà de nouveaux records en records his-to-riques !
Dopés aux « stimuli publics » et aux « injections massives de liquidités», Jeff, Mark, Tim, Sundar et Satya ont largement surpassé Jack et son haricot magique, avec le BOOM exponentiel de la valorisation de leurs GAFAM[iii]. Il y a quelques mois, on s’extasiait du fait qu’Apple ou Amazon dépassent les 1.000 milliards de dollars US de capitalisation boursière, qu’Apple a été le premier de l’histoire à atteindre, en… août 2018. Aujourd’hui, soit 3 ans et la plus grande crise mondiale plus tard, 2 d’entre eux dépassent déjà… le double de ce « sommet historique », 2.000 milliards (Apple avec 2.440 milliards et Microsoft avec 2.110 milliards), Amazon et Google (dont la maison mère est rebaptisée Alphabet, car même dans le classement alphabétique, dans ce monde-là, on triche pour être avant les autres) les frôlent, et Facebook ferme le peloton avec « seulement » 1.000 milliards de capitalisation, qui étaient le Graal absolu il y a 3 ans ! La capitalisation de ce Club des Cinq (plus de 9.000 milliards de dollars) équivaut au double du PIB du 3e pays au monde, le Japon. De sacrés sumos !
Mais ce grand BOOM ne se limite pas aux sommets de la pyramide. « Il n’y a qu’à te baisser pour ramasser un haricot magique, toi aussi ! » est le rêve que les hypnotiseurs saupoudrent à gogo, à tous les gogos. Partout à travers le monde, se multiplient les « licornes » (et vous trouviez mon analogie avec la sorcellerie tirée par les cheveux ?), ces start-ups montées dans un garage ou un studio miteux il y a quelques mois, qui sont valorisées à plus d’un milliard de dollars. Vite, pressez-vous de spéculer sur n’importe quoi vous aussi, pourquoi pas les Spéculoos, pour amasser votre propre pécule et ne pas l’avoir dans l’… (oserai-je ?)
BOOM, Hue ! dans la génération de thune, de moulaga, de Bitcoin et autres crypto-trucs
Maintenant que l’argent tombe du ciel, vous pensez bien qu’il est hors de question de se trimballer des reliques barbares qui datent du moyen-âge. Exit l’or, passée la monnaie, re-passés les billets et ringardes mêmes les cartes de crédit ! La thune, la moulaga, comme tout ce qui compte maintenant, c’est virtuel, ça voyage dans le cloud, ça s’échange sans contact depuis son smartphone. C’est Bitcoin, Ethereum et autres crypto-monnaies. Quand le livret A de pépé rapporte péniblement des raclures de centimes, ces crypto-monnaies explosent sur le tapis vert volant et virtuel du cloud, et doublent de valeur en quelques semaines ! BOOM !
C’est forcément ça, l’avenir ? Je peux poser la question sans passer pour un boomer, OK ?
La fable du cigare et de sa foule d’amis
Et une fois encore, voici que les cigales du « cette fois-ci, c’est différent, c’est pas pareil » refleurissent à longueur d’antenne, à profusion de plateaux et de posts : aucune raison de s’effrayer de la gangrène du système financier et monétaire par la dette qui enfle chacun de ses ganglions en protubérance tubéreuse ! Le montant de la dette mondiale ? Une pécadille ! 281.000 milliards de dollars seulement, soit 355 % du PIB mondial (ça veut dire 3 ans et demi du « chiffre d’activité » global), et l’année dernière on y a rajouté « que » 24.000 milliards de dollars.
Ces mouches du coche encouragent Yellen[iv] et ses garçons, les apprentis sorciers de nos Etats souverains (ceux-là même que les GAFAM intouchables foulent au pied et ignorent superbement) et de nos banques centrales, à ne pas baisser Lagarde. Elles et ils ont assurément tiré les leçons des crises passées (quelle chance nous avons eu d’avoir de tels bacs à sable pour faire notre éducation que les crises de 1929, 1997, 2000, 2008) ! Cette fois-ci, c’est sûr, ils sauront nous éviter le pire ! Ils ont appris à piloter si finement le paquebot et le porte-conteneur (disons, au hasard, le Titanic et le Ever Given), et sont si bien épaulés maintenant par des Intelligences Artificielles, si, si – ils pourraient, les doigts dans le nez, laisser la main au pilote automatique, ça vous rassure, hein ? – qu’ils nous négocieront un sillage parfait, « au millimètre » entre les icebergs de l’inflation, la déflation, la reflation et toutes les autres « flations » qu’on ne connaîtrait pas encore.
« Attendez-vous à de l’inattendu ! »
Alors fouette cocher, et HUE vers de nouveaux sommets, vers l’infiniiiiii et auuuuuu-delà !
Il est en effet bien trop sage pour notre époque échevelée, ce Thomas Pesquet qui s’est entraîné pendant des années pour passer des mois dans l’espace et partager patiemment avec nous ses émerveillements d’enfant.
Non, notre ère est aux nouveaux riches gonflés à la thune, la testostérone et la coke, les Branson, Musk et Bezos qui jouent des coudes à qui s’enverra en l’air le plus loin, et le plus vite. Hop un petit tour dans l’espace, plus expéditif encore que « le train de la mine » de Disneyland ou « Oziris » du Parc Astérix, mais des millions de fois plus cher et plus polluant ! Et hop, aussitôt que les images sont dans la boîte, retour vite fait dans les pantoufles devant la télé. Le rêve d’exploration spatiale qui a enchanté l’imaginaire de générations entières se serait-il racorni au point de devenir « un petit bond pour un homme, un grand pas en arrière pour toute l’humanité »[v] ?
Et pendant ce temps là, les Shadocks pompaient, pompaient…
Mais même à supposer que les arbres puissent monter jusqu’au ciel, le pourraient-ils cependant vraiment « hors sol », sans racines ?
Tout « vent » qu’ils soient, les Bitcoins, pour être « minés » – oui, minés, comme le préhistorique charbon – pour être minés donc, consomment 0,5% de l’électricité mondiale, soit autant que la consommation d’électricité d’un pays comme les Pays-Bas, ou, pour donner un autre ordre de grandeur, autant d’émission de gaz à effet de serre qu’une compagnie aérienne comme American Airlines. Ça ne vous parle pas encore ? Et si je vous dis maintenant que ça représente 20% de toute la production d’électricité éolienne dans le monde ?
Image chinée et dénichée par 6rano
En somme, l’investissement massif réalisé pour exploiter l’énergie du vent, qui a conduit à en décupler les capacités sur les 5 dernières années est largement réinvesti… pour « miner » du Bitcoin ou de l’Ethereum, et produire… plus de vent.
Les investissements « sans précédent » dans les énergies « vertes » renouvelables (plus de 255 milliards de dollars par an) n’ont guère permis d’augmenter leur part dans le mix énergétique global de plus de 1% sur les 30 dernières années, à moins de 18% du total ! Alors que le secteur informatique et numérique, qui consommait 7% de l’électricité dans le monde en 2016, explosera pour atteindre 20% en 2030 !
Or, le moteur qui a alimenté la croissance exponentielle des 2 derniers siècles, nourri les révolutions industrielles et tertiaires- l’énergie fossile (d’abord le charbon, puis le pétrole et le gaz) – est en train de tousser et hoqueter. Nous avons bel et bien dépassé le pic de production du pétrole conventionnel en 2006, et désormais la production ne fera que décroître. Les sources alternatives de pétrole (schistes et sables bitumineux) actionnées massivement depuis, plus coûteuses et aux impacts environnementaux incertains, ont permis de donner un coup de fouet à la production mondiale, et de refaire des Etats-Unis le premier producteur mondial, mais ce « shoot » ne durera guère au-delà de 2025.
Même le moteur démographique, dont on craignait pourtant l’emballement jusqu’il y a peu – se demandant comment la planète pourrait supporter au-delà de 10 ou 12 milliards d’humains – commence lui aussi à clignoter à l’orange, et menace maintenant de basculer vers la décroissance dès les décennies à venir.
Et quand les moteurs commencent tous à tousser et hoqueter, et que l’ambulance a passé déjà – et vidé – la dernière station-service disponible sur la planète, c’est quoi le plan B pour sauver le malade ?
Quoi ma gueule, qu’est-ce qu’elle a ma gueule ?
La soirée aura été dantesque ! Le pétrole et l’alcool ont coulé à flots, les cachets d’amphétamine et de LSD ont roulé sur les rails de coke, les nuages de shit et des cigares ont bercé nos rêves d’Olympe, la boule à facettes à scintillé de mille feux, le dancefloor était endiablé !
Mais les vapeurs commencent à se dissiper et à révéler le désastre d’une gueule de bois nauséeuse. On n’a même plus la force de regarder l’heure, mais on devine les premières lueurs de l’aube glauque entre les persiennes. Et on hésite à affronter l’image, sans concession, renvoyée par le miroir… Il est 5 heures, Paris s’éveille.
KRACH…
Mais ce n’est que le début du refrain, la folle sarabande des cycles économiques peut recommencer !
Moi j’ai un piège à fric, un piège tabou Un joujou extra qui fait KRACH BOOM HUE ! Les filles – et les foules sentimentales, sonnées – en tombent à genoux
Pattes de mouche du Kfard :
[i]D’après la chanson « Les playboys » de Jacques Dutronc, 1966
[ii]En plus des outils traditionnels (dits « conventionnels »), les banques centrales peuvent faire varier la quantité de monnaie en circulation dans l’économie en utilisant des moyens «non conventionnels». Le quantitative easing (« assouplissement quantitatif ») est l’un de ces outils, par lequel elles achètent massivement des actifs aux banques. Les banques commerciales sont ainsi incitées à prêter aux entreprises et aux particuliers.
[iii]Jeff Bezos, fondateur et patron d’Amazon – Mark Zuckerberg, fondateur et patron de Facebook – Sundar Pichai, patron de Google – Tim Cook, patron d’Apple – Satya Nadella, 2e PDG de l’histoire de Microsoft après Bill Gates. Ces 5 plus gros géants du numérique sont désignés collectivement par l’acronyme GAFAM, associant les 5 initiales du nom de leurs sociétés.
[iv]Janet Yellen est la Secrétaire au Trésor de Joe Biden. Elle a également été Présidente de la Réserve Fédérale américaine (la fameuse FED) de 2014 à 2018.
[v]« C’est un petit pas pour un homme, un grand pas pour l’humanité » (« That’s one small step for man, on giant leap for mankind. »). Citation de l’astronaute Neil Armstrong en posant pour la première fois le pied sur la Lune, lors de la mission Apollo 11, le 21 juillet 1969.
Bonnes vacances à vous tous, petits Kfards Dchaînés ! Plutôt qu’une carte postale, le Grand Kfard Naüm vous offre une nouvelle grille de mots croisés pour occuper votre après-midi sur la plage ou soirée au coin du feu (vu les caprices de la météo). Et comme vous avez autre chose à faire, et bien j’y ai mélangé les chiffres, allez hop, c’est la mode du fourzitou. Enjoy ! Et après les mots croisés, surtout, sortez du cadre !
Horizontalement :
« Paquito » traditionnel des fêtes basques – Fêtes de Bayonne – 27 juillet 2016
1 Avant lui, il n’y avait pas de zéros ! Ils sont l’alpha et l’omega de notre langue.
2 Une brève, une longue, quel pied ! Brancha un organe sur le réseau.
3 Philosophe, il réconcilia le triangle avec le rectangle. Quand il y en a trois.
4 Pour elle, Zeus se fit tantôt nuage, tant taureau. Partie d’un très long récit. A cause de lui, pour la 2e fois dans l’histoire, une pomme causa des malheurs à l’humanité.
5 Ensembles de noms symboliques, appelés membres, liés à des valeurs constantes et uniques (faciles à énumérer). Il n’est pas à l’Ouest. Dans ce thriller indien sur Netflix, cette petite de 2 ans est livrée à elle-même.
6 Dans la notation anthropologique, il est le fils de la sœur. Ce hutu anglophone est tellement damné qu’il en est tout retourné.
7 Pour pouvoir se faire une place dans les mathématiques, elle se fit appeler Antoine Auguste Le Blanc. Elle n’est ni grande, ni petite ou moyenne, cette entreprise.
8 Fit un effort excessif. Rencontre du 3e type, au singulier. Société éditant une solution de poste de travail virtuel open-source basé sur Kubuntu.
9 Il a donné son nom à la géométrie, excusez du peu ! Les mathématiciens et physiciens la disputent au législateur.
10 Quand le morse braille, il nous en laisse y voir. Ne le fît que quand il s’en servait. Abréviation de Qshell, langage de contrôle informatique.
11 49 Romains retranchés de 1100. Diplomate et Drogman (interprète) français en Asie Mineure et dans les Balkans durant les guerres balkaniques et la chute de l’Empire Ottoman. Pleurnicha pour un petit Suisse.
12 Ile de France Mobilités en est. Elle fait le lien entre l’arithmétique et la géométrie. C’en est une toute chamboulée.
13 Tétrafluoroéthylène. Conifère tenant son nom des maori. Un milliard de fois plus petit qu’un tesla, même quand il n’est pas abrégé.
14 Le premier geek du monde, c’est cette comtesse qui savait compter !
15 Personne ne saurait les diviser, même s’ils sont nombreux à avoir essayé. Hypominéralisation des Molaires et Incisives.
Verticalement :
Pyramide humaine, autre tradition des fêtes basques, qui sont décidément « multi-dimensionnelles » !
I Lisiez avec votre douchette. Le théorème de ce polymathe n’a été démontré qu’en 1994, 300 ans après qu’il l’aie formulé !
II Le soleil ou la roue en ont, à vous de choisir. Langue la plus parlée au Sénégal.
III Bureau germain. Plus grand mathématicien de l’Antiquité, il mélangeait pourtant ses vis et son boulot.
IV Maladie de l’hémoglobine (type d’alpha-thalassémie). Sur le podium après ré. Acide Linoléique Conjugué.
V Espaces libres intercellulaires, permettant le passage à travers un tissu. Ile de l’archipel des Orcades, en Ecosse.
VI Sa joueuse obtint le prix Goncourt en 2001. Le Royaume-Uni vient de la quitter. Code de l’action de Deutsche Telekom. C’est un pont, c’est une Ile, que dis-je c’est une Ile…
VII Depuis le 18e siècle elle s’est enfin échappée du plan et de l’espace dans lesquels elle restait cantonnée depuis l’Antiquité. Depuis 2017, cette mosellane est mariée à Montoy-Flanville.
VIII Pour faire court. Elle est aussi indivisible. En libre-service.
IX Elle n’est pas forcément voleuse. Connu comme le premier scientifique et mathématicien grec, il n’a laissé aucun écrit mais un théorème fameux. Copain ou copine, outre-Manche.
X « Mille milliards de Newton » se serait exclamé le capitaine Haddock ! Deux fois. N’y serait jamais, s’il n’était pas parti.
XI Il a connu le dernier, et même l’avant-dernier des Mohicans.
XII C’est, au choix, un lac du Minnesota ou le prénom du « Renard du Désert ». Béatifié, il est devenu chef-lieu de la Manche. Il vole comme un avion, mais il est presque aussi léger qu’une plume.
XIII Une branche des mathématiques qui compte ! Elle n’est décidément pas humaine.
XIV Un trilliard de volts. De toutes les matières, c’est celle qu’elle préfère. Un repas entre le goûter et le dîner, les Français en rêvaient, les anglais l’ont inventé.
XV Ce messager finit souvent en cellule. C’est un Alexandrin qui a plus brillé en algèbre qu’en poésie.
Seras-tu le premier Kfard Dchaîné à proposer une grille complète ? Ou alors aurais-tu besoin d’indices supplémentaires de la part du Grand Kfard Naüm ou de tes congénères ? J’entends qu’on sonne ? Ah non, voyelle 🙂
Vous êtes déjà en vacances ou vous vous préparez à une pause estivale bienvenue ? Ne vous fiez pas au calme apparent, dans les coulisses et les alcôves les dards, les mandibules et les appétits s’aiguisent, la grande danse des trouples à l’élection présidentielle 2022 a déjà commencé !
Plus que 9 mois d’ici la présidentielle de 2022 !
Et voilà que nos maîtres étalons et nos pouliches de concours réalisent qu’ils sont aux pièces pour concevoir le bébé miraculeux qui pourra emporter le suffrage universel dans les urnes le 10 et le 24 avril prochains, comme le frais émoulu petit Jésus du Touquet qui crèche à l’Elysée depuis 2017.
Quelques-uns des disciples conviés à la Sainte Scène de 2022 – Caricature chinée et dénichée par 6rano
Mais même pas le temps des préliminaires, voici déjà venu le temps des primaires, où, selon des rites barbares antédiluviens, les prétendants en rut se dressent sur leurs ergots, gonflent leur poitrail, étalent leur ramure pour écarter de leur route leurs adversaires en les impressionnant si possible, sinon en les affrontant à couteaux tirés, voire en leur explosant la rate (du Touquet, toujours. Y en a qui suivent ? Concentrez-vous, voyons). Et on s’étonne qu’après de tels combats acharnés, où les coups bas sont de rigueur, on ne récupère plus au coup de sifflet final qu’un loqueteux harassé en lambeaux !
Caricature de Perrico, chinée et dénichée par 6rano
Xavier Bertrand du Déclin[i], le Chevalier des Hauts de France, la Reine Valérie qui Pécaresse des ambitions débordant largement du lit de la Seine – le Zouave du Pont de l’Alma doit en avoir par-dessus la tête – et Laurent Veau-Quiet, le Robin des Volcans éteint d’Auvergne (oui je sais, si c’étaient les volcans qui étaient éteints, il faudrait rajouter un « S ») ont pris l’initiative de jouer au trouple-faîte, dans l’euphorie embrumée et éthérée de l’after, après leur large et inespérée victoire, aux régionales, battus seulement par l’abstention encore plus large (mais heureusement, la bonne fille fait seulement de la figuration et ne concourt pas pour le titre). Ils en sont encore à imaginer, chacun de leur côté du lit, la position du Kamasutra qui leur permettrait de prendre le dessus sans que les deux autres s’en rendent compte.
Ils ont beau pousser des cris d’orfraie et s’offusquer d’être qualifiés d’éjaculateurs précoces, ils ont cependant bien tiré les premiers. Mais voilà qu’ils bousculent tout l’échiquier politique, contraint de leur emboîter le pas dans ce tango endiablé, à qui mieux mieux, voire à qui pire pire !
Image chinée et dénichée par 6rano
Le fringuant gars de la Marine, à peine touché ses premiers pompons sur les manèges Européens et Franciliens (vas-y Jordan, c’est pon, vas-y Jordan c’est pompon pon !) bombe son torse huilé sous l’œil qui frise de sa MILF (Mar(ra)ine, Il Le Faut…bien évidemment, vous l’aviez tous compris). Celle-ci rêve, telle Jeanne d’Arc, de rassembler enfin le grand troupeau national des chèvres égarées de Monsieur Seguin, menacées par le vilain loup affamé entré sans papiers et en toute illégalité dans notre si belle montagne, pour dévorer nos chèvres fièrement estampillées AOP et égorger à l’occasion nos fils et nos compagnes ! Mais voilà qu’Eric fait part des états d’âme que lui a inspiré le succès de Donald en Amérique (« Tes états d’âme sont pour moi, Eric, comme des Etats d’Amérique »[ii]), et se laisse émoustiller par le chant des sirènes des sondages et de sa cour chez Bolloré et CNews, qui lui font perdre le sens de Zemmour. Monté au pinacle par sa cour de flagorneurs, il est tenté de descendre dans l’arène, lui aussi, quitte à lui faire un bébé dans le dos.
Photo chinée et dénichée par 6rano
Dans la basse-cour des Ecologistes, on ne compte plus les mères à la main verte et les pères verts ! Foin de trouple, ils sont déjà cinq, chez eux, à se disputer les verts de terre et l’œil des caméras de leur marigot, qui inonde un territoire de plus en plus large au fur et à mesure de la fonte des glaciers et des calottes polaires. Quelle chance ils ont, les Delphine, Sandrine, Jean-Marc, Yannick et Eric[iii], plongés dans la piscine de ce Lost Story qui continue à se remplir, de pouvoir prospérer ainsi grâce à un engrais naturel !
Portraits chinés et dénichés par 6rano
Quant à ce qui reste de la Gauche – oui, car vous pensiez, vous aussi, que toute la Gauche était occupée ? Mais non, à y regarder de plus près, avec une bonne loupe (sinon essayez avec un microscope) un village peuplé d’irréductibles de Gauche résiste encore et toujours à l’envahisseur… et la vie n’est pas facile tous les jours pour les Marcheurs retranchés de l’an pire des camps de Jedressemonbarnum, Tantpispourledécorum, Quellebaffemonptitbonum et Capharnaüm qui essaient de les encercler à défaut de les encarter !
Quant à ce qui reste de la Gauche, donc, elle est la seule à savoir, tranquillement, patiemment, prendre le temps des préliminaires, sans se précipiter dans les empoignades de furieuses primaires. On sait même encore y apprécier, dans certaines alcôves, le charme suranné d’un Valls qui a mis l’temps de réaliser sa passion pour la France, après avoir pratiqué assidûment la sérénade à la catalane. Aurait-il succombé au charme envoûtant de l’Hidalgo surgie de la station Vélib d’Opéra qui le bisait ? Lui-même parviendra-t-il à séduire à nouveau ses ex-, comme du temps où « quand Manu dégrafait son corps sage pour donner des coups d’boule à Benoît, les Delga, les Delga du villa-age étaient là làlàlàlà là »[iv] ?
« Ne Mélenchon pas vitesse et précipitation », se disent apparemment tous ces dits révolutionnaires révolus du dictionnaire en tenue d’apparat chic !
Et ce faisant, avachis, ils regardent, passifs, passer – à belle allure déjà – le train de l’Histoire qui les laisse sur le quai de leurs rêves flétris et de leurs ambitions rassies, car tous les matins du monde n’y suffiraient plus pour ranimer l’étincelle du grand soir, soufflée vers le crépuscule par un grand coup de balai, fût-il rose.
Chiné et déniché par 6rano
Et dans les voitures-couchettes, tous ces trouples – et plus si affinités – sont occupés à courtiser, flirter, s’acoquiner, fricoter pour concevoir, dans leur stupre et notre stupeur, le bébé dont enfanteront les urnes, ce divin-enfant dont la bouille réjouie ornera les murs de toutes les Mairies de France – narguant une Marianne fatiguée et blasée – et dont nous allons tous jouir, avec, au choix, la cocarde ou le cocard, dans 9 mois, en avril 2022.
« Allons z’enfants de la Partiiiiii-ie ! » … ah quelle folle nuit en perspective !
Chiné et déniché par 6rano
Pattes de mouche du Kfard :
[i]Bertrand du Guesclin, noble breton, connétable de France et de Castille (1320 – 1380) est un personnage majeur de la première partie de la Guerre de Cent ans
[ii]Tube et chanson la plus connue du groupe Luna Parker, classée 10e des ventes en février 1987. A cette époque, les ventes étaient réalisées au format 45 tours, qui est redevenu furieusement tendance, qui l’aurait imaginé ?
[iii]Delphine Batho, Sandrine Rousseau, Jean-Marc Governati, Yannick Jadot et Eric Piolle sont les 5 candidats déclarés pour les primaires des Ecologistes en vue de la candidature à l’élection présidentielle de 2022
[iv]Carole Delga, actuelle Présidente réélue du conseil régional d’Occitanie (depuis janvier 2016), faisait partie de comité de campagne de Manuel Valls pour la primaire du Parti Socialiste en 2016, finalement remportée par Benoît Hamon. Vous aurez reconnu les paroles inspirées de la chanson « Brave Margot » de Georges Brassens.
Vous croyiez avoir traversé l’Enfer de la dystopie et laissé le pire derrière vous ? Que nenni, bienvenue au summum de la terreur, avec la 11-topie !
Et voilà nos hommes en bleu, notre village de Schtroumpfs nationaux à un nouveau moment charnière historique, à un nouvel aiguillage entre des rêves d’horizons pleins d’étoiles et des lendemains qui Deschamps’tent.
Prêts à décoller vers l’infini et au-delà d’un sacre Européen qui leur est promis ?
Qui leur est promis ? Mais quel blasphème ose-je là ? Qui NOUS EST DÛ !
… ou alors à la merci d’un trou d’air, d’un tremblement de terre helvète [i] qui les renverrait (car oui, vous l’avez vu, comment, subtilement, le « nous » se défausse soudain et se cache derrière le doigt accusateur vers « eux »), penauds et contrits, sur la banquette du fond d’un bus, tels des garnements gâtés et impertinents, indignes même avec un Digne, laissant à Dédé la corvée de faire passer la saumure.
Depuis Brazil (le film de 1985 de Terry Gilliam, pas la Seleçao Canarinho qui a soulevé 5 fois le Graal !) on savait le pouvoir d’usure et d’oppression des ronds de cuir, mais avec le ballon rond et ses nouveaux jeux du cirque médiatique, on atteint de nouveaux sommets dans la dystopie, avec… la onze-topie !
Les « millennials » et autres générations Z ne peuvent pas comprendre pourquoi leurs parents et grands-parents qui n’ont pourtant jamais connu les 3 guerres franco-allemandes gardent cette rancune cocardière vis-à-vis de leurs cousins Germains, qui alignent crânement 4 étoiles sur leur maillot (voilà déjà un indice !).
Alors OK, Papy-boomer, qui n’est cependant pas né assez tôt pour faire la résistance, va vous compter l’Histoire (avec une grande H).
Commencez par poser votre smartphone lentement et détacher vos yeux de vos fils d’actualités et de discussions (oui, tous vos fils de discussion et d’actualités… si, si) pendant 30 secondes…
C’est fait ? Vous voyez que vous en êtes capables et que le monde, même le vôtre, ne s’est pas encore écroulé ? Bravo ! Vous avez bien mérité les 3 à 4 minutes de lecture et de distraction à venir pour récompenser vos efforts.
George Orwell peut remballer son « 1984 » : le cataclysme qui a eu lieu le 8 juillet 1982 dans le « chaudron » Sanchez Pizjuan de Séville, lors de LA mythique demi-finale de Coupe du Monde France-Allemagne, a devancé de 2 ans, et relégué au rang de comptine enfantine sa mièvre fiction.
Jugez plutôt :
120 minutes étouffantes, insoutenables, interminables, de corps à corps dans les tranchées, sur une ligne de front permanente, digne du Chemin des Drames, qui en aura laissé vert plus d’un après l’avoir grisé (et j’en fis partie, même si j’étais loin d’être Poilu sous mes culottes courtes).
Une agression sauvage et odieuse du gardien du camp adverse, Schumacher, sur notre vaillant attaquant, Battiston, le laisse K.O., fans dents (il en perd 3 dans le phoque, et fa n’a fait rire perfonne fur le coup) et sans voix… Et surtout reste iniquement impunie ! La réputation de l’arbitrage ne s’en est jamais remise dans notre pays, encore à ce jour. Bernard Tapie lui-même – expert en ce domaine, de l’affaire VA-OM à l’arbitrage du Crédit Lyonnais qui lui colle toujours aux burnes – peut en témoigner.
L’espoir, fou et grisant, qui monte quand Platoche remet les compteurs à zéro en répondant à Littbarski à la 26e minute (si, si, les jeunes, avant de devenir un débonnaire gestionnaire insipide et roublard de l’UEFA, Michel Platini a été notre Super-héros, à la fois Zizou et M’bappé à lui tout seul – tout comme Yannick Noah avait remis la France sur la carte du tennis mondial avant sa deuxième vie de chanteur).
L’espoir qui devient tsunami quand nos valeureux Gaulois résistent, encore et toujours, à l’envahisseur, jusqu’à la dernière minute du temps règlementaire (tiens, même lui on peut légitimement le soupçonner d’avoir viré collabo et perdu son impartialité, parce que franchement, y a-t-il qualificatif plus caricaturalement teuton que « règlementaire » ?) malgré cet odieux incident.
L’espoir qui bouillonne et explose quand Marius Trésor et Alain Giresse donnent nettement l’avantage, 3-1, à une équipe de France en fusion, au bout de la 8e minute des prolongations ! Ca y est, pour la toute première fois, tout-toute première fois, on s’y voit, on y est déjà, on est en finale, on est en finale…
Et patatras, le rêve, extraordinaire, exubérant, se fracasse sur la ténacité froide et le réalisme glacial de nos cousins Germains, nos ennemis les plus fidèles, les voisins dont nous sommes les plus jaloux. Karl-Heinz puis Klaus viennent méthodiquement ruiner l’avantage arraché avec tant de maestria, de panache et de bravoure, et dans lequel nous placions une confiance aussi béate que dans une certaine ligne Maginot, fût un autre temps…
Et voilà que nos héros boivent le K lisse jusqu’à l’hallali, crucifiés aux tirs aux buts par la Deutsche Qualität et Zuverlässigkeit de la Mannschaft – une première dans une phase finale de l’histoire de la Coupe du Monde !
Alors il est où, Orwell, à côté d’une dystopie de cette trempe ? Aucune chance ne serait-ce que de figurer sur la feuille de match ! Même en remplaçant on ne pourrait pas le blairer[ii] !
L’état de transe dans lequel me laisse ce récit, comme vous avez pu le constater, vous fait effleurer du bout des doigts la charge émotionnelle encore contenue dans cette grenade dégoupillée qui continue à affoler mon palpitant.
Et Aldous Huxley ? Il peut aller se rhabiller, avec son « Meilleur des Mondes » !
Jamais on n’aura connu et on ne connaîtra plus désespérant et humiliant que de glisser, lentement mais inexorablement jusqu’au fiasco du bus de Knysna en 2010 en Afrique du Sud, après avoir goûté à l’exaltation, la jubilation ultime d’avoir été – enfin ! – « les Meilleurs du Monde », fiers comme des gamins d’avoir décroché notre première Etoile, d’avoir atteint le Toit du Monde, en 1998 !
Image chinée et dénichée par 6rano
Et Margaret Atwood, alors ? Elle croit vraiment qu’elle peut nous faire pleurer sur le sort de sa « Servante Écarlate », quand depuis quinze jours déjà, et pour quinze jours encore, une majorité de la population féminine de la planète en est réduite à subir, impuissante, la contamination inéluctable par un virus particulièrement redoutable et pernicieux de l’autre moitié de la population. La Covid 19 ? Et non, elle n’est qu’une grippette insignifiante à côté de cette bombe virologique qu’est le football, qui réduit les plus délicieux et évolués des hommes en un troupeau grégaire de hooligans hébétés, décérébrés, braillards et tonitruants, hypnotisés par des écrans plats à l’échelle de leur abrutissement.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés…[iii]
15,1 millions de téléspectateurs les yeux rivés devant le dernier match France-Allemagne mardi dernier, plus que de votes exprimés lors du premier tour des élections départementales et régionales ce dimanche (14,7 millions) ! Ça n’aurait pas un furieux relent nauséabond de « panem et circences » ? Qu’aurons-nous réellement appris en 2000 ans d’histoire et de « progrès » ?
Image chinée et dénichée par 6rano
Et pendant ce temps, même Simone n’est plus là pour veiller. Les migrants continuent à se noyer en essayant désespérément de dépasser le milieu du terrain de la Méditerranée pour rejoindre l’Europe. Le Royaume continue inlassablement à se désunir et à se déchirer (au moins, de ce côté-là, le boulot est déjà fait côté football, l’Angleterre, le Pays de Galles et l’Ecosse se tirant déjà la bourre chacune de son côté). Les Palestiniens continuent à subir un pressing impitoyable dans les miettes en ruines qui restent de « leurs » territoires. Le calvaire des Ouïgours s’impose comme le morne horizon qui attend patiemment et impitoyablement d’user à leur tour les doux rêveurs de Hong-Kong, poussés à la faute sous l’oeil inquisiteur de la VAR du Big Brother de Pékin. L’équipe des Douze Salopards (El-Assad, Dutertre, Bolsonaro, Orban, Duda, Poutine, Ben Salmane, Jinping, Erdogan, Nazarbaiev, Loukachenko, Jong-Un, Deby, Afewerki – eh oui, malheureusement l’équipe est complète et il y a même des remplaçants !) continue à jouer « hors jeu », impunément et au mépris de… au mépris de tout et de tous, en fait.
Couverture de Charlie Hebdo, chinée et dénichée par 6rano
Mais tout ça, ça se passe en dehors de l’Arène, dans des Districts très éloignés et très ignorés des projecteurs de nos Hunger Games à nous. Le malaise cardiaque de notre Pita[iv], le joueur Danois Christian Eriksen en plein match (et dont il se sortira) aura déclenché une « frayeur » bien plus « immense » (dixit les titres de la presse – certes sportive – mais internationale quand même) que les milliers de victimes de ces désastres humanitaires qui continuent tranquillement à sévir bien loin au-delà des gradins, du canapé du salon et du sports-bar du coin…
Alors, qu’on Mbappé ou qu’on préfère haïr Benzema,
Kanté capable de maintenir l’adversaire à la merci d’un coup de Grizou,
Coman vous montrer Digne d’une telle débauche de talent ?
En commençant par éviter les Châtiments à Hugo Lloris’que de le frustrer
En ne vous montrant pas trop Pavard de vos efforts collectifs,
En donnant à Raphaël le cadre pour sa transfiguration[v],
Vous verrez, l’insoutenable légèreté de l’être de Koundé ravivera l’Étoile[vi]
De notre saint Paul national sur le chemin de Damas[vii] …
Daaamaaas, ton univers est décidément vraiment impitoyaaaaaable !
« C’était en direct de l’EURO 2021, «Dans l’enfer de la onze-topie, pire que la dystopie», je vous rend l’antienne, à vous les studios ! »
Thierry Roland et Jean-Michel Larqué, 2 des mousquetaires mythiques du commentaire footballistique
Pattes de mouche du Kfard :
[i] Vous pensez que j’affabule, en imaginant un tremblement de terre dans ces si placides et si discrètes terres helvètes ? Et bien sachez qu’en 563, le Tauredunum ou « mont Taurus » a subi un écroulement qui a « mis le feu au lac » en ensevelissant un fort et plusieurs villages, et en provoquant un tsunami (oui vous avec bien lu, un tsunami !) avec des vagues jusqu’à 13m de haut à Lausanne et 8m à Genève à cause de l’effet des ondes de résonance. Ce serait bien la poisse si l’Équipe de France était victime du prochain sursaut d’activité de la Nati, 1458 ans plus tard, mais enfin statistiquement, on s’en rapproche.
[ii] George Orwell était le nom de plume d’Eric Arthur Blair
[iii] Dans la fable « Les animaux malades de la Peste », de la Fontaine
[iv] Pita est le prénom du héros masculin dans Hunger Games (roman de Suzanne Collins adapté à l’écran par Gary Ross puis Francis Lawrence), le partenaire de l’héroïne Katniss Everdeen. Il n’aura pas échappé à votre sagacité qu’il est constitué par les initiales de « Pain In The Ass » (en anglais, « gros emmerdement »)
[v] Fait référence à Raphaël Varane, défenseur central. La Transfiguration est une œuvre du peintre Raphaël (Raffaello Sanzio di Urbino, né en 1483 et mort en 1520). Et ce coup-ci, non, ce n’était pas la « vie d’avant » du chanteur Raphaël, comme pour Platini ou Noah. Çane marche pas à tous les coups ;-).
[vi] Fait référence à Jules Koundé, défenseur latéral. « L’insoutenable légèreté de l’être » est un roman de Milan Kundera publié en 1982, qui a été adapté à l’écran par Philip Kaufman en 1988.
[vii] Fait référence à Paul Pogba, milieu de terrain .
« Dallas, ton univers impitoyable », accroche du générique de la « série télé » mythique des années 70-80, « Dallas ».
Saint Paul, qui a été sous le nom de Saul un juif et citoyen romain persécuteur des premiers disciples de Jésus de Nazareth, a vécu la révélation de sa conversion sur le chemin de Damas, pour devenir un apôtre et une figure majeure de la diffusion du christianisme à Rome, en Grèce et en Asie Mineure.
Tant de temps sans nouvelles du Kfard ? Tan Tan Tan ! Le voici de retour, avec une petite variation tant pétueuse que tant tatrice. A dévorer avec attention, mais sans attendre !
T’en souviens-tu, de nos vingt ans,
du temps des cerises, du coq et de la pendule,
Quand le temps ne pensait surtout Qu’à passer son temps auprès d’ellei
Fidèle à la tradition napoléonienne des 100 jours, quand on croit s’en être débarrassé… il revient pour un nouvel épisode. Alors appréciez l’épilogue en dessert, les p’tits Kfards, parce qu’il n’y aura ni café, ni digestif.
(Pour ceux qui voudraient se remémorerl’épisode 1, cliquez sur le lien pour vous rendre directement sur l’article correspondant)
Quel Imperator de la communication, ce Napoléon Bonaparte, inventeur de la publicité et autres fake news avant l’heure, lui qui disait « Je redoute 3 journaux plus que 100.000 baïonnettes » et « La bonne politique est de faire croire aux peuples qu’ils sont libres. » !
Les images photoshoppées, c’est déjà lui, qui dictait aux peintres de sa Cour la forme et le contenu des toiles qu’il leur commandait, et qui écrivait dans une lettre à Daru en 1805 : « Mon intention est de tourner spécialement les arts vers des sujets qui tendraient à perpétuer le souvenir de ce qui s’est fait depuis quinze ans. ».
Image chinée et dénichée par 6rano
Les talonnettes de Sarkozy, encore lui, pour faire bonne figure aux côtés de sa Joséphine et de ses Maréchaux ! Comme il le dit lui-même : « Ce que je cherche avant tout, c’est la grandeur. Ce qui est grand est toujours beau. »
Le Mythe Errant, lui encore ! « La vérité historique est souvent une fable convenue. »
« Moi présidant, à vie, Consul’e-dise », re-lui !
La guerre-éclair, encore lui qui disait « La force d’une armée, comme la quantité de mouvement en mécanique, s’évalue par la masse multipliée par la vitesse » (avec quel cynisme nos amis d’outre-Rhin ont volé, depuis, la paternité de cette « Blitzkrieg » à nos dépens) !
Gravure chinée et dénichée par 6rano
Jusqu’à l’erreur fatale d’avoir les yeux plus gros que le ventre en s’attaquant à la Russie après avoir cherché à l’endormir, pour rendre son Empire millénaire, encore et toujours lui !
Quel culot, aussi !
N’importe qui serait devenu la risée du tout Paris si on avait appris que sa Joséphine fricotait à gauche et à droite pour s’étendre sous d’autres dards, se satisfaisant à l’occasion d’un grognard. Mais Napoléon, même pas peur, il n’a pas hésité à faire de son bicorne sa marque de fabrique. Fabrique de quoi ? Ça, l’histoire a jeté un discret mouchoir dessus, que nous nous garderons par pudeur de soulever.
Que dire aussi de l’aplomb dont il fit preuve pour oser péninsulter les Ibériques en prétendant leur imposer ses propres règles de la corrida, avec ses picadors à baïonnettes et ses matadors à grenaille ou à boulet rouge. Et contrairement à celle de ses grognards, il ne se contentait pas de la pincer, l’oreille des patriotes espagnols, avant de les servir en tapas.
Gravure chinée et dénichée par 6rano
A force de la provoquer, quelle chance insensée !
Lors d’une escapade où on envoya promener ce garnement avec sa garnison en Égypte, pour l’éloigner des discussions sérieuses entre grandes personnes à la Capitale, il envoie un de ses corniauds aux Champollions (même pas foutu de retenir le nom, le gars :cham-pi-gnons, c’est pourtant pas bien compliqué !) au milieu des dunes, histoire de le bizuter.
Et voilà-t-y pas que le bougre trébuche sur un gros caillou, tout abîmé et couvert de poussière. Il le frotte et… – non, pas de génie, ça c’est pas pour les lampistes – mais sous sa gangue de poussière se révèle la mythique pierre de Rosette (avant qu’elle ne se fasse un nom dans les meilleures charcuteries lyonnaises, parce qu’on s’égare dans les sables, là, mais n’oublions pas de rester fidèles à la bonne vieille tradition gastronomique française) – pierre de Rosette donc, qui lui permet de déchiffrer l’écriture hiéroglyphique multi-millénaire, rien que ça !
Et quel panache dans les formules de ce pionnier de la communication (et, hélas, aussi des tueries) de masse ! « Du haut de ces pyramides quarante siècles vous contemplent », c’est quand même plus stylé que le bling-bling « Si a cinquante ans t’as pas de Rolex… » de Séguéla, notre roitelet de la pub contemporain !
Dessin de Plantu, chiné et déniché par 6rano
Alors, quel résumé plus fidèle et plus pompeux de sa vie que celui qu’il fait lui-même :
« L’infortune est la sage-femme du génie »
« Le meilleur moyen de tenir sa parole est de ne jamais la donner. »
« L’homme n’a pas d’amis. C’est son bonheur qui en a. »
« Les hommes sont comme les chiffres : ils n’acquièrent de valeur que par leur position. »
« Le commerce unit les hommes, tout ce qui les unit les coalise, le commerce est donc essentiellement nuisible à l’autorité. »
« Notre ridicule défaut national est de n’avoir pas de plus grand ennemi de nos succès et de notre gloire que nous-mêmes. »
Pour conclure par :
« Je ne voudrais pas être à la place de Dieu : c’est un cul-de-sac ! »